J’ai couché avec le pire coup de ma vie (pour être honnête, j’aurais pu m’en douter)


Une rencontre au hasard du métro parisien, un regard complice... On pourrait croire au début d'une histoire romantique. Pour cette lectrice, c'est simplement l'histoire du pire coup de sa vie. Du sexe consenti et catastrophique, dont elle préfère rire que pleurer.

J’ai couché avec le pire coup de ma vie (pour être honnête, j’aurais pu m’en douter)Katherina Holmes / Pexels

Tout a commencé dans le métro il y a quelques mois, un soir d’été où nous profitions du répit accordé par le coronavirus. En bref, les bars étaient encore ouverts.

En rejoignant une amie, mon regard a été attiré par un homme masqué (pandémie oblige), qui faisait visiblement le même trajet que moi malgré mes trois changements de ligne. Il m’a abordée pour me demander comment j’avais changé de ligne aussi vite entre la 1 et la 2 (eh oui, j’ai mes petits raccourcis secrets).

Une rencontre dans le métro peut-elle être pire qu’un date Tinder ? (oui)

On a discuté pendant quelques arrêts, et il a pris mon numéro en sortant. Moi qui rentrais tout juste d’une semaine de vacances, j’étais contente de revenir à Paris et lui ai laissé mes infos en me disant qu’une rencontre dans le métro ne pouvait pas être bien pire que mes rendez-vous Tinder avec des inconnus. (Spoiler : si ça peut.)

Je digresse pour un interlude qui n’est pas sans lien avec la rencontre en question, mais en sortant de ce fameux métro, ma culotte s’est cassée en deux (oui, ça semble impossible, mais je l’ai vécu) et je me suis retrouvée sans culotte, en jupe, à 30 minutes de métro de chez moi. J’aurais dû prendre ça pour un mauvais présage…

Retour à l’homme du métro. Par message, on convient d’un rendez-vous le lundi soir suivant. Je n’avais pas forcément un bon pressentiment après nos quelques échanges de textos, mais bon, je me suis quand même rendue sur le parvis de la Gare de Lyon à 20 heures. Il me prévient qu’il aura dix minutes de retard. OK. À 20h30, il n’est toujours pas arrivé et sans nouvelles, je rebrousse chemin.

Un rendez-vous presque pas désagréable

Quasiment rentrée chez moi, il me prévient qu’il est devant la gare, mais ne me voit pas… Lol. Je lui réponds sèchement qu’il peut arrêter de me chercher puisque je suis partie il y a un bon quart d’heure. Il m’appelle, s’excuse larmoyant, me demande où je suis et me promet de se racheter. Évidemment, je cède et lui dis où me rejoindre.

Une fois retrouvé et démasqué, son visuel est plutôt décevant, mais je me dis que ce serait un peu moche de s’arrêter à son physique donc je lui propose d’aller boire un verre. Il me répond qu’il préfèrerait marcher. Bon, bon, bon, il commence un peu à me courir sur le haricot, qui a envie d’errer en pleine canicule parisienne en marchant sans but à 21 heures ?

On discute quand même, il est plutôt intéressant, a pas mal voyagé et s’intéresse aussi à moi. Après une bonne demi-heure de marche, il me dit qu’on peut aller dans un bar si ça me dit. J’apprendrai plus tard qu’il voulait en fait s’assurer que j’étais bien à son goût avant de me « payer un verre »… Oui je sais, j’aurais déjà dû prendre mes jambes à mon cou.

On s’assoit en terrasse et on continue à discuter, il me dit qu’il doit prendre un train à minuit pour rentrer chez lui en banlieue. Vers 23h30, il me propose de me raccompagner chez moi avant d’aller à la gare.

Je l’invite à monter chez moi

Sur le chemin du retour, il me fait tout un couplet sur le fait qu’il ne comprend pas pourquoi je ne lui avais pas dit plus tôt dans la soirée que j’étais féministe, et que je n’avais « pas l’air féministe »… Ambiance. Deuxième moment où j’aurais dû prendre mes jambes à mon cou…

Plusieurs fois, il se plaint de ne plus avoir de batterie et de ne pas aimer rentrer sans téléphone. En tant que meuf, je comprends à 100% et lui propose de monter quelques minutes pour recharger son portable.

S’ensuit une réponse qui me laisse abasourdie, un truc du genre : « Tu sais, tu as l’air d’avoir beaucoup plus d’expérience que moi, même si je suis plus âgé que toi. La première fois que j’ai embrassé une fille, c’était à 19 ans. Je ne couche jamais le premier soir, tu es une fille qui mérite d’être connue, pas baisée. »

Je le rassure en lui disant qu’il peut juste recharger son téléphone et partir en homme libre. On monte, et il ne tarde pas à se jeter sur moi.

Période de disette entraînant l’abaissement de mes standards, je réponds à ses avances par la positive.

Le pire coup de mon existence

Il me déshabille rapidement, mais quand j’approche ma main un peu trop près de son entrejambe, il me dit qu’il refuse toujours de coucher avec moi, mais qu’on peut s’en tenir aux préliminaires. En avant Guingamp ! Il me fait un cunni beaucoup trop rapide pour que je ressente quoi que ce soit, puis me sort : « Aaargh, je suis un homme trop faible ! » en faisant tomber le pantalon.

Il s’assoit sur mon canapé et quand je l’embrasse dans le cou, il me fout la trouille en criant comme si je lui avais fait mal. En fait non, c’était de l’excitation. Quand je commence à le sucer, les choses évoluent pour le pire, puisqu’il commence à me crier dessus. « À GAUCHE. » « À DROITE. » « PLUS VITE. » « CHOPE LE TÉTON. » (Citation réelle qui me fait encore rire des mois après.)

Quand je pose une main sur sa hanche, il hurle « ME TOUCHE PAS ! ». Je commence à me demander si ce n’est pas une blague tout ça. Après tout, on est deux dans mon minuscule appartement, je l’entends très bien sans qu’il hausse le ton.

Rapidement, il accompagne la parole de gestes et commence à me mettre des fessées. Moi de mon côté, je le regarde, les yeux ronds, en me disant qu’il a sans doute maté vraiment (vraiment) beaucoup trop de porno. Je sens bien que vu son état d’excitation et l’heure de son train qui approche, ça ne devrait pas durer encore plus de quelques minutes.

Il m’ordonne de reculer un peu mon visage avant de se mettre à se branler, et là il hurle une phrase qui restera à jamais dans les annales : « TOI, VA METTRE UN STRING !!!! »

… Au moins, on en rigole

Il faut imaginer la scène : lui assis la bite à la main en train de gueuler comme un porc, moi en face à genoux complètement à poil et à deux doigts de partir en fou rire. J’ai évidemment répondu : « Non, ça va aller merci. » Deux minutes plus tard, il éjaculait. Cinq minutes plus tard, il était dehors. Dix minutes plus tard, je le ghostais déjà. Avant de partir, il a quand même réussi à me balancer : « Finalement, c’est bien les féministes », juste de quoi me donner envie de le gifler.

Dès le lendemain, je racontais cette histoire à mes amis, et c’est rapidement devenu une blague. Je me prends désormais des « Toi, va mettre un string ! » assez régulièrement, et j’en rigole beaucoup !

À lire aussi : J’ai couché avec cet inconnu rencontré sur le quai du train

Aïda Djoupa

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Commentaires

Makkura-Bloodraven

@Chandernagor :
Bref je digresse, et dans le fond il n'y a rien de grave et c'est bien la l'essentiel. C'est juste que ce genre de récit me donne toujours l'impression que l'auteur cherche le moindre détail pour faire du sensationnel, alors que la moitié des points de l'anecdote pourrait avoir une explication tout autre. Mais bon, je fais peut être ma relou pour rien :rire:
Je pense que le côté "appuyer les détails", c'est aussi pour rendre le récit drôle, marrant à lire :lunette:
C'est une tranche de vie, une blague finalement, qui est là pour distraire avec des anecdotes (plus ou moins grossies). Le but est de faire sourire je pense

Aussi je ne trouve pas (personnellement) que l'article porte un jugement de "weirdo" sur l'homme en question dans l'article.
Ce qui lui est reproché, c'est pas d'être anormal, ou bizarre, c'est plutôt d'avoir des comportements assimilés "connard" (ou "personne douteuse potentiellement connasse").
Hurlez pendant un rapport sexuel, demander à marcher avant un rendez vous, ok, why not
Les "han mais fallait me prévenir que t'es féministe, t'en a pas l'air" ça peut être du 2nd degrès, mais chais, pas, dans 100% des cas où ça m'est arrivé au premier rendez vous/ début de relation, c'était toujouuuurs du premier degrés et l’apanage des gros cons toxiques. mais c'est vrai que c'est que mon expérience personnel (et celles de toutes mes connaissances) et pas une vérité général. M'enfin. C'est le genre de blague que tu te permets quand tu connais un peu mieux la personne et que tu sais que ça passe.

Prendre les éléments séparément, ça pourrait en effet être une mauvaise interpretation de la narratrice, mais mis bouts à bouts ?
_ ce côté "je veux pas investir une bière dans une fille qui me plait pas" genre chais pas, on est au 21e siecle, tu te payes ta bière et la meuf la sienne, comme ça pas de problème quoi.
_ Hurler de ne pas le toucher, mais fesser la partenaire sans lui demander son avis ? genre on pense à soi mais pas aux autres ?
_ Le "t'es une fille qui mérite d'être connue, pas baisée", comme si ça sous entendait que les filles qui couchent ont moins de valeurs ? Ou qu'on ne respecte pas les filles qui couchent le premier soir ? (personne a eu l'air de réagir dessus mais perso ça m'a cringé de ouf, genre, punaise, qu'est ce que c'est irrespectueux comme commentaire ??)
_ dire "ok je monte recharger vite mon chargeur mais rien de plus" et ne respecte absolument pas sa parole et essaye direct de ken, alors que 2s avant il prechait le "je suis un romantique qui ne couche pas le premier soir moi madame" ? (genre en vrai ok pourquoi pas, mais avec le reste du personnage, ça fait vraiment "je raconte que du pipeau") ou le fait qu'il en ai pas eu apparemment grand chose à faire de ce que ressentais sa partenaire,
_ "finalement c'est pas mal les féministes" sous entendue que réellement il en pensait du mal. Ce qui irait très bien avec le mec un peu macho qui crache sur les féministes et consomme trop de porno ?
'fin je sais pas mais y a rien qui va là dedans. Et c'est pas une question d'humour, plus de respect de l'autre.

Chaque fait pris seul, ça pourrait être une maladresse effectivement, mais pris ensemble, ça donne un bon portrait d'un personnage un peu "mal embouché" :hesite:
C'est pas une question de "ils se sont mal compris, on ne se moque pas", on ne juge pas son humour, ou qu'il ait des TCA et soit neurodivergent, on juge pas ça, on juge certains de ces comportements. D'ailleurs, pour les anecdotes, certains traits peuvent être grossis pour rendre le truc drole, mais des choses peuvent être silenciées pour rendre le récit plus court. Il y a du avoir bien d'autres messages/ flags pour donner une idée du caractère du gars, savoir si c'était une blague qui floppe ou du 1ier degrès / irrespect. Certes on a que le point de vue de la narratrice pour juger, mais elle a eu le temps de savoir de quoi elle parlait.
J'sais pas ça me rappelle les "mais non t'exagères cette personne ne te moque pas de toi, si on regarde ce que tu dis, c'est probablement juste une incompréhension" et toi tu sais, via le langage non verbale, les intonations, le comportement, les événements avant/ après, que si, t'as raison.
Faut faire confiance à son jugement, et aux jugements des autres, surtout pour quelque chose d'aussi léger et qui n'a aucunes conséquences.

d'ailleurs personne a réagit dessus, mais le "on a fait le même trajet malgré 3 changements de métro", pour moi, ça veut dire que potentiellement le mec l'a suivi dans le métro. En soi, je comprends que ça fasse pas flipper tout le monde, que "aller pourquoi pas", mais je me méfies toujours des gens qui pensent que c'est ok de suivre quelqu'un parce que cette personne les attirent/intriguent.

et je pense qu'on a toustes été le mauvais.e coup de quelqu'un, c'est pas tant la question, on peut mal baiser mais le faire dans le respect et la bonne rigolade

bon j'espère que je ne ranime pas le feu d'un débat qui a l'air d'être éteint :sweatdrop:
mes intentions ne sont pas mauvaises, j'espère que le ton n'est pas trop brut
 
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