L’été où j’ai couché avec un mec dans le même véhicule que ma meilleure pote

L'été de leur 18 ans, Cheyenne et Alice ont passé le plus doux des étés dans les Landes. Elles y ont rencontré deux garçons avec lesquels elles ont noué une certaine intimité, dans le même véhicule...

L’été où j’ai couché avec un mec dans le même véhicule que ma meilleure pote

Alice et moi sommes amies depuis la première. Entre nous, la tendresse a été immédiate et sentait déjà l’éternel.

Ensemble, nous avons osé nos premières « fugues de nuit » pour aller danser jusqu’au petit matin dans plusieurs boîtes parisiennes, tandis que nos parents dormaient à poings fermés.

Nous avons passé toutes nos pauses dej, toutes nos soirées, toutes nos vacances, tous nos week-ends en binôme pendant le lycée avant qu’elle n’aille s’installer dans le Sud.

Justement, avant qu’elle ne parte, nous avons décidé de passer une semaine de vacances dans les Landes, dans le sud-ouest de la France, où sa grand-mère louait chaque année une maisonnée dans un centre de vacances.

Alice m’en parlait comme de son petit paradis, un endroit paisible au bord d’un océan caché par les herbes hautes…

Notre arrivée dans les Landes

Juillet. La chaleur est déjà étouffante, bien plus que les années précédentes.

Il est 10h à peine quand nous prenons le train en direction de la côte, et les sièges en moquette sont déjà si brûlants qu’il est difficile de s’y asseoir.

Les passagers rêvent un peu en mangeant un sandwich trop cher acheté au wagon-bar, où des enfants crient et où des adultes discutent, eux aussi bruyamment.

J’adore les trains et la vie qui y roule, joyeuse.

Alice et moi partageons ses écouteurs, car les miens sont trop emmêlés pour fonctionner encore. Le temps nous semble long et infiniment court à la fois, comme c’est souvent le cas à bord des trains.

Pendant plusieurs heures nous parlons d’un club en pleine nature, qui attend déjà les juilletistes, à l’orée de notre lieu de vacances.

Nous prévoyons d’y passer au moins deux soirées, et pourquoi pas rencontrer des garçons, car il faut bien l’avouer : en ce moment, nous y pensons de manière permanente. 

Alice et moi n’avons qu’une brève expérience de l’amour, bien que nous ayons toutes les deux déjà été en couple. Mais les histoires de vacances, nous n’en avons eues que peu.

Si l’on en croit les films et autres romans sucrés pour ados, une idylle en bord de mer par un été sec a tout de l’initiation délicieuse, comme dans Éducation sentimentale, que nous avons lu cette année pour le cours de littérature.

En descendant du train, nos jambes s’agitent dans l’impatience de rejoindre l’eldorado promis.

Les Landes, un lieu calme et paisible propice aux romances

Quelques stations de bus ont raison de la distance séparant la gare du centre de vacances, et nous descendons bruyamment, en cognant nos valises contre les vieux sièges en fer.

La station balnéaire ne ressemble pas le moins du monde à celles que je fréquente d’ordinaire.

Mes grands-parents ont longtemps possédé une résidence secondaire dans le vieux Cannes, alors j’ai plutôt l’habitude des côtes du Sud-Est, très bleues et embourbées dans les bougainvilliers.

Ici, tout semble plus calme, plus lent, et les couleurs de l’eau sont plus sombres.

Je suis ravie de découvrir de nouveaux paysages, bien différents de ceux que je fréquente !

Alice et sa grand-mère commentent les alentours, m’indiquant d’un doigt décidé les lieux où les moules valent le coup.

Ma copine évoque une nouvelle fois son envie d’aller en boîte de nuit dès le premier soir, et sa grand-mère sourit, en prenant soin tout de même de nous rappeler qu’il ne sera pas question que nous fassions du bruit au moment de rentrer, à l’aube sans doute.

Je sens que cet été sera différent des autres, sans doute parce que la grand-mère d’Alice semble lui laisser plus de libertés que ne le font mes propres parents, et puis parce que nous sommes majeures maintenant.

Notre maisonnette ne donne pas sur la mer mais sur un petit sentier qu’empruntent les voyageurs pour acheter quelques fruits chez le primeur.

Les pêches y sont gorgées de jus, tout comme les abricots, et chacun des éléments a priori banals qui font de l’été la meilleure des saisons me semblent érotiques cette année.

Notre première soirée en boîte de nuit

Le premier soir, nous allons danser au Traouc, une vaste discothèque comprenant 3 bars, une terrasse fumeur, une piscine et une sandwicherie, qui cet été-là nous semble l’endroit le plus festif au monde.

Quelques verres d’alcool ont raison de notre sobriété et de nos inhibitions, ce qui aboutit à des déhanchés outrageux dont nous sommes très fières le lendemain.

Toutefois, aucun garçon ne retient notre attention ; nous rentrons néanmoins pleines de bières et de rires dont nous passerons les heures prochaines à parler.

Les jours s’enchainent, paisibles, dans des Landes habitées par des surfeurs plus âgés, sur lesquels nous bavons en riant sur la plage, nos maillots de bain tout neufs fendant notre bronzage.

Le quatrième soir, nous décidons de remettre le couvert de la fête, l’appel du Traouc étant plus fort que celui des moules avec Adeline, la grand-mère d’Alice.

Dès tôt, nous arrivons en talons, avant de les retirer pour les glisser dans nos sacs et enfiler des sandales plates.

L’intérêt du Traouc réside surtout dans son grand espace extérieur, occupé par des tables en bois et une piscine éclairée par des lumières fuchsia.

Cette fois-ci, un petit groupe de garçons retient particulièrement notre attention.

Notre rencontre avec Nathan et Louis

Ils semblent avoir notre âge ou un tout petit peu plus, et portent des Wayfarer, même la nuit : le comble de l’audace et du style, pour deux jeunes femmes de 18 ans qui s’émerveilleraient même devant une mouche qui pète, si tant est que celle-ci soit pourvue d’un pénis et d’une mèche sur le côté.

Emoustillées par le regard soutenu que nous renvoient les garçons, nous commandons d’autres verres de bières pour nous désinhiber rapidement.

Nous commençons à bouger en gloussant, agitant les pans de nos vêtements de part et d’autres de nos corps, comme si nous étions des danseuses de flamenco.

Je porte une robe blanche et bleue surmontée d’un gros nœud qui appartient à Alice, laquelle a enfilé une robe rose pâle et noire, sa préférée cette année là.

Nous nous sentons belles, nous nous sentons adultes, désirables et désirées. 

Notre parade nuptiale fonctionne ! C’est sur une chanson plutôt vulgaire de Pitbull que les deux garçons osent venir nous parler.

Quelques chuchotements alcoolisés aux creux des oreilles et trois danses nous font oublier que le jour se lève et que l’établissement ferme ses portes.

Il est l’heure de rentrer, malheureusement…

Alice et moi prenons la navette qui nous ramène au village tandis que les garçons, Louis et Nathan, dorment dans leur camionnette garée non loin de la boîte.

Mais avant, nous échangeons nos numéros et promettons une entrevue le lendemain.

Un premier rendez-vous humide

Alice et moi nous couchons ivres de vodka et surtout d’excitation, pressées de nous réveiller.

C’est en nous faisant d’énièmes confidences amusées que nous cédons au sommeil, puis nous réveillons avec le cœur dans le bas-ventre.

Au saut du lit, nous avalons une salade de riz et courons à la plage, histoire d’élaborer des plans pour notre rendez-vous de la fin d’après-midi.

Nathan m’envoie un message :

« Toujours partantes pour 17h au bar La Plage ? »

Nous attendons une bonne trentaine de minutes avant de répondre, histoire d’avoir l’air occupées.

Puis vient l’heure de commencer nos 70 préparations pour être au top le moment venu.

Nous bouclons nos cheveux, nous maquillons, enfilons nos plus belles robes, et partons rejoindre Louis et Nathan dans un stress absolu.

Mais sitôt les garçons rejoints, toute peur s’éteint et nous rigolons bruyamment en buvant des Coca. Les garçons nous proposent d’aller voir le dernier Harry Potter, qui passe en VF au ciné d’à côté.

Nous acceptons et ils nous y emmènent dans leur camionnette ultra pimpée, remplies de planches.

Car nos deux compères sont de jeunes surfeurs, venus de Toulouse pour passer un mois dans les Landes afin de profiter des vagues du Sud-Ouest.

Au cinéma, personne ne regarde le film. Louis embrasse Alice et Nathan m’embrasse. La salive coule à flots et les mains se perdent un peu partout.

Au sortir de ce dernier volet d’Harry Potter, il est convenu que nous retournerons chacun au cinéma dans nos villes respectives, pour VRAIMENT le voir !

Une soirée qui passe trop vite

Nathan et Louis nous proposent d’aller à une soirée à Hossegor organisée par des amis à eux. Nous y passons mais ne discutons avec personne.

Je crois qu’Alice est dans la cuisine avec Louis, tandis que je roule des pelles absolument baveuses à Nathan sur la terrasse. Il passe sa main sous ma robe, me dit à quel point il me trouve sexy.

Je glousse tellement que je m’énerve un peu.

Le temps a passé trop vite et la nuit est déjà bien avancée quand Alice et moi décidons de rentrer.

Les garçons nous ramènent et nous embrassent dans le nuage de fumée d’une cigarette allumée par Alice, qui ce soir-là est particulièrement belle. Je la regarde avec admiration, tant je la trouve sûre d’elle dans ses gestes prodigués à Louis.

Elle a, de toute manière, bien plus d’expérience que moi avec les mecs, et chacun de ses regards lancés en est l’illustration.

Alice, cet été-là, a les cheveux très longs. Ils sont noirs, épais et ondulés, et tombent lourdement sur ses épaules bronzées, piquées de taches de rousseur, les mêmes qu’elle a sur l’entièreté de son visage.

Elle a un chien fou, et je la contemple souvent quand elle regarde ailleurs.

Nous nous couchons heureuses, dans un câlin amical qui vaut tous les baisers amoureux.

Le lendemain, nous avons de nouveau rendez-vous avec nos crushs respectifs, en fin d’après-midi… le dernier pour moi.

Dimanche matin, il sera déjà temps pour moi de rentrer à Paris, afin de rejoindre mon autre meilleure amie Eloïse pour un trip en Bretagne.

Alors je compte bien profiter des dernières heures dans les Landes, qui semblent plus charmantes au fur et à mesure que le soleil tombe dans la mer.

Nous rejoignons Louis et Nathan dans un crépuscule aux lumières oranges, et dînons de lasagnes industrielles dans un bar de plage. Un moment étrange, puisque signant la fin de nos courtes idylles.

Deux garçons, deux filles, une camionnette

Après dîner, je propose à Nathan de lui prodiguer « un massage » dans sa camionnette pour soulager ses douleurs dues à une séance de surf musclée le matin.

Il m’emmène à l’arrière du véhicule, où se mêlent les planches abîmées et les matelas. Les garçons dorment ici-même pendant les vacances d’été, et leur liberté bohème me fait tourner la tête.

Alice suit quant à elle Louis à l’avant de la camionnette, pour continuer à parler.

Eux sont moins tactiles que nous, sans doute parce qu’Alice est encore amoureuse de son ex et a moins que moi la tête à l’amourette d’été.

Nos couples ne sont séparés que par une vitre en verre fumée, et la silhouette d’Alice embrassant Louis se découpe grâce à la lumière du soir.

Nathan m’embrasse ardemment en enlevant son t-shirt beaucoup trop grand pour ses frêles épaules, et passe une main sous ma robe.

Je le laisse faire, et m’allonge en fermant les yeux, prête à recevoir ses lèvres partout sur mon corps. Pendant qu’il pose sa bouche sur mes seins, je caresse ses cheveux et le haut de son dos, brûlants de soleil.

J’entends gémir Alice, qui, cambrée à l’avant de la camionnette, reçoit des baisers de Louis dans son cou.

Je jette un œil à la vitre, rigole légèrement, et me laisse de nouveau aller aux caresses de Nathan.

Tout doucement il me retourne pour que je me retrouve sur lui, et nous continuons de nous embrasser de longues minutes dans cette position, avant que l’excitation n’ait raison de notre pudeur.

Nathan enfile une capote, et je m’assois sur lui.

Je bouge lentement au départ puis de plus en plus fort, ce qui fait légèrement remuer la camionnette.

Étant assise, je peux voir ce qui se passe à l’avant : Alice, sans t-shirt sur le siège conducteur, les lèvres de Louis sur ses tétons.

Entre mon corps et celui de Nathan, la magie attendue n’opère pas vraiment, sans doute parce que nous sommes maladroits, un peu inexpérimentés et sans doute très intimidés par cette intimité si rapide et partagée avec deux autres personnes.

Lorsque nous finissons, dans une déception matinée de tendresse, nous nous asseyons tous les 4 sur la marche du véhicule pour fumer une ultime cigarette.

Une histoire d’amitié plutôt qu’une histoire d’amour

Alice est encore plus belle lorsqu’elle est décoiffée, le sourire gênée et la cigarette hésitante.

Nous nous étreignons tous les quatre une dernière fois, puis mon amie et moi rentrons dans notre maison, qui semble plus petite ce soir.

Nous nous couchons dans un câlin rieur, en se donnant l’une l’autre des détails sur ce moment étonnamment intime que nous avons partagé, séparées seulement par une vitre fumée.

Elle me confie n’avoir échangé que des caresses et des étreintes avec Louis, sans être allée plus loin.

Je lui raconte ma déception personnelle.

Un mois de juillet inoubliable

Bien des étés ont passé depuis cette escapade dans Les Landes, où Alice et moi sommes retournées depuis, sans jamais recroiser ni Nathan ni Louis.

Depuis, nous avons eu plusieurs histoires, toutes plus ardentes et compliquées les unes que les autres, car la vie d’adulte finit toujours par écraser les fantasmes adolescents.

Il est rare désormais que les étés soient propices aux rencontres imprévues et excitantes, car nous sommes toutes les deux en couple et passons notre temps avec nos partenaires de vie.

Je repense souvent à ce mois de juillet, où Alice et moi avons aimé si près, et nous sommes aimées surtout. Car ce que je retiens de cette amourette de vacances, c’est de l’avoir partagée avec elle.

Aujourd’hui, des errances érotiques de l’été il ne reste rien, si ce n’est une amitié robuste. Et c’est elle, finalement, la plus belle des histoires !

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Cheyenne Blue

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