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Source : Robert Kneschke
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« Maman solo, je subis de plein fouet l’inflation et le quotidien à gérer » : dans la vie de Mélissa, mère célibataire d’un enfant

Mélissa élève seule son petit Louis, de trois ans et demi. Entre course effrénée et organisation, elle nous raconte son quotidien de mère célibataire. Témoignage.

Je suis mère solo d’un petit garçon de trois ans et demi que je l’élève seule. Je me suis séparée de son père aux trois mois de mon fils pour plusieurs raisons : je me suis rendu compte, pendant la grossesse, qu’il avait une double vie. Il fréquentait une autre femme en même temps, et il a continué de lui écrire même après la naissance du petit. Nous avions également des désaccords sur l’éducation, il y avait un manque d’implication de son côté sur le ménage. De plus, il ne m’aidait pas avec Louis.

Être mère célibataire et devoir tout gérer

Aujourd’hui, j’élève mon fils seule. Il va uniquement quelques jours chez son papa de temps en temps, et il n’y a pas de pension alimentaire versée. Et je subis de plein fouet l’inflation et le quotidien à gérer !

Quand nous nous sommes séparés, je suis retournée quelques mois chez mes parents le temps de rebondir. Ensuite, ça a été le quotidien entre le travail, gérer Louis tous les jours, le tout sans nounou.  Son père, à ce moment-là, le voyait quelques heures par semaine ou toutes les deux semaines sans vouloir de garde alternée. J’ai par la suite déménagé en province donc à présent, il ne le voit que quelques jours par-ci par-là.

Je m’occupe du lancement des marchés publics dans une entreprise corrézienne. Pour réussir à bosser et à m’occuper de mon fils, j’ai eu la chance d’être dans une entreprise très bienveillante et surtout en période post-covid. Louis est né en août 2020, et j’ai repris le travail en décembre 2020 avec toujours une politique de télétravail très forte, donc je ne venais qu’une journée au boulot.

Quand je me suis retrouvée sans nounou en février, car elle était malade, je suis restée en 100 % télétravail, en adoptant un planning qui pouvait correspondre. Concrètement, je bossais parfois le matin très tôt (6 h du mat) ou le soir quand Louis était couché, ainsi que le week-end pour compenser certains moments de la journée où je ne travaillais pas. Ensuite, j’ai eu une nounou à partir de juillet, donc j’ai pu retourner sur site deux jours par semaine.

Je travaille à temps plein, car sinon financièrement, je ne pourrais pas m’en sortir. Je suis à 39 h par semaine, et j’ai la chance d’avoir beaucoup de congés et des horaires plutôt raisonnables. Ainsi qu’une chef adorable (ce qui n’a pas toujours été le cas !) 

À côté, j’écris des romans à mes heures perdues, mais c’est difficile de continuer de trouver le temps entre ma vie de maman solo et le travail.

Le manque de relais

Quand j’apprends que le gouvernement envisage de créer une carte « parents solo », je me dis qu’il faudrait voir ce que ça donne en pratique, mais que ça pourrait être intéressant. Effectivement, en tant que mère célibataire, on n’a pas forcément beaucoup de relais ni d’aides donc le fait que le gouvernement s’y intéresse est important. 

J’aimerais davantage d’aides, qu’elles soient financières, mais aussi et surtout du relais. Des salles de sport avec garderie, des restos et bar beaucoup plus kids friendly. Car en étant mère célibataire, je ne fais plus aucune activité et ma vie sociale se limite à quelques pauses dej’ entre copines — ce qui est déjà beaucoup et toutes n’ont pas cette chance !

Ce fameux « village » me manque, c’est ce qui est le plus dur pour moi. J’ai ma mère à côté qui m’aide parfois : elle le récupère à l’école de temps en temps, me propose de le garder parfois une journée ou deux pendant les vacances ou quand il est malade. Mais clairement, quand on élève un enfant, que ce soit seule ou à deux (mais surtout seule), on a besoin de ce village. Je suis fille unique, donc il n’y a pas de tata, de tonton. Les oncles et tantes du côté du père de Louis sont à Paris, et on se voit peu. C’est ce qui me manque le plus : un relais pour me permettre une sortie, une activité sportive, etc. Juste, parfois une pause dans ce quotidien effréné !

À lire aussi : Lilia, mère solo, dépense 616 € pour son enfant : « J’ai clairement manqué d’éducation financière »

Vouloir une pause dans son quotidien

Parfois, ma vie de mère solo me pèse, car tout repose sur mes épaules. Il n’y a pas de pause dans la vie d’un parent isolé, on enchaîne tout le temps, on court tout le temps. J’ai un peu l’impression d’avoir un rythme de vie militaire avec des horaires à respecter et un rythme assez carré pour Louis, mais c’est nécessaire pour apprendre à gérer.

Par exemple, j’ai la chance d’avoir un fils qui se couche de bonne heure, cela me permet d’avoir un bout de soirée pour moi, pour me détendre devant une série ou écrire un peu. Maintenant qu’il grandit, je trouve que les choses sont plus simples, ou peut-être tout simplement qu’on a trouvé notre équilibre.

Parfois, j’ai l’impression d’être jugée parce que j’élève mon enfant seule. Pas plus tard qu’il y a quelques semaines, la maîtresse de Louis a laissé échapper une remarque dans ce sens, sur la composition de mon foyer. Louis se développe un peu plus lentement au niveau du langage, et elle m’a dit que vu la composition de notre foyer, en étant seule avec lui, c’était peut-être un peu plus dur de le stimuler.

Quant à la relation de Louis et son père actuellement, ils se voient de temps en temps, quelques jours par-ci par-là. Mon fils ne le réclame pas plus que ça. Parfois, quand je lui demande s’il veut y aller, il me dit non. Nous sommes très fusionnels. Pour autant, quand je le vois avec les hommes de mon entourage, je me dis qu’une présence masculine lui ferait du bien. Le côté jeux, le côté faire des choses d’hommes, etc. Mais il compense avec mon papa et les tontons qu’il voit de temps en temps. Puis, peut-être qu’un jour, je rencontrerais quelqu’un et qu’il aura un beau-père dans sa vie !

De la part de la société en général, j’aimerais un peu plus de reconnaissance envers les mères célibataires. On ne se rend pas compte de la pression qui pèse sur nos épaules. Toute la charge repose sur nous, et c’est dur. On aurait besoin de plus de soutien. 

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