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Société

Militer pour le climat, c’est danser sur le fil entre espoir et désespoir

La journée mondiale du climat, c’est le 8 décembre. Une occasion pour interroger nos perceptions mitigées du climat, de l’écologie, de l’environnement.

En début de semaine, à la rédaction, on s’est demandé comment aborder le sujet de l’environnement, de l’écologie, en ce 8 décembre, journée mondiale du climat.

Il nous tient à cœur, ce sujet… Mais on a le sentiment qu’il nous échappe un peu aussi, parfois.

À lire aussi : En Vert et contre tous… – Le discours d’Eva Joly

La conscience de l’urgence climatique

Ça n’est pourtant pas faute de se sentir concernées. Le bilan, je le connais, vous en avez sans doute une idée aussi, dans les grandes lignes.

Le jour du dépassement, celui où les ressources que la Terre est capable de renouveler en un an ont été utilisées, arrive chaque année plus tôt. Ce qui signifie que nous vivons au crédit d’une planète que l’on use et dont on abuse.

Cette surexploitation, c’est celle des énergies fossiles qui ne se renouvellent pas et qui contribuent à polluer notre air et à réchauffer notre Terre, mais c’est aussi celle des sols, celle des océans

On sait que sous nos yeux, la biodiversité s’étiole, que les populations de dizaines d’espèces déclinent dangereusement, alors qu’elles nous rendent pourtant service de mille manières.

On sait pertinemment qu’il faudrait maintenir l’élévation de la température en dessous de 2°C, selon le plan décidé à la COP 21 en 2015 l’ambitionne.

Un sentiment d’impuissance face au réchauffement climatique

Pourtant, c’est pas comme si on avait le sentiment de pouvoir réellement agir.

C’est ce qui est ressorti de cette discussion, au sein de la rédac’ : certaines d’entre nous sont lassées par les discours autour de l’écologie, d’autant plus qu’elles n’ont pas le sentiment de pouvoir agir concrètement, efficacement.

Un sentiment d’impuissance encore accru, lorsqu’on se compare aux « décideurs », ces « riches » qui ne se soucient pas tellement d’un problème qui touche surtout les pauvres (pour l’instant.)

Alors que les solutions sont déjà entre leurs mains, à ces «puissants».

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Lorsque l’on voit Donald Trump retirer les États-Unis de ce fameux accord sur le climat, lorsque l’on constate que les multinationales bluffent sur leur politique environnementale… comment faire le poids ?

La culpabilité, « on a donné » quelque part, elle nous pique et nous heurte à chaque fois que l’on aborde le sujet de l’environnement, à chaque fois que l’on se sent « pas assez écolo », mais en même temps… à quoi bon ?

C’est pas tout seul, chacun dans son coin qu’on sauvera la planète.

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La métaphore du colibri

Et c’est vrai : ce n’est pas tout seul qu’on sauvera la planète. Ce n’est pas en pensant à baisser le chauffage, en consommant local, en prenant son vélo plutôt que sa voiture que l’on parviendra à inverser la courbe des températures, si on est seul à le faire.

Mais si tout le monde s’y mettait ? Autant de petits gestes, cumulés, finiront par être significatifs.

Oui, si 2% de la population luttent contre le gaspillage alimentaire pendant que les 98 autres pour cents ne prennent pas garde à ce qui termine dans leurs poubelles, on n’ira pas loin.

Mais en même temps, c’est ce qui pourrait s’appeler faire la part du Colibri.

Peut-être connaissez vous cette fable, dans laquelle, alors que la forêt brûle et que tous les animaux fuient, un colibri fait des allers-retours, pour apporter quelques gouttes d’eau sur le feu, qui bien sûr, à elles seules, ne suffisent pas à éteindre les flammes.

Et alors qu’on lui demande pourquoi il perd son temps et gaspille son énergie au lieu de fuir, le colibri répond qu’il fait sa part.

En sous-entendant que si tous les animaux faisaient de même, peut-être parviendraient-ils à sauver leur forêt.

Un écho à l’effet papillon

Ça sonne encore une fois culpabilisant et dramatique, peut-être oui. Pourtant, ce n’est pas le message que je veux faire passer.

On n’est pas là pour décerner la palme de la meilleure écolo de l’année, et pour se flageller si on n’atteint pas le podium.

On est là pour faire de petits gestes, qui, mis bout à bout, finissent par compter : même si tu ne parviens pas à vivre avec zéro déchets comme Aline, tu peux prendre garde à réduire la taille de tes poubelles, et c’est déjà un geste.

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Même si tu continues à utiliser les serveurs web polluants, nettoyer ta boîte mail est un premier pas.

On n’est pas là pour décerner la palme de la meilleure écolo de l’année, et pour se flageller si on n’atteint pas le podium.

Même si tu achètes des vêtements en « fast fashion », en shopper certains en vide dressing ou en friperie et penser à les recycler au lieu de les jeter, c’est déjà en partie efficace.

Décider de te fournir en légumes bio et locaux auprès d’une AMAP, c’est un premier pas vers une alimentation plus responsable même si tu ne manges pas intégralement bio et végane.

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Privilégier les transports en commun, c’est déjà citoyen !

Et par dessus tout, c’est peut-être ta voix qui compte, non ? J’ai envie de prendre un exemple récent, et qui n’a rien à avoir avec l’écologie, pour montrer le pouvoir de l’individu et de ses prises de position.

Ces dernières semaines, en France et dans un certain nombre d’autres pays, la perception des agressions sexuelles et des viols a drastiquement évolué. Et la seule et unique raison pour laquelle elle a évolué, c’est grâce à… des prises de paroles.

Un déferlement de témoignages, d’avis, ont réellement changé le monde et fait réfléchir un nombre de personnes impressionnant.

Combien d’hommes ont remis en question leurs comportements ? Et si un seul d’entre eux l’avait fait, est-ce que ce n’est pas déjà une réussite ?

Alors, tu crois toujours que ça ne vaut rien ? Que le moindre effort est voué à l’échec ?

Marcher sur le fil entre espoir et désespoir

Je dis pas que c’est une solution miracle. Je ne dis pas que ça suffira.

C’est une idée que j’ai retenue du documentaire d’Al Gore, ancien vice-président des Etats-Unis qui s’est depuis engagé corps et âme pour le climat : lorsque tu milites pour la cause écologique (mais sans doutes aussi pour beaucoup d’autres causes), tu alternes entre espoir, et désespoir.

Tu passes une partie de ton temps à te confronter à tout ce qu’il reste à faire, à la lenteur des processus à l’œuvre, à t’inquiéter de changements qui ne viennent pas…

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Et l’autre partie à découvrir des alternatives, des pistes de solutions, des idées pour que l’écologie ne soit pas rabat-joie mais à l’inverse vectrice d’innovations enthousiasmantes.

C’est comme le coup des paillettes qui empoisonnent les océans : tu commences par te dire que vraiment, le monde n’a plus de race, à transformer tout ce que tu aimes en quelque chose de mauvais pour l’environnement… avant de te rendre compte qu’en fait, il existe des paillettes qui ne sont pas nocives pour l’environnement !

Finalement, militer pour le climat, c’est danser sur le fil entre espoir et désespoir.

C’est un exercice difficile, mais peut-on vraiment s’offrir le luxe de faire autrement ?

À lire aussi : Pour la réhabilitation du militantisme !


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Les Commentaires

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Avatar de ErsatzE
8 décembre 2017 à 18h12
ErsatzE
Ce qui m'agace le plus d'un point de vue politique, c'est, outre l'absence de vraies mesures, le gaspillage inutile d'objets, d'énergie, de nourriture par les sociétés/entreprise/groupes/services. Si tous les magasins éteignaient leur lumière le soir, ça ferait déjà un sacré changement. Si on donnait des objets neufs au lieu des les jeter (c'est du vécu: une trentaine d'ordinateur, pas tout jeune mais fonctionnant encore, ont été jetés par le service où j'étais), ça irait aussi mieux.
Bref, on nous rabâche les oreilles sur trier nos déchets, prendre des douches et non des bains, etc. (ce qui est très bien, pour les gens pas encore au courant de ces pratiques et pour les plus jeunes) en nous faisant culpabiliser à moitié et à côté des sociétés font un gaspillage énorme. J'ai l'impression que c'est faire un pas en avant pour reculer de deux. Je continue à faire ce pas en avant, en espérant que toute le monde, particuliers, privé et public, s'y mettra également.

(mais je pense qu'une bombe nucléaire nous atterrira sur le bout du nez avant)
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