Comment le resto le plus pimenté de Paris m’a permis de dépasser mes limites

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À Paris, un restaurant propose de défier les limites du possible en proposant des plats extrêmement pimentés. Voici le témoignage d'Anouk, qui a développé une passion pour ce lieu.

Comment le resto le plus pimenté de Paris m’a permis de dépasser mes limites

Je n’ai jamais eu un goût particulier pour les plats vraiment épicés.

En fait, je me suis toujours dit que si c’était pour se cramer la langue et ne plus rien sentir après, autant manger autre chose.

Mais ça, c’était jusqu’à ce que je découvre trois restaurants. Des restaurants spécialisés dans les plats extrêmement pimentés. Des restaurants qui m’ont poussée à atteindre les limites de mon goût.

Leur nom ? Deux fois plus de pimentTrois fois plus de piment et Cinq fois plus de piment. Ou « Deux fois, Trois fois et Cinq fois », pour les intimes.

Deux fois plus de piment a été le premier restaurant à ouvrir. C’est le plus petit et il est spécialisé dans la cuisine Sichuanaise.

Trois fois plus de piment est spécialisé dans les pâtes chinoises.

Cinq fois plus de piment s’est spécialisé dans les raviolis.

La seule chose à retenir pour la compréhension de cet article, c’est que les trois offrent la possibilité de manger BEAUCOUP TROP ÉPICÉ .

Deux fois plus de piment, un restaurant que j’ai connu il y a bien longtemps

L’histoire commence en 2015. À l’époque, un bon copain m’invite à dîner chez lui. Il me propose de commander chez ce « chinois super bon et vraiment super épicé », Deux fois plus de piment.

Le problème, c’est que le menu ne comporte à l’époque que très peu de choix sans viande ni poisson, et je suis végétarienne. Alors on s’est pris des pizzas et puis voilà.

Un an plus tard, j’invite une copine à dîner chez moi. Le menu de Deux fois a évolué alors je lui propose de tenter le coup.

Il faut savoir que dans ces restos, quand on commande un plat, il faut choisir un niveau de piment allant de 1 à 5. Ne nous considérant pas comme des fragiles, nous prenons toutes deux du niveau 4.

Une heure plus tard, nous voilà face à la réalité : le plat est tellement pimenté qu’il est littéralement immangeable. Je textote alors le fameux copain qui me l’avait conseillé l’année précédente, il me dit :

« Mais en même temps t’es folle ! Dans ce resto, il faut prendre niveau 1 maximum ! »

Personnellement, je suis chafouine et je décide de tourner le dos à ce restaurant.

Jamais deux sans trois (fois plus de piment)

Quelques mois passent encore, et cette fois c’est un très bon copain, disons Scott, qui me parle de Trois fois plus de piment. Je lui dit que ce n’est pas pour moi, mais lui n’en démord pas et décide de m’y inviter.

Alors je l’ai suivi et  j’ai commandé des nouilles végétariennes pimentées au niveau 1. Ça a été un coup de foudre. Elles étaient délicieuses et le bouillon dans lequel elles trempaient donnait un goût légèrement épicé unique.

J’ai enfin compris la passion que déchaînait ces restaurants.

Les 5 niveaux de piments (ou de souffrance, on ne sait pas)

Quand on se rend sur place, on voit bien que la grande majorité des gens ne s’aventurent pas au-delà du niveau 2 (qui est déjà très fort). En fait, le public vient surtout pour les plats qui sont de base extrêmement bons. Personne ne vient là pour souffrir (okay ?).

La seule fois où j’ai vu un mec commander un niveau 5, la serveuse lui a demandé 3 fois s’il était sûr. Elle avait les yeux paniqués en lui répétait que ça allait être très difficile pour lui.

Le gars lui a soutenu qu’il n’avait pas peur, qu’il avait vécu en Chine, qu’il ne voulait pas qu’on le traite comme un occidental.

Évidemment, 10 minutes après avoir commencé son plat, ce monsieur est devenu tout rouge et a demandé un bol d’eau dans lequel tremper ses nouilles pour retirer l’excès de piquant.

Quand on y va soudainement deux, trois, cinq fois…

Assez rapidement, mon copain Scott et moi avons pris l’habitude de nous rendre presque toutes les semaines dans l’un des trois restaurants (on variait les plaisirs).

Ayant le goût du risque, j’ai fini par vouloir tester un niveau de piment plus élevé. C’est ainsi que j’ai tenté pour la première fois le niveau 2. C’est vrai qu’il n’est pas facile.

Cependant, après quelques semaines, mon palais s’est habitué, et j’ai commencé à le trouver presque insuffisant… Et à rêver du niveau 3.

C’est ainsi que je me suis lancée il y a quelques semaines dans l’expérience. J’étais déterminée. Pour m’encourager, Scott qui prend habituellement le niveau 3 a pris le niveau 4.

Ça n’a pas été difficile. Ça a été TRÈS difficile. Mais, étonnamment, c’était aussi très addictif. C’était comme un marathon, chaque bouchée se faisait dans un mélange de douleur et de passion.

Je me sentais devenir rouge, je sentais mon audition baisser, je voyais les yeux de Scott humides, au bord des larmes, mais je nous voyais continuer. Quand on a fini, c’était l’extase.

Et puis, le lendemain, en allant aux toilettes, j’ai compris que j’avais fait du mal à mon corps, de ma bouche à mon sphincter. Qu’il ne fallait plus JAMAIS recommencer.

Mais il ne faut jamais dire jamais…

J’ai testé le niveau 4 à Trois fois plus de piment

Plus ou moins au même moment, je me suis liée d’amitié avec ma collègue Tifaine qui m’a avoué une passion pour le piquant. Ni d’une ni de deux, je lui ai parlé de ces restaurants. On a commencé par le niveau 2, puis on y est retourné il y a deux semaines pour tester le niveau 3.

C’était compliqué, mais faisable.

Le Vlogmad n°89, calé au début de la séquence en question.

On s’est dit qu’on ne pouvait pas s’arrêter là. Qu’on DEVAIT repousser les limites, et tenter le niveau 4. Alors on l’a fait.

C’était horrible et génial à la fois. Le niveau trois m’avait brûlé la bouche, mais là c’était au-delà.

Je sentais le contour de mes lèvres brûler, mes yeux pleurer, ma langue se gonfler. Toutes les deux, nous nous sommes retrouvées dans un état un peu étrange, à se sentir presque saoules, en dehors du monde, dans une bulle.

Le Vlogmad n°90, calé au début de la séquence en question.

Plus tard, au fil de la soirée, j’ai senti où en était le plat dans mon estomac en fonction de la localisation de ma douleur. J’ai pris une glace, pensant que ça apaiserait, ça n’a servi à rien. J’ai bu de la bière, ça n’a servi à rien.

Mais quelque part, j’étais heureuse. J’étais heureuse qu’un restaurant m’ait permis de tester mes limites.

De trop nombreuses fois, j’ai été frustrée en prenant des plats annoncés comme épicés, en les trouvant finalement trop fades.

Ces trois restaurants permettent d’avoir des repas légers, si on le souhaite (le niveau zéro existe), et d’atteindre un niveau de piment rare. Et ça, ce n’est pas qu’unique. C’est aussi génial.

Pour la petite histoire, une rumeur raconte que les 5 niveaux sont en fait un mensonge, et qu’il n’y en aurait en réalité que deux : un peu épicé, et BEAUCOUP TROP ÉPICÉ.

À lire aussi : Roulés de piment vert bacon/fromage frais — Recette estivale

Commentaires
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  • TennanTen
    TennanTen, Le 4 octobre 2017 à 0h00

    Ce n'est pas que je n'aime pas manger épicé; mais j'aime pas quand ça anesthésie la bouche. La semaine dernière j'ai prit des california roll avec de la sauce piquante dessus. J'ai quand même du alterner avec des california sans sauce piquante parce que je sentais ma langue piquer XD
    Les nouilles instantanées je n'en mange pas parce que c'est pas très bon lol

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