Maeva des Marseillais, seul perso moderne d’un programme sexiste ?

Maeva Ghennam, personnage phare des Marseillais, est souvent descendu par les autres candidats du programme, qui la traitent de sorcière. Et si ces messieurs étaient simplement énervés par l'idée qu'une femme se comporte comme eux ?

Maeva des Marseillais, seul perso moderne d’un programme sexiste ?


Je l’ai déjà confessé plusieurs fois à l’écrit sur mad ou dans les podcasts Laisse-moi kiffer : je consomme régulièrement de la télé-réalité.

J’ai poncé les Queer Eye et autres The Circle sur Netflix, dont il demeure encore convenable de parler en société…

Mais je regarde également LE programme décrié par l’intégralité des gens que je fréquente ainsi que ceux qui viendront probablement critiquer cet article dans les commentaires : Les Marseillais.

Je regarde Les Marseillais pour les personnages

Je considère malvenu de diffuser Les Marseillais quotidiennement à une heure de grande écoute, en cela que les candidats et candidates s’entretiennent les uns les autres dans des principes archaïques, et font le jeu permanent du sexisme.

MAIS, je continue à regarder parce que je me suis attachée aux personnages.

Car c’est précisément ce que sont ces jeunes candidates et candidats : des personnages, tous un peu enfermés dans leur caricature.

Parmi les incontournables du programme, on compte :

  • Julien et Manon Tanti, fiers parents d’un petit Tiago très médiatisé
  • Kevin Guedj et Carla Moreau, parents eux aussi d’une petite Ruby tout aussi médiatisée que Tiago
  • Paga, éternel fêtard encore marqué par son histoire avec Adixia, son ex
  • Et surtout Greg et Maeva, couple d’ex qui se déchirent et se réconcilient toutes les 4 minutes.

Les personnages des Marseillais

Dans ce petit groupe de Marseillais très populaires sur les réseaux sociaux et à la télévision (où certains d’entre eux sévissent depuis 2012), chacun a son rôle bien défini.

Julien et Manon sont les « leaders d’opinion ». Personne — ou bien c’est très rare — n’ose s’opposer à eux, et ils décident de tout, et surtout de qui sont ceux à qui ils causeront des « problèmes », leur passe-temps favori.

Quant à Kevin et Carla, ils sont un peu les visages de la repentance et de la progression.

Anciens amants en rixe permanente, ces nouveaux parents ont fait la paix avec leur passé houleux et s’aiment apparemment de manière inconditionnelle depuis que leur fille est née.

Paga, c’est le dragueur de la maison, qui considère la gent féminine avec bien peu d’égards…

Comme il est manifestement coutume de faire dans ce programme où les femmes sont traitées de « meufs qui se respectent pas » dès qu’elles affichent une attitude similaire à celle des hommes.

Maeva des Marseillais, figure incontournable du programme

Quant à Maeva, elle a plus d’une corde à son arc.

Loyale en amitié, elle est toujours la première à défendre ses potes ou à les sermonner quand ceux-ci ont eu un comportement inapproprié (d’après elle).

Maeva, c’est la meuf de la maison qui ne se laisse pas emmerder par les autres, et surtout pas par les mecs.

Alors oui, la jeune femme demeure une candidate de télé-réalité avec tout ce que cela implique en terme de codes. Elle exagère donc chacune de ses réactions, crie quand ça n’est pas nécessaire, s’embrouille avec facilité.

Bref, elle est une bonne cliente pour ce type de programmes, et elle en joue.

Ainsi, Maeva est très vite devenue indispensable à l’émission…

Maeva des Marseillais, une femme qui prône l’indépendance

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La plupart des jeunes femmes qui intègrent le programme déclarent vouloir trouver l’amour, se marier et avoir des enfants (et donc reproduire un modèle vieux comme le monde dont on leur a bourré le crâne).

Mais Maeva ne mange pas de ce pain-là.  Du moins pas tout à fait.

Il y a plusieurs semaines, la jeune femme de 22 ans a expliqué :

« Je suis une femme indépendante. J’ai 22 ans et je viens d’acheter ma maison toute seule. Je m’achète ce que je veux.

Franchement pour moi un mec, c’est un sac à main. C’est genre un plus pour faire des câlins. Je n’ai pas besoin de mec dans ma vie. Je suis très bien toute seule. »

Du grand Maeva dans le texte, qui ne peut pas s’empêcher de jouer la provoc en comparant les hommes à des sacs à main.

Mais outre cette analogie (très discutable, j’en conviens), ce que prône la jeune femme est plutôt inédit dans un programme dont les personnages revendiquent un idéal de vie très traditionnel !

Maeva des Marseillais, souvent seule contre le machisme

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Dans Les Marseillais aux Caraïbes, en cours de diffusion sur W9, Maeva et Greg reproduisent leurs vieilles habitudes. Ils se déchirent, se mentent, se réconcilient, et se déchirent de nouveau.

Et c’est Maeva qui est souvent tenue pour seule responsable des dysfonctionnements du binôme, d’après tous les membres de la maison, et surtout les hommes.

Paga qualifie souvent celle qui est pourtant son amie de « sorcière », en ne réalisant pas une seule seconde que ce mot est lourd de sens, et qu’il a causé beaucoup de tort aux femmes dans l’Histoire.

Pour quelle raison ? Simplement parce que Maeva aime séduire les hommes et se jouer d’eux. 

Alors ok, son comportement n’est pas exemplaire. Seulement… celui de Paga non plus !

Le jeune homme, d’une mauvaise foi particulièrement insupportable, condamne son amie pour des actes qu’il reproduit régulièrement. Et il n’est pas le seul.

Kevin, qui a longtemps écopé du surnom de « jaguar » en référence au fait qu’il « rôdait » la nuit et qu’il était un vrai prédateur parvenant toujours à conquérir ses « proies », s’est joué des femmes pendant des années, poussant certaines à de grandes tristesses.

Ce qui ne l’empêche pas du tout de juger Maeva pour avoir un comportement du même genre.

Maeva des Marseillais, personnage victime de slut-shaming

Par ailleurs, entre eux, les hommes de la maison s’encouragent à transgresser les interdits qu’ils ont eux-mêmes définis.

Benjamin insiste pour que Paga avoue kiffer une autre meuf que la sienne, Julien insiste pour jeter Benjamin dans les bras d’Océane (et ainsi tromper sa meuf), etc.

Quand l’initiative vient d’eux, les grands mâles de la maison, c’est OK.

Quand elle vient de Maeva et ne concerne qu’elle, les surnoms fusent, le slut-shaming est de mise !

Ainsi, la semaine dernière, Benjamin Samat a traité Maeva de « fille légère » — avec ses mots à lui, bien sûr…

La masculinité toxique du programme n’est plus à démontrer, et il m’arrive régulièrement d’avoir tellement envie de casser ma télé en regardant Les Marseillais.

Mais j’ai bon espoir qu’un jour les candidats et candidates aient droit à un peu de pédagogie. Je pense que ça n’arrivera pas demain, cela dit…

Alors en attendant que la télévision prenne ses responsabilités et éduque au respect des femmes, j’ai bon espoir que Maeva, tout imparfaite soit-elle dans sa modernité, fasse un peu bouger les mentalités.

Parce qu’elle n’hésite jamais à remettre un mec à sa place, parce qu’elle ne se laisse marcher dessus par personne, parce qu’elle joue comme jouent les hommes !

Maeva des Marseillais, un personnage plein d’ironie

Si physiquement Maeva marche dans les pas de Kim Kardashian, en procédant sans le cacher à la chirurgie, au port d’extensions, et aux vêtement très moulants, elle se démarque bien de la star américaine.

Car Maeva possède un atout que beaucoup de candidates de télé-réalité n’affichent pas publiquement : l’humour. 

Elle détourne les codes de son propre personnage, jouant sur les réseaux sociaux avec son image de séductrice invétérée.

En fait, Maeva ne s’excuse pas d’exister et surtout pas d’exister sous le jour qu’elle a choisi. Peu importe que celui-ci déplaise ou soit décrié.

Bref, si Maeva perpétue certains des clichés des candidates de télé-réalité, elle apporte aux Marseillais une certaine modernité qui ne fait pas de mal au programme et bouscule un peu les habitants de la maison.

Qu’en penses-tu, douce lectrice ?

Personnellement, j’essaie de ne jamais diaboliser la télé-réalité, car elle n’est qu’un divertissement, et je tiens à ne lui prêter aucune crédibilité au-delà de sa fonction première.

Elle est une sorte de jeu du cirque, moderne dans son concept mais archaïque dans ses valeurs, aux enjeux finalement très shakespeariens.

Et Maeva pourrait bien être le porte-étendard d’un nouveau modèle de candidates : celles qui cessent de se plier à la dictature morale d’hommes aux principes immoraux !

À lire aussi : Le père de Léna Situations réagit au slut-shaming

Commentaires

skippy01

En fait, ce ne sont pas vraiment les candidats qui sont à pointer du doigt, mais c'est surtout la production, car c'est bien eux qui exploitent la misère humaine ainsi que les bas instincts du spectateur à leur profit exclusif, tout en faisant miroiter des paillettes illusoires aux potentiels pigeons candidats pour les inciter à participer.
 

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