« Red Light », une série sur la prostitution aux Pays-Bas sacrée à CanneSéries

Red Light, c'est l'histoire de trois femmes qui entendent bien ne pas rester victimes de leurs bourreaux. Le programme coup de poing de cette troisième édition de CanneSéries tape très fort, et remporte tous les suffrages.

« Red Light », une série sur la prostitution aux Pays-Bas sacrée à CanneSéries

Article mis à jour le 14 octobre 2020 — 

Mercredi 14 octobre, aux alentours de 20h, la troisième édition du lumineux CanneSéries s’est clôturée dans l’émotion la plus totale.

C’est la série Partisan (retrouvez notre critique dans le vlog de jeudi 15 octobre sur l’IGTV de madmoiZelle) qui a remporté le prix de la meilleure série.

Quant à Red Light, elle a été couronnée pour l’ensemble de la prestation de son casting entier.

Rien d’étonnant à cela, car les actrices de cet ambitieux programme livrent toutes une prestation à couper le souffle.

Il ne reste plus qu’à espérer que cette superbe série débarque vite en France !

Article initialement publié le 13 octobre 2020 — 

Si le festival CanneSéries saison 3 s’est ouvert avec la série humoristique hors-compétition La Flamme, les programmes qui dominent la compétition par la force de leurs thématiques font pour l’instant dans le drame social.

Et ça n’est pas pour nous déplaire.

Une compétition dominée par les drames sociaux

La deuxième journée de compétition a démarré avec Man in Room 301, un polar haletant tout droit venu de Finlande. Une sombre histoire de meurtre et de vengeance.

Ensuite, c’est la série Red Light qui a eu droit à la projection en avant-première mondiale de ses deux premiers épisodes, en présence d’une partie de son équipe. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que dans la salle du magique auditorium Louis Lumière, l’heure n’était pas aux papotages avec les voisins de sièges.

C’est le silence le plus absolu qui a régné pendant 1h50 de projection. Il faut dire que Red Light ne fait pas dans l’humour ni dans la légèreté…

Red Light, de quoi ça parle ?

Red Light pourrait être traduit en Français par « Néon rouge », comme tous ceux qui éclairent le fameux quartier d’Amsterdam où les hommes viennent dépenser quelques billets contre une fellation ou une passe. Car dans Red Light, il est surtout question de prostitution. 

Cette série venue des Pays-Bas, présente les destins croisés de trois femmes foncièrement différentes.

La première est une prostituée et tenancière d’un club de strip-tease manipulée et violentée par son mac de mari, la seconde est une mère de famille qui ne parvient plus à éveiller le désir de son époux et la troisième est une chanteuse d’opéra bien née dont le mari disparaît après avoir tabassé une prostituée.

Vous trouvez déjà ce bref synopsis douloureux ? Sachez que ce n’est rien comparé à ce qui vous attend dans la suite de Red Light. Car il n’y a pas de limites aux violences que les hommes sont capables d’accomplir, si l’on en croit les deux premiers épisodes de 50 minutes de la série.

Tabasser des femmes, les violer, les prostituer, les obliger à avorter, les humilier, disposer d’elles comme d’objets, l’horreur dans Red Light ne prend pas la figure de créatures à dents ou a ventouses mais bien d’hommes qui ressemblent à Monsieur-tout-le-monde et dissimulent pourtant les pires desseins…

Red Light, des réalités nécessaires à affronter

Au sortir de la projection, on a croisé une dame d’un certain âge qui confiait tout haut à son amie :

« Quel besoin on a de voir des choses pareilles ? Moi je n’ai aucune envie de voir ces horreurs franchement ! »

En effet, l’ambiance était plutôt à la déprime, sur la Croisette, après presque deux heures de violences à l’écran.

Oui mais voilà : la culture n’a t-elle pour mission que de nous divertir, nous changer les idées ? Bien sûr que non ! La culture est aussi là pour éveiller les consciences, et confronter son public à des réalités plus ou moins éloignées de lui. 

Il est primordial de présenter, lors de gros festivals tels que CanneSéries, des drames sociaux de cet acabit, qui ont pour ambition de mettre le doigt là où ça fait mal, quitte à déranger les festivaliers.

Elle n’est pas belle à voir, la réalité des femmes de Red Light, elle n’est pas facile à regarder dans les yeux. Et c’est précisément pour ça qu’elle a toute sa place dans un événement grand public.

Parce qu’elle éduque notamment sur les violences faites aux femmes dans les milieux qui touchent au commerce du sexe. Elle tord le cou à notre petit confort de festivalier en demande de divertissement, et c’est ça qu’on veut, quelque part.

Être dérangée, c’est déjà être touchée par une histoire. Cela signifie que l’œuvre en question ne nous aura pas laissé indifférentes, nous aura marquées d’une certaine façon.

En cela, la remarque de la dame, citée plus haut, montre que la série a brillamment fait son travail…

Red Light, un casting époustouflant

Si Red Light est aussi prenante que dérangeante, c’est en grande partie grâce au trio de tête de son casting.

Ce sont les actrices Carice van Houten (Mélisandre dans Game of Thrones), Maaike Neuville (All of us) et Halina Reijn (Black Book) qui donnent vie aux femmes tyrannisées de Red Light.

Saluons tout particulièrement la performance de Carice van Houten, également à l’origine du projet. Elle campe avec brio une reine de glace qui semble n’avoir peur de rien ni de personne et qui pourtant ploie devant les ordres de son affreux mari.

Mais si elle cède pour l’instant, la révolte n’est pas loin, on le sent dès le début ; ni pour elle, ni pour les deux autres personnages principaux, qui entendent bien ne pas rester victimes de leurs bourreaux.

Comment ces trois héroïnes reprendront-elles leur destin en mains ? Réponse dans les prochains épisodes de Red Light, dont la date de sortie n’a pas encore été annoncée.

À lire aussi : « The Haunting of Bly Manor » est enfin dispo sur Netflix !

Kalindi Ramphul

Kalindi Ramphul


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Commentaires

PetitePaille

@adita

Je pense qu’on peut parler de commerce à partir du moment où tu as une offre et une demande ainsi qu’un échange financier.
Que l’offre soit la prostitué ou le proxénète, ça ne change pas le fait qu’il y ait bien eu un service sexuel en échange d’une contrepartie financière.
 

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