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Attention, le post-partum peut être caché derrière un sourire sur Instagram

10 sep 2021

Depuis quelques heures, un mouvement lancé par la journaliste Clémentine Sarlat prend de l’ampleur sur Instagram. Il incite les jeunes mères à ne pas croire tout ce qu’elles peuvent voir sur le réseau social. Et ça fait du bien !

Sur Instagram, et sur tous les réseaux sociaux de manière générale, il est très facile de faire croire à une réalité différente de son quotidien, enjolivée et améliorée.

Faire croire à ses followers qu’on vit des vacances de rêve alors qu’en vrai on est coincée à Palavas-les-Flots avec sa belle-famille en pleine canicule passe encore, mais lorsque ça concerne des sujets plus graves comme le post-partum et la santé mentale, l’illusion peut avoir des conséquences plus lourdes pour celles et ceux qui pensent que tout ce qui est montré est vrai.

Pourquoi, surtout lorsqu’on devient parent, les difficultés que l’on traverse devraient-elles être masquées ? Pourquoi devrait-on faire croire qu’on s’en sort, que c’est presque facile, et qu’on ne galère pas ? Pourquoi continuer d’entretenir ce mythe de la famille ou de la mère parfaite ? À qui est-ce que ce mensonge profite ? À personne, et surtout pas aux mères.

C’est ce qu’à voulu soulever Clémentine Sarlat, journaliste et créatrice du podcast La Matrescence.

Instagram VS la vraie vie : ne pas toujours croire ce que l’on voit

Sur la photo publiée par Clémentine Sarlat, on peut la voir souriante avec son bébé, semblant être parfaitement heureuse. Pourtant, dans la légende de cette photo partagée en story (et ayant donc une durée de vie limitée sur Instagram), elle explique qu’à cette époque, au moment du cliché, elle traversait un épisode de dépression post-partum, qu’elle était au bout de sa vie, et que ce qui était montré sur les réseaux sociaux n’était donc pas toujours vrai.

Capture d’écran de la story de Clémentine Sarlat sur son compte Instagram
Capture d’écran de la story de Clémentine Sarlat sur son compte Instagram

Cette déclaration a eu un effet boule de neige et a incité plusieurs mères (plus ou moins connues sur les réseaux) à poster également une photo d’elles ne montrant pas la réalité cachée derrière leur sourire, comme la podcasteuse, autrice et influenceuse Émilie Daudin, plus connue sous son pseudo EmilieBrunette :

Capture d’écran de la story d’Émilie Daudin sur son compte Instagram
Capture d’écran de la story d’Émilie Daudin sur son compte Instagram

Le hashtag #laveritederrierelesourire regorge d’histoires similaires, de clichés de mères au bord du gouffre et dont le visage, à part quelques cernes, ne laisse rien paraître.

Je ne sais pas vous, mais nous, chez Daronne, ça nous déculpabilise beaucoup de voir les photos et les légendes associées à ce hashtag. Ça nous montre qu’on n’est pas seules à galérer, qu’on n’a pas à complexer face à ce que l’on peut voir sur Instagram, et que définitivement : la mère parfaite n’existe pas.

À lire aussi : Découvrez « La remplaçante », la BD qui explose les injonctions autour du post-partum

Crédit photo image de une : Omkar Patyane / Pexels

Les Commentaires
1

Avatar de Esturgeon
10 septembre 2021 à 09h50
Esturgeon
Je ne sais pas pourquoi vous n'abordez que l'angle du post partum pour parler de ça ; c'est pareil pour plein de maux, de la dépression sévère au mal de dos chronique.
Les codes veulent que sur les photos, on sourit. On peut questionner si c'est bien ou pas bien sûr, mais c'est déjà un élément de réponse sur pourquoi des personnes en post partum le font.
Ensuite, les photos, qu'on les garde pour soi ou qu'on les diffuse, elles sont des traces de mémoire et elles sont faites selon la manière dont on veut se présenter au monde.
Est-ce que 10 ans après la photo, on a envie de se souvenir de combien on avait des idées noires ce jour là ? Est-ce qu'on veut que toutes les personnes qui voient la photo se rendent compte de notre mal-être, nous questionnent dessus ?
J'ai traversé des épisodes de dépression très sévères. Sur les photos de ces périodes, que j'ai diffusées sur mes réseaux, j'ai un sourire ultra bright, j'ai l'air super heureuse. Pourquoi j'ai fait ça ? Parce que je ne voulais pas inquiéter ma grand mère, mes amis, qui ne pouvaient rien faire. Puis moi j'espère un jour oublier combien j'allais mal.
Et quand notre potentiel enfant voudra voir des photos de notre grossesse ou de lui bébé, n'a-t-on pas une responsabilité aussi envers lui de ne pas forcément tout de suite lui dire combien c'était dur ? D'attendre qu'il soit construit, adulte, peut-être prêt à envisager d'avoir des enfants lui-même ? Mais de l'élever dans une bulle d'amour et de bonheur où on maintient que son arrivée était une vraie joie, qu'il peut constater avec nos sourires sur ces photos ?
Enfin pour le rôle particulier des influenceur.ses, il est délicat. C'est bien d'utiliser sa plateforme pour parler de santé mentale certes. Mais à beaucoup parler de son mal-être on risque de perdre des abonné.es et donc pour eux, du revenu. Aussi, les influenceur.ses sont humains et se mettre à nu ainsi c'est se rendre très vulnérable. Iels ont droit à leur intimité, iels n'ont pas à tout nous dévoiler d'eux, de leur vie, de leur psyché. Enfin n'y a-t-il pas un risque de contaminer sa communauté avec son mal-être ? Comme quand la dépression d'un proche affecte son entourage.
Bien sûr qu'Instagram est une bulle d'illusions. Mais elle n'est pas moins valable ou plus biaisée que par exemple Twitter et Facebook. Juste elle présente le monde sous un angle opposé. Sur Twitter et Facebook, rapidement on se retrouve confronté.e à toutes les horreurs du monde, ces réseaux me plongent dans un tel désespoir. Sur Instagram, même si c'est souvent factice, on a des rappels que la vie est belle. Personnellement c'est spécifiquement pour ça que je vais sur cette plateforme.
J'avoue que ça me soûle un peu que ça devienne un nouveau réseau à mauvaises nouvelles. C'est ma seule bulle d'air.
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