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Femmes recherchant sur Google le point P
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Le straight TikTok découvre l’orgasme prostatique et ne s’en remet pas

Sur TikTok, des femmes en couple hétérosexuel semblent toutes découvrir en même temps l’existence de la prostate — et, par la même occasion, le plaisir que peut procurer un doigt dans le derrière de leur partenaire.

Sur des vidéos qui déferlent sur TikTok, titrées « Me Googling where my man’s g-spot is », (soit « Moi, en train de rechercher sur Google où se trouve le point G de mon mec »), bien des femmes en couple hétérosexuel semblent tomber des nues et découvrir l’existence du point P.

Une femme tapote, l’air intrigué, sur le clavier de son ordinateur. Elle découvre, au détour d’une recherche sur Internet, que la version prostatique du point G se situe dans le popotin de son mec. L’air choqué et amusé, elle part ensuite à la recherche de leur partenaire pour leur annoncer la découverte en hurlant à bout de souffle « bébéééééé ?! » sur la bande sonore de « Shake That Ass x Roll Me Up ».

Voilà le scénario des contenus de cette nouvelle tendance qui secoue tout le TikTok hétéro.

Point P comme plaisir

Ces créatrices de contenu ont l’air d’apprendre que les personnes dites masculines prennent du plaisir lorsqu’elles se font titiller la prostate et sodomiser. Pourtant, malgré les tabous qui résistent, la pratique semble prendre de plus en plus sous les draps…

Stimulée ou massée correctement, la prostate peut provoquer un orgasme proche de l’extase.

D’après l’Observatoire européen de la sexualité publié en septembre 2021 par l’Ifop, en Europe, 22% des femmes ont déjà pénétré l’anus de leur partenaire avec un doigt, 17% avec la langue et 13% avec un objet, comme un sextoy par exemple.

François Kraus de l’Ifop, analyse cette progression — qu’il qualifie de « renversement des rôles », même si elle reste marginale dans les relations hétérosexuelles : 

« Étroitement liée à la banalisation du plaisir prostatique chez les hommes hétérosexuels, cette “inversion” des rôles nous paraît symptomatique d’une certaine remise en cause du clivage “pénétrant/pénétré” qui structure traditionnellement les scripts de la sexualité hétérosexuelle, d’autant plus quand on considère comme Pierre Bourdieu que “l’opposition (…) pénétrant/pénétré identifie le rapport sexuel à un rapport de domination”.

Tendant à briser les idées reçues sur la sexualité hétérosexuelle, ces données montrent ainsi que si les relations intimes entre hommes et femmes restent dominées par une polarité de genre, la “versatilité” est désormais une situation plus courante que ne la montre par exemple la pornographie mainstream. »

Femme sur TikTok recrachant son verre d'eau après avoir googlé l'emplacement du point G des hommes

Il faut dire que stimulée ou massée correctement, la prostate peut provoquer un orgasme proche de l’extase. La petite glande, située entre l’anus et le pénis près du rectum, peut en effet déclencher un plaisir « plus intense que l’orgasme ressenti au moment de l’éjaculation » qui arrive par vagues et peut durer jusqu’à deux heures !

Dans le cadre des relations hétéro, la pratique sexuelle a même été rebaptisée pegging (alors qu’appelons un chat un chat, il s’agit simplement de sodomie).

« Tout “homme” qui laisse sa meuf faire ça est suspect »

Malgré les réjouissances promises, beaucoup d’hommes hétérosexuels résistent encore à l’appel de la prostate. Dans le cadre des relations hétéro, la pratique sexuelle a même été rebaptisée pegging (alors qu’appelons un chat un chat, il s’agit simplement de sodomie).

Les créatrices de ces contenus TikTok ont beau manifester un certain enthousiasme à l’idée de donner du plaisir à leur partenaire, pour beaucoup d’hommes hétérosexuels, se faire sodomiser relève davantage du crime de lèse-majesté que de l’atteinte du 7ème ciel.

C’est en tout cas le cas de ceux présents dans les commentaires des vidéos en question, qui alternent entre homophobie, menaces de violences physiques et dégoût. Là où elles pourraient normaliser la pratique, les vidéos sont « au mieux » prises à la dérision, et au pire deviennent des terreaux fertiles pour les remarques haineuses et l’homophobie crasse.

Chacun fait ce qu’il veut avec ses fesses, mais la répulsion exprimée par certains hommes hétérosexuels à l’idée de se faire pénétrer cache bien plus qu’une simple préférence. Alain Héril, sexothérapeute, expliquait ce rejet de la pénétration anale dans un article d’RTL :

« Beaucoup d’hommes pensent que tout ce qui est en lien avec la zone anale, le périnée et le fait d’être touché, d’être léché, d’être pénétré à cet endroit-là, c’est forcément de l’homosexualité refoulée, et il y a des hommes qui ne supportent pas ça. »

Le chemin du point G au point P est encore long. Mais TikTok après TikTok, on avance !

À lire aussi : La prostate donne du plaisir, alors pourquoi tout le monde s’en fout ?

Crédits photos : kyleandjade_ et justtennille sur TikTok

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