Live now
Live now
Masquer
enfant-devoirs
Parentalité

Les cahiers de vacances, ludiques ou sadiques ?

Objets emblématiques des vacances scolaires, les cahiers de révision sont un indispensable pour beaucoup de parents. Mais si certains enfants en redemandent, d’autres restent traumatisés par l’expérience. On vous explique pourquoi les avis divergent. 

Connaissez-vous un objet qui divise autant que la coriandre ? Nous oui : les cahiers de vacances. Véritables stars de l’été dans les librairies, ces recueils d’exercices proposent aux élèves de vérifier leurs acquis en attendant la rentrée.

Ça ne vend peut-être pas du rêve aux plus jeunes, mais cet objet reste un incontournable pour de nombreux parents. En 2014, pas moins de 3 millions d’exemplaires se seraient vendus selon une étude de l’institut GfK.

Qui a dit qu’il fallait se reposer en vacances ? Certainement pas Roger Magnard. Le fondateur des éditions parascolaires éponymes a eu la brillante idée, en 1933, de publier les premiers cahiers estivaux Loulou et Babette. En plus de combler le creux des ventes pendant l’été, ces livrets permettent d’accompagner la transition entre deux classes.

Il en existe aujourd’hui pour tous les niveaux (de la maternelle à la terminale) et tous les goûts. De quoi satisfaire — ou torturer — chaque enfant.

Même l’été, il faudrait charbonner ?

Qui dit fin d’année scolaire, dit vacances ! Les enfants en rêvent toute l’année mais celles-ci ne doivent pas nécessairement être synonymes d’oisiveté. Marie-Claude Bossière, pédopsychiatre contactée par Madmoizelle, avance :

« Lorsque l’on passe dix mois de l’année à l’école, deux mois de rupture peuvent vite nous déstabiliser et modifier nos habitudes. L’apprentissage est quelque chose qui doit s’entretenir et cela passe par une stimulation régulière. »

Deux mois c’est long, alors pourquoi ne pas mettre ce temps à profit pour bien préparer l’année suivante ?

« J’avais des cahiers de vacances tous les ans, du CP à la terminale ; ça m’a beaucoup aidé à me rassurer et à arriver prêt à la rentrée. »

Timothé, 27 ans

Les vacances estivales sont aussi un moment où les parents ont plus de temps à consacrer aux enfants. Pour certains, c’est l’occasion de se pencher sur leurs éventuelles difficultés scolaires et tenter d’y remédier.

« Mon fils a rencontré des problèmes de concentration cette année donc je lui ai pris un cahier de vacances, pour qu’il garde l’habitude de travailler — il ne fait pas tout mais je choisis ce qui me semble correspondre à ses besoins », décrit Alexandra, mère d’un garçon de 7 ans. « Si c’est bien amené, c’est une bonne manière de redonner confiance à l’enfant », commente Marie-Claude Bossière. 

Trouver les bons compromis 

Pour une partie des enfants, le cahier de vacances peut davantage s’apparenter à une forme de torture qu’à un soutien scolaire :

« J’en garde un très mauvais souvenir. J’étais pas très bon à l’école donc mes parents me forçaient à en faire. Comme je n’étais pas très volontaire, ils s’énervaient et me privaient d’activités. »

Baptiste, 22 ans

Se confronter à ses propres lacunes peut en effet être mal vécu, la contrainte n’aidant pas. « Il faut plutôt y trouver un intérêt commun, discuter avec son enfant de ses besoins et adapter la pratique avec lui : on peut négocier le temps passé chaque jour sur le cahier par exemple », conseille la pédopsychiatre. 

Pour mieux faire passer la pilule, certains parents se décident pour des modèles plus ludiques que le traditionnel Passeport des éditions Hachette. « J’ai choisi un cahier sur les animaux parce que je sais qu’il aime bien ça, il apprend des choses qui lui plaisent et ne rechignent pas à faire ses exercices, au contraire », admet Alexandra.

Les maisons d’édition ont saisi le message et proposent désormais des cahiers thématiques, allant de l’escape game à l’écologie. 

On se détend, rien n’est obligatoire

Vous lisez cet article et vous culpabilisez de ne pas avoir acheté de cahier de vacances à votre enfant ? Pas de panique, ces best-sellers de librairie sont loin d’être indispensables !

« Le principe des vacances, c’est de pouvoir se reposer et faire des activités qui ne sont pas scolaires », affirmait sur Franceinfo Guislaine David, porte-parole du SNUipp, le syndicat des instituteurs et professeurs des écoles.

Avec un peu d’imagination, on peut trouver de quoi stimuler l’intellect des enfants sans en passer par les fameux cahiers ! « Même quand on fait un gâteau, on peut faire des maths en comptant les ingrédients : beaucoup d’activités peuvent être prétexte à l’apprentissage », rappelle Marie-Claude Bossière. 

Et si vraiment vous avez peur que votre progéniture soit à la traîne à la rentrée, le mois de septembre est souvent consacré à la révision des acquis. En attendant, profitez de l’été, pourquoi pas avec un cahier de vacances pour adultes ? 

À lire aussi : Mes vacances en All Inclusive avec un gosse : le 1er cercle de l’Enfer

Crédit photo : Onia Danilevich / Pexels

Les Commentaires
12

Avatar de Poule.Heureuse
5 août 2021 à 22h33
Poule.Heureuse
J'étais une bonne élève, j'en ai eu au primaire, et j'adorais ca!
J'aimais bien justement ce moment où je me retrouvais face à moi-même et à mes connaissances. Y'avait plus d'histoire de maîtresse, de classement des élèves etc.
Comme c'était moi qui me chargeais de faire la correction et l'évaluation, ca permettait de démystifier cette étape qui est d'habitude réservée au prof.
Et surtout, au delà des maths ou du francais, ca m'a appris à être honnête avec moi-même, vu que c'était vraiment quelque chose que je faisais pour moi et toute seule (mes parents s'occupaient pas de ca). Donc pour moi ca a été un bon apprentissage de la vie @Byoga !
Je sais plus trop quand j'ai arrêté exactement, je crois qu'à un moment c'est devenu moins fun, enfin les cahiers étaient moins ludiques, et ca donnait trop l'impression de bosser.
0
Voir les 12 commentaires

Plus de contenus Parentalité

Parentalité
coeur-poignet-matin-600

Cette astuce va aider votre enfant à aller plus sereinement à l’école maternelle

Manon Portanier

16 sep 2021

4
Parentalité
meres-solos

« Il a besoin d’une figure paternelle » : et si on laissait enfin les mères solo en paix ?

Chère Daronne
couple-parental-apres-bebe

Est-ce qu’on va réussir à rester un couple maintenant qu’on est parents ?

Chère Daronne

15 sep 2021

Revues de films
melissa-etat-texas-documentaire

L’histoire tragique de Melissa Lucio, dans le couloir de la mort depuis 13 ans après le décès de sa fille

Clémence Boyer

15 sep 2021

2
Parentalité
enfants-jouent-tour-cube-600

Ernest, Madeleine : pourquoi ces prénoms vintage reviennent-ils en force ?

Manon Portanier

14 sep 2021

39
Parentalité
rentree-ecole-maternelle

Nos enfants méritent mieux ? Oui, c’est ce que réclament les profs depuis des années…

Clémence Boyer

14 sep 2021

Couple
friends-naissance-emma

TEST – Êtes-vous avec la bonne personne pour faire un enfant ?

Manon Portanier

14 sep 2021

2
Parentalité
deuxieme-bebe-differences

Tout ce qui change entre un deuxième et un premier bébé (indice : balec)

Chloé Genovesi

14 sep 2021

2
Parentalité
mere-seule-enfant

On s’en doutait : en France, les mères célibataires sont plus pauvres que les pères solo

Manon Portanier

14 sep 2021

3
Grossesse
« garder-surprise-sexe-bebe »

Fille ou garçon ? On s’en fiche : on a décidé d’ignorer le sexe de notre bébé jusqu’à sa naissance

Clémence Boyer

14 sep 2021

La société s'écrit au féminin