Darmanin veut faire bosser gratos des étudiants pour moderniser l’uniforme de la police


Mediapart révèle que le ministre de l’Intérieur a proposé à plusieurs écoles ce travail bénévole. Avec rendu des copies dans un mois et demi, car c’est évidemment une priorité dans ce contexte de crise sanitaire et sociale.

Un policier en uniforme lors d'une manifestation à Paris (photo prétexte issue d'une banque d'image)Pexels / Aloïs Moubax

Chic alors, des policiers encore mieux habillés pour appliquer avec style le projet de loi sécurité globale fraichement approuvé par le Sénat ! D’après le site d’informations Mediapart, Gérald Darmanin a contacté plusieurs écoles de mode et lycées professionnels afin de leur proposer de moderniser l’uniforme de la police nationale.

L’uniforme actuel, jugé un peu trop passé de mode ?

Le média d’investigation a révélé le 17 mars 2021 que le ministre de l’Intérieur avait sollicité 24 écoles de mode et lycées professionnels disposant d’une filière « Métiers de la mode » pour qu’ils proposent des « évolutions de la tenue des policiers ».

« Le projet qui répondra le mieux aux attentes servira de modèle pour modifier le design d’une ou deux pièces emblématiques », a même expliqué le cabinet du ministre à Mediapart. Cela s’inscrit dans le cadre du « Beauvau de la sécurité », censé améliorer le lien entre la police et la population. 

L’uniforme actuel a été dessiné par la maison Balenciaga en 2004. Du coup, il commence à être démodé au goût des policiers qui jugeraient leur polo bleu « trop clair » et souhaiteraient des « broderies » à la place des sérigraphies.

Gérald Darmanin souhaite « mieux inscrire les contours, les symboles et les responsabilités que cette tenue incarne avec les enjeux sécuritaires et sociétaux de demain. »

Des étudiants mode s’indignent face à cette proposition

Sur les réseaux sociaux, plusieurs étudiants se sont indignés d’une telle proposition. Ils regrettent que le ministère fasse comme les grandes entreprises qui sollicitent régulièrement leur établissement pour ce genre de « workshops ». Un moyen déguisé pour certaines d’« exploiter de la main-d’œuvre étudiante gratuite ». 

À l’école de mode et de design public Duperré, un collectif a rédigé un texte pour pointer l’ironie grinçante de la situation :

« Certain·es […] se sont fait tabasser, […] mis·es en garde à vue sans motif valable, et aujourd’hui le ministre nous demande de travailler gratuitement pour ces mêmes policiers ? »

En effet, cet établissement se trouve à côté de la place de la République, à Paris, où de grosses manifestations ont régulièrement lieu.

À l’heure du reconfinement, où les étudiants hurlent leur détresse psychologique et financière, ainsi que leur manque de perspective d’avenir, le ministre de l’Intérieur leur propose donc des devoirs bénévoles en plus. Consigne donnée le 12 mars « pour un rendu fin avril ». Sûrement une priorité, en cette période de crise sanitaire et sociale…

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Anthony Vincent

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Commentaires

Pelleas

@Adaline : Tu m'as demandé de ne plus te mentionner ... mais vu que tu postes encore à mon sujet je vais prendre la liberté de t'écrire un dernier message.

J'entends ton ressenti. Et je ne le nie absolument pas, vu qu'un ressenti est une chose qui existe par nature. Par contre j'ai aussi le droit d'avoir un avis différents du tien sur le point qui déclenche chez toi ce ressenti. Et que je sois directement concernée ou pas n'a pas à entrer en ligne de compte concernant la légitimité de mon raisonnement. @Mymy Haegel avait d'ailleurs pondu il y a quelques année un excellent article remettant en question la notion de parole des concernés --> Par ici

Mais effectivement je ne suis plus directement concernée. Par contre je l'ai été. Et étant dans le milieu pro depuis pas mal d'année je suis globalement mieux placée qu'un étudiant pour dire que la majorité des formations ne préparent que très moyennement à la réalité des métiers. Et que beaucoup de monde n'utilisent réellement qu'une petite parti de ce qu'ils ont appris pendant leur cursus scolaire. Du coup je regrette personnellement de n'avoir pas était mieux préparée au terrain lors de mes études. Notamment vu le temps que j'ai perdu sur des TP vides de sens et d'applications concrètes. Donc de part mon vécu je trouve que c'est une bonne chose d'impliquer les étudiants sur des projets raccrochés au réels. Et dans le cas présent je trouve plus constructif de faire plancher les étudiants en textile sur des vêtements qui seront un jour fabriqués, plutôt que de gratter sur des projets qui n'auront pour seul destination que la corbeille à papier.

Et si au passage l'état peut garder son budget pour des choses utiles plutôt que d'engraisser des boites qui se gavent sur le dos des marchés publiques, c'est selon moi une bonne chose. Même si cela n'enlève rien au fait que le gouvernement actuel dépense en générale très mal notre argent et taille dans le budget la ou il ne faudrait pas (notamment dans l'enseignement et la santé). Mais il y a selon moi juste corrélation avec le présent sujet.

Ensuite tu sembles attachée à l'adage : "Toute peine mérite salaire".
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L'interprétation commune de cette phrase revient à "Quelle que soit la nature du travail effectué, celui-ci doit être rétribué à sa juste valeur." Chose avec laquelle je suis parfaitement d'accord. Cependant dans le cadre d'un programme scolaire (d'autant plus gratuit et publique), la juste valeur du travail réalisé est selon moi la connaissances et la compétences que l'élève acquière. Par contre hors des heures de scolarité normalement prévues les choses sont pour moi différentes. Et la oui, tout travail mérite rétribution.

Apres l'état pourrait effectivement choisir d'attribuer un salaire aux élèves réalisant des projet pour la communauté pendant les heures de cours. Dans l'absolue cela pourrait être une bonne évolution du système en place. Mais quid des étudiants dans des domaines n'ayant pas d'applications directes (genre philo) ? Et quid des étudiants qui ne joueront pas le jeu et bâcleront le boulot ? Car salaire inclut impératif de résultat en terme de qualité et de cadence. J'ai l'impression que l'on va générer plus d'inégalité et de problème que d'en résoudre avec un système comme cela. Alors qu'un système de revenu universel incluant les étudiant me semble bien plus pertinent.

Donc pour conclure et résumé ma pensée : Je comprends que cela face chier des étudiants de bosser pour un gouvernement et une police qu'ils réprouvent. Mais factuellement on parle juste de réaliser un TP plutôt qu'un autre. Pas de travaux forcés ou de l'instauration du taxe ciblée.

Et point qui n'a pas été abordé : Il s'agit d'une demande faite à des écoles par un ministère tierce. Et pas d'un ordre direct du ministère de l'éducation. Donc déjà pas sûr que tout les établissements se plient au jeu. Et pour ceux qui le feront, Il serait plus judicieux pour les étudiants défavorables à cette démarches de se retourner contre leurs propres établissements.

Ps: Concernant l'agressivité qu'il t'est reproché, perso je ne m'en formalise pas. Mais compte tenu de la charte du forum je ne suis pas surprise que la remarque te soit faite.

Edit : ponctuation et corrections divers
 
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