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Niveau scolaire en 6ᵉ : l’origine sociale fait toujours la différence

Le Journal des Femmes publie une carte interactive des résultats en 6ᵉ, département par département. Au-delà des variations territoriales, les données du ministère révèlent une constante inquiétante : partout en France, l’origine sociale détermine la réussite scolaire, avec des écarts pouvant atteindre 50 points en mathématiques.

Des évaluations qui servent de boussole pédagogique

Publiée début octobre par Le Journal des Femmes, la cartographie du niveau scolaire des collégiens de 6ᵉ s’appuie sur les résultats des évaluations nationales de 2024 en français et en mathématiques.

Accessible en ligne, elle permet à chaque parent de visualiser les performances des élèves selon le département : une manière concrète de comprendre où se situent les écarts de niveau à l’entrée au collège.

Ces évaluations, obligatoires et organisées chaque automne depuis 2018, mesurent plusieurs compétences clés : la lecture, la compréhension de texte, la maîtrise du lexique, la géométrie, les calculs ou encore la résolution de problèmes.

Les résultats, anonymisés, servent de base aux enseignants pour adapter leur pédagogie. À l’échelle nationale, ils offrent aussi un précieux baromètre du niveau scolaire des enfants à 11 ans.

Des résultats en demi-teinte selon les matières

Depuis 2017, les résultats en français sont globalement en hausse : la proportion d’élèves dans les groupes de performance les plus faibles a diminué, passant de 31,7 % à 26,9 %.

Mais si l’on compare 2024 à 2018 plutôt qu’à 2017, le score moyen en français baisse légèrement de 2 points, passant de 250 à 248.

Cette nuance rappelle que les progrès ne sont pas linéaires et que les années 2020 et 2021, marquées par la pandémie, ont brouillé les tendances.

En mathématiques, le tableau est un peu plus encourageant. Le score moyen a progressé depuis 2017, avec une amélioration particulièrement visible chez les élèves les plus performants, dont la proportion a augmenté de près de 4 points.

Entre 2018 et 2024, le score est passé de 249 à 254, soit un gain de 5 points. Mais cette hausse cache une polarisation : les écarts se creusent entre les élèves en difficulté (qui sont passés de 30,8 % à 32,2 %) et les meilleurs, créant un fossé qui ne cesse de s’élargir.

L’éducation prioritaire progresse, mais reste fragile

Les élèves scolarisés en réseau d’éducation prioritaire renforcée ont particulièrement progressé en français : en REP+, la part des élèves en grande difficulté est passée de 60,7 % à 52,7 % entre 2017 et 2024, soit une baisse de 8 points.

C’est une nouvelle plutôt rassurante pour les parents d’enfants scolarisés dans ces établissements, qui bénéficient notamment du dédoublement des classes de CP et CE1.

Toutefois, en mathématiques, les collèges en REP+ affichent toujours un score moyen de 220 points en 2024, contre 255 pour le public hors éducation prioritaire et 270 pour le privé.

L’écart demeure considérable, même s’il tend à se réduire lentement. Pour les parents, cela signifie que l’accompagnement et le soutien à la maison restent essentiels, surtout dans les territoires les plus défavorisés.

Le privé surreprésenté : un effet de sélection, pas d’excellence

En parcourant la cartographie, un constat saute aux yeux : les collèges privés, souvent catholiques, trustent les premières places. Mais attention à l’interprétation hâtive. Ce phénomène s’explique avant tout par un effet de « crémage » : les établissements privés sélectionnent leurs élèves sur dossier, concentrant mécaniquement les profils les plus performants.

Ces classements mesurent donc davantage le niveau d’entrée des élèves que la réelle valeur ajoutée pédagogique de l’établissement. Un collège public de quartier populaire, qui fait progresser significativement des élèves en difficulté, n’apparaîtra jamais en haut du tableau, même si son travail est remarquable. Les évaluations de 6ème photographient un instant T, pas le chemin parcouru.

L’origine sociale, le vrai déterminant

Les données du ministère de l’Éducation nationale sont sans appel : entre 2018 et 2024, l’écart entre élèves favorisés et défavorisés s’est creusé. En français, les premiers atteignent 279 points en 2024, les seconds stagnent à 233. En mathématiques, l’écart est passé de 42 à 48 points depuis 2017.

Or, les familles qui scolarisent dans le privé sont statistiquement plus favorisées : elles ont les moyens de payer les frais de scolarité et maîtrisent mieux les codes du système éducatif. Ce que révèlent ces classements, c’est donc autant la composition sociale des établissements que leur performance intrinsèque.

L’évitement scolaire aggrave les inégalités

Le phénomène d’évitement du collège de secteur crée un cercle vicieux. Les familles les plus informées fuient les établissements en difficulté pour le privé, privant ainsi le public de la mixité sociale qui pourrait bénéficier à tous. Résultat : certains collèges publics concentrent les difficultés, tandis que d’autres cumulent les avantages.

En REP+ (réseau d’éducation prioritaire renforcée), le score moyen en mathématiques atteint 220 points en 2024, contre 255 dans le public hors éducation prioritaire et 270 dans le privé. Un écart de 50 points qui illustre la ségrégation scolaire à l’œuvre.

Au-delà des dispositifs d’éducation prioritaire, c’est la question de la mixité sociale qui se pose. Tant que les familles les plus favorisées pourront contourner la carte scolaire, les établissements défavorisés resteront des ghettos éducatifs. Réduire les inégalités ne se fera pas en multipliant les heures de soutien dans les REP+, mais en créant une véritable mixité dans tous les collèges de France.

L’école de la République saura-t-elle tenir sa promesse d’égalité ? La réponse ne viendra pas des seuls enseignants, mais d’une volonté politique forte de casser les logiques de ségrégation qui minent notre système éducatif.


Écoutez l’Apéro des Daronnes, l’émission de Madmoizelle qui veut faire tomber les tabous autour de la parentalité.

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