Comment je suis devenue réalisatrice à 18 ans

À 18 ans, Éléna participe au Nikon Film Festival pour y présenter son court-métrage intitulé Partage ce que je suis. Elle revient sur ce défi qu'elle s'est lancé.

Comment je suis devenue réalisatrice à 18 ans

En partenariat avec le Nikon Film Festival (notre Manifeste).

J’ai dix-huit ans depuis peu (2 janvier) et je suis en terminale. Je suis passionnée de cinéma, et j’aimerais poursuivre mes études dans ce domaine, avant tout en réalisation ou scénario.

J’aime énormément le dessin et le graphisme surtout. Côté sport, j’aime beaucoup l’escalade.

J’ai eu un rapport assez rapidement avec le cinéma. Très tôt, j’ai commencé à regarder des films, bien que mes parents n’aient aucun lien particulier avec le 7ème Art.

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Le cinéma, la liberté d’expression infinie

C’est plus tard que j’ai découvert le cinéma en tant que véritable moyen et potentiel de création : lorsque j’ai reçu pour mes huit ans un petit appareil photo qui me permettait de filmer des courtes séquences.

Ma mère m’a fait découvrir le logiciel de montage iMovie et c’était parti. J’avais découvert le seul outil qui, à l’époque, me permettait de m’exprimer vraiment, et surtout de créer.

Et c’est toujours le cas maintenant. C’est cette dimension-là qui m’a, je pense, le plus plu.

Lorsque j’étais petite, le monde du cinéma me semblait très mystérieux, presque magique. Et voir que tout cela est de plus en plus accessible, que je pouvais réaliser à mon échelle, ça m’a profondément marquée.

Avec le cinéma, j’ai découvert une très grande liberté, presque infinie.

Tout est exploitable : l’image, le son, les rapports humains, l’humain, le monde, tout ! C’est une liberté d’expression incroyable.

Dès que j’ai commencé à filmer (des petites saynètes avec mes cousins), j’ai tout de suite adoré ce rapport aux autres, voir qu’il était possible de créer quelque chose tous ensemble, quelque chose qui nous tenait à cœur et dont nous étions fiers.

Le cinéma que je regarde

J’aime beaucoup le cinéma italien (Federico Fellini, Giulio Tornatore, Marco Tullio Giordana, ou encore Sergio Leone), celui de la Nouvelle Vague (François Truffaut, Agnès Varda, Jacques Demy) et Jacques Audiard (Les frères Sisters, Dheepan…).

Ces films portent des réflexions sociales qui me tiennent particulièrement à cœur.

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J’aime énormément le réalisateur Pedro Almodovar. L’année dernière, au festival d’Angers, j’ai vu son film, Tout sur ma mère, sur grand écran.

L’esthétique de ses films est absolument incroyable, très travaillée au niveau des couleurs, des décors et costumes, ainsi que de la musique. Quant aux actrices (Cecilia Roth et Penélope Cruz particulièrement dans Tout sur ma mère), je les trouve formidables.

Pour finir, le réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda (Tel père tel fils ou Une affaire de famille) m’inspire énormément.

Mes goûts éclectiques en cinéma

J’essaie d’aller le plus possible et le plus souvent au cinéma, de regarder un maximum de films, tous genres confondus.

Récemment, j’ai particulièrement été marquée par le film Girl de Lukas Dhont ou le film Capharnaüm de Nadine Labaki.

J’ai été très touchée par A Star Is Born de Bradley Cooper, Bohemian Rapsody de Bryan Singer ou encore My Wonder Women de Angela Robinson (2017).

Trois films m’ont particulièrement marquée ces 5 dernières années : Imitation Game, de Morten Tyldum (2014), Le voyage de Fanny de Lola Doillon (2015) et Mustang de Deniz Gamze Ergüven (2015).

Quant à la série Dix pour cent, elle a vraiment et définitivement conforté mon envie de continuer dans le cinéma.

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Mes premières réalisations

Le cinéma est ma passion et j’essaie d’y rester fidèle le plus possible (même si avec les court-métrages, ce n’est pas toujours facile).

Je réalise souvent en accordant une très grande importance à toutes les étapes de la pré-production : du scénario au découpage technique en passant par le story-board jusqu’au dépouillement, plan de travail ainsi que la feuille de service etc.

J’ai donc réalisé une dizaine de court-métrages (dont une petite série humoristique de quatre saisons avec mon frère), et j‘ai également participé au concours Nikon de l’an dernier, sur le thème Je suis un cadeau.

Mon court-métrage s’intitulait Je suis sans frontières.

La difficulté ayant été, au tout début, de trouver des personnes passionnées et motivées, avec qui travailler sérieusement ; mais je me suis petit à petit constitué une équipe qui fonctionne très bien et qui s’agrandit de plus en plus !

Ma vision du Nikon Film Festival

Le concours du Nikon est un challenge : le concept du format court (2 minutes 20 maximum) m’inspire et m’amuse beaucoup, et c’est un véritable défi que de pouvoir raconter une histoire dans ce temps imparti.

On se rend compte qu’il est possible de raconter, mettre en place énormément de choses en 2 minutes 20.

Le jury est chaque année incroyable également.

C’est un concours que j’ai vraiment découvert par hasard, et j’aime beaucoup voir ce qu’un thème tel que le partage peut inspirer aux autres aussi et on apprend beaucoup de choses en regardant les courts d’autres personnes.

J’ai pris la décision de participer autant que possible à ce concours, dont les thèmes m’inspirent d’abord, et qui me motive surtout à mettre en place de nouveaux projets.

Mon court-métrage pour le Nikon Film Festival 2019

Lorsque j’ai vu le thème de cette année, je n’ai pas été inspirée tout de suite. J’ai l’habitude de m’inspirer d’histoires que j’ai entendues, ou vécues (plus rarement).

J’essaie toujours, au travers de mes court-métrages, de ne pas laisser le spectateur de côté, mais de le prendre avec moi et de le faire réfléchir.

J’aime particulièrement travailler sur des thèmes qui ont une dimension universelle.

Dans mon film pour le Nikon, baptisé Partage ce que je suis, j’aborde l’annonce de la maladie puis la mort d’un parent à ses enfants.

Clique sur l’image pour visionner le court-métrage d’Éléna, Partage ce que je suis.

C’est un sujet peut concerner toutes familles, et qui sera toujours d’actualité.

Si l’on est pas directement concerné, d’autres le seront autour de nous.

La subtilité résidait aussi dans la particularité de chacune de ces situations. Il fallait de chacune en tirer l’universel, sans tomber dans le cliché, ou faire quelque chose de superficiel : un fragile équilibre à trouver !

Le deuil au cœur de mon court-métrage pour le Nikon

La mort est un thème qui m’a beaucoup inquiétée aux alentours des mes douze ans. J’ai réalisé que ceux qui m’entouraient pouvaient tomber malade, avoir un accident, et mourir.

Cette prise de conscience m’a profondément marquée. À travers de ce projet, je me suis posée la question :

« Si ça m’arrive un jour, qu’est-ce que je ferai avec mes enfants ? Et moi ? En tant qu’enfant, est-ce que j’aimerai qu’on me le dise ? »

Ce n’est pas évident du tout, alors autant y réfléchir avant sans non plus tomber dans l’angoisse.

Je pense qu’il y a une partie de ça dans ce court, la conclusion d’un certain malaise.

La mort est un sujet dont on parle très peu je trouve. C’est peut-être aussi pour faire bouger les choses à mon échelle que j’ai décidé de mettre ça en image.

Le processus de création d’un court-métrage en amateur

J’ai filmé avec l’appareil photo Reflex d’une amie passionnée de photographie.

Le processus de création a été assez court, car je m’y suis mise très sérieusement en octobre.

Tout a été très rapide. Je ne voulais surtout pas tomber dans le cliché, à la fois dans le dialogue et dans la mise en scène.

J’ai fait plusieurs recherches, assez nombreuses sur le sujet, et j’ai écrit plusieurs versions du scénario car les dialogues ne me convenaient pas au début.

Je n’avais pas l’habitude d’en écrire, les courts-métrages que j’avais fait auparavant ne nécessitaient pas de dialogues (uniquement des voix-off parfois) et je me basais aussi sur de l’improvisation.

C’était nouveau pour moi et assez difficile.

Ensuite, il a fallu trouver des comédiens, et surtout des adultes. Nouvelle difficulté, car je n’avais que très peu de connaissances dans mon entourage qui auraient pu interpréter ces rôles…

Les deux enfants sont des amis et enfants d’amis, qui ont tout de suite accepté. L’homme qui interprète le père a fait du théâtre et m’a présenté la comédienne qui joue la mère.

J’ai accordé une grande importance aux répétitions malgré le temps relativement court dont nous disposions. Je voulais absolument aboutir à un rendu le plus naturel possible.

Ce que ma participation au concours du Nikon peut m’apporter

Bien sûr, les prix du concours sont incroyables et donnent envie !

Mais ce que je recherche avant tout c’est montrer ce travail, au maximum de personnes possibles, le faire connaître et avoir des retours. Ce sont les critiques qui me feront avancer.

Avoir réussi à mettre en œuvre le projet et à le finaliser est une vraie satisfaction. C’était une expérience folle, on a tissé des liens et j’ai rencontré de nouvelles personnes, c’était génial !

Si je devais donner des conseils à des personnes qui voudraient se lancer en amateur ce serait de créer le plus possible. Se lancer aussi, ne pas avoir peur et oser.

C’est vraiment ce qu’il y a de plus formateur, et de plus intense surtout ! Ce sont vraiment des expériences incroyables, qui valent plus que tout !

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JulietteGee

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