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3 réalisatrices du cinéma indépendant américain à suivre de près

Alix était l’envoyée spéciale de madmoiZelle au festival du cinéma américain de Deauville. Elle s’est intéressée à 3 films en compétition discrets lors de la remise des prix, mais qui ont révélé des réalisatrices de talent.

Le 13 septembre s’est achevée la 46e édition du festival du cinéma américain de Deauville.

En tant qu’envoyée spéciale sur place, j’ai arpenté toutes les salles de ciné à la recherche de pépites et de diamants bruts à vous faire découvrir. En effet, la compétition de ce festival regorge de premiers films, et donc de jeunes réalisateurs et réalisatrices talentueuses qui forment le futur du cinéma américain indépendant.

Alors que l’excellent The Nest de Sean Durkin avec Jude Law et Carrie Coon rafle toutes les récompenses du festival, du prix de la révélation au Grand prix du jury en passant par le prix de la critique, je me suis intéressée à trois films plus discrets mais tout aussi réussis, signés par trois réalisatrices de talent.

Miranda July avec Kajillionaire, un merveilleux ovni

Un scénario aussi inattendu que bouleversant, des personnages singuliers et la vision pop et décalée de Miranda July sont autant de qualités qui font de Kajillionaire un vrai coup de cœur du festival.

Old Dolio (Evan Rachel Wood) a 26 ans et passe ses journées à errer en ville avec ses parents (Debra Winger et Richard Jenkins), à l’affût de toutes les arnaques possibles et imaginables qui leur permettent de survivre au jour le jour. Et ce, jusqu’à leur rencontre avec Melanie (Gina Rodriguez) qui bouleverse leur quotidien et leur idée de l’amour.

Le film oscille entre cruauté et tendresse en empruntant le chemin d’une histoire surprenante, inédite même. Miranda July se risque à l’allégorie, fait son grand plongeon dans les symboliques, et aussi risqué ce parcours soit-il, elle transforme l’essai plutôt élégamment.

Quel bonheur de voir le monde à travers ses yeux le temps d’un film !

Émouvant, drôle, saugrenu, Kajillionaire conte en finesse l’apprentissage de l’amour et sortira le 30 septembre en France.

Emma Seligman avec Shiva Baby, la comique allégorie de la pression sociale

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La fin des études sonne toujours l’heure des questions teintées de pression en particulier pour les jeunes femmes : qu’est-ce que tu vas faire ? Où tu vas habiter ? T’as un ou une amoureuse ? Ça envoie du CV a tour de bras ?

À l’aube de sa remise de diplôme, Danielle se rend à la Shiv’ah (période de deuil observée dans le judaïsme) d’Abbie, ou Annie, ça n’a pas vraiment d’importance.

Elle se retrouve encerclée par sa famille (proche et éloignée), dans un huis clos étouffant qui réunit ses parents, son ex, son sugar daddy, Max, avec qui elle entretient des relations sexuelles tarifées, et Kim la femme de ce dernier qui présente à tous leur jeune enfant.

Shiva Baby s’apparente à un mauvais rêve dans lequel tous nos problèmes seraient enfermés dans une même baraque avec impossibilité d’en sortir.

Emma Seligman, qui se définit comme une Torontoise queer (son identité sexuelle ne correspond donc pas au modèle dominant) et juive de 25 ans, balade sa caméra avec astuce dans cette maison de fous, et surprend des conversations hilarantes tenues par ses personnages hauts en couleur.

À la manière d’un vaudeville moderne, le film regorge de situations cocasses finement écrites qui s’accumulent jusqu’à créer un écroulement face à toute cette pression sociale.

Emma Seligman a parfaitement su retranscrire ce sentiment de chaos qui emplit les crépuscules de l’adolescence.

Jessie Barr avec Sophie Jones, le film des premières fois

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Avec Sophie Jones, Jessie Barr peint l’adolescence sur une toile hors du temps.

À tout juste 16 ans, Sophie vient de perdre sa mère et tente de combler ce vide en multipliant les rencontres charnelles avec le sexe opposé.

Jessie Barr livre une œuvre personnelle dans laquelle elle mêle son histoire à celle de sa cousine, qui porte le même nom qu’elle et incarne le personnage principal avec justesse. Toutes deux ont vécu le deuil d’un de leurs parents et ont dû continuer de vivre alors qu’elles traversaient cette période trouble de l’adolescence.

Résultat : le film se montre drôle, enlevé, sans tabou, avec un arrière-plan dramatique qu’on ne sent jamais loin. Il raconte les premiers émois, les premières désillusions, les premières expériences sexuelles, en somme, les premiers pas en direction de la vie d’adulte.

Caméra tremblante au poing, grand angle qui laisse l’émotion submerger le personnage, Jessie Barr signe ici un deuxième film à fleur de peau.

Par manque de temps, je n’ai malheureusement pas pu voir The Assistant de Kitty Green, qui promettait une incursion dans l’univers des magnats du cinéma pré-affaire Weinstein par le point de vue de l’assistante.

Le film a notamment reçu le prix de la mise en scène du jury de la révélation, alors je me tiens prête à foncer au cinéma quand on connaîtra la date de sa sortie française.

De ces quatre films, seul Kajillionaire connaît pour le moment la date de sa distribution en France, alors gardez l’œil ouvert en attendant les autres !

Retrouvez les aventures Alix, envoyée spéciale à Deauville

Pour suivre mes aventures au Festival du cinéma américain de Deauville, rendez-vous sur le compte Instagram de madmoiZelle pour découvrir les IGTV du vlog Festoche Cinoche Pistoche sorti tous les jours pendant le festival.

À lire aussi : Yann Gonzalez : « Quand on crée un personnage de cinéma, il est pansexuel »


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