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La pilule abortive interdite dans le Wyoming // Source : Unsplash
Société

Pilule abortive menacée aux US : la cour suprême lui accorde un sursis

La décision était attendue de pied ferme. Le 21 avril, la Cour Suprême s’est enfin prononcée sur le sort de la mifépristone, ce médicament utilisé en combinaison d’un autre dans la moitié des avortements aux US. Si ce verdict offre une respiration bienvenue dans le combat pour l’accès à l’avortement sur le sol américain, il ne permet pas, pour autant, de baisser la garde.

Nouveau rebondissement concernant le sort de la mifépristone aux États-Unis : saisie par le gouvernement de Joe Biden, la Cour Suprême a décidé de maintenir (pour l’instant) le précieux médicament, utilisé dans 54% des IVG sur le territoire.

Une bataille juridique

Début avril, un juge conservateur texan prononçait la suspension de la pilule, jugeant, contre tout consensus médical, qu’elle présenterait un danger potentiel pour la santé des patientes et que son processus d’approbation aurait été bâclé à des fins politiques lors de sa mise sur le marché dans les années 2000. Saisie, une cour d’appel à la Nouvelle-Orléans avait, par la suite, choisi de maintenir le médicament, mais d’en réduire très fortement l’accès, en soumettant son obtention à une consultation médicale préalable et obligatoire, et en réduisant le délai d’accès légal à 7 semaines contre 10 auparavant.

Ces deux décisions constituaient donc des reculs majeurs, alors que la mifépristone pouvait être obtenue depuis peu par la poste, et à l’heure où l’accès à l’IVG est fragilisé depuis qu’a été révoqué l’arrêt Roe v. Wade en juin 2022. Ce dernier garantissait, jusqu’alors, ce droit fondamental constitutionnellement. Depuis cette décision, de nombreux États avaient mis en place des restrictions majeures en matière d’avortement.

À lire aussi : Pilule abortive : face aux menaces de suspension, Biden tient la barre

La pilule abortive en sursis

Le pari était risqué : la Cour Suprême, majoritairement conservatrice, est l’instance derrière l’abrogation de l’arrêt Roe v. Wade. Le gouvernement fédéral a saisi la haute cour en dernier recours, dans l’espoir de faire suspendre ces décisions mortifères, et a, heureusement, été entendu. Il s’agit de l’intervention la plus importante de la Cour sur la question de l’avortement depuis l’abrogation de juin 2022.

Mais, loin de crier victoire, les démocrates ont appelé à rester prudents. Si la Cour Suprême a accordé un sursis, elle n’a aucunement tranché le débat. La bataille judiciaire va se poursuivre, avec, notamment, une nouvelle audience devant la cour d’appel de la Nouvelle-Orléans le 17 mai.

Le président Biden s’est sobrement réjoui du verdict sur Twitter, affirmant qu’il poursuivrait le combat contre toutes attaques visant la santé des femmes. Il a par ailleurs invité ses concitoyens à « élire un congrès en mesure de rétablir les protections de Roe v Wade ».

https://twitter.com/POTUS/status/1649557289672617984

De son côté, le Planning Familial états-unien a estimé que cette « bonne nouvelle » ne devait pas faire perdre de vue le fait que « l’accès à la mifépristone n’aurait jamais dû être menacé en premier lieu ».

https://twitter.com/PPFA/status/1649548939866038272

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