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« J’ai bien mieux vécu le post-partum que la grossesse » : Juliette raconte son accouchement

05 août 2022 9
Entre anxiété, imprévus et rendez-vous médicaux, Juliette nous raconte son accouchement et sa rencontre avec son fils, né avec un petit poids.
  • Prénom : Juliette
  • Âge au moment de l’accouchement : 30 ans
  • Bébé attendu le : 10 avril
  • Bébé arrivé le : 23 mars
  • Heure d’arrivée à l’hôpital : 4h30
  • Heure d’accouchement : 6h31
  • Poids et taille de l’enfant à la naissance : 2,470 kg pour 47 cm

Mon conjoint et moi avons 30 ans et quand nous avons décidé d’avoir un enfant, tout est allé très vite. La grand-mère de mon compagnon était malade, et je pense que ça a été le déclic : nous voulions que nos grands-parents puissent un jour voir nos enfants. Nous avons donc décidé d’arrêter le moyen de contraception que nous utilisions en mai et je suis tombée enceinte début juillet.

Je l’ai découvert de manière assez surprenante.  Je devais me faire vacciner contre le Covid et à l’époque, les recommandations pour les femmes enceintes étaient d’attendre le deuxième trimestre. Avant la date du vaccin et une bonne semaine avant mes règles, mon conjoint m’a conseillé « au cas où » de faire un test de grossesse. Je ne ressentais aucun changement, mais je l’ai fait sans conviction… Et il a été positif !

J’étais tellement choquée que ma première réaction a été de lui dire, en pleurant, « Je ne vais pas me faire vacciner ! ». Je ne pensais pas que ça arriverait si vite.

Mon conjoint m’a vite rassurée en étant ravi et en me disant que tout allait bien se passer, que c’était ce qu’on voulait et que c’était une super nouvelle !

Une grossesse sous le signe de l’anxiété

J’étais heureuse d’être enceinte, mais extrêmement anxieuse. J’ai passé les trois premiers mois à me demander si tout allait bien et si le cœur de mon bébé ne s’était pas arrêté. Je n’avais aucun symptôme de grossesse à part de la fatigue (ce qui aurait dû me réjouir), mais une amie venait de vivre une fausse couche, et j’y pensais beaucoup.

Après une première échographie et des tests sanguins plutôt poussés, car mon bébé était à risque pour la trisomie 21, tout s’est bien passé jusqu’à la deuxième échographie.

Lors de celle-ci, l’échographiste nous donne le sexe de l’enfant, nous dit que tous ses organes sont parfaits, mais elle détecte un potentiel problème de délivrance des nutriments entre mon placenta et le bébé. Un problème à surveiller, car c’est un facteur de risque pour la prééclampsie et le retard de croissance in utero (RCIU) du bébé… Elle m’explique que pour le moment tout va bien, que je ne suis pas dans la zone rouge, mais qu’on fera plus d’échos que pour une grossesse classique. Elle ajoute qu’il est possible que tout se débloque dans un mois, à la prochaine échographie — d’après elle, ce qui s’appelle un notch utérin peut arriver plus souvent qu’on ne le pense lors d’une première grossesse, mais peut aussi disparaître rapidement.

Malheureusement, à l’imagerie du mois suivant, mon bébé n’avait que très peu grossi… le problème était toujours là. Elle m’a appris que mon placenta fonctionnait mal, que c’était pathologique et que nous ne pouvions rien à faire à part surveiller.

Je devais être attentive aux moindres détails

En soi, mon bébé allait très bien, il était juste beaucoup plus petit que ce qu’il aurait dû être à ce stade. On m’a expliqué que j’allais devoir faire une échographie par mois pour suivre sa courbe de poids et surveiller à l’aide de monitoring sa fréquence cardiaque. De mon côté, je devais faire attention aux signes de la prééclampsie : la tension, les œdèmes…

J’ai trouvé ça extrêmement dur à assumer. J’étais seule à devoir gérer tous ces signes qui pouvaient annoncer un problème soit pour moi, soit pour mon bébé. Par exemple, on me disait tout le temps de venir aux urgences si mon bébé bougeait moins, ou différemment. Comment peut-on savoir si son bébé bouge autrement, surtout quand c’est le premier ?!

Lors de l’échographie du troisième trimestre, mon enfant était toujours plus petit que la moyenne, mais continuait à grossir. Par contre, j’étais confronté à un autre problème : il était en siège.

J’ai essayé l’acupuncture, qui n’a pas fonctionné, et on m’a proposé une version manuelle externe, une technique manuelle pour retourner le bébé. Pas très motivée initialement, je me suis lassée convaincre par ma sage-femme qui m’a expliqué que vu sa petite taille, il y avait beaucoup de chances que ça marche.

Ce que je peux en dire, c’est que pour moi, l’expérience a été douloureuse et que deux médecins ont essayé de le faire tourner en vain. Je ne regrette pas d’avoir essayé, mais je le recommanderais surtout aux personnes qui veulent absolument accoucher par voie basse.

Une césarienne programmée… qui aura lieu en avance

Quand ma dernière échographie arrive, le docteur me dit qu’il faut sortir le bébé dans les 10 jours. Il ne grossit plus, et l’équilibre entre risque et bénéfice n’est plus bon. Il faut donc que j’accouche avant le 29 mars.

Le 9 mars, j’attrape le Covid et bien que je sois testée négative une semaine plus tard, mon conjoint et moi avons été considérés comme malades pendant deux semaines. Il n’a pas pu m’accompagner aux rendez-vous jusqu’au 23 mars.

Je me retrouve donc, mon dernier mois de grossesse, à devoir aller 3 fois par semaine à l’hôpital seule, avec la peur que mon bébé ait un problème, le tout en étant covidée ! On me propose d’accoucher par voie basse, mais je refuse. On me programme donc une césarienne le 25 mars, après le Covid, mais avant la date butoir du 29.

Mon bébé en a décidé autrement, et a décidé d’arriver dans la nuit 22 au 23 mars. Heureusement que ce n’est pas arrivé plus tôt : mon conjoint n’aurait pu venir !

« J’ai bien mieux vécu le post partum que la grossesse »  Juliette raconte son accouchement
Daniel Reche / Pexels

Le moment de l’accouchement

J’ai perdu les eaux dans la nuit du 22 au 23 mars, à 3 heures du matin, sans aucune contraction.

Arrivée à 4 heures à l’hôpital, on vérifie mon col et me fait faire un monitoring. Résultat : rien ne presse. La sage-femme me dit que j’accoucherai probablement dans la journée, voire le lendemain. Vers 6 heures, elle revient et me dit qu’en fait, c’est pour maintenant !

J’enfile tout l’attirail de la césarienne et en cinq minutes, me voilà sur le brancard en direction du bloc opératoire.

En salle d’opération, on me dit que mon conjoint nous rejoindra une fois que le drap bleu (qui évite de voir l’opération) sera posé. On me fait une anesthésie qui va rendre indolore tout le bas de mon corps et effectivement, je ne sens déjà presque plus mes jambes quand je m’allonge sur la table. Il fait froid. On me pince le ventre et on me demande si je ressens quelque chose, je réponds que oui. L’anesthésiste me dit que c’est normal, que je vais sentir des choses, mais je n’aurai pas de douleur. J’insiste en disant que j’ai l’impression qu’on me tire un cheveu, ça pique et brûle un peu en même temps. Je sens que ce n’est pas normal, mais l’anesthésiste insiste et me redit que c’est normal.

Mon conjoint me rejoint et l’opération commence. Je demande à mon conjoint de faire des respirations avec moi parce que j’ai mal. Ensuite, ça se brouille. Je commence à crier des « aïe » par-ci par-là.

Puis je me réveille sur le brancard, en salle de naissance, groggy. On me présente mon fils qui est dans une couveuse, car même s’il va très bien, il est sorti à 35 degrés et il fallait le réchauffer. Je pleure. J’ai à peine le temps de le voir qu’on m’amène en salle de réveil, où je serai surveillée pendant quelques heures.

Ce qui s’est passé durant ma césarienne

J’ai eu la chance que mon conjoint vienne me voir avec mon fils en salle de réveil pour la tétée d’accueil, car il était 6h30 et il n’y avait donc personne d’autre que quelques infirmières et moi !

Shootée par deux anesthésies, j’ai eu beaucoup de mal à émerger et je suis restée plus de trois heures en salle de réveil au lieu des deux habituelles ! Mon fils est resté en couveuse le temps que je sorte de la salle de réveil.

Quand j’arrive dans ma chambre, j’ai mal, mais je suis remplie d’un bonheur extrême. Mon conjoint arrive avec mon fils dans le petit lit à roulette, et je re-pleure ! Mon conjoint m’explique alors ce qu’il s’est passé pendant la césarienne.

Apparemment, j’ai mal réagi à l’anesthésie. J’avais vraiment mal et mes jambes tremblaient de douleur. Quand le médecin m’a demandé d’arrêter de les bouger, mon conjoint a répondu que je n’étais pas censée les bouger étant donné que j’étais anesthésiée… Je subissais une vivisection ! En 30 secondes, le médecin a demandé une anesthésie générale et pouf, j’étais partie dans les bras de Morphée ! Pendant ces 30 secondes, j’ai eu le temps de délirer totalement et j’ai demandé qu’on me donne du Lexomil ou de l’Attarax, ce qui, après coup, a bien fait rire mon conjoint !

Ensuite, il a dû sortir (protocole oblige) et en cinq minutes, ils sont venus vers lui avec notre fils en pleine forme malgré son petit poids ! Mon conjoint, très pudique, m’a dit avoir fondu en larmes… Je pense qu’après le stress qu’il a vécu (laisser sa femme et son enfant sous anesthésie générale) il a tout expulsé ! Je suis triste de ne pas avoir vu ça. Bizarrement, moi qui suis hyper émotive, j’ai beaucoup moins pleuré que ce que j’imaginais.

J’étais surtout complètement gaga et amoureuse de cet être que je ne connaissais pas vraiment, mais avec qui j’avais déjà partagé beaucoup de galères !

Après l’accouchement

Aaaaah la convalescence… Entre bonheur pur et douleur intense, entre l’extase de voir mon fils et la douleur de l’opération. C’est assez antinomique comme situation, car on te dit à la fois de beaucoup te reposer, mais tu dois t’occuper de ton enfant et c’est intense. Le repos, tu ne l’as pas vraiment !

Je crois que mon conjoint et moi, nous n’avons dormi que trois heures les trois premiers jours. Je suis restée cinq jours à l’hôpital et pour l’anecdote, le lit d’hôpital est l’une des choses les plus douloureuses de l’accouchement. J’avais le dos en compote !

Les jours qui ont suivi l’accouchement étaient ok, la fatigue était extrême mais nous étions encore sur un nuage. Je crois que c’est à partir de la troisième semaine, quand l’extase redescend et la routine prend place, que c’est le plus dur.

On a vite mis en place un système de roulement pour dormir. J’ai choisi d’allaiter et je tirais mon lait et dormais de 20 heures à 4 heures pendant que bébé dormait dans les bras de papa et ensuite, bébé dormait dans mes bras et papa dormait de 4 heures à midi. On n’avait pas trop le choix, car notre bébé ne dormait et (ne dort toujours) que dans nos bras !

De mon côté, j’ai bien mieux vécu le post-partum que la grossesse ! Déjà, car je n’étais plus seule à tout gérer puisque mon compagnon pouvait s’occuper de tout avec moi, mais aussi parce que j’ai eu un vrai coup de foudre pour mon fils.

J’aurais aimé être épanouie plus de deux mois durant cette grossesse, mais le stress a pris le dessus. Malgré tout, je garde un très bon souvenir de tout ça car au moment où j’ai croisé le regard de mon fils, tous les mauvais moments se sont envolés !

Crédit photo : Fe Ngo / Unsplash


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Les Commentaires
9

Avatar de Ocytocine.
10 août 2022 à 17h19
Ocytocine.
c’est lors du rendez vous ou on ne m’a pas expliqué les problèmes qu’ils pourraient se passer durant la césarienne !
C'est vraiment naze qu'on t'ai pas expliqué en amont les risques possibles et le passage possible sous anesthésie générale
Je suis fâchée avec les anesthésistes aujourd'hui mais je trouve ça dingue qu'ils bâclent autant leur consultation
Bon après je suppose que covid + entretien téléphonique ça n'aide pas trop mais quand même
1
Voir les 9 commentaires

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