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La girlboss du scam médical Elizabeth Holmes reconnue coupable de fraude

A la tête de la start-up Theranos, elle prétendait vouloir changer la manière dont on pratique les tests sanguins. 

Mettez le doigt dans une machine, elle vous pique le doigt, et vous obtenez toute une série de tests sanguins sans avoir à passer par la case « multiples prises de sang qui font des bleus au bras ». Ça, c’était la promesse. La réalité : une fraude qui se chiffrait en millions de dollars. 

Un tribunal de Californie a reconnu mardi Elizabeth Holmes coupable d’escroquerie de ses investisseurs. Plusieurs charges de fraude ont été retenues contre celle qui était l’une des rares têtes d’affiche féminines du secteur médical, dont la peine sera prononcée à une date ultérieure. Elle risque quand même moins d’une vingtaine d’années en prison.

Si l’ex-CEO de 37 a été reconnue coupable de quatre charges sur onze, celles qui concernent les investisseurs, le jury l’a cependant acquittée de celles qui l’accusaient d’avoir arnaqué les patients et les médecins. Et n’a pas pu se mettre d’accord sur les trois dernières charges.

Elizabeth Holmes : cols roulés et fraude à grande échelle

À coups de cols roulés noirs à la Steve Jobs, d’une voix grave trafiquée et d’un storytelling dopé aux hormones (elle a quitté une fac prestigieuse avant la fin de ses études pour fonder sa start-up, comme Mark Z.), Elizabeth Holmes a berné tout un petit microcosme de financiers et de politiciens – pourtant rompus à l’exercice – à hauteur de 700 millions de dollars.

Holmes-intra

Parmi ses soutiens ? Rupert Murdoch, le magnat américain détenteur de Fox News, ou encore l’ex-secrétaire d’Etat Henry Kissinger, rien que ça. Milliardaire à 30 ans, en couverture de Forbes qui vantait les mérites de son travail, Elizabeth Holmes est montée haut, très haut.

Pourtant, derrière les portes de Theranos, fondée en 2003 et un temps valorisée à 10 milliards, c’est l’anarchie qui règne, entre mensonges scientifiques, gros sous et licenciements de celles et ceux qui pointent les incohérences du business.

Les critiques d’Elizabeth Holmes soutiennent que le scam était visible à des kilomètres. Notamment parce que, comme sa consœur de mytho Anna Delvey, sa coupe de cheveux a toujours paru suspicieusement emmêlée et desséchée pour une milliardaire. Mais c’était surtout les tests frauduleux qui posaient problème, hein.

À lire aussi : L’histoire vraie de l’arnaqueuse Anna Delvey vient vous fasciner sur Netflix

Crédit photo : CBS Evening News, Yahoo Finance (Capture)


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Les Commentaires

4
Avatar de madaga
4 janvier 2022 à 14h01
madaga
L'article sur Libé est super intéressant et détaillé sur la question.
Mini précision: on nous y apprend d'ailleurs que, si Murdoch a effectivement soutenu l'entreprise au départ, quand Holmes lui a demandé de censurer le papier qui allait sortir l'affaire, il a refusé, malgré son investissement dans l'entreprise (réalisant probablement que cela lui nuirait plus qu'autre chose sur le long terme, ça ne change rien à mon absence totale de respect pour le bonhomme).
Je cite juste une phrase de l'article que je trouve éloquente:
"Toujours est-il que tout au long du procès, la défense aura plaidé la bonne foi d’Elizabeth Holmes, assurant du début à la fin que l’entrepreneuse avait cru en sa technologie de diagnostic. Sa seule erreur ? Avoir échoué à mener à bien ses recherches, a-t-elle affirmé au jury."
Oui, donc avoir fait semblant que le truc était réel, fonctionnait (quitte à utiliser les machines de concurrents, plus lentes mais, elles, efficaces), afin de lever des millions de dollards de fonds sur plusieurs années, en fait. Elle espérait sans doute qu'au bout d'un moment, la technologie qui rendait bien sur le papier arriverait (on en est loin), mais ça me rappelle plutôt la fois où, gamine, j'avais créé un "robot-schtroumpf" en bois et espérais qu'il devienne vivant comme dans la BD.
Autre ressource: l'actu sur Popcorn d'il y a quelques mois (mais avant le procès):
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