Cachez ce sextoy que je ne saurais voir (puisqu’il fait jouir les femmes)

Présenter un sextoy dans un grand salon dédié aux innovations technologiques ? Vous n'y pensez pas ! Enfin, sauf s'il est fait pour le plaisir des mecs...

Cachez ce sextoy que je ne saurais voir (puisqu’il fait jouir les femmes)

L’être humain ne cessera jamais de chercher de nouvelles façons de se faire kiffer. Et après tout il a bien raison, à quoi bon vivre si on n’y prend pas de plaisir ?

C’est donc logique que le monde du sextoy évolue… plus vite, peut-être, que la société.

Osé, le sextoy du futur

Osé, c’est le nom du premier sextoy développé par Lora DiCarlo, une start-up innovante. Voici comment il est décrit :

« Osé est le seul produit créé pour des orgasmes complets sans les mains.

Grâce à des micro-robots à la pointe, il imite les sensations d’une bouche, d’une langue, de doigts humains pour une expérience qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celle qu’on peut avoir avec un ou une partenaire. »

Par « orgasme complet », il faut comprendre « un orgasme clitoridien et un orgasme vaginal combinés ». Tout un programme !

Ce sextoy est prévu pour l’automne 2019. Notez bien dans vos agendas !

Osé, le sextoy censuré au CES

Osé devait recevoir un prix saluant son caractère innovant au prestigieux Consumer Electronics Show (CES), grand rassemblement des nouveautés tech.

Le sextoy entrait dans la catégorie Robotics & drones. Lora Haddock, fondatrice de Lora DiCarlo, était sur un petit nuage. Jusqu’à ce que…

« Un mois plus tard, notre enthousiasme et nos préparatifs ont été coupés nets.

Nous avons appris que les administrateurs du CES et de la CTA nous retiraient notre prix et que nous n’aurions pas la permission de présenter Osé, ni même d’exposer au CES 2019. »

(La CTA, c’est la Consumer Technology Association, étroitement liée au CES.)

Pourquoi le sextoy a été censuré au CES

Au seum s’ajoute l’incompréhension. En effet, les raisons invoquées sont fluctuantes, comme l’explique Lora Haddock :

« La CTA a une drôle d’attitude quand il faut expliquer pourquoi le prix a été retiré. Leur première excuse c’était de citer cette règle enterrée dans les mentions légales :

« Les propositions considérées par la CTA comme immorales, obscènes, indécentes, insultantes ou allant à l’encontre de l’image de la CTA seront disqualifiées. »

Oublions un instant que les objets visant à améliorer la vie sexuelle des femmes seraient immoraux ou obscènes…

Si nous ne correspondons pas aux règles, comment notre candidature a-t-elle passé la première étape de vérification, et ensuite reçu les félicitations des experts ? […]

Plus insultant et ridicule encore […] une lettre expliquant que notre produit ne rentrait tout simplement pas dans la catégorie Robotics & Drones.

Sérieusement ?! […] Osé est le sujet d’au moins huit dépôts de brevets en robotique et ingénierie. »

Le plaisir féminin, toujours tabou

Osé est un sextoy s’adressant principalement à des femmes, et plus largement à toutes les personnes qui ont un vagin. Et c’est bien là que le bât blesse, selon Lora Haddock.

Car comme elle le note, au CES 2018, une poupée sexuelle robotique, destinée en priorité à la masturbation des hommes, avait été présentée sans aucun souci !!

Le futur c’est chelou

Donc un sextoy qui stimule clitoris et vagin, c’est non, mais une poupée dans laquelle fourrer son pénis, c’est oui ? Troublante, cette différence de traitement…

Le sexisme et le monde de la tech

À un niveau plus large, le CES a aussi fait l’objet de polémiques concernant les booth babes, des hôtesses peu vêtues qui accueillent le public sur les différents stands.

Elles n’ont pas d’expertise particulière niveau nouvelles technologies : comme les babes du Salon de l’Auto, elles sont là parce qu’elles sont bonnes.

Le milieu de la tech n’est pas connu pour son amour de la parité. L’ingénierie reste un boys club où les femmes ne sont pas toujours bien traitées.

Je comprends donc l’agacement de Lora Haddock, qui en plus de voir son produit rejeté, a le sentiment que c’est son genre et le genre de ses consœurs qui l’est. Ses mots sonnent juste :

« C’est impossible d’accepter un robot sexuel pour hommes, de refuser un masseur robotique donnant des orgasmes complets au niveau du vagin, et de prétendre être neutre. »

Lora et son équipe comptent bien se rendre au CES et mettre le sujet de la parité et de la santé sexuelle des femmes sur le tapis. Affaire à suivre !

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Mymy

Mymy, entre deux bouquins qu'elle chronique parfois en vidéos, est la rédac-chef adjointe/correctrice/community manager de madmoiZelle. Elle aime rester chez elle, les chatons mignons, la raclette du dimanche et les séries télé avec des retournements de situation dedans.

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Commentaires
  • Witch'Daughter
    Witch'Daughter, Le 11 janvier 2019 à 15h56

    Hitek a publié un article dessus et purée les commentaires -___- Il faut vraiment qu'ils arrêtent de parler de sujets touchant au féminisme comme ça, ils maitrisent rien et font aucune modo après.

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