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Surprise (non), c’est chez les femmes et les jeunes que la pandémie a fait le plus de dégâts côté santé mentale

Selon les résultats d’une récente enquête, les jeunes et les femmes seraient les plus touchés financièrement et psychologiquement par la crise sanitaire. 47 % des 18-24 ans estiment même que la pandémie a eu un impact notable sur leur santé mentale…

On le savait déjà : la crise sanitaire a fortement impacté les finances et la santé mentale des étudiants qui, privés de leurs jobs et isolés de leurs camarades, se retrouvent précarisés. Pendant le confinement, « un tiers des étudiants a déclaré avoir rencontré des difficultés financières ». Une réalité qui touche plus fortement les étudiantes, d’ailleurs.

Et justement, les femmes ont davantage trinqué depuis le début de la pandémie. Perte d’emploi, charge mentale du foyer accrue, conjoint violentLe Covid a renforcé les oppressions qu’elles subissaient déjà et a fragilisé leur équilibre mental et financier.

C’est ce que confirme l’enquête menée par l’organisme YouGov-Cambridge chapeautée et rapportée par le magazine The Guardian qui a révélé que « dans un grand nombre des 27 pays étudiés, les jeunes étaient systématiquement plus susceptibles que leurs aînés de penser que la crise du Covid avait aggravé leurs problèmes financiers et de santé mentale » et que les femmes étaient elles aussi plus vulnérables.

Près de la moitié près de la moitié des personnes âgées de 18 à 24 ans ont déclaré que la crise liée au Covid avait eu des conséquences négatives sur leur santé mentale.

Les jeunes dépriment

Le YouGov-Cambridge Globalism Project est une enquête annuelle conduite dans une vingtaine des « plus grands pays du monde ». Le but ? Analyser les tendances mondiales concernant la technologie, les croyances, la culture ou encore l’immigration.

Pour ce projet, le magazine The Guardian qui publie chaque année les résultats de l’enquête en exclusivité a « aidé les sondeurs de YouGov et les universitaires de l’Institut Bennett pour les politiques publiques de l’Université de Cambridge. »

Cette année, les chiffres sont clairs : les jeunes ont plus de mal à digérer la pandémie. En France, 47% des jeunes — près de la moitié des personnes âgées de 18 à 24 ans — ont déclaré que la crise liée au Covid avait eu des conséquences négatives sur leur santé mentale, contre seulement 25% des personnes de plus de 55 ans.

D’ailleurs, la crise sanitaire a fait exploser les taux d’anxiété et de dépression chez les jeunes et les étudiants…

Chez nos voisins, même son de cloche. 38% des jeunes Allemands ont déclaré que la pandémie avait détérioré leur santé mentale, contre 22% de leurs concitoyens plus âgés. Chez les Espagnols et les Italiens, 51% des jeunes pensent que leur équilibre mental s’est gâté avec le Covid contre 39% des aînés.

Graphique de The Guardian sur la santé mentale des jeunes pendant la pandémie
« Au Royaume-Uni, la moitié des 18-24 ans affirme que la pandémie a gravement impacté leur santé mentale »

Les femmes subissent plus d’oppressions

L’étude révèle que les femmes étaient « systématiquement plus susceptibles que les hommes de signaler un impact négatif de la crise. »

Dans les 27 pays sondés, elles se sont dites plus préoccupées que les hommes par « leurs finances personnelles, leur santé mentale et leur stress au travail ». Étonnant ? Pas vraiment, quand on sait que la pandémie a renforcé toutes les inégalités existantes. Le patriarcat et ses conséquences sur la vie des femmes et des minorités de genre n’y échappent donc pas.

L’étude poursuit :

« En Grande-Bretagne, 55% des femmes ont déclaré que leur vie professionnelle était plus stressante, contre 36% des hommes, et 42% contre 60% en Espagne. »

Petite note positive de l’enquête : la pandémie semble avoir eu un effet bénéfique sur les relations familiale et amoureuses ! C’est déjà ça… Mais ces chiffres rappellent, s’il le fallait, qu’il est urgent de saisir à bras-le-corps les problèmes de santé mentale, encore bien trop tabou.

À lire aussi : Les suicides sont en baisse depuis le début de la pandémie. Mais pourquoi ?

Crédits photos : Polina Zimmerman (Pexels) / The Guardian

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