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Comment bien rater des vacances avec un gosse en 4 étapes

Vous partez en vacances avec des enfants en bas âge et vous voulez bien les foirer ? Voici quelques petites idées signées Chloé !

Certains prétendent que les vraies vacances commencent le 1er septembre, lorsqu’on retourne au travail. Je n’irai pas jusque-là, mais il faut avouer que les vacances en compagnie de tout-petits peuvent s’avérer pleines de surprises…

En l’amenant voir la famille

Le Covid-19 n’a pas seulement joué sur notre moral, il a joué sur notre perception de la réalité : un an ou deux éloignés les uns des autres ont réussi à nous persuader que nous nous étions toujours entendus à merveille et que la distance des quinze dernières années n’était due qu’aux circonstances sanitaires.

Me voilà donc qui débarque joyeusement dans la maison familiale vendéenne affublée de mari et enfants. Quand on m’interroge sur ces derniers, je ne taris pas d’éloges — d’ailleurs, je ne taris pas d’éloges même quand on ne m’interroge pas. Mon implication dans leur venue au monde n’a rien à voir dans tout cela : ils sont objectivement parfaits.

Enfin, c’est ce dont j’étais persuadée avant que mon oncle ne me fasse remarquer que quand même, c’est étrange que mon petit dernier de 6 mois ne prononce pas le moindre mot alors que son fils à lui parlait couramment deux langues au même âge. 

C’est le moment que mon frère childfree choisit pour partager avec nous des conseils originaux qu’aucun parent n’a jamais entendus avant :

— Il ne parle pas, mais en plus, il ne fait pas ses nuits… Tu devrais arrêter de le couver et le laisser pleurer sinon tu vas te faire bouffer !

Et puis tu lui donnes à manger dès qu’il a faim, tu m’étonnes qu’il soit si grassouillet !

(La réplique, c’est mon père, qui n’allait pas rater une occasion pareille d’y aller de son lieu commun.)

En tentant de dormir à l’hôtel

Officiellement brouillée avec l’intégralité des membres de ma famille, j’impose à mon mari et mes enfants un départ express et ça tombe bien : j’ai repéré un hôtel de charme sur la côte à quelques kilomètres de là. 

Lorsque je le contacte pour m’enquérir de sa compatibilité ès enfants minuscules, l’établissement m’annonce ne pas fournir de lits parapluies. Je réponds que ce n’est pas grave et que je prendrai mon propre lit pliant. Le réceptionniste au bout du fil est habitué à avoir cette conversation — il déroule un script visant à décourager les parents les plus pugnaces de traîner leurs guêtres dans son établissement grand luxe.

  • Argument numéro 1 : « Malheureusement, nos chambres ne disposent pas de l’espace nécessaire pour insérer un lit. »

« Non, mais c’est tout petit un lit parapluie, on peut essayer ! » argumenté-je en vain, comme un millier d’autres parents avant moi.

  • Argument numéro 2 : « Puisque vous avez des enfants en bas âge, je dois aussi vous avertir que nos escaliers en colimaçon n’ont pas de rampe et sont très glissants… »

Comme je n’ai pas du tout envie d’annuler mon séjour dans ce relais-château du XIIIe siècle, je réponds qu’une ou deux petites chutes n’ont jamais rien fait d’autre que de forger le caractère.

  • Argument numéro 3 : « Je comprends, sachez également que la piscine est en accès libre et n’est pas pourvue de barrières. »

Touché, coulé (bonjour les amateurs de bon goût). La témérité de mon enfant n’a d’égal que son absence de sens du danger — et je n’ai pas passé les trois dernières années à m’ébrouer comme une zinzin pour que ça se finisse en game-over dans une piscine à l’hygiène douteuse.

Me voilà donc condamnée à trouver in extremis une place en village de vacances, dont le nom inventé par un marketeur de génie désigne un conglomérat de pavillons hideux mais fonctionnels dont aucun des équipements ne risque de blesser qui que ce soit.

En enchaînant les petits bobos de l’été

Alors que j’effectue ma virée quotidienne à la pharmacie de notre station balnéaire (le thème du jour : griffure de ronce surinfectée), je me souviens avec nostalgie de mes descentes d’antan au bar de la plage. 

L’ambiance n’est pas la même, mais si personne ne me sert de mojito, je peux toujours me consoler avec une préparation aux fleurs de Bach (contenant 0,005 % d’alcool !) et un paquet de Nicorettes que je partage volontiers avec la dizaine de mes pairs parents qui patientent également derrière le comptoir.

Nous profitons de ce temps d’attente pour faire connaissance et partager les raisons de notre présence ici. Les intoxications alimentaires, piqûres d’insectes et autre allergies arrivent en tête de liste, mais la triste banalité du quotidien est parfois colorée de cas plus amusants, notamment lorsqu’un touriste écrevisse venu quérir un bidon de Biafine passe la porte en couinant à chacun de ses pas.

« Hey, vous vous rappelez du soleil ? », je lance à la cantonade. Certains hochent positivement la tête d’un air rêveur, d’autres ne se souviennent pas. 

Cela fait trop longtemps qu’ils ont troqué leur teint hâlé contre des parasols, des tentes anti-UV et des baignades à la tombée du soir pour prévenir l’insolation de petits individus dont la peau se met à cloquer au-delà de 18 degrés.

En ayant l’audace d’espérer une visite culturelle

Désireux de découvrir l’arrière-pays de notre région d’adoption, Monsieur Papa et moi pénétrons dans un célèbre manoir renaissance affublés de nos nombreux deux enfants. Notre entrée triomphante nous vaut bientôt quelques regards crispés de la part des autres visiteurs qui pensaient pouvoir profiter en silence du calme centenaire de ce lieu d’exception.

Je tente de me convaincre qu’en exposant mon bébé à des armureries et des blasons, je sème en lui la graine de la culture et de la curiosité. L’enfant ne partage pas mon avis et me signale avec des cris outrés que c’est plutôt l’heure de déjeuner, donc franchement mes meubles en rotin peuvent aller se faire voir.

Les touristes qui ont la malchance de se trouver au même endroit que moi me gratifient de petits « chuuuut » qui doivent les soulager sur le moment, mais qui s’avèrent évidemment inutiles : si mon fils arrêtait de brailler quand on le lui demande, je n’aurais pas à l’heure où je vous parle des cernes qui me chatouillent les genoux.

Profitant du chaos ambiant, ma fille échappe à notre supervision ; je vois son père qui s’élance difficilement à sa poursuite, ralenti par sa lourde carcasse qui, après trois ans d’inactivité, ne lui permet plus de lutter contre la détermination d’un bambin ultra rapide.

Si mes deux amours sont désormais hors de ma vue, les protestations des uns et des autres me permettent d’avoir une nette idée de ce qui se passe deux salles plus loin. Tiens ! Ma fille vient de s’exploser sur le sol en marbre ! 

Je hurle à mon mari quelque chose concernant son incapacité à assurer la survie de mes enfants. Bien entendu, mon commentaire pourtant purement objectif est mal reçu et nous nous lançons dans une dispute par murs de château renaissance interposés.

Bonnes vacances, hein.

À lire aussi : Comment survivre à un voyage solo en train avec un bébé

Crédit photo : Minnie Zhou / Unsplash


Et si le film que vous alliez voir ce soir était une bouse ? Chaque semaine, Kalindi Ramphul vous offre son avis sur LE film à voir (ou pas) dans l’émission Le seul avis qui compte.

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