Elles ont quitté la grande ville pour s’installer à la campagne

Si les grandes villes abritent la majorité des emplois et une vie trépidante, certaines leur préfèrent le calme de la campagne, où elles ont fait le choix de s'installer avant leur 30 ans. Elles racontent.

Elles ont quitté la grande ville pour s’installer à la campagne

En partenariat avec KMBO (notre Manifeste).

Le schéma est courant : grandir quelque part, puis déménager dans une ville plus grande, à 18 ans pour ses études ou plus tard pour trouver du travail…

Les jeunes Françaises vivent en ville

Les Français et Françaises de 15 à 29 ans vivent majoritairement en ville.

L’INSEE a constaté en 2006 qu’en France métropolitaine, seulement 14% des jeunes de 15 à 29 ans vivaient en zone rurale.

Les milieux ruraux abritent plus de retraités et de familles que des jeunes actifs ou d’étudiants.

Pourtant, certains et certaines millenials se sentent mal en ville, et décident de s’installer à la campagne et changer de vie.

C’est ce qui est arrivé à Stéphanie, au cœur du documentaire Jeune Bergère, dont madmoiZelle est fière d’être partenaire. Il sort en salle le 27 février 2019.

Stéphanie a laissé Paris derrière elle pour s’occuper d’une ferme. Sa vie s’en retrouve totalement transformée, et la jeune femme arrive à trouver le bonheur !

J’ai recueilli les histoires de madmoiZelles qui, comme Stéphanie, ont choisi la campagne.

Anne-Charlotte, le bon compromis sur les rives de la Loire

Comme Stéphanie, Anne-Charlotte, lectrice de madmoiZelle, a vécu à Paris. À 28 ans, elle travaillait dans une start-up en tant que community manager.

La capitale française, elle l’a connue et sillonnée pendant 7 années, d’abord pour y faire ses études, ensuite pour travailler.

« J’avais tous mes amis là-bas, mon mec, et un CDI. »

Loyer trop cher, appartement trop petit : les raisons de quitter la ville

Mais le coût de la vie à Paris, le manque de place, l’envie d’avoir un espace plus grand ont pris le pas sur le confort et les services qu’offraient la grande ville.

« Tout est cher et comme j’avais un petit salaire, je finissais tous les mois dans le rouge. »

Plutôt que de renoncer totalement à la vie urbaine, Anne-Charlotte et son copain ont décidé de laisser tomber Paris pour s’installer en périphérie de Tours. Elle explique ce choix :

« On a fini par acheter une maison à quinze minutes de Tours dans un petit village. Le compromis parfait : on vit en pleine campagne mais on bosse au centre d’une grande ville ! »

Les copains qui manquent un peu à la campagne

Les copains sont loin mais Anne-Charlotte a su en rencontrer de nouveaux grâce à son travail.

Ce qui lui manque un peu, c’est un aspect typique du mode de vie de la grande ville :

« Les terrasses me manquent un peu. Ici, c’est moins systématique d’aller boire un verre après le travail…

Et puis l’alcool est proscrit puisqu’il faut conduire pour rentrer chez soi, ça calme ! »

Revenir un jour en ville ?

Anne-Charlotte cherchait d’abord de l’espace et de la tranquillité en emménageant près de Tours. En revanche, elle émet une certaine réserve sur l’avenir :

« Franchement, je ne pense pas que je reviendrai à Paris, mais il ne faut jamais dire jamais.

Quitter Paris est une décision qu’on a prise à deux.

Alors si je devais me retrouver seule demain, sachant que tous mes amis sont restés là-bas, qui sait si je ne repartirais pas… »

Marie, normande de cœur

Marie, 28 ans, a goûté un peu à la vie parisienne pendant sa formation en enseignement supérieur à Saint-Cloud, en Île-de-France.

La bibliothécaire se rappelle le jour où elle a dû choisir entre la vie de francilienne et s’installer en Normandie :

 « Au bout de ces trois ans, j’ai eu le choix de finir mes études à Paris ou de partir à Caen. Donc j’ai pris la meilleure décision de ma vie : partir en Normandie. »

Quitter la capitale pour s’installer près de la mer

Certes, Caen n’est pas vraiment une ville perdue dans la campagne, bien au contraire.

Mais pour Marie, elle reste très différente de Paris et de sa banlieue :

« Caen, c’est la ville bien sûr, mais on y respire. La mer est à deux pas, il y a les grands espaces, les loyers y sont un peu moins chers. »

Après avoir terminé ses études, Marie doit retourner à la capitale pour un poste de bibliothécaire, à contrecœur :

« J’ai eu un poste dans une ville à 15 km de Paris, dans le Val d’Oise.

Le poste était super, l’équipe géniale, mais 600€ de loyer pour un 27m² en solo, avec un salaire de fonctionnaire tout en bas de l’échelle, c’était compliqué. »

Le déclic : marre de la vie urbaine

Et puis à l’aube de ses 28 ans, Marie craque. Hors de question de rester ici, explique-t-elle :

« Il était inconcevable que je fête mes 28 ans dans mon 27 m², que je prenne ma voiture pour aller me coincer dans les bouchons.

Je ne voulais plus qu’un passage chez le boulanger pour acheter des croissants me fasse craquer mon livret A, j’en avais assez de ne voir de la verdure que dans des micro-parcs ou le week-end chez mes parents. »

Aujourd’hui, Marie profite d’une vie bien plus paisible.

Fan de sushis et de jeux vidéo, elle est tombée amoureuse de son village de 5000 habitants dans l’Eure, « avec tout ce qu’il faut à moins de 10 minutes », assure-t-elle.

Vivre à la campagne et les sacrifices

Elle reconnaît malgré tout les inconvénients de la vie rurale : pas de médecin à proximité, l’immobilisation totale en cas d’intempérie (exemple : LA NEIGE !), le manque de diversité culturelle…

Mais Marie, qui a grandi à la campagne, relativise :

« J’avais déjà conscience de ces inconvénients donc je savais à quoi m’attendre. »

Et si cela ne fait que 6 mois qu’elle a déménagé, la jeune femme confie se sentir à sa place :

« Le matin, je prends ma voiture, je traverse les champs, un peu de forêt, je vais travailler dans ma bibliothèque.

Je fais un travail qui a plus de sens pour moi car les gens ont besoin de cet accès à la culture en milieu rural. »

Le retour en ville, mais pas à Paris

Marie retournera à la ville, c’est certain.

« Je ne me vois pas, par contre, m’enterrer dans un village de 20 habitants dans la Creuse », déclare-t-elle avant d’ajouter :

« Mais repartir en région parisienne, ça JAMAIS !  Ce n’est vraiment pas pour moi, c’est désormais très clair ! »

Noémie et son refuge dans les montagnes du Jura

Paris et la banlieue parisienne, Noémie connaît.

Elle y a toujours vécu avec ses parents et pourtant, elle n’a jamais pu s’y faire, avoue-t-elle. Un problème particulier l’a marquée dès son plus jeune âge :

« J’ai eu quelques expériences de harcèlement de rue très jeune à Paris… »

Mais c’est loin d’être l’unique souci. Elle précise :

« Le rythme de vie est trop rapide et ne me convient pas du tout, il y a beaucoup trop de monde à mon goût. J’avais aussi un problème avec les gens de manière générale. »

Quitter la ville et vivre dans les montagnes

Pour son plus grand soulagement, la jeune ergothérapeute (elle aide les personnes atteintes d’Alzheimer à rester le plus indépendantes possible et à préserver leur cadre de vie) a fait une prépa à Amiens et découvre les villes hors de Paris.

« La vie dans ces grandes villes ne me convenait pas forcément non plus, alors j’ai visé des lieux de plus en plus petits.

J’ai vécu à Amiens, à Dijon, à Alençon et maintenant j’habite près des montagnes jurassiennes ! »

Un cadre de vie apaisé et calme

Aujourd’hui, à bientôt 26 ans, Noémie a traversé la France pour s’installer dans un village de la région du Jura. Elle explique son envie de fuir la ville :

« Je voulais avoir la possibilité de me découvrir dans un cadre qui m’angoisse moins, pour voir si la petite fille et l’adolescente que j’ai été sont la même personne que la jeune adulte paumée. »

La réponse, selon elle, c’est oui et non. Noémie a retrouvé l’espace qui lui manquait en ville, la liberté de faire ce qu’elle veut. Elle admet :

« Les gens sont toujours en train de juger mais ils sont moins nombreux et c’est bien plus facile de me retrouver sans personne autour, à marcher le nez en l’air ! »

Changer de vie et trouver sa voie à la campagne

Élire domicile à la campagne aura permis à Noémie de calmer ses angoisses, notamment avec l’aide d’une psychologue, mais aussi de prendre le temps de faire le point sur sa vie.

Elle termine sur ces mots :

« Si je suis toujours un peu paumée, au moins je suis bien mieux dans mes baskets. »

Merci aux madmoiZelles qui ont répondu à notre appel à témoignages !

Découvre l’inspirant documentaire Jeune Bergère au cinéma le 27 février 2019.

À lire aussi : Comment changer de vie ? Mode d’emploi en 4 questions

JulietteGee


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Commentaires

adita

Dans ma tête c'était la mégalopole, il y avait un collège, plusieurs médecins généralistes, et même UN DENTISTE! :halp:
Et deux caves à vins :cretin:

A la base je venais pour râler sur le cliché campagne = calme :cretin: Quand tu habites dans un village paumé, au bord d'une départemental où passent des camions toutes journée (très sympa pour les balades aussi) le calme c'est une notion toute relative :lunette:
 

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