Live now
Live now
Masquer
king-williams-netflix
Cinéma

Un film sur Venus et Serena Williams ?! Ah non : sur leur daron

King Richard, un film sur l’enfance des deux joueuses de tennis les plus fortes et les plus connues de tous les temps, sortira en novembre prochain. Mais le concept laisse un peu songeur.

Un film sur les deux sœurs devenues des légendes du tennis ? Même sans être trop branchée Roland-Garros, difficile de passer à côté ! Oui, mais… Ce fameux film ne va pas nous raconter l’histoire du point de vue de Serena et Venus Williams, mais de celui de leur père. Il porte carrément son nom : King Richard.

King Richard, le film sur le père de Venus et Serena Williams

La bande-annonce du film a été révélée hier. On y découvre Will Smith dans le rôle de Richard Williams, le père de Venus et Serena.

King Richard se concentre sur l’enfance des deux futures stars des courts de tennis, avec Saniyya Sidney dans le rôle de Venus et Demi Singleton dans celui de Serena, revenant sur la façon dont leur personnalité et leur férocité sur le terrain a été façonnée notamment par leur père, qui les a éduquées avec un seul objectif en tête : qu’elles deviennent des championnes internationales.

King Richard - Bande-Annonce Officielle (VOSTFR) - Will Smith

Le tennis dans le viseur de Richard Williams

Alors que lui et sa famille vivaient dans la pauvreté, Richard Williams trouve l’inspiration lorsqu’il voit une femme recevoir 40.000$ après avoir remporté un tournoi de tennis, comme il l’a rappelé lors d’une interview en 2014 . Il décide alors que son futur enfant jouera au tennis, et sera parmi les plus grands. Il a même écrit un plan de 78 pages — un élément d’ailleurs repris dans la bande-annonce de King Richard.

En 2017, Venus Williams a conté au Times une partie de son enfance. Dans un long article, elle se souvient que depuis qu’elle et sa petite sœur Serena ont su marcher, leur père leur a mis une raquette dans les mains. Il ne savait pas jouer lui-même, alors il a appris dans les livres, puis il les a entraînées plusieurs heures par jour sur un terrain fatigué de leur quartier, et ce pendant plusieurs années.

Au-delà du tennis, les deux jeunes filles n’avaient pas le droit à des distractions de leur âge, explique la tenniswoman ; leur vie se résumait à l’école, le sport, l’église et la famille. Une enfance atypique qui ne fait pas vraiment rêver.

La suite, on la connaît. La plus âgée, Venus Williams, est devenue la première femme noire à être numéro une mondiale en 2002, suivie de près par sa cadette Serena quelques mois plus tard. Cette dernière est devenue la personne qui a remporté le plus de titres du Grand Chelem en simple ; une référence quand on veut comparer les performances au tennis. Avec ses 23 titres en simple, elle peut renvoyer Djokovic, Nadal et Federer aux vestiaires — chacun n’en a que 20. Rien que ça.

Mais ce n’est pas l’histoire que racontera King Richard : le film choisit de s’appesantir sur le « père de ». Et on se demande si on ne pourrait pas, quelque part, y voir une énième marque quasi imperceptible de la société patriarcale — comme une façon de dire que les deux femmes les plus puissantes du tennis doivent, quelque part, leurs prouesses à un homme…

Richard Williams par Will Smith, une version adoucie ?

Le père Williams paraît autoritaire, c’est peu de le dire, et le but de ce biopic ne semble pas être de dénoncer son éducation acharnée. En plus, avez- vous déjà vu un film où Will Smith ne prend pas cinq minutes pour vous attendrir ? Certes, il ne sera probablement pas montré comme un personnage tout rose, mais laissez-lui un peu de temps : sans aucun doute, il parviendra à amadouer le public !

En partageant la bande-annonce sur Instagram, l’acteur s’est dit honoré de « pouvoir célébrer l’héritage de quelqu’un qui est encore en train de le créer » ; il a également remercié l’ensemble de la famille Williams de le « laisser partager leur histoire avec le monde ».

À voir si ça ne crée par un malaise de montrer une version peut-être très adoucie d’un homme bien réel, avec ses ambitions, mais aussi ses travers.

Les deux filles de Richard Williams, en tout cas, ne semblent pas regretter la façon dont elles ont été éduquées.

Au fil de son portrait dans le Times, Venus Williams expliquait que Richard ne leur criait pas dessus après une défaite ; elle se souvient que « Papa était très encourageant et Maman plus perfectionniste ». Même son de cloche du côté de Serena Williams : en 2019, lors de l’US Open, elle a dit regarder son enfance avec un point de vue très différent depuis qu’elle-même est devenue mère : « Mon père est incroyable, je n’aurais jamais pu faire ce qu’il a fait non seulement avec moi, mais avec Venus aussi. »

Si cet intrigant Richard Williams vous donne envie d’en savoir plus à son sujet, rendez-vous le 18 novembre devant King Richard au cinéma.

À lire aussi : La combi de Serena Williams « respecte » le tennis, n’en déplaise aux vieux grincheux

Les Commentaires
9

Avatar de Lady Salmakkia
30 juillet 2021 à 17h52
Lady Salmakkia
Est-ce une vision patriarcale que de montrer sous cette forme de narration qu'un père croit en ses filles et pense qu'elles peuvent être autre chose que femme au foyer, coiffeuse ou secrétaire ? Je précise que je ne cherche pas à dévaloriser ces métiers, je fais juste état de situations/métiers qui souffrent du stéréotype de genre. Certes, une des motivations du père des soeurs Williams était l'argent (et ce n'est pas avec les emplois cités précédemment qu'elles auraient fait fortune). L'éducation qu'elles ont reçue a dû être très sévère et elles ont dû être privées de l'insouciance à laquelle elles auraient dû avoir droit pendant leur enfance (c'est un autre débat), mais est-ce un film patriarcal que d'aborder cette histoire sous l'angle d'un père qui est convaincu que ses filles peuvent devenir des championnes ?
Le succès de Venus et Serena Williams est indissociable de cet homme qui les a conditionnées, entraînées, coachées dès leur plus jeune âge. Il est logique qu'il occupe une place prépondérante dans le film.
0
Voir les 9 commentaires

Plus de contenus Cinéma

Cinéma
l’origine du mal

Thriller imprévisible, L’Origine du mal est le meilleur film au cinéma cette semaine

Maya Boukella

05 oct 2022

Cinéma
novembre david koskas

Novembre : le film sur les attentats de 2015 avec Jean Dujardin est à l’affiche

Maya Boukella

05 oct 2022

14
Cinéma
incroyable mais vrai gaumont

Quentin Dupieux : la bande-annonce de Fumer fait tousser est aussi délirante que son casting

Maya Boukella

04 oct 2022

Cinéma
film français 5

Critiqué pour sa Une 100% blanche et masculine, Le Film français s’excuse… mais est-ce assez ?

Maya Boukella

03 oct 2022

6
Cinéma
Sacheen Littlefeather creative commons

Sacheen Littlefeather, voix des amérindiens à Hollywood, est morte à 75 ans

Maya Boukella

03 oct 2022

6
Cinéma
bones and all

L’horreur monte d’un cran dans la bande-annonce de Bones & All, la romance cannibale avec Timothée Chalamet

Maya Boukella

30 sep 2022

2
Cinéma
rogue harry potter

Alan Rickman révèle pourquoi il a continué Harry Potter malgré la maladie, dans ses mémoires

Maya Boukella

28 sep 2022

7
Interviews cinéma
les cinq diables

« Comment filmer l’invisible ? » entretien avec Léa Mysius, réalisatrice des Cinq Diables avec Adèle Exarchopoulos

Maya Boukella

28 sep 2022

Cinéma
woman king 4

The Woman King prouve que l’afroféminisme rend les films meilleurs

Maya Boukella

27 sep 2022

Cinéma
bryce-dallas-howard

Oui, la prod de Jurassic World 3 a demandé à Bryce Dallas Howard de perdre du poids

Manon Portanier

26 sep 2022

12

La pop culture s'écrit au féminin