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Source : Pexels / Gustavo Fring
Voyages

Je suis jeune fille au pair aux États-Unis, et voici comment ça se passe

En janvier dernier, Mathilde a décidé de s’envoler vers les États-Unis pour être au pair dans une famille d’accueil. De sa recherche de la famille parfaite à son « rematch » en cours d’année, elle nous raconte son expérience, entre difficultés et vrais moments de partage avec les enfants dont elle s’occupe.

Je m’appelle Mathilde et depuis presque 9 mois, je suis jeune fille au pair aux États-Unis. 

Avant d’être au pair, j’ai travaillé à l’étranger, dans des hôtels-clubs pour des tours opérateurs pendant 5 ans et demi. J’ai beaucoup voyagé, c’était une super expérience, mais j’avais envie d’essayer quelque chose d’autre. Je n’avais pas pour autant envie de revenir en France. Une amie, qui avait fait fille au pair il y a 10 ans, m’a parlé de l’expérience qu’elle avait eue et confirmé que c’était super. Comme j’avais déjà travaillé avec des enfants, je me suis dit pourquoi ne pas tenter l’expérience, moi aussi ? Cela me permettrait de découvrir les États-Unis, un pays qui m’a toujours intéressée.

À la recherche de la famille parfaite

J’ai donc commencé les démarches pour devenir au pair en août de l’année dernière. En France, il existe deux principales agences pour partir aux États-Unis : Cultural Care et Aupairecare. Je me suis orientée vers la seconde, qui était moins onéreuse. Pour pouvoir postuler, il faut d’abord répondre en ligne à un QCM, avant de faire quelques entretiens en visio. Mon profil a été retenu, j’ai donc dû remplir tout un dossier sur le site. Pour s’assurer de notre sérieux, l’agence demande beaucoup de documents comme le casier judiciaire, les expériences précédentes auprès d’enfants, nos motivations…). J’ai également passé des entretiens en présentiel pour évaluer mon niveau d’anglais… C’est assez complet, on est beaucoup aidés et encadrés.

Une fois les procédures finalisées, les tests réussis et validés en France et aux États-Unis, notre profil est mis en ligne. Dans un premier temps, nous n’avons pas accès aux familles, ce sont uniquement elles qui voient notre profil et qui peuvent ensuite nous contacter. On discute avec elles, avant de convenir généralement d’un entretien vidéo. Après avoir parlé avec plusieurs familles, on finit par en choisir une avec qui on a un bon feeling, avec laquelle on estime que ça fera un bon « match ». Il n’y a plus ensuite qu’à faire la demande de visa, et c’est le départ ! De mon côté, j’ai commencé à rechercher ma famille d’accueil en novembre, et je suis partie en janvier 2023 direction Cincinnati, dans l’Ohio.

Quand on souhaite être au pair, c’est bien de définir des critères pour trouver la famille avec laquelle on matchera. J’en avais défini plusieurs : je voulais ma propre chambre et ma propre salle de bain pour avoir mon intimité, je ne voulais pas qu’on m’impose de couvre-feu, car c’était important que la famille me fasse confiance et me considère comme une adulte, je voulais aussi disposer d’une voiture pour pouvoir me déplacer. En effet, en fonction de l’endroit où on est, on peut vite être coincée quand on n’est pas véhiculée. Enfin, je voulais pouvoir avoir mes week-ends off pour me reposer et visiter.

Pour trouver une famille qui correspondait à mes critères, j’ai discuté avec plus d’une vingtaine d’entre elles. Je voulais vraiment avoir un bon feeling, et c’est ce qui s’est passé avec la toute dernière famille à m’avoir contactée. J’ai matché avec elle en une journée. C’est vrai qu’elle était différente du profil que je recherchais au départ : ils avaient 4 enfants (trois garçons de 15, 13 et 12 ans, et une fille de 10 ans) alors que je n’en voulais pas plus de 2, c’étaient des ados… J’ai dû prendre ma décision très vite.

À lire aussi : Je rêvais d’être au pair en Espagne, la réalité a été infernale

Mon arrivée ne s’est pas passée comme prévu

Mon arrivée dans ma famille ne s’est pas exactement déroulée comme je l’imaginais… Je suis arrivée un jeudi soir, et seule la mère de ma famille d’accueil est venue me chercher à l’aéroport. Ce qui m’a surtout frappée, c’est l’accueil à l’américaine : elle a couru vers moi et m’a fait un énorme hug. Sur le moment, je ne m’y attendais pas trop. Nous en France, on est moins démonstratifs, surtout avec des personnes que l’on rencontre pour la première fois. 

Quand je suis arrivée à la maison, tous les autres membres de la famille étaient attablés devant leur dîner. C’était un peu awkward pour tout le monde, personne ne parlait trop. Je leur avais apporté des cadeaux de France – des chocolats pour les enfants, du vin pour les parents. J’imaginais cette première rencontre hyper chaleureuse, sur le moment, j’ai été un peu désarçonnée.

Ce sentiment de réserve a persisté les premières semaines de mon arrivée. Je me suis posé de grosses questions parce qu’ils étaient vraiment très discrets, ils me disaient à peine bonjour quand j’étais dans la maison. Résultat, les premiers jours, je n’osais même pas sortir de ma chambre. Je me suis affamée, je n’osais pas aller chercher à manger dans le frigo ! C’est difficile d’arriver chez des personnes qu’on ne connaît pas et de me dire que c’était aussi ma maison, que j’ai le droit de faire ce que je veux.

Finalement, petit à petit, tout le monde s’est déridé. Chacun des enfants a un caractère différent. J’ai dû m’adapter à chacun, trouver ce qu’ils aimaient pour gagner leur confiance… Par exemple, avec le plus grand, j’ai passé beaucoup de temps à écouter ses histoires, je l’emmenais faire les magasins, on jouait aux jeux vidéo… Celui de 13 ans est très timide, j’ai réussi à me rapprocher de lui quand j’ai découvert sa passion pour la musique. Le garçon de 12 ans aime beaucoup le sport, notamment le foot et Neymar. Je me suis servie de ça pour nouer des liens… Enfin, avec la plus jeune, tout s’est bien passé au début. C’est par la suite que notre relation s’est dégradée… 

Avec les parents non plus, ça n’a pas été simple au début. Au début, le père de ma famille d’accueil ne me parlait quasiment pas. Mais il a fini par apprendre à me connaître, et j’ai gagné sa confiance. Avec la mère en revanche, les premiers temps ont été difficiles. Pendant l’entretien, j’avais eu un super bon feeling avec elle. Et au final, ça a été un peu la désillusion quand je suis arrivée. Elle me parlait très peu, était très froide et pas mal sur la défensive. Elle me faisait beaucoup de réflexions pour des petits détails. Par exemple, si par malheur, je rangeais le tee-shirt d’un des enfants dans le placard d’un de ses frères, je me faisais incendier comme si j’avais fait quelque chose de grave. Ça a donc été très compliqué les 2 ou 3 premiers mois, je me remettais tout le temps en question, alors que je ne voyais pas ce que je faisais de mal. Il a fallu du temps, mais elle a finalement appris à me faire confiance, elle s’est confiée à moi par rapport à sa vie, à son quotidien… Je pense que ça lui a fait du bien d’avoir une autre fille pour l’épauler dans la maison. 

Mon choix de changer de famille

Au quotidien, le rôle d’une au pair est vraiment de s’occuper des enfants. Dans ma famille, cela voulait dire ranger leurs affaires, laver leurs vêtements, leur préparer à manger, les emmener à leurs activités extrascolaires… Comme ils sont grands et autonomes, je n’avais pas à jouer avec eux, à les coucher le soir ou à leur faire faire leurs devoirs, mais ça peut aussi rentrer dans les attributions du poste.

Ce qui m’a beaucoup marquée dès mon arrivée, ce sont les différences culturelles dans l’éducation des enfants. J’avais entendu qu’aux États-Unis, les parents étaient adeptes du mode d’éducation de l’enfant roi. J’y avais déjà été confrontée, alors je pensais savoir à quoi m’attendre… Mais j’ai été surprise de voir à quel point les enfants font ce qu’ils veulent, quand ils le veulent. Ils désirent manger une glace une demi-heure avant le dîner ? Pas de problème. Ne se nourrir que de chips pendant une semaine ? Pas de souci non plus. Ils s’habillent comme ils veulent, n’ont pas de punitions… Et qui dit pas de punition, signifie pas de conséquences. Donc, pourquoi écouter ? Mais tout n’est pas négatif non plus dans ce mode d’éducation ! Par exemple, les parents sont hyper présents pour leurs enfants, ils les soutiennent beaucoup dans leurs projets, dans leurs activités scolaires… Ils assistent à tous les événements, à tous les matchs, et je peux vous dire qu’il y en a beaucoup ! 

Même si tout se passait plutôt bien dans ma famille d’accueil, j’ai pris au bout de quelques mois la décision de changer de famille – ce qu’on appelle un « rematch ». Cela a été l’aboutissement de beaucoup de choses, par exemple, l’irrespect des enfants à mon égard. Le comportement de la petite de 10 ans est aussi à l’origine de ma décision. Même si tout se passait bien avec elle au départ, elle s’est mise à être très très dure avec moi, à très mal me parler, à mentir pour m’attirer des ennuis… Je comprenais d’où venait son comportement, mais j’étais un peu fatiguée de le subir au quotidien, d’autant que je ne m’estimais pas vraiment soutenue par les parents quand je leur en faisais part. Comme cela commençait à gâcher mon expérience, j’ai décidé de poursuivre mon travail d’au pair dans une autre famille. 

Le rematch, la meilleure décision à prendre

Mon ancienne famille a bien pris cette décision, mais n’a pas essayé de me retenir. Une fois la procédure de rematch lancée, j’ai eu très peu de temps pour trouver une nouvelle famille dans laquelle poursuivre mon aventure. 

Ces deux semaines ont été très intenses. Lors des premiers entretiens que j’avais passés l’an dernier, je n’avais pas posé de questions au sujet de l’éducation des enfants. Désormais, cela fait clairement partie de mes critères, car je ne souhaitais pas que ce problème se reproduise. 

Mon profil a été remis en ligne et, grâce aux commentaires élogieux de ma précédente famille d’accueil, j’ai à nouveau été contactée rapidement. Finalement, j’ai choisi une famille qui habite à Minneapolis, dans le Minnesota. Je m’occupe de deux filles de 14 et 15 ans depuis un peu plus d’un mois. Et honnêtement, tout se passe super bien ! Je ne regrette pas du tout ma décision de rematch. Je suis vraiment tombée sur une famille en or, qui m’a extrêmement bien accueillie dès mon arrivée : j’ai eu le droit à un sweat-shirt de l’université du Minnesota, ils m’ont invitée au restaurant…

Et depuis, tout se passe très bien. Étant donné que les filles sont déjà ados, mon emploi du temps est vraiment léger. Mon rôle est avant tout de jouer le rôle de grande-sœur : je passe du temps avec elles, je les écoute, je les conseille, on se fait des virées shopping… Je ne suis pas là pour ranger leur chambre et leurs vêtements. J’ai aussi une excellente relation avec les parents. Depuis mon arrivée à Minneapolis, je prends des cours à l’université et ils m’ont beaucoup aidée avec mon inscription. Cela change énormément par rapport à ma précédente expérience. 

Pour autant, je ne la regrette pas car elle m’a appris des choses. J’ai eu la chance de vivre dans une magnifique maison, auprès d’une famille très aisée. Je regrette seulement d’avoir pris autant de temps avant de me décider à faire un rematch. Mais au final, c’est un mal pour un bien car cela m’a permis de tomber sur une super famille d’accueil. 

Si comme moi, vous souhaitez devenir jeune fille au pair à l’étranger, je vous conseillerais de vraiment prendre le temps de bien choisir votre famille d’accueil car tout le reste de votre expérience en dépend. Il faut être sûre que la famille constitue le bon match. Il ne faut pas trop vous en faire pour votre niveau en anglais. Ne vous mettez pas de barrière ! Sur place, vous allez faire énormément de progrès. Les familles sont aussi très enthousiastes à l’idée de partager et d’apprendre la langue avec l’au pair. Enfin, il faut être sûre que vous soyez capable de rester aussi longtemps loin de votre famille. Avec le décalage horaire et la distance, ce n’est pas toujours facile. Mais c’est vraiment une expérience inoubliable !

Vous pouvez suivre les aventures de Mathilde en tant qu’au pair aux USA sur son compte TikTok.

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Les Commentaires

1
Avatar de Lune0103
14 septembre 2023 à 09h09
Lune0103
Je suis un peu surprise de l'âge des enfants, surtout des deuxièmes. Généralement, les au Pair sont des baby-sitters à bas-coût et corvéables à merci, car toujours sur place. Rare sont les familles fonctionelles qui cherchent quelqu'un. Tous les retours que j'ai eu (ma propre expérience comprise) se sont soldées par des parents démissionaires qui se reposaient à 100% sur une personne peu expérimentée et des enfants aux problèmes comportementaux dissimulés lors de l'entretien.
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