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« J’ai demandé mon copain en mariage » Charlie, 32 ans, raconte ce grand moment à rebours des clichés

Pourquoi laisser le plus beau jour de sa vie entre les mains d’autrui quand on peut être « maîtresse de sa vie » ? C’est le parti pris défendu par Charlie qui s’est un jour décidée à demander la main de son petit ami. A l’époque âgée de 31 ans, elle en a marre d’attendre patiemment et décide de prendre les devants après six ans de relation avec son conjoint. Elle se confie sur ce grand moment qui a bouleversé à jamais sa vie.

Si les nouvelles technologies et les applis de rencontre ont dénaturé l’amour en entraînant une forme de marchandisation, les amoureux transis sont toujours aussi nombreux à se dire oui, d’après les données annuelles de 1990 à 2023, de INSEE publiées le 16 janvier 2024.

Côté demande en mariage, les femmes s’y mettent aussi. Selon une étude menée par le site spécialisé faireparterie.fr, elle représentait ainsi près de 11 % des demandes en mariage en France en 2023. Certes, c’est toujours moins que les hommes (67 %), mais c’est un chiffre en progression par rapport à l’an passé (9 % en 2022). 

Parmi cette minorité de femmes ayant demandé la main de leur conjoint, on trouve d’ailleurs Charlie, créatrice de contenus, qui a voulu « prendre le pouvoir de sa vie ». C’est en octobre 2022, lors d’un voyage en Suède avec son compagnon Maxence, qu’elle met un genou à terre et met la bague à son annulaire.

Elle accepte de revenir en détail sur ce moment riche en émotions. On vous partage son récit plein de magie, et de péripéties.

Pourquoi attendre que l’homme prenne les devants quand on sent que c’est le bon moment ? 

« Tous les numéros sont là pour qu’on puisse avoir une bonne équation. Ça fait 6 ans qu’on est ensemble, on s’aime, on a tous les deux un travail, on est autonome, on peut se payer notre mariage donc pourquoi attendre ? » C’est cette réflexion initiale qui pousse Charlie à sauter le pas et à faire sa demande en mariage. Effectivement, après plusieurs mois d’interrogations, d’introspection, la trentenaire estime que c’est le bon moment sur plusieurs plans : il y a d’abord la célébration des 25 ans de son copain, ensuite la durée (et la maturité) idéale de leur relation amoureuse, le fait qu’ils se sentent prêts tous les deux, et enfin, son âge. 

J’ai fait ma demande en mariage d’abord pour une question de timing, par rapport à son anniversaire. Il allait avoir 25 ans à l’époque et je devais organiser sa fête. Comme il n’avait pas vu son meilleur ami depuis très longtemps puisque ce dernier habite en Suède, j’ai eu l’idée en organisant ses 25 ans. Je me suis rendu compte que ça pouvait être le moment idéal pour faire une demande en mariage, qui soit à la fois idyllique pour lui et pour moi. Je savais que cette escapade nordique allait être un voyage mémorable, qu’on allait passer un séjour vraiment extraordinaire : c’était donc l’occasion rêvée.

En plus, « ça faisait déjà 6 ans qu’on était en couple, on en discutait déjà. Lui-même voulait me faire sa demande, je savais qu’il préparait ça de son côté et qu’il avait fait faire des devis chez des joailliers »

Si le moment est particulièrement opportun par rapport à tous ces points précédents, c’est aussi l’ambition de « provoquer son destin » qui la guide lorsqu’elle demande la main de son conjoint. Ainsi, Charlie a une vision de la demande en mariage qui mêle pragmatisme et romantisme ; mais le féminisme n’est jamais bien loin…

« Faire ma demande c’est avoir le contrôle sur ma vie »

Âgée de 31 ans à l’époque, Charlie veut avoir des enfants et aimerait idéalement se marier avant de fonder son foyer. Or, elle souffre d’endométriose et craint que son taux de fertilité ne diminue trop si elle laisse les années s’écouler. Alors, pour ne pas compromettre ses chances de devenir maman et s’assurer de mener à bien son « projet de bébé », elle décide de prendre les choses en main et de devancer son copain.

« On a six ans d’écart, je suis de six ans son aînée, ça fait déjà 6 ans qu’on est en couple. J’ai des attentes à certains moments : je sais que j’aimerais que cet homme soit le père de mes enfants un jour. Nous les femmes on [peut avoir, NDRL] cette horloge biologique : quand on désire avoir un enfant, on a forcément ces questions qui arrivent quand vient la trentaine : Est-ce qu’on fait un bébé maintenant ? Est-ce qu’on se marie d’abord ? Moi je me suis dit, je vais avoir 31 ans, c’est le moment !

Pour ma part, il est important de valider le mariage avant de faire un enfant ; pas pour des questions religieuses, mais parce c’est un premier step vers l’engagement en mon sens. Et puis le fait de le demander en mariage signifie aussi prendre des décisions pour ma vie, me dire que je suis active, et pas dans l’attente passive, désespérée que mon compagnon soit là, pendant un an et demi, à essayer de chercher la bague parfaite alors qu’en fait, ce qu’il nous faut, c’est juste deux témoins, un maire, et hop on se marie ! […] À un moment donné, tu prends le taureau par les cornes quoi.

Mais c’est parce que j’ai été éduquée comme cela. J’ai vu les femmes autour de moi agir comme cela : quand on veut quelque chose, on l’obtient. Donc mon acte est implicitement féministe parce que quelque part, je suis féministe dans ma manière d’être, dans mon caractère, dans ma génétique. »

Toutefois, l’intention de départ n’est pas forcément d’en faire un “acte féministe de rébellion” qui combat les préjugés, admet-elle. « Pour vous dire, jusqu’à la dernière minute je pensais que c’était lui qui me ferait sa demande ! » 

Une histoire de famille qui lui a ouvert la voie 

Charlie nous confie que l’histoire d’amour vécue par ses parents l’a peut-être inconsciemment poussée à prendre les devants. « Je ne sais pas si inconsciemment ça m’a influencé mais c’est possible. Ma maman a demandé mon papa en mariage. À l’époque, ils n’avaient pas d’argent, ça s’était fait un dimanche matin, sur le canapé. D’un coup, ma mère s’est adressée à mon père en lui disant « et en fait dis-moi, ça te dirait qu’on se marie ? » Surpris, il s’est contenté de rétorquer : “Ah bon ?” Ce à quoi elle a ensuite répondu : “Ouais je voudrais qu’on se marie, est-ce que tu voudrais bien m’épouser ?” Ça s’était fait dans le salon, un dimanche, en mode tranquille. Il n’y a pas eu de demande officielle ou quoi que ce soit, c’était juste comme ça, super simple, pas prise de tête… 

Du coup, peut-être que quelque part, le fait de me dire que ma mère l’a déjà fait a rendu le truc super accessible. Ça m’a enlevé certaines barrières : j’ai grandi en sachant que ma mère avait fait sa demande sans fioriture, sans tout le tralala. Inconsciemment, je trouvais ça tout à fait abordable, pas interdit, pas dingue. Si ma mère l’a fait, a priori je peux le faire aussi. »

Cette demande sans chichis a probablement eu pour effet de “désacraliser” la tradition de la demande en mariage dans l’esprit de Charlie. Elle a ainsi grandi en pensant que ça ne lui était pas interdit, contrairement à d’autres femmes qui peuvent être bercées par les clichés véhiculés par la société encore aujourd’hui. 

La demande en mariage : un travail d’équipe

Face aux difficultés rencontrées par son compagnon, en termes d’organisation comme de budget, Charlie choisit de « soulager » Maxence et de prendre le relais. «Il était très angoissé : ça le stressait beaucoup d’organiser la surprise. Il faut savoir que mon conjoint n’est pas du tout à l’aise dans l’organisation des surprises (…) alors que pour moi c’est quelque chose de très naturel. Une demande en mariage doit être agréable ! Donc dans notre couple, c’était presque normal que ce soit moi qui le fasse. »

Outre son côté désorganisé, c’est aussi le budget et le temps qu’il faut allouer à la bague qui effraie Maxence, son petit-ami. « Il avait peur de me décevoir. Beaucoup d’hommes dans les couples hétérosexuels se mettent la pression. Quelque part, c’est une preuve d’amour de vouloir être le meilleur, de vouloir bien faire les choses, mais là, ça me semblait déraisonnable de se stresser pour que la bague soit parfaite. Il était là, à me dire : « Oui mais tu comprends, une bague à 3 000 euros, faut que je sois sûr, faut pas que je me plante ». »

En parallèle, il fallait aussi qu’il mette de l’argent de côté, il remboursait toujours son prêt étudiant à hauteur de 500 euros tous les mois. Les bagues de fiançailles pour femmes, ça monte tout de suite à des prix déraisonnables. A contrario, ça coûte beaucoup moins cher de faire sa demande à un homme lorsqu’on est une femme (400 euros contre environ 3 000 euros). Donc c’était plus intéressant pour moi de le faire que l’inverse. Quand les hommes veulent bien faire, ils veulent que la bague soit exceptionnelle, à la hauteur de l’amour qu’ils ont ; ils se mettent ainsi beaucoup de pression et ça peut être long – le temps de réunir l’argent, le temps de faire la bague… Mais ce n’est que du matériel : ce n’est pas pour la bague de fiançailles qu’on se marie. » Quelque temps après, lui-même m’a avoué : « Mais tu ne te rends pas compte à quel point tu m’as soulagé. » »

Pour autant, ce côté « dépendant » ne ternit pas l’image qu’elle a de son partenaire amoureux ; bien au contraire : « Je pense que la maturité fait qu’en grandissant, on se rend compte que l’amour c’est pas le monde des princesses, que notre compagnon c’est pas un prince charmant. Il peut être l’homme avec lequel on se projette sur toute notre vie, mais c’est pas un prince charmant. Il a le droit d’avoir des failles, des peurs, des angoisses. Mon mari est nul en surprise ou en cadeau, par exemple. »

Son mari a bien réagi

« Sur le moment, quand il a vu que j’ai sorti la bague, son premier réflexe a été de me regarder avec des grands yeux et de dire « non non c’est pas à toi de le faire » ; ce à quoi je lui ai immédiatement répondu « non mais c’est trop tard, ça y est, on y est. Ne gâche pas tout ». Pris de court, il s’est ensuite exclamé « non mais oui, je veux t’épouser, mais c’était à moi de faire les choses ». À ce moment-là, j’ai lu dans ses yeux plusieurs émotions à la fois : de l’étonnement, parce qu’il ne s’y attendait pas, une espèce de culpabilité de ne pas l’avoir fait avant moi, et en même temps un soulagement profond de ne pas avoir eu à organiser cela. Mais ça a duré 5 secondes quoi. Il a rapidement perçu cela comme une évidence ; pour preuve, il a dit oui ! A posteriori, il a avoué à tout le monde son ressenti : « En vrai j’étais hyper heureux et ça aurait pas pu se passer autrement. Je pense que si j’avais réfléchi un an à la demande, j’aurais jamais fait mieux qu’elle en 4-5 mois. » »

Un espace pour le faire, dénué de toute « masculinité toxique »

Quand on lui demande ce qu’elle aimerait dire à toutes celles qui hésitent encore à mettre le genou à terre mais qui meurent d’envie de le faire, Charlie explique qu’elle ne peut pas « se mêler de leurs affaires ». Elle est consciente de la chance qu’elle a d’être dans une relation qui lui laisse la place pour le faire sans craindre de blesser ou de froisser son partenaire, contrairement à ses pairs.  

« Je pense que je n’ai pas à m’immiscer dans les histoires des autres personnes. On a chacun notre histoire. Objectivement, je ne peux pas dire aux gens ‘ah mais tu devrais faire ça’, ‘tu devrais dépasser ça’, ‘ah mais t’en meures d’envie donc fais-le’. En fait, c’est une combinaison de plusieurs éléments. Moi je l’ai fait parce que je savais que je pouvais le faire pour plein de raisons. Mon mari était ouvert à ça, on en avait déjà discuté, je sais qu’il n’a pas de problèmes de masculinité toxique. Il n’a pas honte. Il a été très fier de dire à ses collègues : ‘c’est ma compagne qui m’a demandé en mariage’. Il y a peut-être des femmes qui, aujourd’hui, ont très envie de le faire, mais sont dans des relations où l’homme n’est pas du tout comme mon mari, où il n’est pas forcément ouvert à ça. Peut-être est-il issu d’une religion ou d’une communauté où traditionnellement, ça ne se fait pas comme ça. »

La demande en mariage, c’est aussi une question de consentement 

Dans le cadre d’une demande en mariage défiant les traditions et les conventions, l’important, c’est aussi de voir si son partenaire est consentant. Selon Charlie, la communication est le meilleur moyen de s’assurer que la demande est adaptée à la situation et qu’elle respecte la sensibilité du compagnon.

« Le meilleur des conseils que je pourrais donner, c’est de communiquer. Avant de faire sa demande, il faut s’assurer du consentement de l’autre en échangeant en amont et en se posant mutuellement des questions :

Est-ce qu’on est d’accord pour ça ? ‘ ‘Est-ce qu’il y a des choses que tu n’aimerais pas qu’il se passe ? » « Ah bah ouais moi je veux pas du tout d’un truc en public.’ ‘OK d’accord je note.’ ‘Et puis si c’est moi qui fait la demande ou pas… ?’ »

L’idée est de respecter la sensibilité de l’un et de l’autre. Moi je savais que je pouvais le faire. Je ne suis pas sûre qu’avec un autre homme, j’aurais pu. Peut-être que ça ne se serait pas passé, peut-être que j’en aurais même pas eu envie.

En vrai, j’avais l’espace pour pouvoir le faire. L’objectif, ce n’est pas uniquement de surmonter sa peur, de faire un truc ou de se lancer ; c’est aussi de prendre en considération les sentiments de l’autre. Il ne s’agit pas que de soi. Quelque part au fond de nous, on sait si on peut, si on a l’espace pour ; on connaît la personne avec qui on vit, si elle est ouverte à cela, si elle va l’accepter sans que ça ne devienne une gêne pour elle. »

D’ailleurs, cette problématique se pose aussi dans le cadre des demandes en mariage faites en public. 

Loin d’enlever du glamour ou de la spontanéité à ce moment de vie qu’on veut gravé à jamais, en communiquant longuement sur le sujet avec l’être aimé, on s’assure de respecter sa sensibilité. Un geste d’amour peu spectaculaire mais des plus sincères. 

À lire aussi : Envie de vous marier « pour les impôts » ? Si vous êtes une femme en couple hétéro, vous risquez de perdre au change


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