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Comment j’ai capté que mon mec me trompait : la fable de l’infidèle débutant et du profil Facebook

Cramer une infidélité grâce à un profil Facebook, une histoire de lose totale qui mérite d’être racontée !

Back in 2013, quand j’étais insouciante et que je faisais mon entrée au lycée, j’étais avec un mec que j’avais rencontré d’une manière très romantique lorsque j’étais encore en 3ème : sur BBM.

Alors, pour les gen Z présents dans la salle : BBM, pou BlackBerry Messenger, c’était la messagerie instantanée qu’on avait que sur BlackBerry — globalement le WhatsApp de 2013 pour certaines personnes. Ah oui, et les BlackBerry, c’était des téléphones à clavier super stylés avant que les iPhone ne roulent sur le marché.

Roh putain, je suis vieille. 

BBM
Crédit photo : chaîne Youtube de giffgaff

J’ai donc rencontré ce garçon à la manière d’une relation épistolaire — mais sur BBM.

Une rencontre trop romantique pour être vraie ? (Non, quand même pas, calmez-vous)

À l’époque sur BBM, on faisait ce qu’on appel des « diff », soit des diffusions. Le concept, c’était que quelqu’un écrivait un message à tous ses contacts BBM en disant :

« Ouais les gars, ajoutez tous @machin c’est mon pote, il est grave cool, il est grave des barres, il est BG, voilà voilà. »

Du coup, bah… on ajoutait la personne en question et c’est comme ça qu’on se faisait des potes, c’était une sorte de bouche-à-oreille virtuel permettant de multiplier les contacts.

Bon, OK : globalement on ajoutait ceux qu’on voulait pécho. VOILÀ.

Un jour, je vois une diff d’un de mes camarades de classe nous disant à tous et toutes d’ajouter son pote Martin*. Je me suis rappelé de lui : âgé d’un an de plus que moi, il avait étudié dans mon collège avant de changer d’établissement en cours de route.

On va pas se mentir, Martin était plutôt frais. Du coup je l’ai ajouté. 

Je vous épargne la loooooongue histoire d’amour tumultueuse qui a suivi cette rencontre virtuelle — peut-être pour un autre témoignage, qui sait ? Tout ce que vous avez besoin de savoir, c’est que Martin était connu par toutes les personnes du collège, et même du quartier, pour pécho énormément de meufs, et ne pas être très fidèle. Moi, j’étais une gosse de 15 ans complètement in love et très naïve. Mais bon, qui n’est pas naïf à 15 ans ? Personne.

Alors oui, j’y croyais quand il disait qu’il m’aimait de tout son coeur, que j’étais la seule personne à lui faire ressentir ça. Ce qui ressemblait plutôt à :

« Jteuh jur té trop bel ; jtm tro jveuuu tro tvwar »

Oui parce qu’avant, quand j’étais jeune, romantisme ne rimait pas avec orthographe, et ça ne m’empêchait pas d’être très touchée. Je sais, j’ai un grand coeur. 

Bref, je suis restée avec ce Martin une bonne petite année — je ne compte pas les quelques ruptures et engueulades qui duraient plusieurs semaines pendant lesquelles on ne se voyait pas et on ne se parlait pas. 

L’amour à 15 ans : hormones et textos

C’était vraiment la première relation amoureuse de ma vie. Celle où l’amour n’est autre qu’une sorte de libido ultra développée qui fait que le seul truc intéressant, c’est de s’embrasser pendant 2 heures en se tripotant au-dessus de nos t-shirt : pour ce qui est de construire un futur solide, c’était encore un peu tôt…

Ce que je veux dire, c’est que pour moi c’était de l’amour, mais avec le recul c’était juste qu’on avait la DALLE !

Une fois en seconde, je me suis un peu émancipée de cette relation ; j’ai rencontré d’autres gens, j’avais des nouveaux potes, et ma vie du collège est restée… au collège. 

Mais j’étais quand même encore avec Martin, et j’aimais beaucoup passer du temps avec lui, même si on s’était approximativement séparés six fois. Que voulez-vous.

Justement : après une énième séparation (où j’avais certainement renvoyé un message en lui disant « jtm malgrer tous » cachée sous ma couette à 23h38), on était clairement sur une date de péremption imminente. 


Je n’étais pas particulièrement triste de voir cette relation devenir moins intense : j’étais juste arrivée au maximum d’énergie que je pouvais lui consacrer.

Et là. C’est le drame.

Salut, « Camille »

Je ne sais pas trop comment, mais un jour je me suis retrouvée à regarder le compte Facebook de Martin — et plus précisément sa liste d’amis.

Globalement, il n’y avait que des mecs dedans, ou alors des filles que je connaissais. Puis tout d’un coup, je vois le profil d’une inconnue apparaître : Camille*. Je m’arrête sur sa photo, que je n’ai jamais vue… Et je ne sais pas qui elle est, mais ça sent l’embrouille. 

Je clique sur le profil de cette Camille, et a ma grande stupeur, que vois-je ? Des photos de Camille, avec Martin, en train de se faire des bisous en amoureux sur les quais de Seine !

Oh putain. 

Alors je veux bien qu’en 2013, les techniques pour cacher ses tromperies sur Internet n’étaient pas encore assez développées, mais tout de même. Le profil de la demoiselle n’était pas DU TOUT privé, on pouvait voir toutes ses photos, tous les commentaires — dont ceux de Martin qui avait lâché des cœurs sous la photo d’eux ! L’enfoiré ! 

J’avoue que mon sang n’a fait qu’un tour à l’époque. Ce rebondissement était digne d’une mauvaise comédie romantique ! Et ma réaction fut assez badass, il faut l’avouer.

Allez bye Martin

J’ai fait quelque chose de très simple. J’ai envoyé un message à Martin disant : 

« Bon écoute, je viens de cramer les photos de toi et Camille sur Facebook, t’es vraiment un con, on va s’arrêter là. » 

OK, OK : je ne me souviens pas des exacts mots que j’ai envoyé, j’ai peut-être pas dit teto qu’il était con. Mais une chose est sûre, je l’ai bloqué sur à peu près tous les réseaux qui existaient à l’époque (c’est-à-dire deux), et notre aventure s’est terminée là !

Je pense que j’étais déjà assez détachée de lui pour ne pas me sentir anéantie par cette trahison — ce qui ne serait pas forcément le cas si ça m’arrivait aujourd’hui.

Pendant longtemps, je n’ai plus entendu parler de Martin. Puis un jour, je l’ai croisé dans le métro ; il m’a alors retrouvée sur Instagram, m’a demandé comment j’allais, m’a dit qu’il avait eu peur quand j’avais « disparu ».

Je n’ai pas répondu et j’ai continué ma petite vie.

Plus de jeunesse que de mal

Avec le recul, je ne lui en veux pas, à Martin — en tout cas pas pour ça. Nous étions jeunes et horny, on n’allait clairement pas se marier… alors finalement, ce n’était pas une si grande trahison que ça.

Et pour être très honnête, de mon côté, je pense que je me suis servie de cette tromperie pour m’échapper une bonne fois pour toutes d’une relation qui devenait beaucoup trop insignifiante sans avoir à me taper une vraie conversation méga sérieuse et méga drama !

Si vous voulez une version plus détaillée de cette histoire d’amour ratée, eh bien il faudra devenir pote avec moi. Car je ne vais pas (encore) écrire un mémoire à ce sujet sur Madmoizelle.

Je terminerai avec un petit conseil pour les infidèles : faites mieux que Martin et Camille pour cacher vos aventures ! Ou encore mieux : soyez honnêtes, et renseignez-vous sur le couple ouvert si l’exclusivité n’est pas pour vous…

À lire aussi : J’ai couché avec un inconnu rencontré sur le quai du RER (et c’était vraiment bien)

*Les noms ont évidemment été changés, j’ai pas envie de me retrouver dans la merde, même si la personne se reconnaîtrait instantanément en lisant ça.

Crédit photo : ShutterStock

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