Ma semaine en plein cauchemar (La pire année de ma vie, épisode 2)

Parfois, tout s'enchaîne de façon dramatique dans une vie. Quelques temps après le terrible accident de son ami, cette madmoiZelle te raconte une semaine de pur cauchemar.

Ma semaine en plein cauchemar (La pire année de ma vie, épisode 2)

Journal de la pire année de ma vie

Bienvenue dans le Journal de la pire année de ma vie, le récit d’une madmoiZelle qui se replonge dans les mois cauchemardesques qu’elle a vécus.

Drames, violences, ruptures et harcèlement, des évènements qui se sont enchaînés jusqu’à l’attirer au fond du gouffre… avant qu’elle ne s’en relève, encore plus forte et épanouie qu’avant.

C’est une histoire douloureuse, mais elle finit bien, puisque cette jeune femme est encore là pour la raconter. En voici le deuxième épisode ; la suite sera publiée chaque semaine sur madmoiZelle.

Voilà quelques semaines que Thomas est tombé maintenant.

Il est toujours à l’hôpital, on ne sait toujours pas avec certitude s’il pourra remarcher normalement. Je vais le voir le plus souvent possible, ma directrice d’études est au courant de la situation et me laisse sécher les cours régulièrement pour me rendre à son chevet.

Il faut savoir qu’à ce jour, je n’ai toujours pas de certitude totale sur ce qu’il s’est exactement passé, et Thomas non plus puisqu’il n’a pas de souvenirs précis de l’incident.

L’hypothèse la plus probable, que l’on partage tous les deux, c’est qu’il ne voulait pas sauter par la fenêtre. Ivre mort, il a tenté d’attirer mon attention, de façon très dangereuse, et il est tombé.

Il ne s’est pas jeté dans le vide en comprenant que je ne voulais pas être en couple avec lui, ni rien de ce genre. C’est un accident, un terrible accident, qui bien heureusement ne lui a pas été fatal.

Les soupçons qui pesaient sur moi ont été levés, les charges abandonnées. La police ne me considère plus comme suspecte de tentative d’homicide.

Le stress-post traumatique

Mes profs ont voulu ouvrir une cellule psychologique pour moi et tous ceux qui étaient à la soirée, mais si certains sont allés parler à une psy mandatée par notre école, j’ai décliné leur proposition.

J’ai échangé avec une psychologue la semaine dernière. Ma mère et mes profs ont insisté.

Je l’ai fait un peu à contre-cœur, je n’ai pas envie de parler de ça à qui que ce soit. Il m’est insupportable de ressasser ce qu’il s’est passé.

Ma mère m’a également traînée chez mon médecin traitant, la seule que j’ai accepté d’aller voir. J’y suis restée longtemps, nous avons eu une longue conversation, difficile et douloureuse.

Elle m’a expliquée de quoi je souffrais : un stress post-traumatique.

Le syndrome de stress post-traumatique

Le syndrome du stress post-traumatique est, d’après Allodocteurs :

« Un trouble anxieux qui survient suite à un événement traumatisant, qu’on en soit directement victime, ou seulement témoin.

Attentat, guerre, il peut également survenir après des événements comme, par exemple, un accident de voiture ou un vol de sac à main ».

Il toucherait 10% des femmes et 5% des hommes ayant vécu ces événements. Son diagnostic n’est pas toujours évident car ce stress ne se manifeste pas tout de suite. Le ministère de la Défense explique ainsi :

« Les symptômes d’un état de stress post-traumatique débutent habituellement dans les trois premiers mois qui suivent un traumatisme.

Cependant, il peut parfois se passer plusieurs mois ou même plusieurs années avant que les symptômes apparaissent. »

De fait,

« Au début, la personne semble faire face, et puis, sans cause apparente, les troubles vont apparaître : cauchemars, images violentes, la victime est emprisonnée dans des souvenirs qui lui font sans cesse revivre le traumatisme.

Et ces souvenirs vont entraîner un changement de son état émotionnel et physique.

Elle évite tout ce qui peut lui rappeler les faits, c’est ce que les spécialistes appellent un comportement d’évitement. Elle peut aussi être en état d’hypervigilance et sursauter au moindre bruit.

Ces troubles peuvent s’accompagner d’un manque de concentration et d’insomnies.

Progressivement, c’est toute l’identité qui est fragilisée. Les victimes sont convaincues que leur vie est détruite et qu’elles ne peuvent plus rien entreprendre. Elles sont comme paralysées. »

Un suivi par un spécialiste permet de soigner ce syndrome : Allodocteurs évoque notamment les succès de l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), une thérapie cognitive utilisant les mouvements oculaires.

Pour être honnête, j’ai beau acquiescer devant ce diagnostic, ces mots n’ont aucun sens dans ma tête. Je me convaincs que je vais bien, que tout va bien, mais ce n’est pas le cas.

Je ne dors toujours pas malgré les somnifères, je fais des cauchemars, je me réveille en hurlant. 

À ce moment-là, je me persuade que ça va vite passer, que ce n’est que passager, mais les cauchemars me hanteront pendant des mois.

La difficulté avec le contact humain

Je ne recommence à manger normalement que deux semaines après l’accident. Je n’ai pas cessé de vomir, plusieurs fois par jour. J’ai perdu du poids, je me sens faible en permanence.

Outre les cauchemars et l’alimentation, le contact humain m’est devenu particulièrement difficile à tolérer.

Je ne supporte que la présence de Thomas, de ma mère, de celles et ceux qui étaient là le soir de l’accident.

Je n’arrive pas à voir mes autres amis, je n’arrive pas à passer du temps avec mon père et mon frère, je n’arrive pas à avoir envie de voir Félix.

Ça me demande trop d’efforts, c’est trop dur.

La plupart de mes proches ont du mal à comprendre, du moins au début. Certains (ceux qui ne sont pas dans mon école notamment) ne comprennent pas bien ce qui se passe car ils n’ont eu vent que de certaines bribes de l’histoire, sans vraiment connaître les détails.

À ce moment-là, je n’ai pas encore vraiment pris conscience d’à quel point cet accident m’a abîmée.

Pas physiquement comme Thomas (qui ne se souvient pas de grand-chose et qui ne semble pas traumatisé le moins du monde) mais mentalement, psychologiquement.

Je n’ai pas encore réalisé l’ampleur des dégâts que cet accident a causés dans ma tête et par conséquent dans ma vie.

La séparation avec Félix

Pendant des semaines, je continue de repousser tout le monde, de m’isoler. Félix est patient, il ne vit pas dans la même ville mais se déplace souvent pour passer des moments avec moi.

J’ai l’impression d’être l’ombre de moi-même avec lui. Je m’en veux terriblement de penser à Thomas quand il est là.

Il ne s’agit que de pensées inquiètes mais je me sens coupable de les avoir. J’ai l’impression de ne plus être à la hauteur de son amour, notre relation m’étouffe.

Je commence à me poser des questions, je ne sais plus si je l’aime comme avant. Je ne sais plus où j’en suis.

Un après-midi, je me rends chez lui pour passer la journée. Je sais que Félix sent que je ne suis plus comme avant ; quelques minutes seulement après mon arrivée, il me pose LA question.

« Est-ce que tu veux me quitter ? »

Sa demande me brise le cœur. J’ouvre la bouche pour répondre mais aucun son n’en sort. Je me mets simplement à pleurer. Je me sens terriblement impuissante.

J’essaye de lui expliquer que je suis perdue, que je ne sais plus comment faire, que ce n’est pas sa faute. Je lui assure que c’est sans doute temporaire, qu’il faut qu’il me laisse le temps d’aller mieux.

Il me prend dans ses bras, on reste ainsi plusieurs heures sans parler. Puis il me ramène chez moi, m’embrasse et s’en va.

Je n’ai pas les mots pour décrire la douleur que je ressens, j’ai l’impression que mon monde s’est écroulé.

Je me dis que j’ai peut-être fait la plus grosse erreur de ma vie mais je ne sais pas quoi faire d’autre.

Le déni de mes sentiments et émotions

Sans surprise, les semaines suivantes m’enfoncent un peu plus dans le doute et le flou.

Je vais voir Thomas presque tous les jours, je ne pense qu’à ça toute la journée. Il fait de plus en plus de sous-entendus sur notre relation. Je ne rentre pas vraiment dans son jeu mais je commence sérieusement à me poser des questions. Et je me déteste de me poser ces questions-là.

Beaucoup, à ce moment-là, me font remarquer que j’ai sûrement quitté Félix car je suis amoureuse de Thomas. Ces commentaires m’irritent car ils sont faux.

Je trouve assez insupportable la tendance qu’ont les autres à me dire ce que je ressens dernièrement, à m’analyser en permanence. Comment pourraient-ils savoir ce que je ressens ? Je ne le sais même pas moi-même.

Mes crises de panique se font de plus en plus fréquentes, je hurle, pleure, me griffe jusqu’au sang dans mon sommeil. Ma mère s’installe dans ma chambre pour que je ne dorme pas seule.

La journée, je fais comme si tout allait bien.

Je suis la présidente d’une asso étudiante que j’adore mais pour laquelle je n’ai pas été très présente depuis la rentrée.

Les remarques de mes camarades sur mon manque d’investissement (« Tu prends pas ton rôle à cœur, t’es tout le temps à l’hôpital ! »), certes justifiées, sont de plus en plus nombreuses et acerbes. Elles me blessent plus que je ne le laisse transparaître.

Alors je fais du mieux que je peux, assurant que tout va bien quand on me pose la question.

Et j’arrive presque à me convaincre moi-même que c’est le cas.

Le rapprochement avec Thomas

De nombreuses semaines après l’accident, Thomas revient enfin en coursIl a du mal à se déplacer mais il est là. J’ai l’impression d’aller mieux. Et pour de vrai cette fois.

Un soir, il m’envoie un message :

« Ça te ferait chier si j’embrassais une autre fille ? »

C’est la première fois qu’il est aussi direct. Je le suis aussi.

Depuis l’accident, j’ai l’impression que le filtre entre mon cerveau et ma bouche a sauté, alors c’est en tout honnêteté que je lui réponds :

« Oui, peut-être. »

C’est alors qu’il m’écrit que ça le fera chier lui, pour la simple et bonne raison qu’il m’aime vraiment bien depuis des mois et qu’il ne veut pas d’une autre fille.

Je ne sais pas trop ce quoi penser en lisant ces mots, tout est confus.

Je sais que je ressens quelque chose de très fort pour lui parce que je l’ai vu mourir sous mes yeux. En revanche, je ne sais pas si l’affection que je lui porte est amicale ou si elle commence à se transformer en autre chose.

Je crois que je ressens de l’attirance pour Thomas. Ses aveux ne me laissent pas indifférente. Mais d’un autre côté, je pense encore à Félix à qui je n’ai presque pas reparlé depuis notre séparation.

La première soirée de Thomas

La première soirée que Thomas refait avec tous les étudiants de mon école se déroule lors d’un week-end organisé par mon asso.

Je m’occupe de l’organisation mais j’en profite quand même pour m’amuser un peu. Ça fait longtemps que je ne me suis pas sentie aussi bien.

Le premier soir, Thomas me rejoint sur la piste de danse et m’embrasse. Je lui rends son baiser. C’est naturel, je suis bien, je ne me pose pas de questions. L’alcool aide à déconnecter mon cerveau.

Il me propose de dormir avec lui, j’accepte mais je le préviens : on ne couchera pas ensemble.

Je suis bien avec Thomas, mais Félix est toujours dans un coin de ma tête. Je ne veux rien faire alcoolisée, sans être sûre et certaine. Et comme annoncé, rien ne se passe ce soir-là.

Le lendemain soir, on s’embrasse de nouveau, on retourne se coucher ensemble. Et si la soirée est d’abord parfaite, elle tourne vite au fiasco.

Au moment d’aller nous coucher, je préviens une nouvelle fois Thomas qu’il ne se passera rien. Mais… trop ivres, trop perdus, on finit par commencer à faire l’amour, timidement, sans vraiment oser.

À ce moment-là, Joffrey, un des membres de mon asso débarque et me hurle de sortir de la chambre. Je me rhabille en vitesse, le rejoint dehors. Fou de rage et d’alcool, il se met à me cracher des horreurs acerbes au visage.

Il me dit que je ne suis qu’une « sale connasse égoïste » qui ne pense qu’à « son petit bien-être », que j’ai été une salope avec Félix, que je ne sers à rien dans notre asso et qu’il regrette de devoir travailler avec moi.

Il me menace de quitter l’asso si je ne le fais pas, me disant que je rendrais service à tout le monde si je me cassais.

J’accuse le coup sans pouvoir en placer une. Ces propos sont terriblement violents. J’ai l’impression que je me brise un peu plus.

Thomas ne capte pas vraiment ce qu’il se passe, je lui demande de retourner dans sa chambre à lui et de me laisser pleurer toute seule.

La violence des rumeurs

La semaine après le fameux week-end s’enchaîne trop rapidement.

Évidemment, à cause du mec de mon asso qui nous a surpris, tout le monde est au courant pour Thomas et moi.  Et les ragots vont de bon train.

Je me sens terriblement mal vis-à-vis de mon asso. Apparemment, l’un des membres fait tourner la rumeur comme quoi… j’aurais couché avec Thomas pour me faire pardonner de l’avoir poussé par la fenêtre.

Je vais en cours la boule au ventre. Je redoute ce que les autres disent dans mon dos.

Thomas ne semble pas vraiment capter l’ampleur que les rumeurs prennent. Il paraît même plutôt heureux que les autres soient « au courant pour nous ».

Sauf que je ne suis pas certaine d’avoir envie d’un « nous ». Je ne sais pas où j’en suis avec lui.

Je ne sais pas si j’ai fait une bêtise ou non. Je ne regrette pas mais d’un autre côté, je sais maintenant que je ne suis absolument pas prête à commencer quoi que ce soit — ni avec lui, ni avec personne d’autre.

Les doutes au sujet de Thomas

Je parle à Thomas de mes doutes et de mes incertitudes. Il me propose de passer une soirée tous les deux pour qu’on en discute de vive voix, à tête reposée, ce que j’accepte.

Mais après réflexion, la crainte de me retrouver seule avec lui me pousser à trouver une excuse pour esquiver. Je lui propose de laisser tomber l’idée d’un moment à deux et de nous rendre plutôt à l’apéro organisé par une de nos amies.

Nous y restons quelques heures, nous ne nous adressons pas vraiment la parole, seuls des regards et sourires brefs, un peu gênés.

Au moment de partir, il me demande s’il peut venir chez moi.

Je ne parviens pas à décliner la proposition, je crois même qu’une partie de moi a envie qu’il vienne. Mais une culpabilité désagréable m’envahit dès lors que je lui dis oui.

J’essaye de faire taire la petite voix qui m’assure que je prends les mauvaises décisions.

Je n’arrive pas à être de nouveau sur la même longueur d’ondes que Thomas, pas à être dans l’instant. Son contact ne m’est plus agréable du tout.

J’essaye de forcer, je me fais violence, sans trop savoir pourquoi. Mais c’est trop dur.

La conversation avec Thomas

Je lui dis alors ce que je ressens — à demi-mots, de peur de le blesser. Je lui réexplique que je suis perdue, que je ne suis pas prête. Tout est allé trop vite.

Il me répond que même s’il comprend ma position, il espérait un peu que j’aie changé d’avis depuis notre dernière conversation à ce sujet.

Après tout, mon comportement pendant le week-end l’avait mené à espérer qu’on puisse commencer à construire quelque chose tous les deux.

Je ne veux pas le faire souffrir. Je lui confie, un peu honteuse, que je préfère qu’on arrête tout maintenant avant de lui faire trop de peine. Je me demande s’il n’est pas trop tard pour ça d’ailleurs… mais il m’assure que non.

On se met d’accord : on arrête tout ce qui est ambigu entre nous mais on reste amis. Après ce qu’on a vécu, on ne peut pas se perdre de vue. 

À partir de cette discussion-là, l’évidence m’apparaît. Félix est l’amour de ma vie.

Je ne peux pas m’imaginer avec un autre garçon que lui. Il était mon pilier et je l’ai viré de mon existence. Je l’aime et je l’ai perdu.

J’essaye de lui envoyer des messages, j’ai besoin de le voir, de lui expliquer que je suis partie en vrille, que j’ai besoin de lui et que je ne vais pas bien. Il ne me répond pas.

Je ne sais plus quoi faire. J’ai l’impression de faire de la peine à tout le monde.

Les problèmes avec mon asso étudiante

Le premier semestre est bien entamé maintenant… et les problèmes ne font que commencer.

Quelques semaines avant Noël, mon asso rencontre de gros soucis. Certains membres avec lesquels je ne m’entends plus du tout (dont le fameux Joffrey) ont fait une faute considérée comme grave par l’administration. Le tout sans en avoir parlé aux autres membres, évidemment.

En deux mots, ils ont commis des actes de provocation envers une école « concurrente » ; logiquement, ce n’est pas toléré par la direction de notre école.

L’affaire s’ébruite, dégénère.

En tant que présidente, je suis appelée dans le bureau de ma directrice d’études pour expliquer l’attitude de l’asso, puis convoquée le lendemain chez le directeur général de l’université pour une sorte de conseil de discipline.

Pendant une heure, je suis assaillie de critiques pour quelque chose que je n’ai pas fait. Je n’ai pas dormi la nuit précédente, je m’efforce de garder la face.

On me menace de me virer de mon poste de présidente, m’accusant de ne pas savoir tenir mon équipe. Le conseil m’explique qu’au moindre faux pas, l’asso serait dissoute.

Le prochain évènement est le soir même, aucune erreur ne sera tolérée

Mes analyses médicales, un problème supplémentaire

Le même matin, j’ai reçu un courrier que je redoutais depuis des mois : les résultats d’analyses médicales effectuées en début d’année, qui permettent de savoir si je suis porteuse de la même maladie du sang que mon père.

Les résultats sont positifs. Je ne pourrai jamais prendre de contraception, peut-être jamais tomber enceinte.

Je traverse la journée en pilote automatique. J’ai envie de me buter aux somnifères et de me réveiller dans plusieurs mois.

J’ai l’impression d’être coincée dans un cauchemar.

Je prépare l’évènement du soir tant bien que mal en pensant sans cesse à l’épée de Damoclès au-dessus de ma tête et de celle de mon asso.

Cerise sur le gâteau, mère m’appelle dans la journée, elle m’annonce qu’on va déménager chez mon beau-père. J’accuse le coup. Je l’aime beaucoup, cet homme, mais l’idée de quitter mon appartement me brise le cœur, surtout en ce moment…

Trop d’informations en une journée : mon cerveau se protège en se déconnectant.

J’ai l’impression d’être coincée dans un mauvais film tant les mauvaises nouvelles s’enchaînent avec fluidité.

La deuxième soirée qui vire au cauchemar

Le soir venu, je suis au bord du malaise.

Je n’ai rien mangé de la journée, je suis sur les nerfs, j’ai le pressentiment que quelque chose va mal se passer mais j’essaye de faire taire mon instinct.

Je me rends au before organisé avec tout le reste de mon école, j’essaye de m’amuser.

Puis, au moment de se rendre dans la boîte où nous avions rendez-vous… les choses dégénèrent dans le métro.

Les étudiants de l’autre école sont là, ceux que mes camarades d’asso ont provoqués. Ils sont survoltés, commencent à chauffer les gens de mon groupe.

J’assiste avec effroi à la perte totale de contrôle de mon asso. Je sens l’hystérie me gagner.

Un de mes amis en vient aux mains avec un élève de l’école d’en face, j’essaye de m’interposer pour les séparer. Une droite vole, je me la prends en plein visage.

Je pète littéralement les plombs. Je n’arrive pas à me calmer. J’ai l’impression que je ne peux plus respirer.

À la sortie du métro, plusieurs bagarres ont éclaté. Les corps s’emmêlent, les cris percent la nuit de tous les côtés.

Je ne sais plus où donner de la tête. J’ai déjà compris que mon asso allait être dissoute.

Comble de l’ironie, toute cette scène se déroule juste devant le poste de police où j’ai passé la nuit quelques mois plus tôt…

Où est Thomas ?

Mes amis essayent de me calmer et m’accompagnent jusqu’à l’intérieur de la boîte en me gardant à distance des bagarres.

Pendant le trajet, je réalise que je n’ai pas vu Thomas depuis un petit moment. C’est sa première soirée en boîte depuis l’accident et le fait de ne pas savoir où il se trouve dans cette ambiance-là ne fait qu’appuyer mon angoisse.

La panique monte encore d’un cran : il est venu avec ses béquilles et je sais pertinemment que s’il se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment, il se fera massacrer.

Je lui envoie des milliers de textos qui restent sans réponse, quand soudain un message de mon amie Léna apparaît sur mon écran.

« Thomas s’est fait tabasser par neuf mecs, t’inquiète je gère. »

Pardon ? Thomas, le mec que j’ai cru voir mourir sous mes yeux il y a quelques mois, s’est fait tabasser ? Cette fois c’est sûr, je suis dans un cauchemar.

Je me demande sérieusement si ma vie n’est finalement pas une mauvaise blague. 

Les videurs refusent de me laisser sortir, Léna ne répond plus ni à mes textos, ni à mes appels, des étudiants viennent me hurler qu’on les a frappés et qu’il faut faire quelque chose…

La crise de nerfs me gagne, je pleure, je n’arrive plus à respirer, je m’arrache les cheveux.

Au sortir de la soirée, encore une mauvaise surprise

Après un moment qui me semble durer des heures, Léna me répond enfin. Elle me dit qu’un de nos amis va venir me chercher dans la boîte, mais m’avertit que je ne peux pas sortir toute seule : c’est « trop dangereux ».

L’attente est interminable. Il me faut patienter une heure avant que l’ami en question n’arrive.

Je retrouve Léna et Thomas assis sur un trottoir à quelques rues de la boîte. Immédiatement, ça me saute aux yeux : le cou de Thomas est cerclé de marques violettes, sa lèvre et sa joue sont entaillées.

Je pleure toutes les larmes de mon corps, je ne contrôle plus rien. Thomas essaye de me calmer en me prenant dans ses bras, son étreinte m’est insupportable.

Refusant de le laisser rentrer seul, je commande un Uber et nous ramène chez moi.

Il tente de me parler dans la voiture, de me caresser les cheveux, de me prendre la main. Je ne veux pas qu’il me touche. Je ne veux pas qu’il me parle.

Il essaye de m’expliquer pourquoi il s’est battu, me dit qu’il a pété les plombs car un mec m’a traitée de pute. Je lui demande de se taire, je ne veux pas savoir.

Je tremble, je n’arrive pas à réaliser ce qu’il se passe. Je veux juste me coucher, je suis épuisée.

J’ai un oral de marketing le lendemain, je sais déjà que je ne vais pas y aller.

La suite du journal de la pire année de ma vie

Pour lire la suite, c’est par ici :

À lire aussi : Le jour où la pire année de ma vie a commencé

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Commentaires

syndrompeterpan

@Kaylie
Car l'alcool est responsable de 40 000 morts par an. Pourquoi faire un encart sur le suicide? tout le monde sait que c'est mal. Pour moi c'est important de rappeler les risques encourus lors de la consommation d'alcool tout autant que le suicide. Et je suis désolé c'est au lecteur de comprendre les mises en garde contre l'alcool. Je trouve ça dommage qu'a aucun moment l'autrice ou madmoizelle n'y face allusion, genre tout est normal. Dans le second témoignage il est dit, ouf, c'est pas un sucide, c'est juste un accident, il était bourré... non c'est tout aussi grave qu'un suicide.
 

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