J’ai 17 ans et l’impression que personne ne m’aime vraiment

Cette madmoiZelle a 17 ans, et elle se bat avec les codes et les clichés de sa génération. Elle souffre de se sentir rejetée, au point de ne plus réussir à être elle-même.

J’ai 17 ans et l’impression que personne ne m’aime vraiment

Je décide d’écrire parce que je viens de passer toute la soirée à pleurer, à me culpabiliser et à me détester.

J’ai 17 ans et je crois que j’ai un problème avec les autres. Je crois que ma personnalité ne plaît à personne.

Je n’arrive pas à avoir une vie sociale « normale »

C’est vrai quoi, tout le monde a l’air d’apprécier les gens un peu décalés, ceux qui n’ont peur de rien et qui savent parler à tout le monde, qui arrivent à sympathiser en deux trois mouvements.

Moi il me faut au moins trois ans pour être en confiance avec quelqu’un.

Je me demande toujours comment les autres parviennent à devenir proches de quelqu’un en si peu de temps, alors que je peux les connaître depuis plus d’un an et ne toujours pas savoir comment faire, que dire, comment me tenir.

Je suis d’une timidité étrange. Au premier abord, je vais être très accueillante et souriante. Mais je ne deviens jamais intime avec les gens.

Je garde toujours une grande distance entre eux et moi, comme pour me protéger. Mais au final, je me fais plus de mal qu’autre chose.

J’ai 17 ans et on ne m’invite plus boire un verre le soir, ou même traîner en ville. J’ai 17 ans et je me retrouve seule dans mon lit à pleurer devant des vidéos de mon groupe de potes en train de s’éclater au pub local.

J’ai 17 ans et je n’ai jamais eu de copain, je n’ai jamais couché avec un garçon. Je suis la seule qui, lors des actions ou vérités, ne peut jamais répondre à toutes ces questions osées qui amusent tant.

Je subis la pression de ma génération

Je ne supporte plus cette pression sociale. Cette pression des réseaux sociaux et de cet âge ingrat. Je ne serais jamais la personne qui illumine la vie de quelqu’un.

Je ne suis pas ce que veulent les autres. Je suis trop gentille, trop sage, trop sérieuse. Je suis à la fois trop et pas assez.

Jamais un mot plus haut que les autres, jamais une moquerie infondée et blessante. Je ne suis jamais insolente et je ne vais jamais au-delà de mes limites.

Je suis la fille étrange, mais pas dans le bon sens du terme. Je suis étrange et trop sage. Je suis hypersensible et trop gentille.

En plus de ça, je mesure un mètre cinquante trois et je n’ai rien d’une reine de beauté. Mais mon physique n’est pas le problème ici.

Je ne sais pas si je me suis un jour sentie moi-même ces derniers temps.

Petit à petit, je me demande qui je suis réellement. J’ai l’impression de toujours tenir le rôle de la fille qui reste dans son coin à s’intéresser aux choses auxquelles les autres ne s’intéressent pas.

Je pense tellement aux regards des autres sur moi que j’en oublie de me montrer telle que je suis réellement. Et maintenant je souffre.

Je subis le regard des autres

Je déteste ma génération, je déteste me détester car je ne rentre pas dans les codes d’aujourd’hui.

Pourquoi tout va si vite désormais ? Pourquoi ce n’est pas normal d’être en terminale et de ne pas avoir eu de petit copain au lycée ? Pourquoi ce n’est pas normal de ne pas avoir déjà couché avec quelqu’un ?

Pourquoi ce n’est pas normal d’être moi ?

J’ai une angoisse qui ne s’éteint jamais et commence à me ronger de plus en plus. Cette angoisse c’est celle de ne pas plaire. C’est un comble, non ? En évitant à tout prix de ne pas plaire, je finis par ne plus plaire.

Je veux être aimée de tous et toutes. Je veux qu’on dise de moi des choses gentilles et qu’on ne me critique jamais.

J’ai tellement peur des critiques et des reproches que je ne juge jamais les autres. Il faut sacrément avoir confiance en soi pour s’attaquer aux autres…

Et moi, je n’ai jamais eu confiance en moi.

Je ne veux pas être comme tout le monde mais je veux qu’on m’aime

On m’a toujours trouvée trop mature pour mon âge. Les gens ont commencé à détester cet aspect de moi. Petit à petit, je me rends compte que je me suis effacée.

Je me suis effacée car je ne voulais plus être rejetée. Mais encore aujourd’hui je le suis. Je voudrais tellement m’assumer telle que je suis.

Oui, je suis hypersensible. Oui je n’ai aucune répartie, oui je fais rire par ma naïveté et ma facette « à côté de la plaque ».

À lire aussi : Comment ne plus avoir peur du regard des autres

La vérité c’est que je me sens bien lorsque j’écris et que je suis dans mes rêves. C’est triste que les êtres les plus rêveurs ne puissent pas être les plus heureux.

Dans mon petit lycée de la Côte d’Azur, tout le monde est riche et beau. Tout le monde est si classe et si confiant. Là-bas, la moyenne d’âge en boîte est de 17 ans et il faut boire jusqu’à vomir pour être ré-invité aux soirées.

Je me sens trop différente de toutes celles et ceux qui croient que la culture fait de nous des êtres arrogants. Je ne peux plus supporter qu’on ne comprenne pas lorsque je tente de faire du second degré.

Je ne supporte plus que l’on me considère comme la « féministe » du groupe (dans un sens négatif et caricatural) alors que c’est un sujet extrêmement important à mes yeux.

Je me force à faire des choses par peur du rejet

Avec les garçons, c’est pareil. J’ai toujours repoussé ceux qui voulaient de moi, j’ai toujours été fixée sur ceux qui ne me voulaient absolument pas, m’inventant une vie entière à leurs côtés, le soir dans mon lit.

Je nourrissais mon amour toute une année, me réjouissait d’une tape sur la tête ou d’un simple regard. Je ne peux jamais me dévoiler car je sais que je ne pourrais pas résister à la douleur d’être rejetée.

Alors la plupart du temps il ne se passe quasiment rien dans ma vie.

Un soir d’août lors d’une soirée d’anniversaire sur la plage, j’ai embrassé un garçon. Tous mes amis étaient présents.

J’ai tout de suite remarqué leurs yeux ébahis, ils étaient tous surexcités pour moi comme si c’était la première fois.

Ce n’était pas la première fois. Et le baiser était très moyen. Mais j’étais heureuse de l’avoir fait devant les autres. Devant ceux qui me trouvaient trop sage.

Un jour j’ai tiré sur un joint juste parce qu’on me l’a proposé et que je ne voulais plus me dégonfler. Je n’ai pas aimé. Mais les autres étaient contents.

Je me déteste de faire des choses pour être acceptée, juste pour être ré-invitée. Juste pour qu’ils m’aiment autant qu’ils s’aiment entre eux.

J’avais une amie qui pensait comme moi. J’étais heureuse de l’avoir. Je pensais qu’on était sur la même longueur d’ondes.

Et puis un jour, elle m’a remplacée, et elle est tombée dans les clichés sociaux qu’elle n’arrêtait pas de critiquer. Nous ne parlions plus comme avant, j’étais d’un seul coup descendue au rang inférieur.

J’en veux au monde et je m’en veux à moi-même

J’ai été rejetée parce que j’étais moi-même. J’en veux aux réseaux sociaux de m’obliger à désirer cette jeunesse qui boit des shots à gogo à seize ans.

J’en veux à mes amies de ne plus me prendre au sérieux et de croire que je ne leur en voudrais jamais. J’en veux à tous ceux qui croient me connaître par l’image que je renvoie de la fille gentille et qui adore le cinéma et la littérature.

J’en veux à mon amie qui s’est détournée de moi et qui ne s’en est même pas rendue compte. Je m’en veux de me faire passer constamment pour la victime.

Je m’en veux de pleurer dans mon lit le vendredi soir alors que c’est les vacances et que j’ai attendu cela toute la semaine. J’en veux à mes crushs qui ne remarquent rien.

Et en même temps je peux les comprendre, ils ne s’intéressent pas à moi.

J’en veux aux gens à l’aise et libres parce qu’ils sont ce que le monde attend de nous, êtres humains.

Je ne serai jamais celle qu’on veut que je sois

Je ne serais jamais la fille qui utilise les expressions à la mode, qui écoute Damso et qui séduit les garçons par mon naturel affolant et ma fureur de vivre.

J’ai 17 ans, je n’ai jamais connu l’amour, et je préfère souvent les scenarii qui n’existent que dans ma tête.

Je ne ris pas facilement, j’aime la culture et je m’intéresse aux sujets de société car je veux défendre mes droits et ne plus laisser une culture sexiste et du viol se perpétuer dans la société.

J’ai 17 ans, je n’ai jamais été ivre, je n’ai jamais baisé.

J’ai 17 ans et je ne veux plus avoir à me soucier de ce que les autres pensent. Je veux être enfin moi-même. Je veux qu’on arrête de me conseiller et de me souhaiter que je rentre enfin dans les cases de la société.

Arrêtez de me rendre inférieure à vous. Arrêtez de me faire des commentaires. Je veux juste être moi-même et m’accepter telle que je suis réellement.

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Commentaires

Flach

Prends ton sac à dos et part voyager Madmoizelle, change de ville, de pays, le reste suivra... Comme cela a été dit dans les comm' précédents :)
 

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