Ma colère (face au sexisme) et moi, de la noyade à la délivrance

La colère est une arme puissante, mais c'est aussi un poids. Clémence a fini par apprivoiser la sienne, et ne plus se laisser atteindre par toutes les micro-agressions du quotidien.

Ma colère (face au sexisme) et moi, de la noyade à la délivrance

Publié initialement le 2 juin 2016

Comme beaucoup de féministes, je suis en colère. Comment ne pas l’être ? Même si je voulais ignorer le sexisme et la manière dont il affecte ma vie, ses nuisances s’imposent à moi quotidiennement.

Une main au cul, un mardi matin à 7h02

Tenez, pas plus tard que mardi matin, 7h02. Je marche dans la rue, en jogging, vers ma salle de gym. J’ai 650 mètres à faire, à pieds. Je croise un homme, d’un peu près car le trottoir est étroit, mais pas trop car j’ai un parapluie et lui aussi. D’ailleurs je l’esquive un peu, pour éviter que nos parapluies se froissent.

Et là, il me chope la fesse. Comme ça.

Une main au cul, un mardi à 7h02, sous la pluie. Je me retourne, en colère, je gueule « mais ça va pas, non ? », le mec me regarde en rigolant, en faisant un geste obscène. Il continue son chemin, hilare, et me laisse seule avec ma colère.

Je l’ai dans la gorge, et je la sens gonfler. De là, il n’y a souvent pour moi que deux issues possibles : soit je la laisse remonter, sortir dans un cri et s’épancher en larmes, soit je la ravale pour la digérer. Elle me tombera comme une pierre dans l’estomac, me tordra les boyaux comme si j’avais bouffé une colonie de vers.

C’est ça, la colère. Et c’est deux, trois, six, douze fois par jour.

C’est la « bonne vanne » de Jean-Jacques Fin d’Esprit à la machine à café, le commentaire du serveur sur « ma ligne » que je fais bien de surveiller, c’est le harcèlement de rue, les sifflements, les bruits d’animaux, c’est les titres de la presse, la minimisation constante des violences sexistes, c’est les tweets et les montages « drôles » qui tournent sur les réseaux sociaux, c’est ENCORE une « blague » qui tombe à côté — ou plutôt, qui tombe pile en plein dans la blessure qui ne peut pas cicatriser, car elle est sans cesse réouverte.

Ça commence à 7h02, un mardi matin. Jamais ça s’arrête. Et c’est épuisant.

Les cinq étapes du deuil d’une vie d’illusions

Ma colère était l’électrochoc qui me sauvait de la dépression

Au début, ma colère, c’était mon salut. C’était l’électrochoc qui me sauvait de la dépression. Parce que le jour où j’ai réalisé tout ce que je subissais juste parce que je suis une femme dans cette société, le jour où j’ai compris que ce n’était pas normal, j’ai aussi très vite réalisé l’étendue du problème.

Toute ma vie, toutes les petites incompréhensions du quotidien, tout prenait sens, et j’aimais pas DU TOUT le sens que ça prenait : pourquoi un jour, je n’ai plus eu le droit de sortir torse nu, pourquoi j’ai été si souvent découragée (indice : quand je m’intéressais à des trucs « de mec »), pourquoi j’ai tant le sentiment d’être traitée injustement, d’être traitée « différemment ».

La claque.

Comme Néo qui réalise que son monde n’était qu’un film projeté dans son esprit, j’ai compris que le mien aussi n’était qu’une illusion.

Le féminisme est arrivé pour moi au terme des cinq étapes du deuil de la société que j’avais fantasmée : celle de l’égalité. Bon, le tableau avait déjà pris un sacré coup de canif avec les débats déchirants et insultants autour de la Manif Pour Tous, mais j’étais prête à excuser temporairement l’obscurantisme de la minorité : il est vrai que ce projet de société était une nouveauté, quelque part. On n’avait pas grandi dans un monde où l’on nous expliquait ce qu’était l’homosexualité, et que c’était normal.

En revanche le sexisme, c’était censé être « tellement dépassé » qu’on mentionnait à peine le féminisme dans les livres d’Histoire.

J’ai discuté de cette métaphore des 5 étapes du deuil avec Anaïs Bourdet, de Paye Ta Shnek (extrait de notre interview, à découvrir bientôt en intégralité !)

Après le choc, le déni et la dépression, vient la colère

Il y a eu le choc de la réalisation, et une phase de déni, parce que j’aurais préféré ne pas y croire. Il y a eu la dépression, conséquence de mon impuissance et de mon isolement face à ce constat désespérant : c’est le monde qu’il faut que je change pour pouvoir m’y faire une place.

Et puis, il y a eu la colère.

De la colère qui sauve à celle qui étouffe

Enfin une réaction productive. La colère. Au lieu de passer mes journées allongée dans le noir à me morfondre face aux injustices de ce monde — dont je découvrais chaque jour le nombre et l’étendue, ce qui n’était pas pour me remonter le moral — j’avais finalement une émotion, une sensation, quelque chose que je pouvais utiliser pour me sentir mieux : la colère.

C’était pas ma faute. Rien de tout ceci n’était ma faute, et pire encore : la société refusait de reconnaître la sienne.

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Autour de moi, les gens continuaient leur vie comme si de rien n’était

Mais le plus enrageant, c’était le sentiment d’être la seule à avoir eu cette prise de conscience. Autour de moi, les gens continuaient leur vie, comme si de rien n’était, alors que la mienne avait volé en éclats. Du jour au lendemain, tu vois tout. Toutes les manifestations du sexisme ordinaire, partout, toujours, tout le temps.

Plus tu te renseignes, et plus tu les vois. Tu remarques que la presse parle des féminicides comme de drames romantiques, comme si tuer son ex-femme était un remake moderne de Roméo et Juliette (relisez Shakespeare, s’il vous plaît).

Tu remarques que les gens pensent que les filles ne devraient pas s’habiller comme elles veulent, qu’elles « ne doivent pas s’étonner » de se faire emmerder dans la rue. Comme si c’était normal.

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Tu ne ris plus aux blagues, parce qu’elles ont perdu leur ressort comique à tes yeux. Tu ne peux plus rire avec ceux qui se moquent de toi, de ce que tu vis.

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Tu remarques que tout ce qui t’insurge, autour de toi, les gens trouvent ça « normal ». Ils ne voient pas le problème. Toi tu te noies, et à quelques mètres, les gens, ils « ne voient pas le problème ». Ils vont pas te lancer une bouée, t’as qu’à nager un peu, c’est pas si difficile.

Il n’y a pas de femmes à la tête d’entreprises, dans les Conseils d’administration, en politique ? Elles n’ont qu’à s’investir un peu plus. Bien sûr. C’est si simple, voyons…

La négociation, ou vider l’océan à la petite cuillière

Alors, je me suis mise à répondre, à discuter, à débattre, tout le temps, en toutes circonstances. Un pote lâche une vanne misogyne en soirée ? Quelques minutes plus tard, le quidam qui se joint à notre cercle, nonchalamment, un verre à la main, se retrouve confronté à un exposé sur les statistiques du viol et des violences conjugales en France.

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Une remarque sur les « bonnes femmes » par-ci, un discours pseudo-sociologique sur « vous, les femmes » par-là, je ne laissais plus rien passer. Tout était prétexte à une joute verbale, tout était pour moi une fenêtre de tir, alors j’ouvrais le feu sans sommation.

Le sexisme étant partout, je visais toujours juste. Mais c’était épuisant, bien sûr. Combattre toutes les manifestations du sexisme ordinaire, c’est comme essayer de vider l’océan à la petite cuillère. C’est sans fin.

Oui, mais moi je me noie, je vous rappelle. Et si à force de petites cuillères, je finis par avoir la tête hors de l’eau, ce sera déjà ça.

Ma colère, armure contre le désespoir

À chaque discussion blessante, à chaque débat « perdu », à chaque petite pique sur « vous, les féministes », c’est toute la colère qui bout et qui déborde comme le lait dans la casserole.

Et toujours, derrière, ce sentiment d’être acculée : je suis en colère parce que je n’ai pas d’autre choix. C’est me battre pour survivre, ou me faire marcher dessus. Vous ne voyez pas le problème ? Je vais le hurler jusqu’à ce que vous ne puissiez plus l’ignorer.

J’ai longtemps dirigé ma colère contre les avatars du sexisme ordinaire

J’ai été en colère pendant de longs mois. Pendant des années. Si vous relisez mon article sur Guillaume Pley, vous verrez toute la rage contenue dans les phrases, cousue avec les mots. Il était pour moi l’incarnation de cette ignorance coupable, celle qui nous fait tant de mal, à nous, les victimes du sexisme, les soldates du féminisme, parce qu’elle banalise ce que nous dénonçons.

Parce qu’elle rend « cool et légère » la violence que nous subissons. Parce qu’elle fait des blagues avec nos oppressions.

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J’en ai déversé, de la colère. Souvent, je la maquillais en mépris, surtout lorsque je la dirigeais contre mes proches. C’est dur de se dire qu’on a grandi ensemble, et pourtant, mes propres frères doutaient de mon expérience. J’ai préféré arrêter de leur parler plutôt que d’encaisser leur déni de mes souffrances.

La colère qui enferme et qui étrangle

C’est dur de couper les ponts avec des gens qu’on aime, même temporairement, par mesure de sauvegarde. Ça l’est encore plus de réaliser qu’on n’aura pas la patience de réparer ces ponts, parfois, à moins que l’autre ne se décide à faire le premier pas.

La colère isole, la colère aveugle, mais la colère défoule, la colère protège. Alors je la gardais toujours avec moi, au creux de la poitrine. Elle épongeait la peur des soirs où je rentrais seule, dans la rue, la nuit. Je savais désormais pourquoi j’avais peur, je savais que ce n’était pas normal, alors la colère prenait sa place.

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La colère est une armure contre toutes les agressions du quotidien — dieu sait qu’elles sont nombreuses, permanentes. La colère me faisait tenir. Mais je ne réalisais pas encore, à cette époque, toute l’énergie que cette colère me pompait. Je croyais qu’elle m’en donnait, mais c’était comme se gaver de café pour rester éveillée : ça ne remplace pas une nuit de sommeil.

J’avais développé un système de défense permanent, mais je ne pouvais plus traîner avec des ami•es pas féministes, aller en soirée, regarder n’importe quel film, série, émission (car la liste des programmes 100% « safe » tiendrait sur un timbre)… À part dans mes cercles féministes, toute activité m’exposait invariablement à des manifestations du sexisme ordinaire. Donc à des « triggers » susceptibles de raviver mes blessures, et de nourrir ma colère.

J’ai réalisé que j’allais bientôt avoir un choix à faire : renoncer à « mon armure », ou m’enfermer dedans.

Pourquoi je m’inflige ça ?

J’ai fini par me demander : pourquoi je m’inflige ça ? À quoi ça sert ? Pourquoi j’ai autant de colère avec moi, tout le temps ? Je veux dire, le harcèlement de rue n’a pas commencé lorsque j’en ai pris conscience. Les blagues sexistes non plus. Les titres de merde, les scènes dérangeantes dans la fiction… rien de tout ça n’était nouveau.

Ai-je besoin de subir ma colère pour réagir et me battre ?

La différence était que maintenant je sais réagir, je peux réagir, je ne suis plus la seule à vouloir et à pouvoir le faire. Mais était-il nécessaire que je sois en colère, que je la laisse bouillir en permanence pour qu’elle déborde en certaines occasions ?

Qu’est-ce que j’accomplissais par là, à part bien sûr saisir l’opportunité de purger un peu de cette colère ?

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Mais est-ce que j’aurais tant besoin d’expressions cathartiques régulières si je n’étais pas en permanence dans la colère ? C’est quand même vachement lourd à porter, au quotidien, et ça me bouffe une énergie folle, de rembarrer Jean-Jacques Fin d’Esprit et le serveur de la Brasserie Bon Appétit Bien Sûr, de tweeter ma désapprobation de tous les titres sexistes, mais surtout de m’indigner à hauteur de la colère que toutes ces micro-agressions génèrent chez moi, en continu.

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Mais au final, pourquoi je fais ça ? Si mon but est de faire bouger les lignes pour que je puisse trouver moi aussi une place dans ce monde, est-ce que c’est efficace ? Je veux dire : comment je faisais avant ? Avant de voir le sexisme, de réaliser toutes les limitations que cette oppression, et d’autres, m’imposaient ?

Eh bien avant, je me laissais décourager. Je me laissais arrêter sans protester. C’est « pas pour les filles » ? Ok pardon, je vais voir ailleurs. Mais en fait, si je réservais plutôt ma colère à ces occasions ?

Je suis Wonder Woman et vous n’y pouvez rien

J’ai réalisé un truc : je suis une super héroïne, et je ne le savais même pas. Mais si. J’ai lu le post de Paye Ta Shnek, qui « en a marre d’être une femme », j’ai lu celui de Diglee qui raconte une bien belle journée de merde, aux accents pourtant trop ordinaires, pour une meuf, en 2016.

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Je partage leur colère, leur désespoir, leur lassitude. Mais je vois surtout Diglee, une illustratrice de talent, dont la voix porte et compte aujourd’hui, qui a très certainement inspiré nombre de nouvelles plumes dans son sillage.

Je vois en « Paye Ta Shnek » une jeune femme qui a pris la parole pour la passer à toutes celles qui avaient des trucs à dire, qui a généré une communauté de plus de 180 000 personnes sur Facebook. Et cette communauté a gagné un bras de fer contre le Sénat en février. Rien que ça.

Je nous vois faire bouger les lignes à la force de nos colères

Je nous vois, petites meufs ordinaires, tellement démunies quand un mec nous fout une main au cul à 7h02, mais dont les voix portent jusqu’au Parlement français. Je vois nos pétitions débouler dans la loi, réparer des injustices, je nous vois faire bouger les lignes, à la force de nos colères.

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Et je me dis : on est VRAIMENT des super-héroïnes.

C’est cette réalisation, je crois, qui a cicatrisé la plaie. Celle qui m’a fait sortir du deuil du monde que je m’étais imaginé, et m’a fait prendre conscience que j’étais loin d’être seule à vouloir le changer, et qu’en plus, on avait déjà parcouru un chemin à peine croyable en très peu de temps.

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De la colère à la détermination

Ma colère est une arme que je porte en bandoulière, prête à dégainer

La colère est toujours là, mais je ne l’ai plus dans la poitrine. Elle ne me brûle plus la gorge, elle ne pèse plus dans l’estomac. Elle n’enflamme plus mes nerfs, ne fait plus couler les larmes. Ma colère est une arme, que je tiens prête à dégainer dans les batailles qu’on devra encore mener.

Comme c’est toujours une matière hautement inflammable, je la tiens à l’écart des étincelles du quotidien. Une blague qui ne me fait pas rire est redevenue juste « une blague qui ne me fait pas rire ». Un clip où les femmes en string servent de décor me déclenchera au pire un roulement d’yeux, au mieux, une idée d’article ou de vidéo parodique ou pédagogique sur le sujet. Je dénonce les publicités sexistes que je chope à l’ARPP, dont le formulaire de contact en ligne est très facile d’utilisation.

Je vais pas sortir l’ogive nucléaire à chaque fois qu’on me balance une noisette au lance-pierre. Surtout quand c’est juste de la provoc’, d’ailleurs !

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Parfois, je suis mise à l’épreuve. Quand je suis allée voir Nos Femmes au cinéma, par exemple. Mais j’ai ri, en fait. Je finis par en rire, car c’est tellement navrant que je ne peux décemment pas mobiliser une once d’énergie ! Et je jubile, finalement, d’assister à l’agonie pathétique d’un genre que notre lutte a définitivement ringardisé. Tous ceux qui veulent que ce monde reste en l’état n’ont pas encore eu le mémo, je sais. Mais ça aussi, ça me fait sourire, maintenant.

Je sais que je suis du bon côté de l’Histoire, du côté des vainqueurs, et je me le répète quand on perd une bataille ou qu’on laisse passer une offense. Je sais qu’on a raison, et que ça sert à rien que je m’énerve.

Ma colère est très soluble dans le rire

Et j’ai découvert un truc, à force de faire ça : l’excédent de colère est très soluble dans le rire, chez moi. Ça m’a demandé beaucoup d’entraînement, et si je me suis pas mal forcée au début (#MéthodeCoué), c’est devenu une habitude : je cherche le comique, l’ironie, le sarcasme ou l’absurde de la situation, pour pouvoir en rire.

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Je suis sortie de la colère, sans compromis ni renoncement

Le sexisme ordinaire a réduit mon champ de possibles et mes ambitions, mais il ne m’a pas empêché de vivre. Aujourd’hui, j’ai compris que toutes les limitations qu’il m’imposait, c’était juste une arnaque.

Le monde n’est pas meilleur, mais moi je le vis mieux

Ouais, y a de quoi se mettre en colère, douze fois par jour, c’est sûr. Je l’ai été pendant trois ans, et ça m’a épuisée, physiquement et nerveusement. Je me suis isolée, repliée aussi.

Et j’en ai eu assez, de subir ma propre colère en plus des oppressions qui la nourrissent. Alors, avec énormément de temps, d’énergie, beaucoup de patience avec moi-même et autant d’efforts… j’ai arrêté de laisser ma colère m’engluer les ailes.

Si tu me lis en te disant « mais qu’est-ce qu’elle me veut la Bodoc avec sa philosophie de fortune cookie ? », sache que je ne suis vraiment pas en train d’essayer de te convaincre de quoi que ce soit. J’ai été en colère, et je le suis toujours, alors je comprends ceux et celles qui l’expriment au quotidien.

Si ça te défoule, si ça t’inspire, si t’es épanouie et forte de ça, tant mieux pour toi. C’était pas mon cas, moi je me sentais clouée au sol, lestée par des poids que j’étais épuisée de devoir traîner avec moi, en permanence.

Pour toutes celles qui se retrouveront dans mon cas, je voulais juste témoigner : c’est possible de vivre autrement. Sans remettre des oeillères ni compromettre ses idéaux. Bien au contraire.

* * * * *

Mardi matin, 7h04. Je me tape un fou rire, toute seule, sous mon parapluie. Il m’est venu au moins trois idées de tweets sarcastiques pour conter cette main au cul de 7h02 à toute ma timeline. Mais je ne les ai jamais postés. Sortie de la salle de gym, j’étais passée à autre chose : j’ai tout un monde à changer !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Eclise
    Eclise, Le 19 septembre 2016 à 21h10

    Le souci que me pose cette notion de colère, c'est qu'elle est toujours militante, en général racisée. Bien rarement il s'agit de la colère des dominant-e-s qui est critiquée. Non, ce qui est remarqué c'est la colère de celleux qui s'indignent, qui sortent les couteaux, qui montent au créneau. Et c'est aussi ce qui découle pour moi des débats sur la colère dans les milieux militants, c'est à dire une injonction de plus à taire cette colère là, même quand le point de départ est personnel et la réflexion individuelle. Souvent contre toute bienveillance, sans écouter la blessure initiale.

    Pourquoi la colère des dominant-e-s n'est quant à elle jamais dénoncée ? Pourquoi, y compris dans les milieux militant-e-s, quand on dit à quelqu'un "c'est raciste ce que tu dis", la réaction est disproportionnée ? Qu'on se met à parler de liberté d'expression, de """lynchage""" ? Et je parle de racisme parce que c'est le cas le plus fréquent que j'ai pu voir, et aussi car c'est assez souvent des personnes blanches que je vois porter et formuler ces réflexions, mais on peut transposer ça à l'homophobie, la transphobie, etc. ... ces réactions, ces fragilités blanches et/ou dominantes, ces colères d'égo, sont pourtant autant de freins, autant d'énergie perdue et autant de nouvelles blessures portées. Mais cette colère là, qui en parle ?

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