Comment on prend nos décisions, selon la psychologie

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Face à un dilemme, comment réagissons-nous ? Des chercheurs ont mené une expérience sur la prise de décision. Justine vous explique ses conclusions.

Comment on prend nos décisions, selon la psychologie

Chaque jour, nous prenons des milliers de décisions — des petites (marcher sur ce trottoir-là, mettre cette paire de chaussettes, boire quatre gorgées d’eau…) et des majeures (quitter son taf ou un•e partenaire, déménager à des milliers de kilomètres…).

Comment faisons-nous pour les prendre ?

Qu’est-ce qui sous-tend nos décisions ?

Commençons par un p’tit live test… Imaginez le scénario suivant — vous entrez dans un laboratoire et un•e scientifique vous propose un deal :

  • Rentrer chez vous aujourd’hui avec 25 dollars,
  • Ou attendre 180 jours et recevoir 45 dollars.

Que choisirez-vous ? La décision serait-elle difficile pour vous ? Pensez-vous hésiter longtemps ?

Trois chercheur•ses (Paul Stillman, Melissa Ferguson et Danial Madvedev) ont proposé ce dilemme, entre objectif à long terme et tentation à court terme, pour de vrai, à des étudiant•es.

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Une expérience pour observer la prise de décision

Chaque volontaire est placé•e face à un ordinateur et doit répondre le plus rapidement possible aux questions.

Au démarrage de l’expérience, le curseur de la souris est situé en bas de l’écran, sur le bouton « start ».

L’ordinateur propose ensuite deux choix (l’un à gauche de l’écran, et l’autre à droite) : les personnes préfèrent-elles opter pour les 25 dollars aujourd’hui, ou les 45 dollars dans 180 jours ?

Dans une autre expérience, les mêmes scientifiques travaillent sur un dilemme similaire, avec un tout autre objet. Cette fois, les participant•es sont mis•es face à un choix culinaire : pour atteindre un objectif de « santé » et de « fitness », quel aliment devraient-ils choisir ?

L’écran de l’ordinateur leur propose alors un aliment « sain » (ou en tout cas, perçu comme tel — c’est discutable… mais c’est un autre sujet) et un aliment « non sain ».

Les chercheur•ses estiment qu’il y a donc, dans ce dilemme, un choix « correct » (c’est-à-dire que les participant•es devraient savoir que le chou de Bruxelles est la « bonne » réponse, plutôt que le brownie).

Avant cet exercice, l’équipe avait spécifié aux volontaires qu’on leur offrira l’un des aliments qu’ils auront choisi au cours de l’exercice. Flûte : a-t-on vraiment envie de manger un chou de Bruxelles ? Ou serions-nous tenté•es par un moelleux brownie ?

En réalité, à la fin de l’exercice, les participant•es peuvent choisir librement leur récompense gustative : une pomme… ou une barre sucrée.

Dans ces deux types d’expérience, les chercheur•ses observent, en temps réel, la prise de décision des personnes — ce n’est pas tant le choix qui compte in fine, mais le processus de décision : pour cela, Stillman, Ferguson et Madvedev centrent leur attention sur la trajectoire du curseur de la souris.

À lire aussi : Quand sait-on qu’il est temps de prendre une décision ?

Les prises de décision et ce qu’elles disent de notre self-control

Certain•es participant•es, qui seraient plus empreint•es de self-control, opteraient sans tergiversation pour le choix alimentaire « sain », ou pour les 45 dollars — dans ce cas, la trajectoire de la souris serait directe et plutôt nette : droite vers le choix rationnel !

Pour d’autres, en revanche, les choses sont plus complexes : certain•es participant•es, qui ont pourtant opté pour le choix rationnel, semblent avoir hésité — le curseur de leur souris s’est approché du choix alimentaire « non sain » ou des 25 dollars, avant de se diriger vers le choix rationnel.

Ces personnes-là auraient des niveaux plus bas de self-control.

En fin de compte, pour les chercheur•ses, toutes ces trajectoires de souris suggèrent des différences dans nos manières de prendre des décisions.

Les trajectoires qui oscillent (entre le brownie et le légume, la somme immédiate ou le pactole futur) illustreraient nos luttes intérieures : comme si la tentation attirait nos mains, avant de renoncer, comme s’il y avait une compétition entre les deux choix dans notre cerveau.

Les résultats de ces expériences viennent nourrir les recherches liées à ce qu’il se passe dans notre tête lors des prises de décisions… et lorsque l’on résiste, ou non, à la tentation !

De votre côté, quels choix feriez-vous ? Plutôt 25 euros maintenant ou 45 dans six mois ?

Pour aller plus loin :

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Voici le dernier commentaire
  • Gabelote
    Gabelote, Le 17 juillet 2017 à 11h26

    Comme beaucoup, je trouve que les exemples utilisés par les chercheurs sont biaisés. Le coup des sous, on a un peu tous le même raisonnement : 25 $ maintenant c'est 25$ de sûrs. 45 dans 180 jours, c'est potentiellement 25$ perdus.
    Ensuite, on peut aussi se poser des question sur la notion de nourriture bonne pour la santé et/ou mauvaise pour la santé. Déjà, parce que pour que ce soit fiable à 100%, il aurait fallu que tous les sujets testés soient dans le même état de santé et soient tous au courant de leur état de santé, et que tous aient la même éducation alimentaires.
    Par ailleurs, c'est difficile de dire qu'il y a une réponse "correcte", si les sujets ont à juger en fonction de leurs objectifs de santé et de forme "health and fitness", car c'est parfaitement subjectif.
    Ensuite, apparemment, les chercheurs se sont appuyés sur les mouvements du curseur entre les deux images proposées aux sujets. Donc, en gros, si on fait pas des va-et-viens de la souris entre les deux images, c'est qu'on est sûr de son choix. Je... juste quoi ?? Les sujets avaient la main scotchée à la souris donc ? Encore, ce serait basé sur les mouvements des yeux, je ne dis pas, mais là, les mouvements de souris.... y'a que moi qui trouve ça désespérément couillon ?

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