À quand une véritable éducation sexuelle pour les jeunes en France ?

L'éducation sexuelle en France fait l'objet d'un rapport révolutionnaire du Haut Conseil à l'Égalité. Mais ses recommandations risquent de rester lettre morte, faute de mobilisation publique et politique forte sur le sujet.

Avis à toutes les MadProfs !

Si tu es prof en collège ou en lycée, et que tu as un avis à nous donner sur l’éducation à la sexualité, sur ce rapport du HCE, ou sur le sujet du sexe et des ados en général, envoie-nous ton témoignage sur clemence[at]madmoizelle.com avec comme objet de mail : « parlons cul ».
Merci !


On a un problème d’éducation sexuelle en France. Déjà, parce que quand on lit « éducation sexuelle », on pense souvent à une capote sur une banane, ce qui est en soi symptomatique du souci.

À lire aussi : L’éducation sexuelle des ados français, on en parle ?

Mais ne prenez pas mon ressenti personnel pour argent comptant, venez plutôt jeter un oeil au rapport publié par le Haut Conseil à l’Égalité entre les Femmes et les Hommes, commandé par Najat Vallaud-Belkacem, Marisol Touraine et Pascale Boistard !

Il a été publié ce mercredi 15 juin, et remis à Laurence Rossignol (désormais en charge des Droits des femmes), et à la ministre de l’Éducation Nationale.

Le rapport relatif à l’éducation à la sexualité venu du futur

Ne vous laissez pas rebuter par l’aspect « rapport » de cette publication, il se lit très facilement. Déjà, parce qu’il fait usage de l’écriture inclusive, ce qui est en soi une révolution. Ensuite, parce qu’il amorce une définition de l’éducation à la sexualité qui va au-delà de la simple mécanique du sexe.

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En gros, oui, tou•tes les adolescent•es savent « comment on fait les bébés ».

Savent-ils et elles pourtant qu’est-ce qu’une relation sexuelle, comment elle se déroule, comment avoir une sexualité épanouie ? Hmm. Bof, si l’on se réfère aux (trop) nombreux témoignages et commentaires qu’on a pu lire et relayer sur madmoiZelle.

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De l’éducation à la sexualité incluant l’éducation à l’égalité

Il y a vraiment urgence, en France, sur le sujet. Lorsque « ma première fois, c’était un viol » et que des dizaines de commentaires disent « moi aussi ». Lorsqu’on explique la notion de consentement, en braquant les projecteurs sur la fameuse « zone grise » où l’on ne sait pas trop si la fille veut ou pas… et qu’à la lecture des commentaires, on tombe, trop souvent, sur cette réalisation glaçante :

« Je ne savais pas que j’avais le droit de dire non. »

Lorsqu’en 2015, on commente une affaire d’attouchements dans un collège parisien en blâmant l’usage des smartphones plutôt qu’en s’interrogeant sur la culture du viol.

Tous les garçons ne sont pas des violeurs, mais compte tenu du cadre socio-culturel dans lequel ils grandissent, et en l’absence d’éducation à la sexualité digne de ce nom, c’est eux-mêmes qui le disent : Nous aurions pu être des violeurs.

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La culture du viol et ses nouveaux avatars

Le rapport du HCEFH souligne des constats que nous avons déjà maintes fois dénoncés sur madmoiZelle. Il rappelle que les stéréotypes de genre influencent les enfants et les adolescents, jusqu’à mettre leur santé en danger. Que le sexisme ordinaire commence dès la cour de récré, et que les injonctions à se conformer à son genre assigné entravent le développement individuel des enfants.

« Sois belle et tais-toi » pour les unes, ou « sois un homme ! » pour les autres : ces constructions sociales ont aussi une incidence sur l’apprentissage de la sexualité.

« Ces assignations représentent une entrave à la construction d’une sexualité source d’épanouissement pour les femmes comme pour les hommes »

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Le slut-shaming, l’injonction à la virilité, le revenge porn tous les avatars de la culture du viol telle que nous la dénonçons régulièrement sur madmoiZelle sont abordés dans ce rapport. C’est ce que pointe par exemple, la sociologue Isabelle Clair :

« La première cause d’exclusion pour les filles est qu’on puisse les imaginer sans entrave sexuelle, se laissant aller à une sexualité visible, active, en dehors de cadres contraignants.

Pour les garçons, la première cause d’exclusion, c’est qu’on puisse douter de leur virilité. »

Et le contrôle social qui en découle, très fort chez les adolescent•es, est clairement exposé :

« Ce phénomène de « réputation » traduit avant tout le contrôle social sur les femmes : ainsi les libertés de comportement, de tenue vestimentaire et de relations sociales sont-elles fortement limitées et empêchées.

Les relations amoureuses et sexuelles des filles sont particulièrement surveillées, leur sexualité étant constituée comme la clé de voûte de l’ordre social.

Ce phénomène de la « réputation » peut avoir des effets dévastateurs sur la vie et le développement des jeunes, et en particulier des jeunes femmes. »

À propos d’« effets dévastateurs », on peut citer par exemple les nombreux et tragiques cas de harcèlement scolaire, dont certains peuvent aller jusqu’au suicide de la victime.

Le revenge porn est devenu une pratique banalisée, la violence du slut shaming dans la vie comme sur les réseaux sociaux n’épargne pas les jeunes filles… et on dénonçait encore hier une nouvelle illustration de la violence de ces phénomènes, à travers l’histoire de Maude, 18 ans, insultée par d’autres filles à cause de la longueur de son short.

Comme à chaque fois que nous publions un récit de ce genre, les (trop) nombreux commentaires concordants ne font que souligner l’ampleur et la gravité du problème dans la société.

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Le point « ça se passe de commentaires » à propos du viol

Quand je vous dis que ce rapport est éloquent… Quelques extraits :

« Chez les garçons, l’idée que les hommes ont des « besoins sexuels » qu’ils doivent « assouvir » fonctionne comme une « fabrique des garçons » qui implique de montrer la volonté d’avoir une activité sexuelle pour être reconnus comme tels par le groupe de pairs. Ainsi, « la frontière entre sexualité et violence parait très mince selon les propos de certains garçons ». […]

[Il] ressort également notamment une intériorisation forte de la domination masculine chez les filles : par exemple, la possessivité de certains garçons — qui peut se traduire en violence physique — est perçue comme une marque d’amour.

Les filles, elles, doivent gérer une double contrainte : la société les exhorte à être séduisante et à avoir à tout prix un copain mais elles doivent éviter le stigmate de la « fille facile » qui « ne se respecte pas » et donc que l’on ne respecte plus.

Elles ont également « la charge de gérer les désirs sexuels de leur partenaire » : des filles témoignent que leur copain insiste pour « aller plus loin » et qu’elles doivent « résister » […]

Ces attendus différenciés vis-à-vis des filles et des garçons ont des impacts directs sur les violences sexuelles, dont nous avons vu l’ampleur.

Un sondage réalisé pour l’association Mémoire traumatique et victimologie en mars 2016 montre que le concept du viol est mal compris, voire toléré, par beaucoup. Un flou entoure cette violence : certaines personnes considèrent qu’imposer une fellation ou encore qu’un rapport forcé entre conjoints (viol conjugal) n’est pas un viol. »

Le sondage en question, c’est celui qui mettait en lumière les idées reçues sur le viol et les violences sexuelles en France, en 2016. Un constat alarmant.

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Le consentement et le plaisir, grands absents des programmes

Inconsciemment, en écrivant cet article, j’ai naturellement pointé en premier les lacunes de l’éducation à la sexualité en France en matière de prévention des violences sexuelles. Mais outre la notion de consentement, l’autre grande absente des programmes en l’état actuel est la notion de plaisir.

Or dans ses recommandations, le HCE préconise de s’appuyer sur les standards internationaux, et notamment sur la définition de l’éducation à la sexualité comme étant un droit humain.

À l’heure actuelle, c’est loin d’être le cas :

83% des filles de 3ème et de 4ème ne connaissent pas la fonction du clitoris

«  Une fille de 13 ans sur deux et une fille de 15 ans sur 4 ne sait pas qu’elle a un clitoris et 83% des filles et 68% des garçons de 3ème et de 4ème ne connaissent pas la fonction du clitoris. […]

La définition même du clitoris que l’on trouve dans des dictionnaires en ligne semble erronée. […]

Les différences de satisfaction et de plaisir sexuels (dont l’orgasme fait partie) entre femmes et hommes s’expliquent largement par le fait que l’on ne permet pas aux filles de connaître avec précision et exhaustivité leur sexe.

La connaissance du sexe féminin, au même titre que le sexe masculin, et la reconnaissance du plaisir féminin et du rôle essentiel du clitoris, sont donc des étapes indispensables à la construction d’une sexualité positive et égalitaire. »

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L’éducation à la sexualité, Najat Vallaud-Belkacem et Laurence Rossignol y sont favorables, mais…

En théorie, l’éducation à la sexualité est déjà obligatoire, par une loi datant de 2001. Dans les faits — que présente le rapport, on est loin du compte, puisque :

« Le HCE observe que parmi les 12 millions de jeunes scolarisé.e.s chaque année, seule une petite minorité
bénéficie tout au long de leur scolarité de séances annuelles d’éducation à la sexualité, comme la loi l’a prévu. »

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Le HCE a remis son rapport aux ministres de l’Éducation Nationale, et de la Famille, des Enfants, et des Droits des Femmes, mercredi 15 juin à la mi-journée. Laurence Rossignol d’abord, Najat Vallaud-Belkacem ensuite, ont affirmé leur intérêt pour ce sujet.

Enfin. On a un tweet et quelques RT de Laurence Rossignol, et un tweet de Najat Vallaud-Belkacem, posté à 18h06 — qui ne parle pas de sexualité.

Pourtant, l’actuelle ministre de l’Éducation Nationale avait défendu sans relâche le principe d’une éducation à l’égalité entre les filles et les garçons à l’école, au moment où le programme des ABCD de l’égalité peinait à s’imposer.

Alors pourquoi tant de frilosité aujourd’hui ? La réponse à cette question est aussi dans le rapport du HCE.

Pourquoi l’éducation à la sexualité risque de rester dans les cartons ?

Si ce fantastique rapport risque de rester lettre morte côté pouvoirs publics, c’est parce que de fortes résistances au sein de la société civile ont d’ores et déjà réussi à entraver le déploiement d’initiatives salutaires sur ce sujet.

Effectivement, depuis la loi de 2001 instaurant les nouveaux formats d’éducation à la sexualité dans les collèges et les lycées, de nouvelles actions auraient dû être déployées. Le rapport pointe notamment un plan d’action présenté au Comité de pilotage de l’éducation à la sexualité en 2012. Or qu’est-il advenu de cette mission ? La réponse en fera bondir plus d’un•e :

« Non sans lien sans doute avec les mobilisations sociales concomitantes contre l’ouverture du mariage aux couples de même sexe et aux journées de retrait de l’école en réaction au programme des ABCD de l’égalité, les travaux du groupe de travail se sont interrompus et n’ont à ce jour pas été publiés. »

Pas publiés, ces travaux, donc. Et pourquoi ? Essentiellement à cause des actions de « la frange conservatrice mobilisée contre l’éducation à l’égalité » :

La méfiance de la frange conservatrice mobilisée contre l’éducation à l’égalité se concentre sur des questions liées à la sexualité.

« Néanmoins, l’impulsion donnée fin 2012/début 2013 sur l’éducation à l’égalité est de courte durée, freinée
par les mobilisations réactionnaires contre l’ouverture du mariage aux couples de même sexe dans un premier temps, puis contre la sensibilisation à l’égalité filles-garçons et l’éducation à la sexualité. […]

Il convient de noter que la méfiance exprimée par la frange conservatrice mobilisée contre l’éducation à l’égalité se concentre sur des questions liées à la sexualité, comme en attestent les principales rumeurs infondées qui ont précédé les journées de retrait de l’école […] »

Ces « journées de retrait de l’école » avaient eu lieu suite à la propagation des rumeurs les plus fantasques quant à l’éducation à la sexualité.

Donc, en clair : difficile pour nos élu•es de se prononcer publiquement en faveur d’une véritable éducation à la sexualité pour les jeunes, lorsque toute prise de position sur le sujet risque de déchaîner une marée de petits drapeaux rose et bleus, ou d’entraîner des journées de retrait des écoles, ce qui pénalise directement les enfants.

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Pourquoi c’est con de faire barrage à l’éducation à la sexualité ?

N’allez pas penser que ce rapport du Haut Conseil à l’Égalité s’inscrit dans une bataille idéologique : ses conclusions sont hyper pragmatiques.

Les jeunes vont s’informer, avec ou sans l’aide des adultes.

Que vous soyez personnellement favorable ou non à une éducation à la sexualité à destination des jeunes, et à partir de quel âge, ne change rien à la réalité : les jeunes vont s’informer sur le sujet, avec ou sans l’aide des adultes. Et très majoritairement sans leur aide, donc :

« Les jeunes se tournent vers Internet, et notamment les réseaux sociaux, les médias (radios jeunes, magazines féminins…) ou encore la pornographie pour trouver des réponses aux questions qu’elles/ils se posent sur la sexualité.

Ne sachant pas toujours où piocher l’information et démuni•e•s face à la quantité disponible, les jeunes peuvent recourir à des ressources erronées, normatives voire contraires à l’égalité femmes-hommes.

Cela peut aussi être le cas pour leurs parents. »

J’ai rien contre le porno, mais je n’appellerais pas ça de l’éducation sexuelle. Or :

  • 58% des garçons et 45% des filles ont vu leurs premières images pornographiques entre 8 et 13 ans.
  • On estime qu’à 14 ans, 61% des garçons et 45% des filles ont déjà regardé un film pornographique.

Partons donc du principe qu’on ne peut ni empêcher, ni retarder la confrontation des enfants aux questions de sexualité, et qu’il vaut mieux les guider dans cet apprentissage, plutôt que de les laisser livrés à eux-mêmes !

« Ces adolescent•es se retrouvent donc face à un contenu sexuel, parfois violent et sexiste selon le type de pornographie, sans avoir de clefs de lecture ou de réflexes de mise à distance critique.

De plus, ils et elles sont souvent seul•es également après le visionnage, tant il peut être difficile pour eux d’avouer aux adultes proches qu’ils/elles ont été confronté•es à ces images. »

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Le rapport épingle aussi des sources moins graphiques, mais tout aussi nocives, comme l’infâme Dico des Filles, ramassis de stéréotypes brodé d’idéologie anti-choix, qui culpabilise les filles sur leur sexualité, la contraception et l’IVG.

En bref : si nous ne parlons pas de sexualité aux jeunes, nous les laissons à la merci des pires discours. Ne nous étonnons pas de les voir adopter et perpétuer des comportements pétris de sexisme et d’homophobie :

« Qu’elles soient erronées, normatives, moralisatrices ou d’ordre pornographique, il existe des risques que les jeunes, sans accompagnement ni réponses à leurs questions, se tournent vers des sources d’information souvent marquées par des remarques sexistes, homophobes, lesbophobes et/ou moralisatrices et jugeant leurs désirs, pratiques, identités ou orientation sexuelle. »

Les stéréotypes de genre… et « le phénomène religieux »

Le rapport du HCE analyse le poids des stéréotypes de genre sur le développement des comportements des filles et des garçons. Mais un autre facteur contraint également l’apprentissage de la sexualité : l’influence de la religion.

« La religion influence parfois la vie affective et sexuelle de certain.e.s jeunes en renforçant ces stéréotypes et ces injonctions. Geneviève Fraisse, philosophe et historienne de la pensée féministe, estime que les religions ont toujours cherché à contrôler le corps et la sexualité des femmes.

Cette volonté de contrôle se traduit notamment par une limitation de la liberté de mouvement des femmes et des filles dans l’espace public, l’interdit de relations sexuelles avant le mariage qui passe par la promotion de la virginité, l’interdiction de la contraception et de l’avortement, le risque de mariage forcé et une division stricte des rôles sociaux attribués aux femmes et aux hommes. […]

Dans son rapport de juin 2004, l’inspecteur général de l’Éducation nationale, Jean-Pierre Obin, pointe l’impact du phénomène religieux chez les jeunes et notamment les violences exercées sur les jeunes filles en cas de transgression :

« Les violences à l’encontre des filles ne sont hélas pas nouvelles, ce qui l’est d’avantage c’est qu’elles puissent être commises de plus en plus ouvertement au nom de la religion ».[…]

L’influence de certaines conceptions des religions pèse particulièrement sur les jeunes femmes et représente un frein à l’éducation à la sexualité et à l’égalité, comme en attestent les mobilisations conservatrices opposées aux « ABCD de l’égalité » en 2013.

Les injonctions de « respectabilité » s’incarnent notamment dans l’impératif que subissent certaines jeunes filles à rester vierges jusqu’au mariage.

La « perte de la virginité » étant limitée, de manière erronée, à une pénétration vaginale ou à la rupture de l’hymen, cette norme religieuse et sociale peut encourager des pratiques anales et orales non désirées, voire des opérations coûteuses et douloureuses telles que l’hyménoplastie. »

À quand une VRAIE éducation à la sexualité pour les jeunes en France ?

Ce ne sont là que quelques extraits remarquables du rapport, dont je ne peux que recommander la lecture.

Cliquez ici pour le lire en intégralité

Lisez-le, ne serait-ce que pour pouvoir répondre aux prévisibles campagnes de dénigrement et de diffamation, qui risquent de se répandre via les réseaux sociaux dans les semaines à venir, si ce rapport connaît le succès qu’il mérite.

Et posons-nous la question : à quand une véritable éducation à la sexualité pour les jeunes en France ? Pourquoi on ne peut pas montrer vraiment des organes génitaux comme en Norvège, expliquer aussi simplement la notion de consentement, comme avec une tasse de thé ? Ou avec des situations de la vie courante en bande dessinée ?

Pourquoi c’est si controversé, en France, en 2016, de parler sérieusement de consentement, et ouvertement de plaisir ?

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Combien d’affaires « Steubenville », d’Emma Sulkowicz et son matelas, de témoignages déchirants comme celui de la victime de Brock Turner, devons-nous encore attendre et encaisser, avant de nous décider à agir ?

Combien de scandales faudra-t-il attendre d’avoir en France, pour que nous prenions collectivement conscience de l’urgence ?

C’est toujours pas assez évident, avec l’affaire Baupin, l’omerta des victimes de harcèlement sexuel, et la bêtise déconcertante de certains accusés, comme on le constatait hier encore avec la réponse de Philippe Pemezec à Anne Hidalgo ?

Qu’est-ce qu’il nous faut de plus ?

Avis à toutes les MadProfs !

Si tu es prof en collège ou en lycée, et que tu as un avis à nous donner sur l’éducation à la sexualité, sur ce rapport du HCE, ou sur le sujet du sexe et des ados en général, envoie-nous ton témoignage sur clemence[at]madmoizelle.com avec comme objet de mail : « parlons cul ».
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Voici le dernier commentaire en date :

  • Survivine
    Survivine, Le 18 juin 2016 à 9h19

    Tout ceci fait écho à mon quotidien.
    Oui, je suis professeur en college, de Sciences de la vie et de la terre.
    Donc oui naturellement, ce type d'enseignement "me" revient car ne nous leurrons pas, combien de professeurs d'autres matières se tournent d'instinct vers cette thématique en se disant c'est à moi de m'en occuper ? Ben pas des masses. C'est plutot la patate chaude qu'on se renvoie.

    Je n'ai aucun soucis comme je le répète inlassablement à mes gamins, à appeler un chat un chat. Et donc aborder les notions d'adolescence, de corps qui changent, les organes génitaux d'un point de vue anatomique comme mécanique, une grossesse, un accouchement, un avortement ou tout le panel de contraception qu'il existe, je le fais sans aucun pb de gêne. Et surtout avec une grande bienveillance car c'est il me semble le plus important.
    Mais je me sens freinée. Par le temps mis à la disposition de ces transmissions (3/4 séances c'est bien trop peu pour aller en profondeur des choses et pouvoir tout aborder sereinement et en étant à l'écoute des élèves, collectivement et individuellement). Il y a tellement à faire.
    Par le jugement des parents, qui n'aident pas à donner toutes les cartes en main à leurs enfants et qui arrivent parfois à vous faire culpabiliser d'avoir abordé tel ou tel notions. Il m'est arrivé de me dire "je ne devrais pas" ... Oh et puis si c'est mon rôle, pour eux, je dois le faire.
    Par les collègues qui délèguent mais veulent orienter ma démarche : les infirmières scolaires ont cette difficulté je trouve. Enfin celles que j'ai rencontrées, qui ne me pensaient pas compétente sur ce plan..

    Pour faire bref, un constat : la frustration. De ne pas aller bien au dela de ce que je voudrais.

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