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Canneséries 6 // Source : Canneséries x Madmoizelle
Culture

« On a reçu 380 séries, on a dû en choisir 10 » : la programmatrice de Canneséries nous parle de son (incroyable) métier

À l’occasion de l’ouverture ce vendredi de la sixième édition de Canneséries qui aura lieu sur la Croisette jusqu’au 19 avril, Claire-Marine Pietriga, l’une des programmatrices, nous a ouvert les coulisses du festival.

Comment s’y retrouver parmi toutes les séries qui existent ? Pourquoi les séries étrangères sont-elles de mieux en mieux représentées dans les festivals de séries, enlevant largement leur monopole aux États-Unis ? Et pourquoi avoir choisi de récompenser Sarah Michelle Gellar pour sa dimension « iconique » ?

Claire-Marine Pietriga, la directrice artistique adjointe de Canneséries, a répondu à toutes nos questions sur la sixième édition !

Madmoizelle. Pour commencer, j’ai une question très simple : comment, en tant que programmatrice, arrivez-vous à vous y retrouver parmi la quantité astronomiques de séries qui sortent chaque jour ?

Claire-Marine Pietriga. J’aime bien nous définir comme un « algorithme vivant ». Aujourd’hui, il y a tellement de contenus que si on demande à 100 personnes « quelle est votre série préférée », c’est probable qu’il y en ait au moins dix dont on a jamais entendu parler, ce qui est génial !

Aujourd’hui, il y a un tel volume de productions, toutes les séries voyagent partout dans le monde. Avec les plateformes, on a accès à des séries de territoires qu’on n’aurait jamais explorés avant. C’est pour ça que, selon moi, l‘intérêt d’un festival de séries, c’est d’être une petite orientation pour les gens. C’est une façon de dire « vous ne serez probablement pas tombés dessus sur votre algorithme Netflix. Et pourtant, ça vaut le coup d’œil et ça va vous plaire ». Il n’y a rien de plus gratifiant que quand quelqu’un rentre dans une salle pas du tout convaincu et ressort complètement émerveillé !

Comment s’est déroulée la programmation des séries choisies cette année ?

Claire-Marine Pietriga. Cette année, on a reçu 380 séries. Un comité de sélection fait un premier filtre, mais pour la sélection finale, on en a quand même vu entre 150 et 180. Quand je dis voir, c’est à dire qu’on voit les deux premiers épisodes, puisque c’est ce qu’on montre à Canneséries. Et au fur et à mesure, on doit arriver à dix pour chaque sélection… ce qui est très peu !

On a trois compétitions : la compétition série longue, avec dix séries, la compétition séries courtes avec également dix séries ainsi qu’une grande première : la compétition séries documentaires dont on est très fiers. On a six séries pour cette année, et j’espère qu’on pourra en avoir plus les années suivantes.

Canneséries 6 // Source : Canneséries x Madmoizelle

On n’a pas de ligne éditoriale précise, on fonctionne au coup de cœur. On aime être surpris.

Sur quels critères avez-vous choisi les séries retenues ?

Claire-Marine Pietriga. Il y a quelques critères d’éligibilité formels comme le nombre d’épisodes, ou le fait que la série ait déjà été diffusée à la télé avant ou non… Mais le critère le plus important est une exigence artistique. On se demande si c’est un sujet qu’on n’a jamais vu auparavant, s’il est traité de façon complètement nouvelle

On est trois à la direction artistique et on a tous des goûts très différents, ce qui fait parfois des débats animés mais tant mieux ! C’est notamment pour cela qu’on a une vraie diversité dans les genres. On n’a pas de ligne éditoriale précise, on fonctionne au coup de cœur. On aime être surpris. Ce que je peux d’ores et déjà vous dire, c’est qu’on a vu des séries qui nous ont bouleversés, qui nous ont mis tous les trois en larmes, qui nous ont enthousiasmés, qui nous ont faire rire… On s’est tout de suite appelés après les avoir vues en disant « celle-là, il nous la faut absolument ».

Pourquoi avez-vous choisi de dédier une section aux séries documentaires en particulier ?

Claire-Marine Pietriga. Avant la création de la section documentaires, on avait déjà fait quelques incursions vers le docu. On n’avait jamais fermé la compétition aux séries documentaires, mais à chaque fois, on en recevait très peu. Et puis, à chaque fois qu’on en recevait une, même si on la trouvait bien, on se disait que, au milieu de neuf séries de fiction, elle tombait un peu comme un cheveu sur la soupe. Ce n’est pas le meilleur service à rendre à la série, alors que c’était un segment en pleine expansion, avec des sujets forts, variés.

Draw for change // Source : canneséries
Draw for change

On se retrouve face à des thèmes qu’on ne connait parfois pas du tout mais qui s’avèrent passionnants, parce que ce sont des histoires humaines, qui nous touchent et auxquelles on se sent très facilement connecté. On souhaitait leur accorder une vraie place et en en parlant aux producteurs et aux diffuseurs, on s’est rendu compte qu’une section documentaire dans un festival de séries, ça n’existait pas ! On est les premiers à le faire. On est ravis de pouvoir montrer la diversité parmi les séries documentaires. On a envie qu’elles aient leur propre sélection, leur propre prix.

Je pense que de nos jours, une série produite au Kazakhstan ou en Afrique du Sud peut rêver d’être diffusée dans le monde entier.

En voyant les différentes compétitions du festival, on est frappé par la diversité des pays représentés. Les États-Unis n’ont plus du tout le monopole, loin de là !

Claire-Marine Pietriga. Cette année, on a quasiment tous les continents représentés ! Si je ne m’abuse, on a la Corée du Sud, l’Afrique du Sud, l’Argentine, l’Australie, les États-Unis, évidemment l’Europe… il manque seulement les Pôles Nord et Sud !

C’est précisement ce que je trouve génial avec les séries. Iil y a encore dix ou quinze ans, les séries avaient encore plus de frontières que les films. En France, on voyait très peu de série en dehors des séries anglaises, américaines, espagnoles dans une moindre mesure… Les séries hors de ces territoires étaient très rares. Or, aujourd’hui, les séries connaissent peu de frontières. C’est génial. Je pense que de nos jours, une série produite au Kazakhstan ou en Afrique du Sud peut rêver d’être diffusée dans le monde entier.

C’est un cercle vertueux : nous, on va chercher dans tous les territoires, on essaye de rencontrer toujours plus de producteurs, de diffuseurs. Et la réciproque est complètement vraie. Je pense que les producteurs et les chaînes sur certains territoires ont désormais de meilleures opportunités de montrer leurs séries ailleurs, notamment dans des festivals de séries, qui sont encore jeunes comparé à l’histoire de la télé. Ils peuvent espérer vendre la série à d’autres marchés et les faire voyager, que ce soit avec des plateformes ou même avec des chaînes nationales qui achètent des séries venues d’autres pays.

Cette diversité des territoires a-elle été un critère lors de la sélection ?

Claire-Marine Pietriga. Non ! Certains territoires comme Israël, la Belgique ou le Canada sont représentés plusieurs fois en sélection. Le vrai critère pour nous, c’est que comme on montre peu de séries, il faut qu’elles soient toutes très différentes les unes des autres. Souvent, les séries montrent des sujets propres à des territoires, comme la série coréenne et celle venue d’Afrique du Sud en sélection longue cette année. C’est ça qui fait la vraie richesse de la sélection.

Spinners (série africaine) // Source : emprunte digitale
Source : emprunte digitale

À lire aussi : Canneséries 2023 : Sarah Michelle Gellar (Buffy contre les vampires) est l’invitée du festival dédié aux séries

En quelques heures à peine, toutes les places pour la masterclass de Sarah Michelle Gellar se sont vendues, ce qui montre le très fort attachement du public à la star de Buffy contre les vampires. Pourquoi l’avez-vous choisie comme lauréate de l’Icon Award ?

Cet Icon Award est là pour récompenser quelqu’un d’iconique. Certes, chacun a sa définition et ses références, mais je crois sincèrement que si on interroge dix personnes dans la rue, il y en a neuf qui sauront qui est Sarah Michelle Gellar. Même si on a jamais vu d’épisode de Buffy contre les vampires, c’est un nom qui parle, qui fait partie intégrante de la pop culture. Les actrices comme Sarah Michelle Gellar ont pratiquement fait partie de votre famille pendant des années ! Ça laisse une trace indélébile.

De plus, même si cette récompense n’est pas seulement réservée aux femmes, il se trouve qu’on ne l’a remis qu’à des femmes jusqu’ici. En termes de représentation, je trouve ça important de célébrer des parcours de femmes de séries iconiques. Ce sont des parcours qu’on a envie de récompenser et de mettre à l’honneur, puisque c’est très habituel au cinéma, où ce genre de prix est commun, contrairement aux séries.

Buffy contre les vampires // Source : Capture d'écran - Buffy contre les vampires
Buffy contre les vampires // Source : Capture d’écran – Buffy contre les vampires

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