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Deux jeunes femmes font un doigt d'honneur.
Développement personnel

Chères childfree, voici des réponses toutes faites pour clouer le bec à vos proches relous

Voici une petite sélection — non exhaustive — des remarques bien lourdes que l’on peut entendre quand on ne veut pas d’enfants. Pour chacune d’elles, on vous explique comment y répondre en détricotant l’idée reçue.

Parce qu’on peut ne pas vouloir ou ne pas pouvoir avoir d’enfant, il ne faut pas mettre la pression aux femmes, concernant l’horloge biologique mais aussi sur le fait d’enfanter ou non. Certaines personnes ne veulent pas de gosse, et c’est LEUR CHOIX !

L’idéal serait bien sûr de laisser les femmes et leurs utérus bien tranquilles. Mais dans les faits, les fêtes sont des moments propices pour que tous et toutes se donnent le mot et fassent vivre aux childfree un petit enfer sur Terre.

Entre le fromage et la bûche, la déshinibition aidant, les questions totalement déplacées fusent — « Alors et toi, tu t’y mets quand ? », « À ton âge, va peut-être falloir se lancer », et autres joyeusetés…

Et là, on devient rouge (de colère !) et on en perd ses mots !

On vous a donc préparé quelques punchlines bien senties à rétorquer à ces gros lourdingues — parfois emplis de bonnes intentions — en fonction des phrases énoncées.

Pour cet article, j’ai été aidée par Fiona Schmidt, grande militante du sujet et autrice de Lâchez-nous l’utérus, pour en finir avec la charge maternelle ; Mymy Haegel, qui a beaucoup réfléchi à la question et qui sait formuler comme personne des phrases uppercut, autrice de Ils vécurent heureux, guide de survie d’une féministe en couple hétéro, mais aussi rédac cheffe de Madmoizelle ; et Bettina Zourli, qui raconte sur Instagram son quotidien sous le pseudo Je ne veux pas d’enfant, également autrice de Childfree, je ne veux pas d’enfant.

« C’est naturel, c’est dans l’ordre des choses »

La nature, la nature, elle a bon dos ! La maladie est naturelle effectivement, pourtant on tente bien de la combattre. Il semble finalement tout aussi naturel d’enfanter que de ne pas le faire. La grossesse est « naturelle », mais l’envie de concevoir et la parentalité ne le sont pas.

Pour Fiona Schmidt, c’est avant tout une construction sociale :

« L’ordre des choses est une construction sociale qui n’a strictement rien à voir avec la nature, sinon l’ordre des choses serait le même partout et de tout temps. Et si faire des enfants était naturel, on passerait plus de temps à se reproduire, qu’à éviter de se reproduire.

Ce qu’on appelle “nature”, c’est ce que font la majorité de gens : c’est la définition arithmétique de la “norme”. Mais ce n’est pas parce que la majorité des gens font quelque chose que cette chose convient à tout le monde et que tout le monde doit le faire. »

Il faudrait donc relativiser la norme et faire preuve d’un peu plus de tolérance, comme la féministe nous l’explique :

« Vivre ensemble, ce n’est pas vivre tous de la même façon, c’est respecter les façons de vivre des autres tant qu’elles n’empiètent pas sur la mienne. Le fait qu’une minorité de gens ne fêtent pas Noël en France n’empêche pas la majorité des Françaises et Français de fêter Noël, pas vrai ?

Eh ben pour les enfants, c’est pareil : le fait de ne pas vouloir en fabriquer n’empêche personne d’en fabriquer ! »

Le désir d’enfanter et l’instinct maternel, que l’on présente comme naturels, sont à relativiser dans le sens où ils ne sont pas immuables dans l’histoire et sont plutôt des créations récentes, comme nous l’explique Bettina Zourli :

« L’instinct maternel et l’amour maternel, ce sont des concepts qui ont été construits assez récemment, au 17e ou 18e siècle. Notamment dans l’idée de sauver des enfants car beaucoup mouraient. »

Pas si naturel que ça, donc.

La punchline de Mymy Haegel

Ce qu’il faut savoir, c’est que Mymy a globalement : peu le time. En témoigne sa réaction la dernière fois qu’elle a reçu une injonction à la maternité, un dialogue d’une rapidité confondante avec sa conseillère assurance habitation :

— Vous n’avez pas d’enfants, votre conjoint et vous, Madame Haegel ?
— Pas du tout.
— Pas encore !
— Non non. Pas du tout.

À sa décharge, la gentille dame s’est excusée et reprise promptement. Bref ! Dans cet article, Mymy sera moins dans l’analyse et plus dans la punchline. Voici donc sa réponse à l’argument du naturel :

« Vivez sans lunettes, sans antibiotiques et sans prothèse de hanches et on en reparle, du “naturel”. »

(Ajoutez-y le vaccin contre le Covid, tiens) (sauf si votre famille est antivax, auquel cas… bonne chance.)

 « Tu es égoïste, même pas capable de t’occuper de quelqu’un d’autre que toi »

On assiste ici à pas mal de mauvaise foi de la personne qui nous taxe d’égoïsme… et l’on peut tout à fait renverser cet argument. Fiona Schmidt nous explique :

« Personne, littéralement personne ne fait des enfants par altruisme. Le fait d’avoir des enfants est un projet personnel, pas une mission d’intérêt général. Le fait de ne pas en avoir, c’est exactement pareil.

Par ailleurs, ça me fait toujours marrer que cet argument vienne de gens qui t’opposent : “Mais qui s’occupera de toi quand tu seras vieille ?!” Pardon, mais fabriquer de futurs Ehpad gratos, c’est pas égoïste, peut-être ? »

Il en va de même pour Bettina Zourli qui nous explique :

« Le choix de ne pas avoir d’enfants n’a d’incidence sur personne d’autre que soi ! Alors que le choix d’avoir un enfant est un désir égoïste. On fait des enfants pour soi, l’inverse marche tout aussi bien ! »

On ne donc tout à fait utiliser une argumentation en miroir dans ce cas.

La punchline de Mymy Haegel

« Oui. Et ? »

« Et les femmes qui ne peuvent pas avoir d’enfants, tu y penses ? »

Comme le rappelle Martin Winckler dans son livre Les Brutes en blanc, sur la maltraitance médicale en France, « la maternité n’est pas un phénomène de vases communicants » — celles qui ne peuvent pas avoir d’enfants ne vont tirer aucun bénéfice à ce que d’autres en fassent contre leur gré. Fiona Schmidt précise :

« Alors oui, et je m’en désole, mais je sais aussi que ma grossesse non désirée de solidarité ne leur sera d’aucun secours. Par ailleurs, aucun choix, aucun droit d’une femme ne devrait impliquer le sacrifice du choix et du droit d’une autre. »

Bettina Zourli compare cela à d’autres situations pour déceler toute l’absurdité de ce reproche :

« Tu ne vas pas manger du Nutella tous les jours parce qu’il y a des gens allergiques aux noisettes ! Tu vas courir un marathon pour toutes les personnes en situation de handicap physique ? Ça n’a aucun sens ! »

La punchline de Mymy Haegel

« Ah bah oui, je suis en empathie avec elles. Et celles qui assument un enfant dont elles n’ont pas voulu, vous y pensez ? »

© unsplash/Noah Buscher
© unsplash/Noah Buscher

« Bientôt, il sera trop tard et tu vas le regretter »

Allez, on tente d’agiter la vieille menace du regret ! Mais est-ce que l’on ne pourrait pas faire confiance aux femmes et à leurs envies ? Pour Fiona Schmidt :

« En général, la décision de ne pas avoir d’enfant est mûrement réfléchie : on sait ce que cela implique de ne pas avoir d’enfant, et c’est précisément ce qui renforce notre décision.

Ce n’est pas toujours le cas des parents, auxquels il arrive de se lancer dans la parentalité sans avoir mesuré ce que ça implique, et qui eux aussi, sont susceptibles de regretter d’être parents. Sauf que ce regret-là a des conséquences sur d’autres personnes. Alors que mon regret de ne pas avoir eu d’enfant, s’il se manifeste, n’implique que moi. »

Bettina Zourli nous délivre également une parole emplie de bon sens :

« Je préférerais toute ma vie regretter de pas avoir eu d’enfants que regretter d’en avoir eus ! Il y a entre 8 et 12% de parents dans les pays européens qui regrettent d’avoir fait des enfants…. »

On a vraiment tout à gagner que chacun vive selon ses envies, avec ou sans enfant.

La punchline de Mymy Haegel

« C’est marrant comme tu dis jamais ça à ma cousine qui s’apprête à faire le troisième ! »

« Tu finiras toute seule (avec tes chats) »

Seule avec des chats : meilleure vie en fait ! Plus sérieusement… Ce n’est pas parce que l’on a des enfants qu’ils seront à notre chevet chaque soir, quand la vieillesse sera là — et qu’on aura envie de les voir, comme l’imagine Mymy.

Fiona Schmidt explique à Madmoizelle :

« Le fait d’avoir des enfants n’immunise pas contre la solitude, sinon le nombre de personnes âgées en situation d’isolement ne serait pas aussi vertigineux.

Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’on n’a pas d’enfant qu’on n’a aucun contact affectif d’aucune sorte avec qui que ce soit. Moi qui vous parle, je n’ai pas d’enfant, mais j’ai des amies et des amis, des filleules, un amoureux, des belles-filles.

Bref, je ne suis pas seule dans mon donjon avec mon chat acariâtre (d’abord, mon chat n’est pas acariâtre, il est exigeant). »

On peut tout à fait nouer d’autres liens avec des personnes — notamment plus jeunes — qui ne sont pas ses enfants.

(© Pexels/Anna Shvets)
(© Pexels/Anna Shvets)

Pour Bettina Zourli :

« On va tous finir peut-être seuls. Le fait d’avoir des enfants ne change pas grand-chose. On ne fait pas enfants pour qu’ils s’occupent de nous quand on sera vieux. Moi je m’imagine avec plein d’amis qui auront le même âge que moi. »

La punchline de Mymy Haegel

« Mieux vaut être seule que mal accompagnée, imagine mon enfant est un con ? Je peux pas le larguer, lui. Enfin je crois ? »

« Tu nous fais de la peine, on ne sera pas grands-parents… »

Certains poussent un peu loin la culpabilisation et ça peut être un peu éprouvant. Fiona Schmidt nous le dit, on ne doit rien à personne :

« L’enfant n’est pas un dû. On ne doit pas une vie à quelqu’un qui nous l’a donné sans qu’on n’ait rien demandé : ça ne fonctionne pas comme ça. En tant que parent, qu’est-ce qui est le plus important pour vous ? Que vos enfants vivent en adéquation avec ses principes, ou avec les vôtres ? Qui parlait d’égoïsme, déjà ? 

Il peut arriver effectivement qu’au sein d’un couple, on ne soit pas raccord sur le désir de parentalité. Et bien entendu, c’est douloureux pour celui ou celle qui veut des enfants.

Mais on ne fait pas un enfant pour faire plaisir à l’autre, parce que l’autre en a envie : ça impliquerait que ses envies sont plus importantes, plus légitimes que les nôtres, ce qui n’est pas optimal en termes d’équilibre de couple… »

Pour éviter ces différences de désir au sein du couple, peut-être faut il évoquer le sujet des enfants dès le début de la relation, comme l’indiquait Mymy Haegel dans cet article.

Pour Bettina Zourli :

« On ne fait pas enfants pour faire plaisir à quelqu’un d’autre, c’est vraiment la pire raison du monde ! Un enfant n’est la priorité de personne, même pas de ses propres parents ! »

La punchline de Mymy Haegel

« Vous ne serez pas non plus parents de la première femme à poser le pied sur Mars, écoutez, on ne peut pas tout avoir dans la vie. »

Femme ne rime pas avec mère, une bonne fois pour toutes

Bettina Zourli ajoute qu’on lui a déjà dit qu’elle ne serait jamais une vraie femme, sans enfant :

« C’est quoi une vraie femme et un vrai homme, ça ne veut rien dire ! Les définitions fluctuent. Ce ne sont clairement des attributs physiques et notamment un utérus qui qualifient quelqu’un de femme ou homme. Et c’est hyper violent pour les personnes qui ont un utérus et qui sont stériles par exemple. »

C’est une conclusion pleine de vérité. Il serait temps de décoreller les attributs physiques du genre et le fait d’être femme de la maternité !

Voici donc des billes pour répondre du tac au tac mais si vous êtes fatiguées de ces continuelles pressions, vous pouvez aussi botter en touche ! Ça peut se comprendre : après trois débats sur Zemmour et deux sur l’écriture inclusive, on peut avoir envie d’un peu de retrait et de calme.

Certes, les enfants peuvent apporter beaucoup de joie, à ceux qui souhaitent en avoir mais on voit aussi depuis peu une libération de la parole sur les difficultés. Il est bon que les personnes qui s’engagent dans la voie de la parentalité le fassent en toute connaissance de cause et en toute conscience. Et pour celles et ceux qui n’en ont pas envie, qu’on leur foute la paix, une bonne fois pour toutes !

À lire aussi : Les personnes childfree représentent 27% de la population et cette étude a voulu mieux les connaître

Image en une : © Batu Gezer / Unsplash

Les Commentaires
15

Avatar de hellopapimequepasa
23 décembre 2021 à 16h40
hellopapimequepasa
je suis passé de "omg j'aimerai trop avoir des enfants" a "heu en fait je suis pas sur"
1.j'ai des gros problème d'endormissement (plus de 2H)par conséquent je peux dormir 10H..imaginez avec un nouveau né je ne tiendrai pas
2.Je bosse en crèche j'adore ça c'est le plus beau métier du monde mais le vivre en permanence H24 sans pause...pas sur que je pourrai
3.L'accouchement et le post partum alors que je suis la plus grande fragile de la terre
4.la peur de de nouveau péter un cable comme en 2019 et de faire vivre a un enfant une hospit en psy
5.La peur qu'il soit comme maon ex meilleur-e ami-e handi psy toxique (je suis désolé de lié les 2 mais on m'a bien expliquer que si iel avait agit comme ça c'était a cause du validisme)je n'aurai clairement pas la patience de ses parents....(je l'ai eu pendant 8ANS maintenant c'est mort ses parents gère ça depuis 15ans...)
après moi ce qui me protège c'est le fait d'être seule.
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