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Crise des enseignants : l’Éducation nationale est-elle en roue libre ?

Pour pallier la pénurie d’enseignants, le gouvernement embauche des contractuels. Le prérequis pour postuler ? Disposer d’une licence, d’un casier vierge et… c’est tout.

Pour répondre à la pénurie critique d’enseignants dans le primaire et le secondaire, l’éducation nationale a organisé en juin une grande campagne de recrutement de contractuels. Les conditions pour postuler ? Détenir une licence et disposer d’un casier judiciaire vierge.

Pénuries de professeurs et solutions de dernière minute

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Crédit photo image : Aditya

Départs à la retraite, reconversions professionnelles, arrêts, cette année, 4 000 enseignants manquent à l’appel. Concrètement, 17 % des postes de professeurs des écoles ne sont pas pourvus dans le public. Pour pallier cette pénurie, l’éducation nationale a organisé en juin des séances de Job dating où les candidats intéressés participaient à de grandes sessions de recrutement collectif. Le prérequis ? Posséder une licence et disposer d’un casier judiciaire vierge.

Si le ministre de l’Éducation Pap Ndiaye « reconnaît des difficultés structurelles », il a promis à de nombreuses reprises qu’il y aurait « un professeur devant chaque classe ». Quitte à baisser drastiquement le niveau d’exigences. 

Il y a quelques jours, dans une enquête parue sur le site de BFM, une journaliste en immersion a raconté comment elle avait pu être recrutée, sans la moindre expérience. Cette dernière s’est prêté au jeu de l’entretien d’embauche, et a déclaré avoir fait état de sa méconnaissance du domaine éducatif, sans que cela pose de problème. Et pour preuve, elle a été embauchée au terme des entretiens, ce qui lui aurait permis d’enseigner en maternelle ou dans le primaire, si elle avait voulu pousser l’expérience jusqu’au bout.

Cette situation illustre parfaitement la crise du corps enseignant, qui réclame une revalorisation des salaires et des conditions de travail décentes. Peut-être faudrait-il commencer par là, plutôt que de chercher à combler les trous à la va-vite ?

Crédit photo image de une : aditya

À lire aussi : Transidentité à l’école : des progrès restent à faire pour protéger élèves et enseignants trans


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Les Commentaires

47
Avatar de Pipistrelle.
6 septembre 2022 à 05h09
Pipistrelle.
J'ai l'impression que la clé du problème derrière le manque de respect de la part des élèves et des parents, c'est avant tout le manque de respect de la part de l'institution. Je vais pas revenir sur tout ce qui a été dit ici, mais entre la maltraitance institutionnelle, le manque de soutien de la hiérarchie, les conditions matérielles insuffisantes, la faible rémunération et le mépris ouvert du gouvernement (les petites phrases sur les profs qui auraient glandé pendant le COVID, Macron qui leur tape dessus pendant sa campagne, laisser régulièrement entendre que ce sont des glandeurs qui n'attendent que leurs vacances...), ben ça se voit qu'ils ne sont que des pions manipulés par le système au lieu d'être des professionnels reconnus pour leurs compétences pédagogiques et leur expertise dans leur matière. Je sais pas trop comment le verbaliser, mais j'ai l'impression que plus on laisse les profs tenir le système à bout de bras et se sacrifier pour lui, plus ça les discrédite. N'être qu'une variable d'ajustement au sein de la masse diminue leur mérite individuel en donnant l'illusion qu'ils ne sont que de la chair à se faire broyer par la machine.
Pour valoriser la figure du prof et redorer son autorité, je pense qu'il faudrait déjà commencer par arrêter de traiter les enseignants comme des individus interchangeables qu'on peut balader d'une école à une autre en fonction des trous à boucher. Il faudrait aussi leur témoigner la reconnaissance qu'ils méritent sur le plan symbolique ET financier, et il faudrait les soutenir efficacement face aux parents et aux élèves au lieu de les jeter sous le bus au moindre problème.
En tout cas, si un employeur lui-même traite ses salariés comme des carpette et ne montre aucune considération pour leur boulot (voire au contraire le dénigre et les designe comme des boucs émissaires pour tous les problèmes du pays) pourquoi le reste de la société montrerait plus de respect ? Pourquoi les parents accorderaient du crédit à des profs dont ils pourraient prendre la place à l'issue d'un job dating ? À partir de là, ça doit être très facile de relativiser les mots dans le carnet, les mauvaises notes et les bulletins scolaires et donc de ternir l'autorité des profs aux yeux des élèves.
Et j'hallucine de ce que j'ai lu plus haut sur les élèves qui ne sont pas sanctionnés (ou faiblement) en cas de violence physique sur les profs. Ils deviennent littéralement des punching-ball quoi
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Voir les 47 commentaires

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