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Jeanne Ros et Madeleine Delaunay dans la pièce de théâtre Rocky 6 // Source : Thibaud Deschamps
Culture

« Pour sortir l’intersexuation du seul champ de l’intime, j’ai écrit la pièce de théâtre Rocky 6 » : Alice Etienne

Comédienne et metteuse en scène, Alice Etienne a co-écrit la pièce de théâtre en partie autobiographique Rocky 6. Elle y évoque avec rage, humour, tendresse et pédagogie son intersexuation, dans une mise en scène minimaliste et créative. Alors que Rocky 6 sera rejouée du 31 janvier au 4 février 2024 à Paris, Madmoizelle l’a interviewée.

Comme beaucoup d’enfants, elle s’est d’abord rêvée chanteuse, danseuse, patineuse artistique, styliste, championne d’équitation ou encore Hannah Montana. Aujourd’hui, alors qu’elle vient d’avoir 23 ans, elle se pince encore pour vérifier qu’elle n’est pas en train de rêver qu’elle est bel et bien devenue comédienne et metteuse en scène. Avec sa compagne Lilas Roy, Alice Etienne a co-écrit la pièce de théâtre coup de poing Rocky 6. Elle y raconte, de façon romancée, son syndrome de Rokitansky, caractérisé par une absence d’utérus et de vagin, ou plutôt son intersexuation. Mais c’est aussi une histoire d’amour de soi et d’amour lesbien.

Sa protagoniste s’appelle Jo, pleine de colère et de doutes depuis le divorce de ses parents, en pleine errance médicale pour tenter de comprendre pourquoi elle n’a jamais eu ses règles. Les scènes s’enchaînent avec des médecins sibyllins et des psys intrusifs, avec des dialogues toujours plus percutants et/ou hilarants, quand il ne s’agit pas carrément d’assauts de boxe. Dans une mise en scène minimaliste, la poignée de comédiennes émeuvent, amusent, insurgent, et donnent à réfléchir à comment s’aimer et faire famille autrement, en dehors du modèle cishétéronormatif. Sur le ring de la vie de Jo, c’est finalement la binarité qu’elle met KO.

Après sa création en 2022 et quelques représentations en 2023, voilà que Rocky 6 revient du 31 janvier au 4 février 2024, au Lavoir Moderne Parisien. L’occasion pour Madmoizelle de s’entretenir avec sa co-autrice et metteuse en scène, la prometteuse Alice Etienne.

Interview d’Alice Etienne, co-autrice de la pièce Rocky 6

Alice Etienne photographiée par India Lange
La comédienne et metteuse en scène Alice Etienne, photographiée par India Lange.

Madmoizelle. Comment as-tu découvert le théâtre ?

Alice Etienne. Grâce à ma professeure de CP qui m’avait confié un rôle dans le conte Le Petit Chaperon Rouge. Sans me faire passer de casting à l’époque, et ça c’est classe ! Et aussi sûrement grâce à mon père, qui faisait (et fait toujours) du théâtre dans son temps libre avec une passion qui n’a rien d’amatrice. En ce moment par exemple, il se fait pousser la barbe pour un rôle, quitte à piquer comme un hérisson. Donc j’ai compris jeune que le théâtre méritait que l’on y donne un petit bout de soi.

À partir de quand et comment tu t’es dit que tu pouvais en faire une activité professionnelle ?

J’ai un souvenir très précis d’une représentation de fin d’année, j’avais à peine dix ans. Ma professeure de théâtre, exaspérée que l’on ne m’entende pas suffisamment, m’a tendu un bouchon en liège : « Tu diras ton texte avec ça entre les dents, ça te forcera à parler fort et à articuler pour qu’on te comprenne ». Le Jour J, j’ai débarqué sur scène flanquée de mon accessoire. J’étais seule, guindée, terrifiée, minuscule au milieu de la grande scène. Mais comme le théâtre fait toujours bien les choses, les gens ont ri. Du contraste des formes – un gros bouchon, une petite fille – a surgi une force comique et d’un coup, les proportions se sont inversées : je me suis sentie exister avec force. Je crois que c’est à ce moment-là que j’ai compris que la scène, en m’étirant, en me déformant, incarnait l’espace des possibles, l’endroit où je voulais vivre. Et petit à petit, l’envie a grandi avec moi. Là, je le dis avec beaucoup de lyrisme, mais il a quand même fallu convaincre ma mère ! Et avec des arguments plus concrets ! Heureusement, mes parents savent que le jeu en vaut la chandelle… 

Pourquoi as-tu commencé à écrire ta propre pièce de théâtre, Rocky 6 ?

C’est effectivement mon premier projet. J’ai commencé à penser à Rocky 6 dans le cadre de mon diplôme de fin de formation au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris. Nous avions carte blanche pour présenter un projet d’une trentaine de minutes. J’avais envie de parler d’intersexuation de façon non pathologisante, dans la joie et l’humour, parce que j’étais en colère que le sujet soit aussi méconnu et qu’il ne soit évoqué que sous le prisme de l’anormal et de la « maladie ».

À quel point est-ce autobiographique ?

L’inspiration est autobiographique bien sûr, car je ne voulais pas m’approprier le récit de quelqu’un d’autre. Je ne peux parler que de ce que je connais : mon point de vue de personne intersexe n’ayant jamais été mutilé. Mais le tout est évidemment romancé : je n’ai jamais vécu dans le Larzac !

Est-ce que, comme Jo, tu as vraiment fait de la boxe toute ton adolescence ?

Non, j’ai essayé, et j’ai tenu deux semaines (rires) !

Madeleine Delaunay dans le rôle de Jo au sein de la pièce Rocky 6
Madeleine Delaunay dans le rôle de Jo, au sein de la pièce de théâtre Rocky 6, d’Alice Etienne et Lilas Roy. © Thibaud Deschamps.

Quand et comment as-tu compris que tu es toi-même une personne intersexe ?

On peut découvrir que l’on est intersexe à tout moment de la vie. On dit qu’une personne intersexe l’apprend en deux fois : d’abord une première fois par le corps médical qui vous annonce votre variation (qui portent toutes des noms extrêmement pathologisants et invalidants), et dans un second temps lorsque l’on apprend l’existence de la communauté intersexe. 

Pour ma part, j’avais 19 ans. Avant l’annonce « officielle », j’ai eu tout un parcours d’errance médical, souvent commun dans les récits des personnes intersexes. De mes 14 à mes 16 ans, j’ai passé des tas et des tas d’examens, pris des traitements hormonaux pour essayer de déclencher mes règles et comprendre pourquoi elles ne venaient pas. Un médecin (grand ponte de l’endocrinologie au sein d’un hôpital parisien) m’a même dit que c’était psychologique, et qu’il fallait que j’aille en parler à « quelqu’un » ! S’en est suivi ce qu’on appelle dans les cercles intersexes militants une « rupture de soins » de trois ans (encore une fois très fréquentes dans les parcours de personnes intersexes), induite par une perte de confiance dans le corps médical. C’est à 19 ans que je suis retournée consulter des médecins, motivée par un pressentiment un peu flou et par l’envie d’avoir le fin mot de cette histoire d’absence de règles. C’est là qu’on m’a annoncé que j’étais « atteinte du syndrome de Rokitansky », caractérisé par une absence d’utérus et de vagin. À la minute où le « diagnostic » fut posé, les médecins m’ont assailli de commentaires sur la maternité et m’ont exposé les différentes méthodes de vaginoplastie. Méthodes douloureuses et invasives. Mon corps n’était pas « normal » et il fallait le modifier. Or, je n’éprouvais aucun besoin ni envie de le modifier. Peu de temps après, c’est par hasard que je suis tombée sur le mot « intersexe ». Je ne l’avais jamais vu, ni lu, ni entendu.

Comment as-tu vécu la découverte de ton intersexuation ?

Ça a eu l’effet d’un choc. Je me reconnaissais dans sa définition et j’étais indignée qu’aucun médecin n’ait jugé bon de m’en parler. Je me suis alors rapprochée du Collectif Intersexe Activiste – OII France et j’ai découvert que les mutilations et la pathologisation des corps intersexués sont systémiques au sein du corps médical.

J’ai paradoxalement eu beaucoup de chance de l’apprendre à 19 ans, parce que j’étais déjà une féministe convaincue, par ailleurs sensible au lesbianisme politique

La communauté intersexe dont j’ai appris l’existence remet en question l’organisation de nos sociétés et de la biologie autour d’un système sexuel binaire. C’est cela la véritable information, l’annonce la plus importante finalement. 

Jeanne Ros et Madeleine Delaunay dans la pièce de théâtre Rocky 6
Jeanne Ros et Madeleine Delaunay dans la pièce de théâtre Rocky 6. © Thibaud Deschamps.

Dans quelle mesure raconter l’intersexuation sur scène est-il thérapeutique pour toi ?

Quand j’ai découvert mon intersexuation, j’étais constamment en colère, je bouillonnais non-stop. J’avais envie de crier sur tous les toits « stop arrêtez tout, la binarité sexuelle est une vaste mascarade ». Et puis ne pas pouvoir porter d’enfant quand on a été socialisée comme une fille, c’est un peu la double peine. Mais j’ai glissé cette information sur le terrain d’une colère plus politique. Donc mes frustrations intimes existent bien sûr, mais il y a un combat collectif qui me permet de me déplacer, de dépasser mon nombril, de mettre à profit ma colère. Qu’elle serve à d’autres. Rocky 6 m’a offert un espace d’expression inouï, de donner corps à ma colère politique. Depuis qu’on joue la pièce, j’ai le sentiment d’être plus apaisée qu’avant, il existe dorénavant un endroit où ma parole est entendue. Apaisée oui, pas apathique en revanche.

En quoi ta pièce Rocky 6 la pièce contribue-t-elle aussi à faire de la pédagogie auprès du grand public sur l’intersexuation ?

C’est ce qui me ravit le plus : que des gens à l’issue d’une représentation viennent me dire qu’ils ont appris quelque chose, et, qui plus est, en riant, en pleurant. À côté de la pédagogie par les émotions, il y a aussi l’esprit critique et la diversité du public ! Toustes ne sont pas queer et toustes ne sont pas raccord avec l’entièreté des convictions qui sont exprimées sur scène. En revanche, j’ai le sentiment qu’il y a une indignation partagée. Que les gens sortent de là en ne pouvant ignorer qu’en France, les mutilations et la pathologisation des personnes intersexes se poursuivent. 

De manière générale, et très heureusement, les récits s’ouvrent de plus en plus aux représentations intersexes en France : la série Chair Tendre de Yaël Langmann (première fiction française avec un personnage intersexe) ou la pièce de théâtre Libre Arbitre de Léa Girardet et Julie Bertin. Pour des ressources plus sociologiques, il existe l’ouvrage Intersexes – du pouvoir médical à l’autodétermination de Michal Raz, en collaboration avec Loé Petit, ainsi que toutes les ressources mises en avant par le Collectif Intersexe Activiste – OII France.

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Intersexes – du pouvoir médical à l’autodétermination de Michal Raz, avec la collaboration de Loé Petit — Le Cavalieu Bleu édition

Porter sur scène une partie de sa vie aussi intime, et même génitale, peut paraître impudique. Craignais-tu la réaction de tes proches et d’inconnus ?

Le plus dur pour moi aurait été de ne pas raconter cette histoire du tout. C’est précisément pour sortir l’intersexuation du champ de l’intime que j’ai voulu écrire Rocky 6 et pour participer, toutes proportions gardées, à briser un tabou. Trois condamnations de la France par l’ONU pour son traitement des enfants intersexes et toujours un silence assourdissant. Et même dans nos familles, même quand il y a beaucoup d’amour, il y a du silence. On ne dit pas « lesbienne », on ne dit pas « intersexe »… Que de fausses pudeurs justement, que de honte ! La dignité nous impose au contraire de hurler ces mots.

Dirais-tu que c’est aussi une pièce de théâtre sur l’amour de soi, de sa famille, et romantique ?

Absolument ! L’enjeu de Rocky 6 était avant tout d’écrire une fiction qui puisse être joyeuse, jouissive. Parler d’intersexuation c’est super important, mais inscrire un personnage intersexe dans une trajectoire de vie cabossée mais lumineuse, ça m’était absolument nécessaire. Jo est traversée par la question de la gestion de sa colère depuis le divorce de ses parents et de sa capacité à imaginer « faire couple » et  « faire famille » différemment. Elle rejette en bloc un modèle hétéronormatif mais elle peine à désamorcer les conflits avec sa propre amoureuse. En fait, ce que la pièce raconte en filigrane, c’est que c’est vachement dur d’être tendre, avec soi-même et avec les autres.

Jeanne Ros, Amélie Husson et Madeleine Delaunay dans la pièce Rocky 6
De gauche à droite : Jeanne Ros, Amélie Husson et Madeleine Delaunay dans la pièce Rocky 6. © Thibaud Deschamps.

Quelle est ta relation avec la co-autrice Lilas Roy, et comment vous êtes-vous partagé le travail d’écriture ?

Comme elle partage ma vie, je dirais qu’on se connait bien. On a écrit la pièce entre le bar de la cuisine et le canapé ! Disons qu’elle est la plume, et que je suis la boussole. Elle a un rapport à l’écriture très instinctif et porte une langue accessible, exigeante, parfois drôlissime. Sur Rocky 6 en particulier, je suis arrivée avec l’envie d’une construction à la manière d’un match de boxe, avec six rounds définis et avec un personnage principal à la répartie percutante, à l’humour contagieux. Plus tard, j’ai voulu élargir la fiction avec une histoire d’amour lesbienne.

D’où vient la Compagnie Lesoeurs, quelle est ta relation avec elle, et comment s’est passé le travail de distribution et de mise en scène avec elle ?

J’ai fondé la Compagnie Lesoeurs en mai 2022 pour créer des spectacles résolument inclusifs et s’inscrivant dans des dynamiques de travail collaboratives et sororales. Chaque spectacle est guidé par une question : est-ce que cette image, ce mot, ce son, cette sensation, manquent à nos imaginaires ? Nous aimons partir de sujets sensibles, tabous, marginaux, brûlants et les ramener vers la joie. Par l’humour et une approche jouissive des corps sur scène, l’idée est toujours de créer des pièces universellement touchantes. Nous cernons les contours précis de situations existantes, pour les mettre en fiction, les mettre en scène, se détachant, en toute liberté, d’impératifs d’exhaustivité ou de réalisme politique, et d’investir pleinement cette mise en lumière. Pour nous, l’intime est politique mais le meilleur moyen de déstigmatiser, dégenrer, dé-ranger, c’est de faire rire et pleurer.

Bon et à part ce laïus romantique que j’aime à partager, j’ai réuni dans la compagnie des personnes qui me sont chères et avec qui je rêvais de travailler : nous nous sommes presque toustes rencontré·e·s au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris. Je dois dire qu’on rigole beaucoup ! Et c’est précieux. Une partie de l’équipe travaillera sur le prochain spectacle de la compagnie, que nous sommes en train d’écrire avec Lilas : une comédie, grande fresque romanesque et politique, sur l’arrivée des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence en France, au début des années 1990. La création est prévue pour l’automne 2025. [NDLR : Les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence sont un mouvement militant LGBT mixte et international fondé à San Francisco en 1979 pour lutter contre les LGBTIphobies et le VIH/sida.]

Pourquoi tu ne joues pas ton propre rôle dans la pièce, et dans quelle mesure est-ce un soulagement de ne pas avoir à le faire justement ?

J’aime bien qu’une expérience personnelle soit transcendée par la fiction et par la force des comédiennes. Et, honnêtement, j’avais trop peur que le spectacle se transforme en égotrip.

Qu’aurais-tu aimé savoir avant de porter sur scène Rocky 6 que tu as appris durement au fil des représentations ?

Que rien ne se passe jamais comme prévu et que le théâtre a toujours plus d’imagination que nous. Lâcher prise dans le travail, c’est dur quand on n’arrive déjà pas à rester deux minutes en chien tête en bas (rires) !

Quel est le conseil que tu aimerais donner à d’autres jeunes qui veulent porter sur scène un premier texte dramaturgique ?

De très bien s’entourer et de connaître ses limites ! Tendre la main tout simplement.

Rocky 6 sera joué du 31 janvier au 4 février 2024 au Lavoir Moderne Parisien (35 Rue Léon, 75018 Paris), du mercredi au samedi à 21h, le dimanche à 17h.

  • Texte : Lilas Roy et Alice Etienne 
  • Mise en scène : Alice Etienne
  • Assistanat à la mise en scène et dramaturgie : Elsa Provansal 
  • Jeu : Valentine Soutif, Amélie Husson, Jeanne Ros, Alice Etienne 
  • Lumières : Mona Marzaq 
  • Son : Anna Rohmer
  • Production : Compagnie Lesoeurs

Réserver sa place pour aller voir la pièce de théâtre Rocky 6

Rocky 6 sera joué du 31 janvier au 4 février 2024 au Lavoir Moderne Parisien // Source : Madeleine Delaunay
Rocky 6 sera joué du 31 janvier au 4 février 2024 au Lavoir Moderne Parisien // Source : Madeleine Delaunay

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