C’est quoi la chloroquine, ce traitement anti-coronavirus dont tout le monde parle ?

La chloroquine pour guérir du coronavirus : remède miracle ou entourloupe ? La vérité se situe entre les deux !

C’est quoi la chloroquine, ce traitement anti-coronavirus dont tout le monde parle ?

La chloroquine, c’est un nom qui revient souvent aux infos, je dirais au coude à coude avec ceux de « coronavirus » et « confinement » (bon, j’te fais pas un dessin, tu sais ce qu’ils veulent dire ceux-là).

Cette molécule est présentée comme un remède possible au coronavirus.

Le Covid-19 fait peur, mais avant d’avoir une réaction de panique en te ruant sur de sombres sites Internet pour t’acheter le fameux remède à un prix farfelu en toute illégalité et en mettant en danger ta santé, lis cet article.

Un excellent article des Décodeurs du Monde démêle le vrai du faux sur la chloroquine et je t’explique ce qu’il faut en retenir.

Un dérivé de la chloroquine comme possible traitement contre le coronavirus

L’article du Monde explique que la chloroquine est le nom d’une molécule utilisée pour fabriquer des traitements contre le paludisme et d’autres maladies.

Ce dont on parle pour soigner le coronavirus, c’est en fait de l’hydroxychloroquine, un dérivé de la molécule de chloroquine. Mais les médias utilisent le terme de « chloroquine » pour parler de ce dérivé.

L’opinion publique s’est passionnée pour le médicament qui a été médiatisé grâce au Professeur infectiologue Didier Raoult.

Ce dernier a évoqué le 25 février la probable efficacité de la chloroquine, allant jusqu’à parler d’une « fin de partie » pour le coronavirus.

Le Professeur Raoult a lancé en mars une étude clinique sur 24 patients infectés par le coronavirus et en a annoncé les résultats dans une vidéo mise en ligne le 16 mars.

Il y affirme qu’après 6 jours de traitement à l’hydroxychloroquine le virus avait disparu chez les trois quarts des patients.

Il n’existe pour l’instant pas assez d’études sur la chloroquine et l’hydroxychloroquine

Suite à cette vidéo et à la médiatisation du traitement, de nombreuses voix ont épinglé la faiblesse méthodologique de l’étude du Professeur Didier Raoult. Voici les principales critiques :

  • L’étude a été menée sur trop peu de patients et certains ont quitté l’essai en cours.
  • Les recherches n’ont pas été menées en « double aveugle », c’est à dire avec un deuxième groupe témoin de patients malades qui ne reçoivent pas le traitement.
  • L’analyse se limite à l’évolution de la charge virale.
  • Les données brutes n’ont pas été publiées pour que d’autres chercheurs y aient accès.

Dominique Costagliola, directrice adjointe de l’Institut Pierre-Louis d’épidémiologie interrogée par Le Monde, estime que l’étude est :

« Conduite, décrite et analysée de façon non-rigoureuse avec des imprécisions et des ambiguïtés. […]

Dans ce contexte, il est donc impossible d’interpréter l’effet décrit comme étant attribuable au traitement par hydroxychloroquine. »

Quelle utilisation de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine ?

Pour l’instant, le Haut Conseil de santé publique recommande de ne pas utiliser la chloroquine ou l’hydroxychloroquine comme traitement contre le coronavirus, sauf pour des cas graves à l’hôpital.

Un médicament à base d’hydroxychloroquine vient toutefois d’être autorisé pour le traitement du coronavirus, sous la responsabilité d’un médecin et « dans les établissements de santé qui les prennent en charge », selon un décret du 26 mars.

Le médicament n’est pas utilisable « dans la prise en charge du Covid-19 en médecine de ville », a toutefois souligné l’agence du médicament ANSM auprès de l’AFP.

Chloroquine, hydroxychloroquine, et effets indésirables

Selon les Décodeurs du Monde, la chloroquine est plutôt bien tolérée dans la lutte contre le paludisme, même si des effets indésirables existent, comme pour tous les médicaments.

Parmi eux des nausées, des démangeaisons ou des vomissements. Des contre-indications existent en cas de certaines pathologies ou autres traitements médicaux suivis en parallèle.

De-même pour l’hydroxychloroquine, dont les risques d’effets secondaires sont plus fréquents, comme une perte partielle de l’acuité visuelle, des maux de têtes ou des troubles digestifs.

Dans tous les cas, ces substances ne sont pas inoffensives et ne constituent pas des remèdes miracles contre le coronavirus à gober comme des bonbons !

Chloroquine, attention aux comportements dictés par la panique !

Il n’est donc pas conseillé de t’automédiquer avec de la chloroquine.

Tu as peut-être entendu parler de la tragique histoire de cet homme américain, mort après avoir avalé un nettoyant pour aquarium. Sur la boîte été marqué : « phosphate de chloroquine ».

Son geste intervient après que Donald Trump ait déclaré que la chloroquine pourrait être un « don du ciel » et changerait vraiment la donne face à l’épidémie de coronavirus.

Ne suis pas son exemple, chère lectrice, et garde la tête froide face à cette crise sanitaire. Même si je sais que la situation est quelque peu anxiogène, j’en conviens, ne cède pas à des comportements irréfléchis ! ♥

Chloroquine, attention aux fake news

On ne le répétera jamais assez, mais gare aux rumeurs sur Internet ! En ces temps de pandémie, les nouvelles, vraies comme fausses, se répandent comme des traînées de poudre.

Ce cher Donald Trump (oui, encore lui) avait par exemple déclaré « pouvoir rendre ce médicament disponible quasiment immédiatement »… avant de se faire contredire par la Food and Drug Administration, autorité chargée de l’autorisation de commercialisation des médicaments !

Bon, tu dois le savoir, il n’est plus à prouver que le Président américain n’est pas la source number one à consulter si tu es en recherche d’infos fiables.

En France, un article relatant la guérison d’un patient guéri du coronavirus grâce à la chloroquine a beaucoup tourné sur les réseaux sociaux. Xavier Fouque, le patient en question, racontait ainsi :

« Je n’en reviens toujours pas. Samedi, j’étais un légume, je ne pouvais même pas ouvrir les yeux tant la lumière me faisait mal au crâne. »

Cette histoire au happy ending a ému les foules… jusqu’à ce que l’on apprenne que Xavier n’a jamais eu le coronavirus, comme l’ont révélé deux tests consécutifs au Covid-19.

Ne t’y méprends pas, je me réjouis que cette personne qui a frôlé la mort à cause d’une infection aux poumons soit guérie, mais cela n’empêche : ATTENTION aux fake news ou aux infos déformées.

Comment t’informer sur le Coronavirus ?

Comme souvent lors d’un emballement médiatique sur un sujet, les fake news pullulent.

Soudainement, ton entourage se découvre un oncle au Ministère de l’Intérieur ou est en lien avec un médecin italien. Et les infos que ces personnes partagent sont souvent choquantes, flippantes ou surprenantes.

Pour démêler le vrai du faux et ne pas te faire avoir par de fausses annonces ou de mauvais conseils, voici quelques astuces.

Il est normal d’être en « boulimie d’informations » pour vouloir mieux se protéger et comprendre la situation, mais lire tout et n’importe quoi ne fera que t’angoisser un peu plus sans t’offrir de réponses.

  • Par défaut, ne crois pas ce qui est écrit dans les chaînes Whatsapp ou Messenger, dans des threads de citoyens et citoyennes sur Twitter… ce ne sont pas des sources fiables.
  • En matière de santé, suis uniquement les recommandations des organismes d’État, à savoir Santé Publique France et le gouvernement.
  • En matière de sécurité, suis les annonces officielles du gouvernement sur des grands médias. Le Monde a un dossier très complet sur l’épidémie et ses conséquences en France.
  • Décourage tes proches de diffuser de fausses informations qui contribuent à créer des mouvements de panique (peur de pénurie par exemple). Pour t’aider, l’Agence France Presse (AFP) a développé une plateforme spéciale de fact-checking qui t’aidera à débunker la majorité des fake news sur le Coronavirus : AFP Factuel.
  • Fais des recherches. Tu entends parler d’une info surprenante ? Tape les mots-clés dans ta barre de recherche. Si aucun média national ne s’en est fait le relais, il est très probable que ce soit une fausse information.

Plusieurs essais cliniques sur la chloroquine sont lancés à travers le monde

La chloroquine sera donc peut-être un remède très efficace et à moindre risque contre le coronavirus, mais peut-être pas !

En attendant, attention à ne pas s’emballer, et fais confiance aux scientifiques extrêmement mobilisés sur la question du coronavirus qui s’activent pour sauver des vies.

Le 17 mars, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a d’ailleurs annoncé qu’il souhaitait étendre les expérimentations sur la chloroquine :

« Ces nouveaux essais cliniques de chloroquine seront réalisés avec une équipe indépendante du professeur Raoult, qui mène ces essais à Marseille et en a réclamé l’extension. »

Selon Le Monde, des essais cliniques ont également été lancés en Corée du Sud, en Thaïlande et au Royaume-Uni.

Je te tiendrai évidemment informée de l’évolution des traitements contre le coronavirus sur madmoiZelle ! Et en attendant, prends soin de toi. ♥

À lire aussi : Comment gérer ta contraception (ou une IVG) pendant le confinement

Faustine M

Faustine M


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Commentaires

TheMadTink

La chloroquine à déjà été utilisé sur d'autres coronavirus.

L'étude francaise sur le Covid-19 est mal randomisé, mais les études menées en Corée du Sud sont beaucoup plus prometteuses.

La chloroquine marche sur tous les coronavirus, en tout cas sur tous ceux sur lesquels elle a été testé à date. Parfois elle marche mal, mais elle marche. Je pense qu'on est donc sur la bonne voie.
 

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