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J’ai choisi la réduction mammaire, et c’était la meilleure décision de ma vie

Quand un complexe prend trop de place, il est parfois plus facile d’en supprimer la cause que de l’accepter. Une madmoiZelle a choisi de se faire opérer pour réduire ses seins, et sans regret.

Mes seins et moi, on ne s’est pas toujours entendus.

C’est très tôt, trop tôt qu’ils se sont imposés à moi. Ils sont venus marquer ce petit corps, qui ne se voulait ni très féminin ni très masculin, du sceau de la puberté.

Je comprenais bien que je changeais. Ma mère, très prévenante, a toujours mis à ma disposition une foule d’ouvrages sur le sujet.

Et comme la nuit j’avais beaucoup de peine à m’endormir, à dix ans j’en savais déjà un rayon sur le sujet. La puberté et la sexualité n’étaient pas un mystère pour moi et ne m’effrayaient pas vraiment.

Ce qui dérangeant la petite fille sociable mais secrète que j’étais, c’est qu’on lui fasse remarquer tous ces changements.

« Tu deviens une petite femme ! »

Rien que de penser à cette phrase… j’en ai des frissons.

Lorsque j’ai eu mes règles, je me suis procuré des protections sans avoir besoin de l’aide de personne.

Même chose lorsque j’ai commencé à me sentir gênée par les poils qui me poussaient sous les aisselles ou sur les jambes : d’abord un rasoir offert avec un magazine, puis j’ai expérimenté les différentes méthodes d’épilation.

Toujours sans en parler à personne.

J’ai caché mes seins à la puberté

Sauf qu’il est difficile de cacher une poitrine qui pousse et encore plus d’éviter tous les commentaires souvent bienveillants mais si gênant.

Mes seins n’ont pas reçu un accueil très chaleureux de ma part. Et puis, je pratiquais un sport très éprouvant pour le corps, un sport fait de chocs dans les genoux, dans le dos, et forcément dans la poitrine victime malgré elle de la gravité.

Je parle d’équitation et de saut d’obstacles, plusieurs fois par semaine.

Je me rappelle de cette brassière blanche à la virgule noire et des couches de débardeurs que j’empilais. Mais rien n’y faisait, mes seins poussaient, pile au moment où mes entraînements devenaient toujours plus fréquents.

Des seins déformés avant l’heure

Avant même de se former, mes seins se déformaient. Ma peau se zébrait sous leur poids.

Je les rejetais, je ne comprenais pas comment le monde pouvait glorifier cette partie du corps alors qu’elle n’était que fardeau pour moi.

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En même temps, je ne les ai jamais connu fermes et fiers, ces seins. Je n’avais pas seize ans qu’ils étaient déjà tristes et usés.

Les couches de débardeurs et t-shirts ont commencé à devenir mon quotidien et les brassières accompagnaient mes nuits.

J’avais peur qu’ils se baladent, qu’ils s’échappent. Je craignais autant que quelqu’un les remarque, que de les remarquer moi-même.

Mon propre regard sur mes seins

Mais c’est lorsque j’ai eu mes premières relations intimes que j’ai commencé à véritablement détester mes seins.

Non pas qu’on m’ait fait des réflexions désobligeantes. Non, je détestais simplement devoir les emmener avec moi.

Je ne les assumais pas.

Ce n’était pas le jugement d’autrui qui était le plus lourd, mais mon propre jugement.

Pour moi, mes seins ne faisaient pas partie de mon corps. Ce n’était qu’une excroissance que je n’avais jamais pris la peine d’inclure dans le package que forme mon enveloppe corporelle.

Une excroissance que je pouvais nier lorsque j’étais recouverte de vêtements, mais qui me revenait en pleine figure et avec une violence insensée lorsque je devais me dévêtir.

J’ai peu à peu réalisé que ce n’était pas juste un caprice, un petit complexe.

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Ce n’était pas quelque chose qui allait passer avec l’âge ou une partie de mon corps que j’allais apprendre à apprécier avec le temps et la maturité.

Non, car dans ma tête c’était clair, je ne voyais pas l’intérêt des seins, encore moins des seins vilains, lourds et tombants.

Je pouvais essayer l’auto-persuasion et rajouter une couche de déni par dessus, mais ça ne changerait pas le fait que je n’ai jamais cohabité sereinement avec cette partie de mon corps et que ça ne semblait pas être au programme.

À lire aussi : J’ai 20 ans et je me suis fait refaire les seins — Témoignage

De la réflexion à la réduction mammaire

Plus le temps passait, plus je me disais que cela ne me dérangerait pas de ne pas en avoir du tout, de seins.

Et pas pour des questions esthétiques, non, juste pour ne plus avoir à y penser. Pour me libérer d’un poids — au sens propre comme au sens figuré.

Quantité de femmes consacrent beaucoup d’énergie à les vouloir plutôt comme ci, plutôt comme ça, et développent des complexes qui nourrissent d’autres complexes, une spirale d’insatisfactions induite par ce « corps parfait » qui n’existe pas.

AVOIR DE GROS SEINS

Cependant, pour moi c’était plus simple. Beaucoup plus simple. Je ne les voulais ni plus comme ci ou moins comme ça, mes seins. Je ne les voulais pas beaux ni parfaits.

Non, je voulais juste ne plus avoir à y penser.

Ne plus avoir à penser qu’ils étaient lourds, me faisaient mal et me faisaient honte.

Voilà ma seule requête.

Visite avant l’opération de réduction mammaire

Alors j’ai pris mon courage à deux mains et je suis allée voir une chirurgienne.

Je parle de courage car je rappelle que je n’aimais pas parler de mon corps qui changeait ou avait changé.

À vingt-deux ans, sans en parler à mon entourage je suis allée exposer cette relation conflictuelle qui semblait durer depuis trop longtemps.

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J’ai expliqué que je n’avais pas les moyens de m’offrir une opération de chirurgie esthétique et que mon seul espoir résidait dans une prise en charge des frais par mon assurance.

Pendant l’entretien, je me suis retrouvée face à une personne incroyablement compréhensive et humaine. Pour elle, à tout juste vingt ans, je ne méritais pas ce corps fatigué et encore moins d’en être si malheureuse.

Elle s’est alors engagée à ce que je n’aie que le minimum à payer.

La procédure d’une réduction mammaire

En 2010, je suis donc passée sur le billard.

J’étais consciente que je porterais des cicatrices à vie et que je risquais de perdre une partie ou toute la sensibilité de mes mamelons.

Et bien cela m’était complètement égal. Tout ce que je voulais c’était qu’on me réduise les seins et qu’ils aient enfin une forme « normale ».

Le reste n’était que détail au vu du peu d’importance qu’ils avaient dans ma vie.

L’opération s’est très bien passée, je n’ai ressenti aucune douleur post-opératoire. Et quand je dis aucune douleur, c’est vraiment aucune !

On a voulu me faire prendre des cachets mais je les ai refusés car cela me semblait inutile. J’ai dû porter une brassière de contention pendant quelques semaines, ce qui ne chamboulait pas trop mes habitudes.

À lire aussi : Le No Bra, c’est aussi pour les gros seins, promis (signé : mon 100E et moi)

La brassière de contention

Ayant moi-même vécu une réduction mammaire, j’ai été surprise de lire que la madmoiZelle qui témoigne ne parle que de quelques semaines de port de la brassière médicale. 

Pour ma part, mon médecin-chirurgien m’a prescrit le port de ce soutien-gorge spécial pendant 3 mois, nuit et jour.

Selon la Clinique des Champs Élysées, il est nécessaire de porter une brassière de contention pendant un mois — soit quelques semaines, en effet !

Toutefois, ce qui était différent c’est que lorsque je retirais ma brassière, mes seins ne s’affaissaient plus sous leur poids.

Non, ils tenaient enfin dans une position naturelle et ils commençaient à avoir leur place sur ce corps, mon corps.

Finalement, j’ai dû faire « tatouer » mes cicatrices pour les rendre moins visibles et éviter un nouveau coup de scalpel, une procédure qui m’a été généreusement offerte par mon médecin et la technicienne en dermo-pigmentation.

Je ne pourrai jamais assez les remercier pour ce geste.

Après la réduction mammaire…

C’est très étrange pour moi de revisiter ces années de souffrance tant elles me semblent lointaines. Mon rapport à mes seins a radicalement changé.

On peut dire que j’ai atteint avec succès le but que je m’étais fixé : ne plus y penser. Ma poitrine fait, aujourd’hui, partie intégrante de mon corps. Tout comme ces subtiles cicatrices que j’adore et qui racontent notre histoire tumultueuse.

J’aime l’idée que je n’ai pas laissé ce conflit entre mon corps et mon âme s’envenimer ou s’enraciner.

Cela peut sembler radical de se faire opérer pour les réconcilier, mais je peux vous assurer que pour moi cela a été salvateur.

Quand bien même j’ai perdu une grande partie de la sensibilité de mes tétons et de mes seins, je n’éprouve pas le moindre regret. C’est la preuve que rien ne vaut le bonheur de se sentir en accord avec son corps et son image !

Je ne me sens pas encore parfaitement bien dans ma peau, mais ce qui est sûr, c’est que mes seins ne sont plus du tout une source de mal-être.

Finalement tout le reste relève du complexe et peut, selon moi, soit être accepté, soit être travaillé par le sport ou la cosmétique par exemple.

À lire aussi : Pourquoi c’est important de parler de rapport à son corps ?

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Les Commentaires
14

Avatar de Faffy
5 septembre 2018 à 16h36
Faffy
Oui, pendant, la grossesse, en général on prend du poids et de la poitrine. C'est d'ailleurs recommandé d'attendre 3 ans je crois avant de tomber enceinte après une réduction.

Perso, j'ai attendu 7 ans et j'ai bien pris 2 bonnets pendant ma grossesse. Je les ai perdus et ai retrouvé mon bonnet habituel mais mes seins ont changé quand même, ils tombent de nouveau, comme avant l'opération... (Mais ça arrive aussi même sans opération).

Je n'ai pas réussi à allaiter ma fille, j'avais très peu de lait. Mais là encore, on ne peut pas savoir si c'est lié à la chirurgie ou au bébé qui ne savait pas bien prendre le sein + millle autres facteurs qui peuvent faire rater un allaitement.

Oui, si l'hypertrophie est doublée d'une ptôse, tu as un petit lifting des seins (ils tiennent tout seuls après, c'est magique ! ).

Je n'ai rien fourni de particulier pour me faire opérer. C'est le chirurgien qui juge s'il y a besoin je dirais.

D'accord, je prend note.
J'hésite encore beaucoup à le faire, après tout ils sont à moi, peur de regretter, peur d'être déçue du résultat, mais je vais peut être tenter un rdv avec un chirurgien pour en discuter, ça coute (presque!) rien.

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