Pourquoi tant de ragots (chez les femmes ET les hommes) ?

Des scientifiques ont tenté de comprendre le rôle que jouent les ragots — et démontent le stéréotype selon lequel les femmes seraient plus friandes de potins que les hommes !

Pourquoi tant de ragots (chez les femmes ET les hommes) ?

Combien de temps passes-tu, par jour, à participer à des potins ? Que penses-tu du stéréotype selon lequel les femmes participeraient plus souvent aux ragots que les hommes ?

Dans un monde idéal, nous aimerions sans doute penser que jamais, jamais nous ne participons à des ragots et que l’ensemble de nos conversations sont productives, philosophiques et empreintes de sagesse.

Figure-toi que des chercheurs et chercheuses se sont penchées sur ces conversations futiles…

52 minutes de ragots PAR JOUR ?!

Nous serions nombreux et nombreuses à nous prêter au jeu des ragots, et le sujet pourrait être moins trivial qu’il n’y paraît.

Les résultats d’une étude menée par Megan L. Robbins et Alexander Karan (publiés dans le journal Social Psychological and Personality Science) suggèrent que nous passerions 52 minutes par jour à participer à des « potins ».

Comment les scientifiques sont-ils parvenus à cette conclusion ? Comment ont-ils défini ce qui relevait, ou non, du potin ?

C’est quoi, un ragot, un potin ?

L’auteur et l’autrice proposent une définition relativement vaste : un potin, c’est parler d’une personne qui n’est pas présente, que ce soit en mal ou en bien.

Ouf : nous ne passons pas une heure par jour à trasher notre entourage !

Dans cette optique, dire à quelqu’un que ta meuf a cuisiné hier soir, que ton père est parti en vacances ou que ton meilleur pote était vachement bien habillé ce matin, c’est participer à un potin.

Les ragots, les potins sont-ils forcément négatifs ?

Le chercheur et la chercheuse répartissent les potins en 3 catégories : positifs, négatifs ou neutres.

Pour étudier le phénomène, les scientifiques ont proposé à près de 500 personnes, âgées de 18 à 58 ans, d’enregistrer leurs conversations au cours d’une journée.

L’équipe de recherche a recueilli environ 4000 exemples de potins et a entrepris d’analyser tout ce précieux matériel.

Qu’observe-t-on ?

  • Qu’environ 14% du temps de conversation relèverait du potin – soit, selon les scientifiques, 52 minutes de potins sur 16 heures d’éveil.
  • Que les ¾ de ces potins seraient catégorisés « neutres » – et que, dans le quart restant, les potins négatifs (604 exemples) feraient près du double du quota de potins positifs (376 exemples).
  • Qu’il semble que les jeunes passeraient plus de temps à partager des potins négatifs que les personnes plus âgées.
  • Que nous parlerions bien plus souvent des personnes de notre entourage plutôt que des célébrités.
  • Et que, tiens-toi bien, il n’y aurait pas de différence entre les femmes et les hommes pour les potins négatifs ! En revanche, il semble que les femmes partagent plus de potins « neutres ».

Mais pourquoi donc consacrons-nous du temps à converser à propos de la vie d’autres gens ? Les interprétations sont multiples.

Les ragots, un outil social

Par exemple, pour Mark Leary, professeur de psychologie, ce type de conversations anodines font partie de la vie humaine : les potins pourraient être une manière de partager de l’information, de manière conscience ou inconsciente.

Parfois, de manière sous-jacente, nos potins racontent aussi qui est qui, quelles sont les personnes dignes de confiance selon nous, quelles sont les règles notre groupe social, qui est ami avec qui, quelles sont les personnalités…

En ce sens, le potin pourrait avoir une « fonction » : partager des informations à propos du groupe au sein duquel nous évoluons et entretenir un lien social.

En gros, si je te confie ceci, je juge que tu es digne de confiance et peut-être qu’à ton tour, tu me confieras autre chose.

Parler des autres pour parler de soi

Pour aller encore au-delà, il est important de souligner que le potin parle de la personne qui est le sujet de la conversation, mais aussi de celles et ceux qui sont en train de parler.

Lorsque tu racontes une anecdote, ton interlocuteur peut assimiler des informations sur toi : ton attitude, la manière dont tu perçois la situation, ce qui t’interpelle, tes émotions, la confiance qu’on peut t’accorder…

En somme, au quotidien, les potins et ragots semblent incontournables. Mais peut-être pouvons-nous réfléchir au type de potin auquel nous souhaitons participer !

Les potins/ragots négatifs peuvent avoir des conséquences néfastes sur nos cibles, sur nos interlocuteurs et interlocutrices, et sur nous-mêmes.

De ton côté, comment fais-tu ? As-tu déjà essayé de changer ta manière de participer, ou non, à des potins ?

Pour aller plus loin...

À lire aussi : Comment se crée (et s’alimente) une rumeur ?

Commentaires

Mijou

  • Qu’environ 14% du temps de conversation relèverait du potin – soit, selon les scientifiques, 52 minutes de potins sur 16 heures d’éveil.
En faisant le calcul, ça veut dire que sur une journée d'éveil de 16heures, on est à 6h de conversation? Sérieusement? Je discute clairement pas 6h/jours :eek:
Perso, je ne discute pas QUE 6h/jours :cretin:
J'imagine que c'est une moyenne...
 

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