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Société

Harcèlement sexuel : le milieu de la recherche n’est pas épargné

Dans une nouvelle enquête, la Fondation L’Oréal alerte sur l’ampleur du harcèlement en milieu universitaire, où les chercheuses sont soumises à la peur d’être mises au placard.

Les études sur le sujet se font rares. Si le harcèlement dans le domaine de la recherche universitaire est un fait bien connu, peu osent parler. La Fondation L’Oréal a décidé de briser ce tabou : dans une nouvelle enquête, relayée par FranceInfo le 16 mars 2023, elle s’est penchée précisément sur le milieu scientifique. Dans ce secteur, une chercheuse sur deux (49%) dit avoir déjà été harcelée sur son lieu de travail. Pour la moitié de ces agressions, elles se seraient produites au cours des cinq dernières années, soit après le début du mouvement #MeToo. Un phénomène alarmant, qui serait loin de se cantonner au milieu scientifique.

La recherche, un domaine masculin et concurrentiel

Comme le rappelle FranceInfo, la semaine dernière, des jeunes chercheurs et chercheuses de la France entière ont cosigné une lettre ouverte pour protester contre l’omerta entourant le harcèlement sexuel et les agressions qui gangrènent leur milieu :

https://twitter.com/GDezecache/status/1631966009929154562?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1631966009929154562%7Ctwgr%5E4439c05c9a0df98bfb2339cf5a313b2c101d7b0a%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.francetvinfo.fr%2Freplay-radio%2Fle-choix-franceinfo%2Fharcelement-sexuel-et-sexiste-des-chercheuses-denoncent-l-impunite-dont-beneficient-certains-professeurs_5687312.html

Comment expliquer une telle imperméabilité du domaine de la recherche aux avancées féministes ? Les témoignages récoltés par la Fondation L’Oréal laissent transparaître la réalité d’un secteur professionnel très fermé, très masculin, où les places sont chères, avec une forte concurrence pour obtenir des subventions, et une grande précarité pour les jeunes doctorants. 

À lire aussi : 17 viols et des centaines d’agressions sexuelles : l’enquête alarmante de l’école AgroParisTech

La plupart du temps, les victimes n’osent même pas parler, de peur d’être écartées ou de tuer dans l’œuf leurs chances d’être titularisée :

Pour les personnes qui sont victimes, c’est clairement, comme on peut le voir dans les enquêtes, la peur pour sa carrière. Parce que le monde de la recherche, c’est un petit monde avec un microcosme et donc rapidement les choses se savent et les personnes n’osent pas forcément parler, parce qu’elles ont peur de paraître faibles. Elles ont peur que ce qu’elles disent ne soit pas prouvé. Donc, en fin de compte, qu’on les accuse de diffamation. Elles ont aussi peur que les personnes qui ont un peu plus de pouvoir, finalement, les mettent au placard. »

Adèle Combe, autrice de Comment l’université broie les jeunes chercheurs (éditions Autrement), interrogée par FranceInfo, 16 mars 2023

Et lorsqu’elles témoignent, elles se heurtent bien souvent à l’impunité de leurs harceleurs, qui bénéficient d’un silence complice : « Quand on voit que la seule aide qu’on aurait pu avoir nous délaisse au profit d’une espèce de forme de protectorat des profs, c’est vraiment très difficile. C’est comme s’ils étaient enfermés dans une bulle de silence », révèle Alexandra, interrogée par nos confrères de FranceInfo. La jeune femme a elle-même été victime de cyberharcèlement sexuel de la part de son directeur de thèse, mais sa faculté a préféré faire la sourde oreille. Si les universités peinent à réagir, espérons que les chiffres de cette nouvelle étude permettront d’attirer l’attention sur ce climat de violence qui ne peut pas continuer à se pérenniser dans l’indifférence générale.

Si vous vous retrouvez dans ces récits, que vous souhaitez témoigner anonymement ou alerter Madmoizelle sur la situation dans votre département de recherche, écrivez-nous sur [email protected] ou [email protected]


Les Commentaires

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Avatar de Samsayonara
30 août 2023 à 15h08
Samsayonara
Ce n'est pas nouveau. Dans la fac où j'ai étudié, il y avait un labo de biologie cellulaire qui était une entreprise , qui embauchait pas mal de doctorant qui nous donnaient des cours de bio cell/ physiologie humaine en fac. Et beaucoup de doctorantes et un chef labo dans le style vieux beau, type dragueur italien qui s'est tapé pas mal de ces jeunettes ( d'après les rumeurs, en échange d'une aide pour rédiger leur mémoire ). Ce "professeur" qui adorait mettre mal à l'aise les jolies jeunes filles de ces cours, du genre à remonter 10 rang d'amphi pour remettre les mèches derrière les oreilles d'une étudiante, en prenant bien son temps, et en riant car elle rougissait, car il estimait qu'elles l'empêchaient de voir le tableau. C'était il y a plus de 20 ans, je ne pense pas que cela ait beaucoup changé.
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