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Poussez Madmoizelle, Jeanne raconte son accouchement // Source : Unsplash
Poussez Madmoizelle

« Être là, seule, avec ce petit bébé que je ne connaissais pas, le soir, m’a donné le cafard » : Margaux raconte son accouchement

Ah, l’accouchement… Ce moment si incroyable, flippant et transformateur. Parfois rêve, parfois cauchemar, souvent un peu des deux. Une semaine sur deux, dans Poussez Madmoizelle, une personne nous raconte son accouchement. Cette semaine, c’est Margaux qui nous livre le récit de la naissance de sa petite dernière.
  • Prénom : Margaux
  • Âge au moment de l’accouchement : 29 ans
  • Bébé attendu le : 22 novembre 2021
  • Bébé arrivé le : 19 novembre 2021
  • Heure d’arrivée à l’hôpital : 4h
  • Heure d’accouchement : 11h07
  • Poids et taille de l’enfant à la naissance : 3,4kg / 49cm

J’ai 31 ans, mon conjoint Pierre en a 38 et nous sommes parents de deux enfants : Paul, 2 ans et demi, et Romy qui a 15 mois de moins que Paul. Elle est née le 19 novembre 2021.

À lire aussi : « Je demande la péridurale et on me répond : prenez plutôt de la tisane » : Juliette nous raconte ses accouchements

Une grossesse surprise juste après le retour de couches

Pour Paul, j’avais arrêté de prendre la pilule au mois de septembre et je suis tombée enceinte début décembre. Pour Romy, ma grossesse a été une surprise. J’avais arrêté d’allaiter Paul depuis un mois et je n’avais pas encore eu mon retour de couches. Nous n’avions pas remis en place de contraception, et il a suffi d’une fois…

Au mois de mars 2021, plus les jours passaient, plus j’avais des nausées. Un samedi matin, pour écarter une potentielle grossesse, mon conjoint est allé acheter un test de grossesse. En à peine quelques secondes, les deux traits signifiants que j’étais enceinte sont apparus sur le test (alors que pour Paul, le deuxième trait était à peine visible). J’étais contente, car je savais que je voulais avoir des enfants rapprochés. Mais j’ai eu un pincement au cœur en regardant Paul, car il était encore si petit (il avait 6 mois). Mon conjoint a eu exactement la même réaction.

Les trois premiers mois de grossesse ont vraiment été difficiles. J’ai énormément vomi, au point de ne pas pouvoir sortir de mon lit pendant des journées entières. Ma mère est venue garder Paul, car j’étais incapable de m’occuper de lui. Un nouveau médicament venu du Canada m’a sauvée, car je pense que j’aurais pu être hospitalisée si je ne l’avais pas pour me soulager. Je ne pouvais plus rien manger et je perdais du poids.

Pour la grossesse de Paul, je n’avais pas été malade, donc je ne m’attendais pas à ça ! Ma grand-mère a eu 12 enfants et n’a été malade que pour les filles !

Puis, finalement, petit à petit, après le premier trimestre, ça s’est arrêté. En revanche, pour mes deux grossesses, j’ai été très fatiguée, du début à la fin.

Je ne redoutais pas particulièrement l’accouchement, car le premier (qui avait eu lieu par voie basse) s’était bien déroulé. J’avais juste peur d’accoucher prématurément, parce que Paul est né à la limite de la prématurité.

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La crainte d’un déclenchement ou d’une césarienne

Cela dit, je redoutais quand même d’avoir à subir une césarienne. J’espérais que mon gynécologue, qui m’a accouchée la première fois, puisse être présent pour ce second accouchement. Et j’espérais arriver à temps pour que l’on puisse me poser la péridurale !

Durant toute cette période, j’ai vu de temps en temps la sage-femme qui avait suivi à distance (à cause du Covid) ma première grossesse. Mais j’étais beaucoup plus détendue que la première fois.

La seule chose qui m’a contrariée, c’est qu’elle m’a proposé plusieurs fois de déclencher l’accouchement (elle travaille avec mon gynécologue). Moi, j’avais envie, au contraire, que les choses, dans la mesure du possible, se fassent naturellement. J’ai donc refusé à chaque fois, disant que je préférais attendre le dernier moment.

Je précise aussi que j’ai suivi (avec mon gynéco et une kiné) le programme EPI-NO pour éviter au maximum d’avoir à subir une épisiotomie. Je ne sais pas si c’est grâce à cela, mais je n’ai pas eu d’épisiotomie.

Je m’attendais à accoucher environ un mois en avance comme pour Paul, mais ça s’est passé complètement différemment. La date du terme approchait et il n’y avait aucun signe montrant que la naissance allait arriver. Et j’étais de plus en plus paniquée, car je n’avais pas ressenti de réelles contractions pour Paul (c’est la fissure de la poche des eaux qui m’avait alertée).

J’avais peur, cette fois-ci, d’avoir des contractions, de ne pas les reconnaître et d’accoucher chez moi. Puis finalement, dans la nuit du 18 au 19 novembre, ces fameuses contractions m’ont réveillée, je les ai mesurées grâce à une application de suivi des contractions qui m’a finalement conseillé d’aller à la clinique ! En prenant ma douche, car je tenais absolument à me laver les cheveux avant de partir, j’ai perdu les eaux.

À lire aussi : « J’ai bien mieux vécu le post-partum que la grossesse » : Juliette raconte son accouchement

« Ça me faisait de la peine de réveiller l’anesthésiste, j’ai donc attendu »

Nous sommes arrivés à la clinique dans la nuit. Mon gynéco était là, ce qui m’a immédiatement soulagée. Les contractions commençaient à devenir vraiment douloureuses, donc je pensais que j’allais rapidement accoucher. Mais le col n’était finalement pas assez dilaté. Puis, j’ai essayé de manger le plus possible avant que l’on me pose la péridurale, car pour mon premier accouchement, je n’avais pas pu manger pendant presque 24h et ça avait été assez difficile.

Puis, un peu avant 7h, une sage-femme est venue me demander si je voulais qu’elle réveille l’anesthésiste de garde pour qu’il me pose la péridurale. Ça me faisait de la peine de réveiller l’anesthésiste, j’ai donc attendu. Mais je crois qu’elle l’a quand même réveillé et j’avoue que la péridurale m’a vraiment soulagée.

Tout au long du travail, mon conjoint était là pour me distraire et il a été d’un réel soutien.

Plus tard, une poche d’ocytocine a été posée pour accélérer le travail. Puis, avant 11h, mon gynéco, une sage-femme, une aide-soignante et l’anesthésiste se sont réunis et j’ai su que l’expulsion allait commencer. Tout ce monde m’avait décontenancée la première fois, mais on m’a fait comprendre que dans une clinique privée, il y avait plus de monde présent qu’à l’hôpital. Mais honnêtement, ça m’était égal.

L’expulsion et la rencontre avec le bébé

Je me souviens que pour Paul, je n’avais pas eu le temps d’apprendre à pousser. Pour cette fois, je tenais à faire la bonne élève en poussant comme on me l’avait appris. Finalement, cette deuxième fois, j’ai eu l’impression pendant presque toute l’expulsion que mes poussées ne servaient à rien. Était-ce l’effet de la péridurale ? Peut-être. Puis, à 11h04, j’ai dit à mon gynéco, désespérée « Mais je ne vais jamais y arriver ». Il m’a répondu, en rigolant : « Madame, il est 11H04, à 11h07, votre bébé sera sur vous ». Et il a eu raison.

C’est peut-être cliché, mais le moment de l’expulsion et celui où l’on a posé mon bébé sur moi ont vraiment été magiques. J’étais ravie, mon conjoint aussi. J’avais juste peur que l’aide-soignante la fasse tomber quand elle l’a prise pour l’habiller !

Mon obsession était qu’elle arrive à téter au sein. Un peu avant la naissance, j’avais dit à l’aide-soignante que Paul avait tout de suite réussi à téter correctement et maladroitement, elle m’avait répondu, un peu sèchement, que chaque enfant était différent.

Puis finalement, Romy a réussi, elle aussi, à téter correctement dès le début.

Les premiers jours à la maternité et le retour à la maison

Le séjour à la maternité s’est bien passé. Je ne voulais pas qu’on lui donne de bain, car je souhaitais que son premier bain ait lieu dans le cadre d’un bain thalasso. Ils ont un peu tiqué au début, mais ne se sont pas opposés à ce choix.

Les seuls moments difficiles étaient les fins de journée quand mon conjoint nous quittait pour rentrer à la maison retrouver ma mère et Paul.

Être là, seule, avec ce petit bébé que je ne connaissais pas, le soir, m’a donné le cafard. J’avais eu le même sentiment pour Paul. Je n’avais pas osé insister pour que mon conjoint reste dormir avec nous, car j’étais contente qu’il soit en forme la journée pour s’occuper de Romy et me laisser me reposer.

Le retour à la maison s’est fait en douceur, naturellement. Je n’ai jamais eu à me plaindre de la répartition des tâches.

On m’avait dit que l’arrivée d’un premier enfant bouleversait plus la vie que l’arrivée d’un deuxième, mais j’ai trouvé l’arrivée de la deuxième plus difficile à gérer. Peut-être parce que Paul était encore très petit, et donc très peu autonome. Il fallait que j’aille le chercher le soir chez la nounou avec Romy en porte-bébé, que je gère son bain à lui et son dîner, en plus de gérer Romy seule le soir, car mon conjoint rentrait souvent après le coucher de Paul. J’ai également eu plusieurs montées de lait douloureuses avec de la fièvre. Puis petit à petit un nouveau rythme s’est installé et j’étais heureuse de cette nouvelle vie à 4.

Je garde un merveilleux souvenir de cet accouchement et du précédent, à tel point que parfois, je me dis que j’aimerais un troisième enfant pour avoir la chance de pouvoir revivre ce moment (mais je sais que ça peut ne pas se passer de la même façon).

Il m’arrive aussi de rêver que je suis sur le point d’accoucher et je ressens une sorte de béatitude quand je me réveille.

Je referai tout de la même façon !

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