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Culture

« Pour un temps sois peu » : le monologue bouleversant de Laurène Marx sur sa transidentité

Poétique, juste et d’une précision impitoyable, « Pour un temps sois peu » de et avec Laurène Marx reprenait sa tournée en mars après des semaines de polémiques. La mise en scène de Fanny Sintès de ce récit de soi à l’humour mordant permet à l’autrice trans non-binaire d’interpréter et se réapproprier son récit.

Novembre 2022. Des collectifs de personnes transgenres protestent devant le Théâtre Sorano. À l’affiche : « Pour un temps sois peu », un monologue intime de Laurène Marx dans lequel l’autrice trans non-binaire raconte l’errance affective et médicale, la transphobie qu’elle a subie et la prégnance de ses propres insécurités. Un récit particulièrement important à l’heure où la haine contre les personnes trans s’affiche sans complexe. L’été dernier, Madmoizelle rappelait justement la montée de ces violences.

Et si le récit de Laurène Marx permet aux personnes directement concernées de faire récit et s’emparer de leurs propres représentations (trop souvent accaparées par les personnes non concernées), son rôle a été paradoxalement confié par Lena Paugam à la comédienne cisgenre Hélène Rencurel, provoquant la colère de militants et militantes trans qui rappellent qu’au cinéma comme au théâtre, les rôles de personnages transgenres sont systématiquement joués par des personnes cigenres.

Alors devant le théâtre Sorano, en novembre 2022 alors que les spectacle était maintenu, toutes et tous se sont mobilisés. Tractage, scène ouverte en mixité choisie, interprétation du spectacle par la comédienne trans Alice Needle : l’écho de cette mobilisation trans est tel que des représentations du spectacle, mis en scène par Lena Paugam, se sont vues annulées par la suite. Madmoizelle racontait l’affaire dans cet article.

Quatre mois plus tard, le Théâtre de Belleville a repris une autre mise en scène. Celle de Fanny Sintès dans laquelle l’autrice Laurène Marx joue son propre rôle. Réappropriation salvatrice d’un texte dont les débats n’ont fait que renforcer la pertinence. C’est de cette version dont il sera question dans cet épisode de Dramathis.

Dramathis ?

Et si depuis le début, vous aimiez le théâtre ? C’est en tout cas ce que pense Mathis, chargé des podcasts chez Madmoizelle et drama king partout ailleurs. Dramathis est une chronique de dix minutes pour rire, apprendre et dramatiser tous les quinze jours. Parce que la vie sans drama, c’est comme une blague sans chute.

Dramathis est un podcast quinzomadaire de Madmoizelle disponible sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer et toutes les plateformes de podcasts.

Crédits

Dramathis est écrit, réalisé et incarné par Mathis Grosos, mis en images par Audrey Godefroy, photographies de Emilie Rappeneau, promu par Hannah Monange et produit par Madmoizelle. Rédaction en chef : Marie-Stéphanie Servos.


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Les Commentaires

1
Avatar de Manuella.
3 février 2024 à 10h02
Manuella.
Les Manuella se rebiffent ^_^
J'ai vu le spectacle de Laurène Marx Pour un temps soi peu.
J'étais sans doute une des seules femmes trans "classiques" de la salle.
Forcément je ne riais pas aux mêmes moments que le public cisgenre.
Je crois que je suis la seule à avoir pleurée.
Le personnage de Laurène.
Je suis un peu surprise du retrait de sa féminité, en une heure et quarante cinq minute elle cite parfois en caricaturant des anecdotes que toutes les femmes trans ont vécu durant leurs transitions plus ou moins longues. Mais sa féminité elle n'en parle pas vraiment, comme si c'était moins important.

Son côté très brute de pomme et franc je l'apprécie énormément, notamment quand elle parle de la misogynie universelle envers les femmes, celle qui tue les femmes trans, comme la séquence sur la femme écrasée comme une chienne sur le bord de la route, j'ai pleuré car cela résume assez bien comment la société nous considère.
J'ai beaucoup apprécié le spectacle mais je le trouve maladroit envers les femmes trans.
Si je réagis ici ce n'est pas pour critiquer l'excellente performance de Laurène mais pour mettre les points sur les I de la représentation des femmes trans en général dans le monde du spectacle et dans la vie de tous les jours.
Dans le cadre du spectacle de Laurène, elle parle de nos transitions à un public profane donc ce n'est pas anodin et ce n'est pas un divertissement.
Désolée mais je profite de ce sujet pour déconstruire le discours misogyne envers nous.
-1 Pourquoi la maladresse de ce type de spectacle me dérange ?

Je me suis sentie en insécurité en entendant les rires du public cisgenre qui recherche et adore les caricatures de nos situations, désolée, si un homme ou une femme hors du contexte du spectacle et du status de Laurène avait dit certaines parties du spectacle, je me serais sentie en danger.
Ayant fait une transition tardive je suis la première à faire de l'auto dérision, d'ailleurs c'est notre spécialité ^^, quand on fait une transition tardive on devient un personnage de théâtre en permanence au début. Bref...
Mais si nous, vous Laurène et moi on peut comprendre la nature de toutes ces situations subies,
la plupart des cisgenres ne comprennent pas grand chose à la transidentité et déforment nos expériences pour nous classer dans la catégorie des malades mentaux ou de chimères auto mutilées ou pas.
En fait je crois que le public cis n'est pas capable de comprendre la plupart des situations décrites par Laurène. En sortant de la salle, j'ai entendu une jeune personne qui disait ne pas avoir compris la moitié du spectacle !
Parler de nos transitions, c'est à double tranchant, c'est le cas de le dire ^^, si on ne développe pas et sans aucunes explications cela reste très caricatural et contre productif si cela ne sert qu'à justifier un parcours personnel.
Désolée mais je ne comprends pas l'intérêt de critiquer les femmes trans qui font des opérations, elles font ce qu'elles veulent avec leur corps, justement la liberté d'une femme est que son corps n'appartient qu'à elle.
Critiquer les femmes trans qui assument de vivre sans couilles, sans bite et à la place avoir une vulve,
un clito et un vagin est une grosse blague digne des plus grands humoristes ^^.
Désolée de le rappeler mais la dysphorie de genre est une des caractéristiques que l'on retrouve dans la plupart des parcours trans.
C'est un malaise lié au corps et ce n'est pas intellectuel ni politique !
Jamais de la vie il me viendrait à l'esprit de critiquer les copines qui pour des raisons légitimes et personnelles ne veulent pas se faire opérer.
Au contraire même si je suis opérée je les comprends à 200% car notre entre jambe ne regarde que nous et l'opération est toujours risquée et plus vraiment prise en charge, en effet j'ai été opérée dans le privé en France.
De toute manière une femme trans opérée on l'imagine toujours avec une bite dès que l'on sait qu'elle est trans, donc on ne va pas se formaliser sur ce détail intime qui ne regarde que la personne concernée.
Une bande d'abrutis que sont les hommes autant éviter de les rejoindre dans le mépris qu'ils ont pour le monde féminin.
Donc si certaines "non binaires" tiennent à leurs couilles (les traitements hormonaux nous rendent stériles de toute manière) c'est leur choix mais qu'elles ne viennent pas cracher dans la soupe des copines.
Non, désolée Laurène, ne participez pas à la fragilisation de notre communauté en décrivant d'une manière un peu caricaturale nos transitions aux cis.
Leur incompréhension historique envers nous se transforme toujours en moqueries,
ne leur donnez pas du grain à moudre pour alimenter leur transphobie et leur misogynie.
-2 On préfère être invisibles pour se protéger.
C'est assez paradoxal mais certaines personnes non binaires politisé.e.s nous détestent inconsciemment pour justifier leur vision du genre.
En tant que femme trans je suis peinée que les cis nous assimilent à ces personnes qui nous rejettent de plus en plus.
Nous les femmes trans on ne fait pas de politique, on reste discrètes, on ne fait que survivre car on n'est pas protégées.
Non binaires, Queers, fichez nous la paix et ne nous incluez pas dans vos discours pour justifier vos parcours personnels qui restent minoritaires dans le milieu trans et intersexe.
En aucun cas vous pouvez prétendre représenter de la majorité invisible des personnes trans.
N'utilisez pas votre status dans la communauté LGBTIQ+ pour alimenter les stéréotypes datés et la haine envers les trans.
-3 Les femmes (trans)
Être une femme ce n'est pas juste des mots, ce n'est pas avec des paroles que l'on est une femme.
On joue à quoi sinon ?
Une femme trans qui vit en femme sans hormones qui peut donc être très androgyne ou masculine ne peut pas être non binaire car elle assume son genre !
Les gens qui se travestissent le soir et vivent en mec le jour par commodité ceux là ce ne sont pas des femmes trans (ou pas encore).
Il faut assumer les risques de son genre, c'est une règle non négociable car toutes les femmes trans affrontent au grand jour les difficultés de leur genre, malgré toutes les contraintes car elles n'ont pas vraiment le choix, ce sont des femmes.
Ayant par obligation sociale, par peur, par ignorance, vécu en homme toute ma vie pourrie,
je sais faire la différence entre les hommes et les femmes sur le plan physiologique et mental.
La féminité sous influence d'un corps masculin donc de la testo est différente de celle sous influence des hormones féminines et d'un corps plus féminin.
C'est complètement différent et pour rien au monde je voudrais revenir en arrière.
Les effets positifs des hormones féminines sur notre corps, notre psyché et le fait d'être reconnue en tant que femme n'a rien à voir avec notre sensation de féminité pré transition.
Plus on s'intègre, plus on vit en femme, plus on devient une femme, c'est le même processus mental et social que les femmes cisgenres.
C'est une réalité et les "non binaires" qui la nient sont de mauvaise foi car ils rejoignent
ceux qui nous refusent les traitements hormonaux en utilisant les mêmes arguments.
Nier la dysphorie, nier les bénéfices des hormones, nier les avantages sociaux du passing, c'est vouloir nous détruire, tout simplement.
Une anecdote, ma voix est masculine, je n'ai pas vraiment pris le temps de la travailler car les hormones ne changent pas la taille des cordes vocales. Mais depuis quelques temps à chaque fois que je me plains de ma voix on me dit que ma voix est correcte, en fait j'ai juste intégré naturellement une manière de parler plus féminine.
De toute manière on ne se réveille pas chaque matin en se disant que l'on est une femme, comme toutes les femmes c'est notre situation sociale et aussi indirectement notre corps qui nous indique notre genre féminin au sein de la société.
Donc on fait des compromis pour pouvoir vivre sans problèmes car on vit entouré par 99% de personnes cisgenres qui sont potentiellement assez hostiles envers nous.
Vu la pression sur les corps des femmes, si on est trop masculine c'est beaucoup moins facile dans la vie de tous les jours ^^, on rejoint les problèmes des femmes hors normes qui sont systématiquement ostracisées par notre société patriarcale.
Soyons objectifs, on ne peux pas être reconnue comme une femme si notre apparence et notre façon d'être est trop masculine, à part dans un cadre restreint d'amis, c'est très limité sur le plan social...
A moi toute seule je ne peux pas lutter contre tout le monde, cela serait aliénant.
Donc les hormones, les opérations, etc, cela nous permet de nous fondre dans la masse pour pouvoir vivre normalement.
-4 Pourquoi je suis féministe !

Les hommes hétéros sont lâches par leur status de dominants sans faire aucun effort.
J'avoue que la séquence du pompier qui a peur d'une bite m'a bien fait rire ^^.
Pour les hommes hétéros lambdas on est juste des hommes qui se déguisent en femme pour se faire en...ler !
Désolée d'être aussi franche mais c'est la triste réalité de cette société dominée par le désir masculin
et toutes les frustrations sexuelles qui vont avec.
On est systématiquement ostracisées dès que l'on veut avoir des relations normales avec des hommes ou des femmes, rien n'a vraiment changé depuis ma jeunesse et la majorité des gens sont transphobes envers nous sans le savoir dès qu'il s'agit d'avoir des relations sérieuses ou pas avec nous.
Que l'on arrête de nous faire croire que la société a évoluée, non les hommes savent mieux mentir qu'avant mais ils sont toujours aussi sous développés sexuellement, ils sont toujours aussi lâches et n'assument pas leur désirs, ce qui les rend très dangereux, surtout pour nous qui ne sommes pas considérées comme de vrais femmes, donc par défaut ils ne nous respectent pas du tout.
Je suis dure dans mes propos mais nous les femmes on doit rester vigilantes et combattre toutes les formes de la misogynie patriarcale envers nous.
On n'est pas des victimes, des idiotes avec des gros seins en silicone, non on survit dans cette société dominée par les hommes et ras le bol d'être caricaturées au cinéma ou au théâtre.
4
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