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Revues de films

C.R.A.Z.Y

10 avr 2006 8

Sortie en France le 3 mai 2006

Avec près de cinq millions de dollars de recettes au box-office, une nomination au cinquième Festival International de Cinéma de Marrakech mais surtout avec un public aux réactions  internationalement positives, Jean-Marc Vallées ne doit pas regretter de nous avoir offert son deuxième long-métrage, un ouvrage imprégné à la fois d’une sage sensibilité et d’une extrême justesse.

En effet, aux aventures de Zachary, un jeune garçon né quatrième d’une famille de cinq enfants, se mêlent non seulement la découverte de son homosexualité mais aussi la complexité de la relation qu’il entretient avec son père, un homme bourru qui refuse la différence et plus particulièrement celle de son fils. Pourtant, enfant, il était préféré à ses frères et bénéficiait même de l’ultime honneur d’aller manger des frites sur le bord de la route avec lui. Pour retrouver la complicité père/fils qui les liaient auparavant, Zach sera tout d’abord prêt à refouler la nature en faisant croire à l’amour fou entre lui et une voisine, mais bien vite ses pulsions profondes reprendront le dessus, renforçant ainsi la dualité de la quête de soi et de l’amour pourtant inconditionnel d’une famille, le tout suivant l’évolution de la musique de Pink Floyd, de Charles Aznavour ou des Rolling Stones.

On retrouve ici le talent indéniable de Michel Côté et les débuts plus que prometteurs de Marc-André Grondin, qui manie son rôle avec dextérité, passion et intensité. Une intensité qui se ressent sur le jeu des acteurs qui l’entourent, et contribue à l’authenticité du cheminement idéologique dépeint dans le film : celui du Québec populaire des années soixante à aujourd’hui.

Le souci du détail et le choix de la musique, très importante dans le film, accentuent la plongée du spectateur dans l’univers d’une famille québécoise typique de ces décennies : le portrait qu’en a tracé minutieusement Jean-Marc Vallée mérite amplement les bonnes critiques qu’il a reçu, toutes générations confondues. Malgré une fin un peu précipitée qui aurait gagnée à être d’avantage développée, C.R.A.Z.Y. exploite les profondeurs d’un sujet toujours brûlant d’actualité. On risque manifestement d’en entendre encore parler, au grand bonheur de tous.

Bande-annonce: Ici

Les Commentaires
8

Avatar de astridviii
10 décembre 2006 à 13h57
astridviii
C'est un film magnifque, l'acteur principal est trop beau, la musique est planante, Geniallll à VOIR !!
0
Voir les 8 commentaires

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