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Daronne

Daniela Martins raconte son accouchement : « Une douleur indescriptible, l’impression que j’allais mourir »

Ah, l’accouchement. Ce moment si spécial, flippant et transformateur. Parfois rêve, parfois cauchemar, souvent un peu des deux… Chaque semaine, dans Poussez Madmoizelle, une personne raconte son accouchement.
  • Prénom : Daniela
  • Nom : Martins
  • Âge : 34 ans
  • Bébé attendu le : le 4 février
  • Bébé arrivé le : le 4 février
  • Stats : 3,480 kilos

On avait déjà deux enfants et on n’excluait pas le fait d’en avoir un troisième. Enfin, au départ, on ne voulait pas forcément plus d’un enfant et puis on a eu Valentin [le deuxième] carrément par surprise et c’était vraiment cool, ce qui m’a vachement réconciliée avec la maternité.

Donc on s’est dit pourquoi pas partir sur un petit troisième, sauf que le climat lié au Covid m’avait un peu refroidie. Je m’étais dit qu’on allait attendre que le Covid passe, car je n’avais pas envie d’accoucher avec un masque. Après bien sûr, il n’y a pas eu de date de fin… On a laissé faire les choses et je suis tombée enceinte très vite. On était très contents !

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(© Instagram/Daniela Martins)

Une grossesse splendide

Je suis tombée enceinte en avril dernier. J’ai vécu une grossesse superbe. Ça a été plus compliqué uniquement vers la fin où j’ai enchaîné les contractions, quasiment tous les soirs. Je pensais que j’allais accoucher. C’était fatiguant psychologiquement et physiquement. Du coup, j’avais mal au dos aussi. Mais autrement toute la grossesse était parfaite.

J’ai pris pas mal de poids mais j’étais en harmonie avec mon corps, j’étais dans l’acceptation. Ce qui n’avait pas forcément été le cas pour mes deux grossesses précédentes, où j’avais toujours de l’appréhension avant de me peser. Alors que là, j’ai pris pas mal de poids, mais de façon bien acceptée.

Le « faux travail » a commencé à partir bien avant le terme. J’ai enchaîné des contractions de faux travail pendant presque deux mois. Mais je suis tout de même allée jusqu’au terme.

Une entrée à la maternité préparée

La veille du terme, je décide avec mon gynécologue de déclencher l’accouchement. Ça avait été le cas pour ma première grossesse et pour la deuxième, il y avait eu un décollement des membranes. On fait face à un col de l’utérus hyper costaud. Et là, c’était le cas aussi.

On prévoit mon entrée en maternité la veille de mon terme. On décide de me déclencher avec la technique des ballonnets, un ballon est placé à l’intérieur de l’utérus et l’autre à l’extérieur. Ça a pour but de ramollir le col, et de déclencher le travail.

Ça a très très bien fonctionné. On me l’a posé en fin de matinée, et toute la journée je contractais, je contractais. On m’a dit : « les ballons vont tomber quand vous allez être ouverte à 2-3 centimètres. » [La sortie du bébé se fait quand le col de l’utérus est dilaté à 10 cm]

Donc j’avais beaucoup de contractions, mais je ne m’inquiétais pas plus que ça, je me disais que si les ballons n’étaient pas tombés, c’est que je n’avais pas le col ouvert à plus de 2-3 centimètres.

Des contractions de plus en plus intenses

À minuit, les contractions s’intensifient et je décide d’appeler la sage-femme qui m’emmène faire un monitoring. On se rend compte que j’ai des contractions très régulières. Elle me propose un suppositoire contre la douleur. Je n’avais jamais entendu parler de ça. Ça n’enlève pas les contractions mais ça soulage un peu.

Ensuite, elle me propose la péridurale. Je refuse parce que dans ma tête, j’étais persuadée de ne pas être ouverte à plus de 3 centimètres, étant donné que les ballons n’étaient pas tombés. Je lui repose la question :

« Les ballons sont bien censés tomber à 2 ou 3 centimètres d’ouverture ? »

Ce qu’elle me confirme à nouveau.

Je lui confiance et je refuse pour l’instant la péridurale. Je la voulais, c’était un souhait. Je l’avais eue pour mes deux premiers accouchements. Mais je voulais attendre que mon col soit plus ouvert. J’attendais que les ballons tombent et d’être ouverte à 4-5 centimètres pour la demander. Et je n’aurais pas dû.

Je retourne dans ma chambre. Je continue de contracter de plus en plus fort. Mais bizarrement, je gère et je somnole entre chaque contraction. Une heure passe, et j’ai de plus en plus mal. Je suis debout, je m’accroche à la barre du lit.

J’ai très mal mais je gère. Mon mari qui dormait dans la pièce à côté m’entend respirer très fort, vient me voir et décide d’appeler la sage-femme. Elle arrive et me conseille de m’assoir un peu sur le ballon. Je ne pouvais pas, j’avais beaucoup trop mal.

Elle me dit de venir en salle d’accouchement. Je marche jusqu’à la salle d’accouchement. Il est 1h45 du matin, je m’allonge.

Peu avant deux heures, la sage-femme revient, couverte de sang, et me dit :

« Je ne vous oublie pas mais j’ai une urgence à gérer à côté. »

Là, je me dis : « Daniela, il y a une urgence à gérer, tu n’es pas une urgence. » J’étais restée bloquée sur cette histoire de ballonets et d’ouverture à 2-3 centimètres. Le ballon n’était pas tombé et je ne comprenais pas pourquoi j’avais aussi mal.

Un accouchement surprise

Là, je commence à trembler, je ne gère plus la douleur. Je tousse beaucoup. Une sage-femme arrive. J’ai mal comme jamais et je commence à crier. Plusieurs personnes débarquent, dont l’anesthésiste, pour me piquer.

Je n’arrive pas à m’assoir. J’avais un pied sur la chaise. La sage-femme me touche et me dit : « je sens la tête ». Et là je m’accroche à elle très fort et je pousse. Je ne comprends pas vraiment ce qui se passe, j’ai la sensation de me faire caca dessus. Je ne comprends pas vraiment que je suis en train d’accoucher. Dans ma tête j’étais toujours bloquée à cette histoire de ballonnets et à un col ouvert à 2-3 centimètres.

Je pousse. Je hurle très fort, car j’ai très très très mal. Une douleur indescriptible, j’avais l’impression que j’allais mourir. Je demande de l’aide ! Ils arrivent à m’installer sur le lit. Mon mari me tient la main mais se sent un peu impuissant. Je ne fais que crier, et je sens la panique. Ils courent dans tous les sens. Une des sages-femmes me crie : « stooop » J’ai mal mais j’arrête. Je me dis qu’il y a un problème. Mon fils était mal positionné et si je continuais, j’allais tout arracher.

La sage-femme fait une manipulation et me dit de pousser à nouveau. Et là, mon fils est dehors. On me le pose sur moi et là je pleure beaucoup. Pas d’émotion mais plutôt de soulagement. Je me dis : « J’ai survécu. » Le soulagement de plus avoir mal. On m’a recousue, en me mettant le masque avec un anti-douleur à respirer.

Retour sur le refus de la péridurale

Je ne peux en vouloir à personne car on m’a proposé la péridurale et j’ai refusé. Mais j’avais confiance en ce que m’avait dit la sage-femme et j’étais restée sur cette histoire de ballonets et d’ouverture de col. Je pense que c’est un cas exceptionnel. Mais j’ai l’impression qu’on m’a volé cet instant. Martin va bien, je vais bien.

Deux urgences en même temps à gérer, c’est plutôt rare. Il n’y a pas eu beaucoup de touchers pour examiner l’ouverture de mon col. Mais je dois quand même préciser que j’avais été aux urgences maternité à 37 semaines de grossesse, car je sentais moins mon fils bouger. Je flippais un peu. Ils m’ont fait un toucher qui s’est mal passé, j’ai eu très très mal, j’ai beaucoup saigné.

J’en ai parlé sur les réseaux et ça a pris une ampleur que je n’avais pas anticipé et que je ne souhaitais pas. La personne qui m’avait fait le toucher s’est fait taper sur les doigts. J’ai tendance à oublier que je suis écoutée par plus de 120 000 personnes.

Donc je pense que pendant le travail, ils ne voulaient peut-être pas m’embêter. Mon col aurait dû être vérifié au moins une fois. Peut-être que ça aurait évité tout ça.

Un post-partum compliqué sans baby blues

Je n’ai pas eu de baby blues, contrairement à mes autres accouchements. Après, le jour où j’ai accouché, Valentin, mon deuxième enfant, était très malade, avait 40° C de fièvre. Son père a fini trois fois aux urgences avec lui donc je pense que je ne m’autorisais pas à être trop contente, à me laisser aller, ni à être triste non plus. J’étais dans une sorte de contrôle constant, ce qui m’a encore une fois un peu volé mon post-partum.

Quand je suis rentré, Valentin ne faisait que dormir. Il ne mangeait pas. J’ai passé dix jours horribles, moi-même je ne mangeais plus. Je ne pouvais pas me laisser aller non plus. Là ça fait un mois et demi et je tiens toujours le coup. Mon fils Valentin s’est rétabli, on sait maintenant qu’il avait une infection aux poumons, ce qui n’est pas rien. J’ai cru que j’allais avoir ce baby blues et m’effondrer mais je ne l’ai pas eu.

C’est peut-être mon dernier enfant. J’ai l’impression qu’on m’a volé ces instants même si je ne peux en vouloir à personne.

Merci beaucoup à Daniela Martins de nous avoir raconté son accouchement !

Le livre de Daniela Martins, bien conçu et tout en franchise, vient de sortir.

DanielaMartins

Pour vous procurer Être mère, c’est que du bonheur… ou pas, c’est par ici !

Les Commentaires
11

Avatar de Destiel Mok´
8 avril 2022 à 19h52
Destiel Mok´
Je vis dans un pays où la péri est très peu administrées et même si on m’avait dit que je l’aurais on me l’a pas filé. Et effectivement quand tu es pas préparée c’est … choquant (même si je n’ai pas eu peur de mourir, aussi indescriptible soit elle, je me suis jamais dit que c’était anormal. J’avais intégré même physiquement que les douleurs de l’accouchement était très intenses). Pour le deuxième j’ai fait le choix d’accoucher à la maison. Si c’était pour avoir mal comme ça autant rester chez moi. Je vais pas mentir ça a fait mal pareil mais le fait de savoir ce qui se passait, d’être renseignée ça a enlevé le facteur peur / surprise et du coup l’expérience en elle même est chouette dans l’ensemble et j’en garde un souvenir heureux malgré l’absence de péri et la douleur. Je pense sincèrement qu’on peut vivre des accouchements positifs avec ou sans péri, pareil. Par contre il faut que d’autres facteurs soient respectés notamment un espace safe et un accompagnement rassurant et hyper bienveillant et présent. Même si pour la péri c’était râpé, s’il n’y avait pas eu de sous effectif, elle aurait eu une SF pour l’accompagner, lui dire qu’elle était forte etc etc Et l’expérience aurait sûrement été toute autre.
@Rose_Eth @B8zzy @Mellys
Pour ce qui est de vivre à 1000%, je pense qu’il y a deux choses : le fantasme autour de la naissance qui veut que ce soit un moment sublime, à réussir absolument et l’injonction à vivre a fond et kiffer toutes ses expériences et de faire de chaque moment des “scènes de films”.
1
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