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Ton anxiété pourrait t’être bénéfique, voici comment

Et si l’anxiété n’était pas qu’un boulet, mais avait aussi des effets positifs ? Justine se penche sur cette éventualité !

L’anxiété est souvent perçue de manière négative, et à raison : elle peut être difficile à vivre, handicaper certains aspects du quotidien, être une source de souffrances.

Mais ce n’est pas tout.

Des recherches scientifiques sur l’anxiété

Deux scientifiques, Kate Sweeny et Michael D. Dooley, proposent de percevoir l’anxiété un peu différemment : et si nous pouvions souligner ses quelques effets positifs ?

Le chercheur et la chercheuse ont observé un échantillon représentatif de la population étatsunienne et mis en relation les niveaux d’anxiété et les comportements.

Les psychologues se sont aperçus, d’abord, que réprimer ses angoisses est contre-productif : elles ne disparaissent pas et peuvent réapparaître bien plus intensément.

Quand l’anxiété nous protège

Ensuite, Kate Sweeny et Michael D. Dooley expliquent que nous pourrions tirer de notre anxiété quelques bénéfices !

Elle pourrait notamment être une source de motivation, qui pousserait certains et certaines d’entre nous à avoir des comportements prudents ou préventifs.

Les résultats de la recherche suggèrent que les personnes anxieuses :

  • Se protégeraient plus souvent lors de « coups d’un soir »
  • Mettraient davantage leur ceinture de sécurité en voiture
  • Auraient plus tendance à utiliser de la crème solaire
  • Se soumettraient plus souvent à des examens médicaux préventifs ou de dépistage
  • Se prépareraient plus aux examens et entretiens d’embauche…

Pourquoi l’anxiété peut-elle nous motiver à nous protéger ?

Kate Sweeny identifie trois pistes de réponses.

  • L’inquiétude peut être une source d’information : elle vient signaler que quelque chose mérite que notre attention s’y attarde, et qu’une action doit être entreprise
  • Lorsque l’on est inquiet ou inquiète, l’inquiétude est au centre de notre esprit, il est difficile de penser à autre chose et cela peut nous servir, en nous poussant vers l’action
  • L’inquiétude est un sentiment inconfortable, ce qui nous motive à chercher des moyens de l’atténuer

Pour les psychologues, il semble que l’anxiété puisse êtes « motivationnelle », à condition qu’elle ne soit ni trop importante (ce qui peut paralyser), ni pas assez (ce qui ne fait pas apparaître de motivation).

En somme, pour obtenir des effets bénéfiques, il faudrait la « bonne dose » d’anxiété…

L’anxiété n’est pas forcément un problème

Nous n’avons pas toujours la capacité de régler notre anxiété à la « juste dose », bien sûr, mais peut-être qu’accepter nos émotions, nos inquiétudes, nos angoisses est un premier pas vers plus de sérénité.

Finalement, Kate Sweeney et Michael D. Dooley nous invitent à ne pas percevoir notre anxiété uniquement comme un problème, mais plutôt comme un indice. Elle nous délivre un message.

Si vous souffrez de votre anxiété, cependant, il existe des moyens et des techniques pour y travailler – des psychologues et thérapeutes peuvent vous accompagner.

Face à l’anxiété, un exercice pour voir les choses autrement

Les spécialistes de psychologie positive proposent souvent d’exercer notre esprit à faire un pas de côté et à percevoir les choses de manière différente.

Dans son ouvrage Authentic Happiness, le chercheur Martin Seligman invite à tenter la « méthode ABCDE » :

  • La prochaine fois que vous ferez face à de l’adversité (A), à une situation qui vous affecte
  • Prenez quelques instants pour noter quels sont les biais de croyances (B) qui apparaissent
  • Et quelles sont les conséquences (C) de ces biais de croyances
  • Puis, en essayant d’être le plus rationnel et factuel possible, essayez d’organiser un débat intérieur (D) pour contrer les biais de croyances
  • Enfin, si le débat intérieur est une réussite, profitez de l’énergie positive (E) que vous pouvez ressentir, notez vos émotions, vos sensations physiques.

Si l’on imagine un exemple, disons que vous venez d’obtenir une mauvaise note à un exposé en classe, ou un mauvais retour sur l’une de vos présentations au boulot. Ce serait la situation d’adversité (A).

Dans cette situation, les biais de croyances (B) pourraient être : « je suis nulle », « ma boss/prof doit avoir une mauvaise opinion de moi-même », « je n’y arriverai jamais ».

En conséquence (C), vous pourriez vous sentir triste, déprimée, vous mettre à l’écart.

Dans ce cas-là, le débat intérieur (D) pourrait dire :

« Non, je ne suis pas nulle, j’ai déjà eu des bonnes notes, de bonnes présentations.

J’ai d’autres interactions positives avec ma boss/ma prof.

J’ai déjà réussi telle ou telle chose dans le passé. J’ai fait telle et telle chose pour atteindre des objectifs. ».

Ce débat intérieur pourrait créer un soulagement, vous aider à y voir plus clair, vous permettre de penser à ce que vous pourrez faire dans le futur pour rectifier la situation et la vivre différemment.

Seligman conseille de décrire ces cinq étapes par écrit. Cet exercice permettrait de devenir plus conscients et conscientes de nos pensées automatiques et de leurs conséquences, pour nous en détacher petit à petit !

Et vous, comment vivez-vous votre anxiété ? Avez-vous des techniques pour la gérer ?

À lire aussi : À quoi ressemble l’anxiété ?


Écoutez Laisse-moi kiffer, le podcast de recommandations culturelles de Madmoizelle.

Les Commentaires

30
Avatar de skippy01
15 février 2019 à 18h02
skippy01
ça me donne l'impression que si on voulait (et du coup pouvait ? si on a cette étiquette) passer de neuroatypique a neurotypique on aurait un genre de mur à franchir
Ah bon ??? Perso, je n'y ai jamais vu cette connotation-là.

Moi, je ne vois pas en quoi c'est un problème. Ça donne une appellation neutre et pas du tout stigmatisante à une condition neurologique qui rend difficile les interactions avec le reste du monde.
3
Voir les 30 commentaires

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