La série « Shadowplay » vous plonge dans un Berlin ravagé par la violence des hommes


Projetée hors-compétition du festival CanneSéries saison 3, Shadowplay est une série à grand spectacle qui emmène ses spectateurs au cœur d'un Berlin post-guerre décimé par la haine et la violence de ceux qui l'habitent.

La série « Shadowplay » vous plonge dans un Berlin ravagé par la violence des hommes

Samedi soir au festival CanneSéries, point de déambulation sur la Croisette pour madmoiZelle, mais bien quelques heures dans le superbe auditorium Louis Lumière, à découvrir de nouvelles séries.

Après deux épisodes du programme court Free Ray Shaw, sur les violences policières aux États-Unis, c’est Shadowplay, du Suédois Måns Mårlind, qui a eu droit à son avant-première mondiale.

Dans la salle pleine — seul un fauteuil sur deux, toutefois, est occupé, Covid oblige — l’obscurité a enveloppé les corps encore tièdes de soleil, et le (grand) spectacle a commencé…

Shadowplay, de quoi ça parle ?

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, un policier américain, Max McLaughlin, débarque dans Berlin-Ouest détruit par les bombes ennemies, où règnent le vol, le viol, et la famine, pour aider à la création d’un « commissariat » de Police essentiellement tenu par des femmes.

En parallèle, Max investigue sur ce qu’est devenu son frère Moritz, dont il va vite se rendre compte qu’il est devenu chasseur de nazis.

Dans ce Berlin sans foi ni lois encore secoué par des années de guerre, les vies sont fragiles, la violence permanente. Accompagné de l’énergique et courageuse Elsie Garten, ancienne professeur de sémiotique reconvertie en cheffe de police, Max affronte chaque jour l’âpreté d’une ville qui porte encore les stigmates de l’horreur.

Shadowplay, un programme grandiloquent

Shadowplay, c’est une série très, très ambitieuse. Période historique hautement tragique, personnages torturés , déprimés, violentés, décors de ville bombardée, traque de nazis, on ne rigole pas une seule seconde devant Shadowplay, mais ça n’est pas grave, on est pas là pour ça.

Ce qui compte ici, c’est le récit des grandes aventures des personnages : chacun a un dessein précis à accomplir. Animés par la vengeance et la haine, ils vont tout faire pour obtenir justice. Car ce qui rassemble les héros inquiets de Shadowplay, c’est qu’ils ont tous été victimes d’une cruauté sans égale.

Une femme violée par des soldats russes, un frère sur lequel on a tiré de sang-froid, un môme dont les parents ont été déportés à Auschwitz : tous répondent à une forme de violence différente, tantôt eux-même par la violence, tantôt avec pacifisme.

Shadowplay, les femmes en ligne de front

Ce qui marque, de prime à bord, c’est que ce sont les femmes, les premières victimes de la violence qui ravage Berlin dans Shadowplay.

L’une des héroïnes de la série, par exemple, est forcée d’avorter dans des conditions minables après qu’elle a été violée par des soldats russes, qui en guise de consolation lui jettent un paquet de cigarettes à la figure en la traitant de « pute allemande » quand ils en ont fini avec elle.

On découvre le visage de cette femme au tout début de la série, alors qu’il se noie sous les larmes et les hoquets.

Cette scène est sans doute l’une des plus fortes du pilote de Shadowplay, car la caméra est braquée en permanence sur les yeux et les joues de Mala Emde, gonflés de désespoir.

La détresse de cette protagoniste, couplée à celle d’Elsie Garten et des autres membres du commissariat, dont les cernes trahissent la faim et l’épuisement, en disent long sur ce que ces femmes subissent au quotidien.

Le programme, s’il suit principalement un héros masculin, prend soin de capturer les histoires des autres victimes de la guerre. Celles qui n’ont pas connu les armes et le front, mais bien la colère de ceux qui y sont allés.

Qu’ils soient russes, allemands ou anglais, les monstres de Shadowplay sont en tout cas des hommes bien de chair, rongés par la haine et prêts à tout pour assouvir leurs envies de violence.

Shadowplay, c’est du grand spectacle comme sait si bien les créer la chaîne allemande ZDF, qu’on vous recommande de voir dès qu’il sortira sur vos écrans, à une date pour l’instant inconnue.

Il vous faudra toutefois être un brin indulgentes avec les personnages, qu’une écriture parfois un peu maladroite enferme dans des caricatures. Mais une fois la paix faite avec les gros sabots qu’enfile l’intrigue de temps en temps, on passe un moment de divertissement plutôt édifiant !

À lire aussi : Voilà le palmarès de CanneSéries saison 3

Kalindi Ramphul

Kalindi Ramphul


Tous ses articles

Commentaires

Mali26

ca me donne trop envie !! souvent l'histoire s'arrête en 1945 avec la guerre et on a moins d'oeuvre sur cette période...


(attention petite coquille "de prime à bord ")
 

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Désactive ton bloqueur de pub ou soutiens-nous financièrement!