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Les influenceurs qui retouchent leurs photos ne pourront plus bosser avec cette puissante agence de pub
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Les influenceurs qui retouchent leurs photos ne pourront plus bosser avec cette puissante agence de pub

Au Royaume-Uni, Ogilvy, qui s’occupe de nouer de gros contrats entre des marques internationales et des influenceurs, ne travaillera plus avec ceux qui retouchent leur visage et leur corps.

Une influenceuse qui chante les louanges d’un fond de teint au rendu naturel tout en retouchant sa peau dans sa vidéo de placement de produit est-elle crédible ? C’est typiquement le genre de contenu qui flirte avec la publicité mensongère.

C’est pourquoi la puissante agence de publicité Ogilvy (qui compte parmi ses clients historiques des entreprises comme Dove, Coca-Cola, ou encore Nestlé) vient d’annoncer qu’elle ne travaillerait plus avec des influenceurs qui retouchent leur photo au Royaume-Uni.

Interdire les retouches corporelles sur les réseaux pour préserver les jeunes

Comme le rapporte au média The Drum le responsable de l’influence d’Ogilvy UK, Rahul Titus, c’est dans l’objectif de rendre ce genre de collaborations plus authentiques. Car trop de mises en scène et de retouches corporelles finit par sembler faux, voire par nuire au lien de confiance avec son audience, ou entailler la santé mentale des personnes impressionnables sur les réseaux sociaux, avance Rahul Titus :

« Nous avons un devoir de diligence en tant que spécialistes du marketing, en tant qu’agences et marques envers la prochaine génération de personnes afin qu’elles ne grandissent pas avec les mêmes choses que nous voyons maintenant. »

Depuis ce mois d’avril 2022, Ogilvy consulte donc les marques et les influenceurs avec qui elle travaille à propos de cette nouvelle politique d’entreprise anti-retouches corporelles (oui, ils pourront évidemment continuer à retoucher contraste, luminosité, exposition, etc). Dès mai, elle cessera progressivement de travailler avec ceux qui continuent de retoucher leur visage et leurs corps, se donnant jusqu’à décembre pour convaincre marques et influenceurs du bien fondé de cette initiative pour l’ensemble du marché de l’influence.

« Inverser dix ans de comportement sur les réseaux sociaux »

Car c’est bien triste à admettre mais il y a beaucoup de pédagogie à faire sur cet enjeu dont l’intérêt n’est pas du tout évident pour l’ensemble des partis, poursuit le responsable de l’influence chez Ogilvy UK auprès de The Drum :

« Nous parlons d’inverser dix ans de comportement sur les réseaux sociaux et cela ne se produira pas en deux mois. Nous savons que ce que nous mettons en place n’aura pas de retombées immédiates au cours des cinq prochaines années. C’est un projet trop gros.

[…] Mais c’est la meilleure chose à faire et nous voulons être l’agence qui met les éléments fondamentaux en place afin que d’autres agences puissent suivre. »

Le Royaume-Uni, royaume des retouches numériques du visage et du corps ?

Mais pourquoi au Royaume-Uni spécifiquement ? Parce que c’est l’un des pays où les utilisateurs d’Instagram retouchent le plus leurs photos. D’après une étude menée par Case24.com en 2020, seuls 29% des Britanniques pourraient poster un autoportrait sans retouche. À Londres, 81% des personnes sondées se déclarent incapables de poster un selfie sans retouche.

Une autre étude menée par l’Université de Londres estime que 90% des femmes sondées retouchent leur image corporelle (souvent le nez, la mâchoire, la couleur des dents, leur tour de taille, ou leurs fesses) et s’inquiètent pour la santé mentale de la jeunesse britannique à cause de cela.

Il y a quelque chose de pourri au royaume de FaceTune

Si bien que le gouvernement du Royaume-Uni examine en ce moment un projet de loi pour obliger les influenceurs qui retouchent numériquement leur image corporelle à le stipuler explicitement. En devançant la probable mise en vigueur de cette loi, Ogilvy s’affiche donc comme un précurseur engagé pour davantage de bien-être sur les réseaux sociaux.

Tout en se donnant une image de sainteté, l’agence de pub commence à habituer ses marques-clients et surtout son portefeuille d’influenceurs. Ces derniers n’auront donc d’autres choix que de cesser de retoucher leurs photos ou aller voir ailleurs si FaceTune y est.

Sur-Vinted-les-affaires-sont-les-affaires

À lire aussi : Emmanuelle Sits, influenceuse authentification de luxe : « J’arnaque les arnaqueurs »

Crédit photo de Une : FaceTune.


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Les Commentaires

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Avatar de Lune0103
12 avril 2022 à 13h04
Lune0103
Sur le papier, ça a l'air sympa. Mais dans le fond, je me demande à quel point cette démarche fait sens.
Je crois que TOUS les influenceurs et influenceuses utilisent des outils de retouche ou des filtres. Je pense que c'est aussi une manière de mettre une barrière entre soi et sa communauté.
Quand on voit la vague de critiques que certains se reçoivent dès qu'ils ont moins bonne mine, j'ai l'impression que les filtres, c'est aussi un outil de survie sur les réseaux.
De plus, dans certaines niches sur les réseaux, une personne 100% naturelle n'a aucune chance. Les gens sont attirés par les normes physiques ultra lisses, parfaites et inatteignables. Je me demande le temps qu'il faut pour bâtir une communauté dans la sphère fashion/beauté tout en ayant une apparence tout à fait "banale". Or, les marques veulent de la visibilité, donc difficile.
Et finalement, dans la pub classique, il n'y a pas beaucoup de photos non-retouchées, donc je me demande pour quelle raison c'est tellement pire de retoucher une photo sur les réseaux.
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