Tissus, pigments… comment fait-on pour créer un maillot de bain éco-responsable ?


Depuis 2014, date de lancement de sa gamme POP surf, Roxy a placé l’éco responsabilité au cœur de toutes ses réflexions. La rédaction Madmoizelle a justement profité du lancement de la dernière collection de la gamme pour demander à la marque quelle était sa vision d’une ligne de bain durable.

Comment Roxy rend le beachwear éco responsable avec la collection POP surf

En partenariat avec Roxy (notre Manifeste)

Vous savez ce qu’a dit un célèbre superhéros : une grande image de marque implique de grandes responsabilités. (Ou presque). À quelques exceptions près, Roxy est implantée dans tous les pays du monde, et il était donc tout naturel que la marque repense tout son mode de réalisation et de production autour d’un idéal plus durable.

Roxy pense donc éco-responsable de la conception du produit à la réalisation, en passant par ses efforts de marketing et les partenaires avec lesquels la marque choisit de travailler. Justement, l’une des chefs de produit appuie sur la volonté d’ancrer cet engagement dans l’identité de la marque :

« L’ADN de Roxy est si profondément ancré dans la nature, que cela était comme une évidence de se positionner dans cette démarche : nous souhaitons préserver nos terrains de jeux tels que les océans, les montagnes et les rivières et penser aux générations futures. Notre clientèle encourage nos efforts et est évidemment très en demande d’actions toujours plus durables. »

La rédaction s’est donc demandée ce que voulait dire être éco-responsable pour une marque à l’envergure mondiale

« C’est tout d’abord concevoir des produits en utilisant des matières recyclées ou encore du coton biologique. C’est aussi travailler sur nos packagings, limiter le nombre d’étiquettes sur les produits, travailler uniquement sur catalogues digitaux… Nos usines partenaires sont elles aussi de plus en plus éco-responsables. Elles travaillent sur des techniques d’impression qui consomment de moins en moins d’eau et sont force de proposition sur de nouvelles approches de plus en plus éco-responsables.

La démarche a réellement commencé en 2014, POP Surf a été notre première ligne éco-responsable, avec des maillots de bain. Les combinaisons POP Surf sont arrivées un peu plus tard. Avec les années, le nombre de lignes de maillots de bain et de combinaisons éco-responsables a augmenté. »

Comment construire une collection beachwear responsable ?

Nous savons que la ligne de maillot de bain POP Surf utilise des matières Econyl, une fibre de nylon 100% recyclée et recyclable, fabriquée notamment à partir de déchets plastiques collectés dans les déchèteries et océans (filets de pêche, bouteilles…). Pour les combinaisons, c’est plus complexe. Tout d’abord, le Néoprène est du « limestone Néoprène ». 

Afin de faire baisser votre sourcil perplexe, nous avons fait appel à Amélie Allaert, experte en matière, actuellement ingénieur développement durable. Voici son analyse de l’Econyl : 

« L’Econyl est une des meilleures alternatives qui puisse exister pour les maillots de bain dont la réalisation ne peut pas échapper aux matières synthétiques. L’Econyl est entièrement recyclé, et entièrement recyclable, ce qui veut dire que la matière n’est pas destinée à une seule utilisation. Son procédé de fabrication nécessite d’aller chercher des déchets de la mer, le plus souvent des filets de pêche qui sont en nylon. Les filets représentent d’ailleurs 10 % des déchets de l’océan. C’est l’un des plus gros polluants !

Le fait d’aller au fond des océans pour aller récupérer des filets de pêche, puis de fabriquer du nylon sera toujours moins polluant que de fabriquer du nylon vierge qui nécessite beaucoup d’eau. Au niveau du bilan carbone, l’Econyl a également tout bon, car sa production rejette peu de gaz à effet de serre, 80 % en moins qu’une matière synthétique habituelle.

Le seul défaut de l’Econyl, qui est commun à toutes les matières synthétiques, lors du lavage en machine, il rejette des microplastiques. C’est toujours mieux de laver ce type de matière dans un guppy bag pour limiter cette pollution. »

Dans la même veine, l’utilisation du dope dye comme procédé de teinture est une excellente chose pour l’experte :

« Le dope dye est un énorme effort de la part de Roxy. Voici comment est conçue cette teinture : dans un entonnoir on met de petites billes de plastique pour les fondre, et on ajoute le mélange de pigment. Le résultat est plutôt solide. Après avoir brassé tout ça, la matière est à nouveau fondue pour l’extruder et en faire en fil. 

Grâce à ce procédé, le fil est directement teinté et non neutre, il n’a pas à être coloré par la suite. Cela utilise 97 % moins d’eau et l’utilisation des produits chimiques est réduite à hauteur de 75 %. Le point positif : comme la couleur est dans le fil, elle ne dégorgera jamais lors des lavages. Beaucoup d’entreprises devraient se diriger vers cette méthode et je ne comprends pas pourquoi ce n’est pas déjà le cas. »

En revanche, concernant le Néoprène, son discours est un peu moins dithyrambique :

« Il existe plusieurs procédés de fabrication de cette matière. La manière habituelle est de se baser sur des composants pétrochimiques… Mais ici, on parle de limestone Néoprène, c’est le Néoprène calcaire. Le composant de base est une roche calcaire, une ressource relativement abondante. Cette roche sera chauffée dans un four aux alentours de 1500°C voire 1700°C pour obtenir du Néoprène. 

Au final, sa fabrication est très énergivore et polluante. Surtout si cela est fait dans un pays où le mix énergétique n’est pas optimum. Le second point négatif est que le Néoprène n’est pas biodégradable… Les filières de recyclage commencent seulement à se mettre en place autour de cette matière. Le côté éco-responsable du limestone Néoprène réside dans le fait que cette matière n’est pas issue de la pétrochimie, et que son bilan carbone est meilleur que le Néoprène traditionnel.

Aujourd’hui, le Néoprène est la matière obligatoire pour faire les combinaisons de sport nautique. Donc c’est un bel engagement de la part de Roxy, de ne pas utiliser de matière issue de la pétrochimie. »

La collection POP Surf n’a vraiment pas à rougir de ses efforts, selon Amélie Allaert, bien au contraire. En espérant que cela donne l’exemple à d’autres marques de bain…

D’ailleurs Roxy ne compte pas s’arrêter là, à partir de l’hiver 2021 la quasi-intégralité de leurs lignes développées en combinaisons seront éco-responsables. Puis à partir de l’été 2022, ce sera la même chose pour nos lignes de bain. Nous avons hâte de découvrir tout ça !

À lire aussi : On avait envie de vacances, alors on a fabriqué la plage… pour un shooting avec Roxy !

Sophie Castelain-Youssouf

Sophie Castelain-Youssouf


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Commentaires

Juayju

C'est très intéressant d'en apprendre plus sur de nouvelles matières, leur processus de fabrication etc J'aime beaucoup cet article :taquin:
 

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