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Témoignages

J’ai couché avec le pire coup de ma vie (pour être honnête, j’aurais pu m’en douter)

26 juin 2021 42

Une rencontre au hasard du métro parisien, un regard complice… On pourrait croire au début d’une histoire romantique. Pour cette lectrice, c’est simplement l’histoire du pire coup de sa vie. Du sexe consenti et catastrophique, dont elle préfère rire que pleurer.

Le 1er mars 2021

Tout a commencé dans le métro il y a quelques mois, un soir d’été où nous profitions du répit accordé par le coronavirus. En bref, les bars étaient encore ouverts.

En rejoignant une amie, mon regard a été attiré par un homme masqué (pandémie oblige), qui faisait visiblement le même trajet que moi malgré mes trois changements de ligne. Il m’a abordée pour me demander comment j’avais changé de ligne aussi vite entre la 1 et la 2 (eh oui, j’ai mes petits raccourcis secrets).

Une rencontre dans le métro peut-elle être pire qu’un date Tinder ? (oui)

On a discuté pendant quelques arrêts, et il a pris mon numéro en sortant. Moi qui rentrais tout juste d’une semaine de vacances, j’étais contente de revenir à Paris et lui ai laissé mes infos en me disant qu’une rencontre dans le métro ne pouvait pas être bien pire que mes rendez-vous Tinder avec des inconnus. (Spoiler : si ça peut.)

Je digresse pour un interlude qui n’est pas sans lien avec la rencontre en question, mais en sortant de ce fameux métro, ma culotte s’est cassée en deux (oui, ça semble impossible, mais je l’ai vécu) et je me suis retrouvée sans culotte, en jupe, à 30 minutes de métro de chez moi. J’aurais dû prendre ça pour un mauvais présage…

Retour à l’homme du métro. Par message, on convient d’un rendez-vous le lundi soir suivant. Je n’avais pas forcément un bon pressentiment après nos quelques échanges de textos, mais bon, je me suis quand même rendue sur le parvis de la Gare de Lyon à 20 heures. Il me prévient qu’il aura dix minutes de retard. OK. À 20h30, il n’est toujours pas arrivé et sans nouvelles, je rebrousse chemin.

Un rendez-vous presque pas désagréable

Quasiment rentrée chez moi, il me prévient qu’il est devant la gare, mais ne me voit pas… Lol. Je lui réponds sèchement qu’il peut arrêter de me chercher puisque je suis partie il y a un bon quart d’heure. Il m’appelle, s’excuse larmoyant, me demande où je suis et me promet de se racheter. Évidemment, je cède et lui dis où me rejoindre.

Une fois retrouvé et démasqué, son visuel est plutôt décevant, mais je me dis que ce serait un peu moche de s’arrêter à son physique donc je lui propose d’aller boire un verre. Il me répond qu’il préfèrerait marcher. Bon, bon, bon, il commence un peu à me courir sur le haricot, qui a envie d’errer en pleine canicule parisienne en marchant sans but à 21 heures ?

On discute quand même, il est plutôt intéressant, a pas mal voyagé et s’intéresse aussi à moi. Après une bonne demi-heure de marche, il me dit qu’on peut aller dans un bar si ça me dit. J’apprendrai plus tard qu’il voulait en fait s’assurer que j’étais bien à son goût avant de me « payer un verre »… Oui je sais, j’aurais déjà dû prendre mes jambes à mon cou.

On s’assoit en terrasse et on continue à discuter, il me dit qu’il doit prendre un train à minuit pour rentrer chez lui en banlieue. Vers 23h30, il me propose de me raccompagner chez moi avant d’aller à la gare.

Je l’invite à monter chez moi

Sur le chemin du retour, il me fait tout un couplet sur le fait qu’il ne comprend pas pourquoi je ne lui avais pas dit plus tôt dans la soirée que j’étais féministe, et que je n’avais « pas l’air féministe »… Ambiance. Deuxième moment où j’aurais dû prendre mes jambes à mon cou…

Plusieurs fois, il se plaint de ne plus avoir de batterie et de ne pas aimer rentrer sans téléphone. En tant que meuf, je comprends à 100% et lui propose de monter quelques minutes pour recharger son portable.

S’ensuit une réponse qui me laisse abasourdie, un truc du genre : « Tu sais, tu as l’air d’avoir beaucoup plus d’expérience que moi, même si je suis plus âgé que toi. La première fois que j’ai embrassé une fille, c’était à 19 ans. Je ne couche jamais le premier soir, tu es une fille qui mérite d’être connue, pas baisée. »

Je le rassure en lui disant qu’il peut juste recharger son téléphone et partir en homme libre. On monte, et il ne tarde pas à se jeter sur moi.

Période de disette entraînant l’abaissement de mes standards, je réponds à ses avances par la positive.

Le pire coup de mon existence

Il me déshabille rapidement, mais quand j’approche ma main un peu trop près de son entrejambe, il me dit qu’il refuse toujours de coucher avec moi, mais qu’on peut s’en tenir aux préliminaires. En avant Guingamp ! Il me fait un cunni beaucoup trop rapide pour que je ressente quoi que ce soit, puis me sort : « Aaargh, je suis un homme trop faible ! » en faisant tomber le pantalon.

Il s’assoit sur mon canapé et quand je l’embrasse dans le cou, il me fout la trouille en criant comme si je lui avais fait mal. En fait non, c’était de l’excitation. Quand je commence à le sucer, les choses évoluent pour le pire, puisqu’il commence à me crier dessus. « À GAUCHE. » « À DROITE. » « PLUS VITE. » « CHOPE LE TÉTON. » (Citation réelle qui me fait encore rire des mois après.)

Quand je pose une main sur sa hanche, il hurle « ME TOUCHE PAS ! ». Je commence à me demander si ce n’est pas une blague tout ça. Après tout, on est deux dans mon minuscule appartement, je l’entends très bien sans qu’il hausse le ton.

Rapidement, il accompagne la parole de gestes et commence à me mettre des fessées. Moi de mon côté, je le regarde, les yeux ronds, en me disant qu’il a sans doute maté vraiment (vraiment) beaucoup trop de porno. Je sens bien que vu son état d’excitation et l’heure de son train qui approche, ça ne devrait pas durer encore plus de quelques minutes.

Il m’ordonne de reculer un peu mon visage avant de se mettre à se branler, et là il hurle une phrase qui restera à jamais dans les annales : « TOI, VA METTRE UN STRING !!!! »

… Au moins, on en rigole

Il faut imaginer la scène : lui assis la bite à la main en train de gueuler comme un porc, moi en face à genoux complètement à poil et à deux doigts de partir en fou rire. J’ai évidemment répondu : « Non, ça va aller merci. » Deux minutes plus tard, il éjaculait. Cinq minutes plus tard, il était dehors. Dix minutes plus tard, je le ghostais déjà. Avant de partir, il a quand même réussi à me balancer : « Finalement, c’est bien les féministes », juste de quoi me donner envie de le gifler.

Dès le lendemain, je racontais cette histoire à mes amis, et c’est rapidement devenu une blague. Je me prends désormais des « Toi, va mettre un string ! » assez régulièrement, et j’en rigole beaucoup !

À lire aussi : J’ai couché avec cet inconnu rencontré sur le quai du train

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Les Commentaires
42

Avatar de CaraNougat
27 juin 2021 à 14h35
CaraNougat
Contente pour la Madz qu’elle en rit aujourd’hui. Pour ma part ce récit m’a juste paru affligeant, je l’ai lu avec les sourcils froncés

Je pense qu’on est nombreux•ses à avoir des histoires de sexe nul et initié sans aucune attirance à raconter.
Pour ma part ça m’est notamment arrivée au tout début de ma vie sexuelle, à une époque où je voulais accumuler de l’expérience pour avoir des compétences techniques solides avant de rencontrer la « bonne personne »
Ça a aussi pu m’arriver à des moment où je m’ennuyais et pensais simplement n’avoir rien de mieux à faire (j’avais tord) unno:
Je pense qu’une partie de moi était également convaincue qu’en principe l’ « appétit vient en mangeant ».

Aujourd’hui je me connais mieux et me rend compte qu’enormément de choses me satisfont plus que des activités sexuelles initiées sans désir particulier, alors je ne perds plus mon temps avec ça. Après, ma position est peut-être liée à ma propre libido. Je ne pense pas avoir déjà ressenti le fait d’avoir des rapport avec autrui comme un véritable besoin, donc je ne connais pas la famine
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