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Je suis en couple mais je ne veux pas vivre sous le même toit que mon mec

Échaudée par une première expérience de vie à deux, cette lectrice a décidé de ne pas s’installer avec son nouveau compagnon : ils s’aiment, aiment être ensemble, mais vivent séparément. Elle t’explique son cheminement.

Le 10 octobre 2019

À 23 ans, j’ai rencontré un homme, avec qui j’ai vécu un amour fusionnel. Nous nous sommes installés ensemble quasiment dans le mois où nous nous sommes connus.

Trois ans plus tard, nous avons acheté notre appartement, un petit nid que j’aimais d’amour et nous avons décidé de nous marier. Nous étions sur l’autoroute de la vie « standard », pour ainsi dire. Il ne manquait plus que le bébé, mais je traînais un peu de la patte, n’ayant jamais été très portée sur les enfants, au grand dam de mes amies en peine de baby-sitter.

Je tiens à préciser que je ne méprise aucunement cette vie classique choisie par beaucoup d’entre nous. Mais je sentais bien que quelque chose n’allait pas chez moi, et qu’une voix intérieure me criait mon insatisfaction.

Vivre en couple et partager les tâches ménagères

Au début, le partage des tâches ménagères était assez équilibré. Il est maniaque et moi bordélique, il passait donc du temps à ranger et nettoyer et me poussait à faire des efforts sur ce plan-là, ce que je faisais en rechignant. En revanche, je gérais l’intendance et la paperasse administrative, que je déteste par-dessus tout mais qui me stresse quand elle traîne sur le buffet.

L’amour fusionnel qui nous reliait a fini par être étouffé par le quotidien, et notamment par son travail qui le bouffait littéralement. Il est devenu renfermé et a commencé à avoir des mots très durs envers moi.

Je gérais tout à la maison et ce n’était jamais assez pour lui, ou il faisait des remarques désagréables sur mon physique. Je ne me sentais plus à l’aise, ni chez moi, ni dans mon corps.

Progressivement, je me suis rendue à l’évidence : j’étais mieux quand il n’était pas à la maison. Durant les quelques heures entre mon retour du travail et le sien, j’adorais les moments que je passais chez moi. J’aime le silence, je me mettais sur mon canapé ou dans mon jardin, grattouillais mon chat avec un thé ou un jus de fruit, et feuilletais un bouquin.

Ça fait cliché, je sais, mais c’était la réalité et souvent, je fermais les yeux quelques instants pour profiter du moment. J’étais détendue, moins en alerte. Puis, quand j’entendais sa clef tourner dans la serrure, mon esprit me disait « Ma vieille, c’est la fin de la récré ! », mon corps se tendait et je me résignais à lui laisser la place qui semblait lui revenir de droit.

Vivre en couple et avoir du mal à trouver sa place

Il arrivait, il mettait la chaîne qui lui plaisait à la télévision sans me demander mon avis, il voulait manger, mais pas des légumes, alors je cuisinais le plus souvent des pâtes (puis il me reprochait de prendre du poids, ô ironie du sort…). Formulé comme ça, je sais que j’ai l’air de m’être laissé marcher sur les pieds, mais il en bavait tellement au travail que je voulais qu’il se sente bien en rentrant chez nous.

Il prenait beaucoup de place sans s’en rendre compte. Mais il était aussi chez lui, je n’avais pas le droit de lui reprocher.

Quand il était là, je faisais attention à être toujours un peu jolie, à ne pas me « laisser aller ». Sans aller jusqu’à me promener en talon de 12 et porte-jarretelle tous les dimanches, j’avais toujours une petite robe, un maquillage léger, j’évitais de m’affaler les jambes écartées sur le canapé à me gratter le ventre.

Nous nous sommes finalement quittés. Et dans les griefs retenus contre moi, il m’a notamment reproché mes culottes en coton « qui ne [le] faisaient pas bander », le fait que je ne sois pas toujours apprêtée, et que parfois mon épilation laissait à désirer. En entendant ces mots, au regard des efforts que je faisais, je me suis dit : « Tout ça pour ça ? ».

Vivre seule et savourer sa liberté

Je suis donc partie, mon chat sous le bras, m’installer à Paris. J’ai eu la chance incroyable de trouver un super appartement pour lequel j’avais eu un coup de cœur. Et puis j’ai savouré…J’ai savouré de ne devoir m’occuper que de moi. Faire les courses qui me plaisaient et ne pas devoir manger en fonction d’un autre. J’ai savouré en faisant une décoration d’intérieur à mon image, sans avoir besoin de la validation d’un autre.

J’ai savouré de pouvoir rentrer chez moi et m’affaler en pyjama moche pour regarder une série sans avoir peur du jugement. J’ai savouré le silence que je pouvais instaurer chez moi après la frénésie d’une journée bien remplie.

J’ai savouré de pouvoir dépenser mon argent comment je l’entendais sans avoir peur qu’on me reproche mes achats. J’ai savouré de pouvoir sortir jusqu’à pas d’heure sans avoir de compte à rendre.

J’ai savouré de pouvoir mettre le bordel chez moi pendant plusieurs jours pour ensuite faire un grand ménage et être satisfaite de moi. Bref, j’ai savouré d’être redevenue maîtresse de ma vie. J’étais moi, enfin.

Je suis en couple mais je ne veux pas vivre sous le même toit que mon mec
Tao Heftiba / Unsplash

Une nouvelle histoire d’amour…

Et puis j’ai rencontré un autre homme. Ce n’était censé être qu’un plan cul parmi les autres, il s’est finalement taillé une place dans ma vie en balayant les autres avec une facilité déconcertante. Il s’appelle Julien.

Avec lui, je peux parler jusqu’au bout de la nuit, débattre de tous les sujets qui me tiennent à cœur. Il est attentif, attentionné. Mais… Mais Julien est très bordélique, prend 6 mois pour appeler un plombier là où j’en aurais appelé un en toute urgence.

Pour lui, le rangement de sa grande maison (par rapport aux standards parisiens) est un art abstrait, le ménage est délégué à d’autres que lui, les courses sont optionnelles même pour les biens de première nécessité.

Un jour, il m’a dit qu’il avait envie de vivre avec moi. Mouvement de panique, mes voyants se sont tous mis à clignoter : comment ? Pourquoi ? Si vite, je vais devoir quitter mon paradis pour me remettre dans les rails de cette vie que j’avais fini par détester ?

Je me suis brièvement projetée à vivre ma vie avec lui. Faire les courses pour deux, le ménage pour deux (même s’il a une femme de ménage, il n’empêche qu’il y a un « quotidien » à assurer un minimum). Penser à tout. La charge mentale aurait été parfaitement illustrée dans notre couple.

Mais je tiens à préciser qu’il s’agit aussi et surtout d’une différence de seuil de tolérance. Moi, ça me dérange que de la vaisselle traine plus d’une journée, qu’il n’y ait plus de papier toilette depuis 3 jours, que la valise des vacances d’il y a deux mois n’ait toujours pas été défaite. Mais pas lui.

Et alors ? Il est CHEZ LUI, il peut bien faire ce qu’il veut. Si ma tolérance est moins grande que la sienne sur ces détails, je me force à arrêter de me prendre la tête et je laisse faire. Son appart, son problème. Bon, j’avoue que je vais parfois acheter du papier toilette, quand même.

Chacun chez soi et l’amour sera bien gardé

Nous n’avons pas non plus le même rythme de vie. Il est excessif, consomme beaucoup d’alcool, ne mange pas toujours sainement. Il parle tout le temps. Tout. Le. Temps. Faire une grasse matinée avec lui relève de l’impossible, je soulève à peine une paupière qu’un flot ininterrompu de paroles, visiblement contenues depuis déjà plusieurs heures, me tombe dessus.

Et pourtant, malgré tout ça, et parfois même grâce à tout ça, je l’aime. J’aime nos débats interminables, j’aime qu’il insiste pour participer aux manifestations féministes, j’aime quand on arpente Paris de long en large et qu’il me fait découvrir plein de quartiers que je ne connais pas. J’aime nos petits restos, les expos qu’on fait ensemble, les verres qu’on se boit en terrasse avec nos potes. Il est absolument unique.

Mais… J’aime vivre seule. Et mon équilibre dépend de ça.

J’aime qu’il me manque. J’aime qu’on choisisse de se voir. Parfois, je n’ai pas trop envie, j’ai envie de me mettre dans ma bulle. J’ai envie de rentrer dans mon petit paradis juste à moi, qui ne souffre d’aucun compromis et qui m’appartient totalement. Alors je lui dis et il le comprend. Plus rarement, c’est lui qui me réclame une soirée de libre, que je lui concède volontiers. Se voir à contrecœur ? Très peu pour nous !

Alors, j’ai décidé de ne pas faire de concession et de ne pas m’installer chez lui. Je lui ai dit, et il l’a compris.

Se rapprocher l’un de l’autre mais sans vivre en couple

Nous nous voyons en général trois à quatre fois par semaine. Mais ce temps passé ensemble, nous l’avons choisi, et nous le savourons. Je suis une invitée chez lui, donc même si je fais une vaisselle ou quelques courses, c’est parce que c’est mon choix. Il est un invité chez moi. Chaque fois que nous nous voyons, c’est une petite fête.

La prochaine étape ne sera pas de vivre ensemble, mais j’envisage de me trouver un autre nid à côté de chez lui pour faciliter notre relation. Ni plus, ni moins.

En revanche, mon chat, (je devrais plutôt dire « notre chat ») a déjà élu domicile chez lui depuis plusieurs mois et ne s’en plaint pas, bien au contraire. Ce que je vois comme du bordel est un terrain de jeu infini pour lui.

J’ai écouté ma voix intérieure qui me disait que je n’étais pas à ma place dans une vie « rangée » de couple. Une nouvelle voix intérieure est apparue qui s’inquiète pour moi, parce que je ne rentre pas dans les cases et que j’ai parfois peur de finir seule. Mais cette voix-là n’est qu’un chuchotement que j’arrive à apaiser avec le bonheur que je ressens aujourd’hui, et qui ne semble pas près de s’arrêter.

Si je ne renonce pas à mon paradis, c’est pour mieux aimer Julien. Si je reste égoïste, c’est pour lui donner plus. Et… Ça marche.

À lire aussi : J’ai emménagé avec mon mec qui a 15 ans de plus que moi après 3 semaines de relation

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Les Commentaires
6

Avatar de _Piou_Piou_
25 août 2022 à 13h38
_Piou_Piou_
Je suis désolée mais je trouve que ce témoignage est plutôt révélateur de soucis de couple que de vivre chacun de son coté. Pour moi gérer son quotidien et respecter l'espace de liberté de l'autre c'est un fondement du couple. J'habite avec ma copine, c'était très réfléchis (on a mis 1 an avant de se lancer) mais on a longuement discuter des habitudes et des envies de chacune et justement de notre vision du couple. On partage les taches ménagères et administratives, nous avons nos moments de liberté, nous avons également des moments pour voir nos amis/familles seules,... c'est pas parce que tu vis avec une personne que tu es emprisonnée et que tu dois te dédié au bonheur de l'autre exclusivement. Si l'autre personne ne branle rien et que tu te tapes toutes les taches ménagères et la charge mentale qui va avec c'est pas en vivant séparément que ça ira mieux car c'est juste révélateur d'une personne qui s'en bat les couilles de son couple et de toi par conséquent.
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