Live now
Live now
Masquer
Image d'erreur
Revues de films

Les lundis au soleil

29 déc 2005

Les lundis au soleilLe sujet n’est pas bien gai. Un groupe d’anciens collègues plus ou moins âgés qui tentent de retrouver un travail après s’être fait licencier de l’usine dans laquelle ils travaillaient. Alors nécessairement, rien de drôle là-dedans. Chacun de son côté a son histoire, ses propres problèmes et peurs, ses façons de faire face à l’inactivité. José (Luis Tosar) a des soucis au niveau de son couple puisque c’est sa femme qui travaille et qu’il le vit mal. Lino (Jose Angel Egido) persiste à passer des entretiens pour des boulots qui imposent une limite d’âge qu’il a largement dépassée, emprunte donc des vêtements à son fils et se teint les cheveux pour tenter de donner le change. Un autre a ouvert un bar pour remonter la pente et Santa lui (Jarvier Bardem) prend les choses avec une certaine distance et surtout beaucoup d’humour.

Parce que si le sujet n’est pas drôle, le film lui l’est et surtout grâce à Javier Bardem. Aux dialogues déjà, au personnage qu’il interprète et à sa façon de prendre leur situation avec beaucoup de cynisme. (Exemple parmi d’autres : Santa, face à un petit garçon, s’énervant contre la fable de La Cigale et la Fourmi.) Mais à l’acteur aussi, clairement parfait. Parfait oui, on pourrait difficilement plus coller à un rôle que dans ce cas là. Javier Bardem est Santa et se fond du début à la fin dans la peau du chômeur. Particulièrement crédible, il donne finalement tout son intérêt au film. Pas une banale présentation d’un petit groupe de chômeur pour montrer la réalité sociale de cette partie de l’Espagne, pas non plus un film façon Ken Loach, et pourtant ! ce n’est certainement pas là non plus un film comique.

Mais il y a toujours cette petite touche d’humour, même au milieu de l’enterrement d’un de leur camarade, qui donne un sens incroyable à Los Lunes al Sol. Car si tous font face au chômage d’une façon différente, Santa lui est là pour lutter avec dignité contre ce face à quoi ses camarades semblent s’être résignés.

Véritable leitmotiv du film qui va jusqu’à lui donner son titre, une scène revient souvent : deux trois hommes du groupe dans un bac pour aller postuler un peu plus loin ou, souvent, assis au soleil sans, bien sûr, rien faire. Et la question, "? Qué dìa somos ?" : lunes, forcément. Cette scène revient, au début et surtout à la fin, comme pour montrer que le cercle se répète sans cesse et que, peut-être, la situation n’est pas sur le point de s’arranger. Mais Los Lunes al Sol n’a pas ce côté désespérant et pessimiste auquel on pourrait s’attendre : grâce à Santa, grâce à son humour et à son attachement à lutter pour la dignité de ces quelques travailleurs contre les patrons responsables de leur chômage.

Les Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire sur cet article.

Réagir sur le forum

Plus de contenus Revues de films

Revues de films
everything leonine

Une mère chinoise met Marvel KO : foncez voir Everything Everywhere All at Once au cinéma

Maya Boukella

31 août 2022

1
SEXO
Sponsorisé

Oubliez tout ce que vous savez sur les sextoys, LELO présente sa dernière création

Humanoid Native
Cinéma
I’m your man film

L’homme idéal est-il un robot ? On décrypte le film I’m your man

Maya Boukella

21 juin 2022

Revues de films
Sweat 3

SWEAT : une occasion manquée de parler de l’envers du décor de l’influence

Maya Boukella

15 juin 2022

1
Cinéma
MEN ALEX GARLAND

La masculinité toxique fait toute la terreur de MEN, nouveau film d’horreur d’Alex Garland

Maya Boukella

08 juin 2022

Cinéma
Affiche du documentaire Nous d'Alice Diop

Pourquoi Nous, le documentaire d’Alice Diop s’avère essentiel avant la présidentielle ?

Anthony Vincent

19 fév 2022

Revues de films
critique-licorice-pizza

Évadez-vous de cet hiver glacial avec Licorice Pizza, son acné, ses crop tops et sa romance adolescente

Kalindi Ramphul

06 jan 2022

Revues de films
matrix-4-critique

Matrix Resurrections : branlette intellectuelle ou génie méta ?

Kalindi Ramphul

22 déc 2021

4
Revues de films
une-femme-du-monde-critique-film

Naturaliste, nuancé, puissant : Une femme du monde parle de prostitution sans glamour ni misérabilisme

Kalindi Ramphul

10 déc 2021

Revues de films
dernier-duel-jodie-comer

Le Dernier duel, la fresque médiévalo-féministe de Ridley Scott, mérite-t-elle tout ce foin ?

Kalindi Ramphul

15 oct 2021

28
Interviews cinéma
ozon-verticale

« C’était beau, mais j’ai eu peur » : François Ozon aborde la fin de vie digne dans Tout s’est bien passé

Kalindi Ramphul

21 sep 2021

La pop culture s'écrit au féminin