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Société

Est-ce gay de se préoccuper de la planète ?

Être un homme écolo, est-ce un signe d’homosexualité ? « Non », répondras-tu probablement. Et pourtant… les clichés sont durs à déraciner.

Qu’est-ce qui rend un homme gay ? Cette question a une réponse plutôt simple :

« C’est un homme qui a des relations sentimentales et/ou sexuelles avec d’autres hommes, et non avec des femmes. »

Les critères pour être homosexuel sont finalement assez clairs. Mais le monde n’en a pas fini d’essayer de complexifier la chose.

L’écologie VS la virilité

Souviens-toi : en 2018, je t’expliquais déjà que les règles absurdes de la virilité empêchent les mecs d’être écolo.

Fin 2016 est parue sur le Journal of Consumer Research une étude signée Aaron R. Brough, James E. B. Wilkie, Jingjing Ma, Mathew S. Isaac et David Gal, relayée et décryptée par Scientific American un an plus tard.

Elle se penche sur les liens entre les codes de virilité et les comportements écolos, ou en tout cas « planète-friendly ». […]

Par exemple, une personne munie d’un sac réutilisable pour y ranger ses courses est perçue comme « plus féminine » qu’une personne utilisant les sacs en plastique du supermarché […]

Plus d’hommes se sont dit prêts à donner à une ONG écolo avec un logo masculin (aux teintes noires et bleu nuit, avec un loup hurlant et le nom Wilderness Rangers écrit largement) qu’à une autre avec un logo classique (aux teintes vert clair et blanches, un arbre, et une police fine disant Friends of Nature).

Alors le Scientific American conclut :

« Quand le mâle se sent masculin, il a plus de chances de devenir écolo. »

L’écologie VS l’hétérosexualité

Un nouvel article paru sur Pacific Standard relaie d’autres études portant sur l’écologie, les rôles genrés, et… l’orientation sexuelle

. Si, si.

Ce n’est pas si étonnant : dans la tête de beaucoup de gens, « être un homme gay = être un homme féminin, pas viril ». Donc si « être un homme écolo = être un homme féminin », alors… par capillarité…

Ces études ont proposé à des volontaires d’imaginer deux personnes, Diane et David, qui ont divers comportements liés à la planète.

« Il y avait des actions traditionnellement associés aux femmes, comme recycler et utiliser un sac de courses réutilisables ; d’autres traditionnellement associées aux hommes, comme renforcer l’isolation ; et des actions neutres au niveau du genre, comme éteindre la climatisation. »

Si « David » fait les gestes considérés comme féminins, alors :

Les participants ne le considèrent pas comme gay… Mais ils sont « incertains de son hétérosexualité ». […]

Les gens qui accomplissent des gestes écolo « incompatibles » avec leur genre sont considérés comme « probablement pas hétérosexuels ».

Être considéré comme gay parce qu’écolo, c’est grave ?

En soi, on pourrait se dire : on s’en fout, y a pas de honte à ne pas être hétéro, donc si des gens font des parallèles foireux, c’est leur problème.

Sauf qu’être considéré comme homo, pour les hommes comme pour les femmes, ce n’est pas toujours aussi simple.  Ça peut modifier les interactions sociales, limiter les chances de rencontres amoureuses…

Ainsi, la conclusion de ce nouvel article rejoint peu ou prou celle des premières études sur écologie et virilité :

« Les activistes, législateurs et professionnels visant à promouvoir des comportement écolos pourraient prendre en compte les pressions autour des rôles genrés. »

En gros, les mecs, la réponse à la question « Est-ce que ce sac de courses réutilisable me donne l’air gay ? » est non… mais ça peut soulever des interrogations, et quelques sourcils.

Peut-être que pour pallier ça, un entrepreneur malin devrait lancer une ligne de tote-bags virils ornés de logos bien macho ?

Oui, c’est débile de regarder ses comportements écolo à travers le prisme des stéréotypes de genre. Mais c’est une réalité qui fait partie du monde dans lequel on vit.

Tout comme certains hommes défendent leur identité virile ET végane, d’autres auraient peut-être envie de revendiquer leur engagement pour la planète… sans perdre en virilité.

Et pareil pour les femmes, qui peuvent avoir l’impression de perdre en féminité si elles passent leur week-end à renforcer l’isolation de leurs fenêtres.

À la fin, c’est le réchauffement climatique qui est l’ennemi commun, et il y a urgence. Alors s’il faut des logos noirs et bleus pour aider à le combattre… Est-ce si grave ?

À lire aussi : Comment répondre aux gens qui « ne croient pas au réchauffement climatique »


Et si le film que vous alliez voir ce soir était une bouse ? Chaque semaine, Kalindi Ramphul vous offre son avis sur LE film à voir (ou pas) dans l’émission Le seul avis qui compte.

Les Commentaires

11
Avatar de Camoune45
29 novembre 2019 à 14h11
Camoune45
Y'a des gens qui ont vraiment du temps à perdre pour avoir ces raisonnements tordus!
1
Voir les 11 commentaires

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