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Société

Harcèlement en ligne : que se passe-t-il sur Tik Tok contre les enfants nés en 2010 ?

Y’a-t-il un harcèlement ciblé envers les « 2010 », ces élèves entrés en classe de 6e à la rentrée ? C’est ce que dénoncent des parents d’élèves à travers la FCPE. Dans les faits, les choses sont un peu plus nuancées.

« Bienvenue aux 2010 », a martelé Jean-Michel Blanquer dans une vidéo publiée en fin de journée ce jeudi 16 septembre. Une réponse du ministre de l’Éducation nationale aux nombreux articles empreints d’inquiétude publiés ces derniers jours qui évoquent une vague de harcèlement en ligne sans précédent visant les enfants nés en 2010, autrement dit, qui viennent de faire leur rentrée au collège :

Dès la rentrée scolaire, un article de La Voix du Nord remontait aux obscures origines de ce 2010-bashing, le jeu en ligne Fortnite mais aussi la chanson de Pink Lily, Pop It Mania, soit deux choses associées à cette tranche d’âge et qui serviraient d’alibi pour dénigrer les nouveaux arrivants en 6e sur leurs hobbies jugés trop enfantins et ringards.

D’abord sporadique, le dénigrement aurait pris de l’ampleur sur Tik Tok en cette rentrée, virant aux insultes et aux menaces physiques. C’est ce que dénonce aujourd’hui la Fédération des Conseils de Parents d’Élèves dans un communiqué.

Nageate Belhacen, membre de la FCPE, dénonce une minimisation de ce cyberharcèlement et pointe aussi le contexte particulier de cette rentrée, où des enfants sont à un moment charnière de leur scolarité et sortent de deux années scolaires marquées par le covid.

« On est en période post-confinement, les enfants l’ont aussi vécu et en sont sortis fragilisés. Beaucoup se sont refermés sur eux-mêmes, ils ne sont pas très en forme, ce qui peut amplifier les choses. »

Selon elle, certains collégiens sont en proie à de l’ « anxiété », voire « terrifiés » à l’idée de se rendre au collège et d’y être insultés, malmenés, voire violentés par d’autres élèves.

Un raz-de-marée de violence en ligne ?

L’arrivée en 6e a toujours été une période de tension. Comme un rite de passage pas franchement tendre et dont tout le monde se serait bien passé, il était coutumier de se faire rabrouer par les « grands » à l’entrée au collège.

Mais le harcèlement envers les « 2010 » est-il vraiment un raz-de-marée d’appels à la violence sur Tik Tok ?

Dans Libération ce matin, la journaliste Elsa Maudet apporte une sérieuse nuance à la gravité du phénomène, qui serait sur le terrain bien moins important que ce qu’on rapportait plusieurs médias, en se basant sur quelques vidéos sur Tik Tok et quelques tweets.

À l’association E-Enfance comme dans la communauté pédagogique, on semble avoir découvert le problème… en lisant la presse. Sans affirmer qu’il n’existe aucune animosité des collégiens envers les nouveaux arrivants en 6e, l’article tend néanmoins à sortir de l’alarmisme propagés par certains médias.

Saisir une opportunité de parler du cyberharcèlement

Ne pas tomber dans la surenchère ne signifie pas dénigrer l’inquiétude légitime des parents, ni amoindrir ce que vivent les enfants et adolescents en cette période, et encore moins minorer la gravité des situations de cyberharcèlement. En cette période si particulière, on ne peut pas évacuer les conséquences que peuvent avoir ces vidéos de dénigrements ou d’insultes.

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Mary Taylor via Pexels

Ce qui semble être un épiphénomène peut servir à mettre en lumière un manque d’éducation aux médias, mais aussi les difficultés de certains parents et certains membres de la communauté pédagogique face aux réseaux sociaux.

La FCPE semble avoir saisi cette fenêtre médiatique pour exiger des mesures concrètes contre les violences en ligne : « Nous demandons la mise en place immédiate d’une vigie de grande ampleur, ainsi que le développement d’une véritable politique de protection de l’enfance sur les réseaux sociaux. »

Il est clair que le déplacement des violences scolaires vers les réseaux sociaux n’est pas à prendre à la légère.

« On demande plus qu’un hashtag Bienvenue aux 2010 », insiste Nageate Belhacen en référence à la petite vidéo du ministre de l’Éducation nationale. Pour elle, les pouvoirs publics, mais aussi les plateformes des réseaux sociaux doivent prendre leur responsabilité.

« On a quand même un président qui utilise TikTok, des adultes aussi utilisent ce réseau social, il n’est pas entendable qu’on laisse faire. Il faut protéger nos enfants. »

À lire aussi : Et si on sortait enfin des polémiques sur les crop tops dans les écoles ?

Crédit photo : Pixabay via Pexels

Les Commentaires
26

Avatar de Tremazane
20 septembre 2021 à 17h23
Tremazane
@jorda Merci pour la réf' Je ne connais pas, je vais aller jeter un coup d'oeil.
0
Voir les 26 commentaires

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